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mardi 30 novembre 2010

La gouvernance mondiale : JECO 2010

La 3ème édition des Journées de l'Economie se sont déroulées les 9, 10 et 11 novembre 2010 à Lyon. Une conférence majeure avait pour thème "La gouvernance internationale", avec des invités prestigieux dont il était attendu des propositions d'action concrètes. Elle était organisée en partenariat avec l'OCDE dans le cadre des 50 ans de l'OCDE.

Christine Lagarde, Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, a ouvert la conférence sur l'impact des crises monétaires sur notre quotidien tant au point de vue personnel qu'à celui de nos entreprises. Elle a présenté les trois sujets de réflexion soumis par le Président de la République pour une meilleure stabilité internationale :
  • 1/ comment réformer l'actuel système monétaire international, avec quels acteurs.
  • 2/ comment améliorer le système de fixation des prix des matières premières (pétrole, gaz, produits agricoles, etc.) et des nouveaux marchés (quotas d'émission de CO2, etc.).
  • 3/ la gouvernance mondiale : problème de la légitimité, crédibilité du G20 remise en cause, etc. Créé suite à la crise de 1997, peut-on encore dire que le G20 sert la cause commune, les pays en développement ? Ne pourrait-on pas imaginer le G20 comme un point de rapprochement entre les grandes institutions (FMI, ONU, Banque mondiale, etc.), avec une meilleure représentativité de tous ?
Angel Gurria, Secrétaire général de l'OCDE, a succédé à son intervention. Selon lui, la crise que nous venons de passer est l'une des plus graves "de sa vie" : beaucoup de "choses mauvaises" restent, tels que une croissance médiocre, un taux de chômage supérieur à 10%, des déficits budgétaires historiques, des accumulations de dettes sans précédent dans le domaine de l'OCDE. "Il faut revoir notre modèle économique", il est nécessaire que l'ensemble des dirigeants politiques fassent preuve de coordination, cohérence et coopération pour mettre en œuvre des actions de croissance, de développement, de stabilité et de durabilité. Pour qu'un nouvel équilibre puisse se faire, il va falloir voir pus loin que la seule reprise, il est temps d'envisager des actions sur le long terme. M. Gurria pose la question de la suffisance du G20 face aux grandes problématiques mondiales (lutte contre la pauvreté, éducation, secrets bancaires et paradis fiscaux, protectionnisme, etc.). Le G20 a été créé pour la stabilisation, l'un de ses succès ayant été de rééquilibrer les systèmes bancaires. Aujourd'hui, l'équilibre international doit inclure, selon M. Gurria et dès la prochaine réunion du G20, les questions de l'éducation, de la concurrence, de la santé, de la croissance verte, de l'innovation, etc. Ce sont ces nouvelles thématiques qui feront tenir la croissance sur le long terme, et non plus l'équilibre de la seule monnaie. Il devient primordial que les politiques des différents pays réalisent un exercice de convergence de leurs actions pour toutes les problématiques internationales.

Puis est intervenu Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien Directeur général du Fonds Monétaire International. Soulevant la difficile question de la définition de la gouvernance, il a souhaité proposer un certain nombre d'"instruments" qui soutiendraient des actions communes efficaces pour l'organisation monétaire et financière mondiale. La question qu'il pose est la suivante : "Quel nouveau type de fonds mondial a-t-on besoin ?" ou comment adapter les institutions actuelles au monde actuel.
  • Le FMI devrait avoir un mandat élargi, et surveiller la sphère financière en plus de son rôle monétaire.
  • Il serait nécessaire d'avoir une discipline collective, une sorte de "surveillance" pour s'assurer que les règles du jeu sont respectées par tous. M. Camdessus met en garde contre deux pièges, que sont les inégalités de contraintes entre les pays qui utilisent le fonds et les autres, et le non-suivi des actions communes par le pays émetteur de la monnaie mondiale. Il préconise ainsi une surveillance par les pairs, car il est difficile de sanctionner, le regard des autres pays étant la sanction la plus efficace. A l'inverse, les "bons élèves", c'est-à-dire les pays appliquant le diagnostic et les prescriptions de la gouvernance mondiale, auraient droit aux financements nécessaires et à des conditions assouplies.
  • Devant la difficulté à évoluer vers un marché des changes fixe, il serait nécessaire de mettre au point un système mixte d'encadrement des monnaies (floatting / fixe), ainsi qu'un nouveau moyen d'orienter les marchés.
  • Le prêteur de dernier ressort devrait avoir des moyens. Ce devrait être quelqu'un pouvant émettre de la monnaie exceptionnellement et dans les proportions nécessaires à la situation. Le problème actuel est que le pays émetteur de la monnaie mondiale peut se libérer des problèmes de monnaie, mais peut également être à l'origine d'une inflation importante, impactant l'économie d'autres pays.
  • Un dispositif d'observation des liquidités mondiales devrait être mis en place pour éviter les sur-liquidités. La structure monétaire mondiale pouvant émettre ou éponger de la liquidité mondiale pourrait être le FMI si une adaptation de ses fonctions et de ses moyens d'action est faite.
C'est ainsi que M. Camdessus énonce quelques problèmes rencontrés par le FMI, qui devrait être résolus pour l'adapter à toutes ces propositions d'actions :
  • Il pose d'abord le problème de la représentativité au pouvoir du FMI : certains pays sont sur-représentés quand d'autres sont sous-représentés. Par parenthèse, au G20, 160 pays ne sont pas représentés et ne veulent pas qu'on décide à leur place: pourquoi ne pas envisager un regroupement des pays par circonscription, et chacun siègerait à tout de rôle au G20.
  • Le pouvoir du G20 ne repose sur rien, ses recommandations ne passent pas directement dans le droit positif. Il devrait être associé au FMI pour gagner sa légitimité.
  • Le FMI est perçu comme technocratique. Le dernier mot devrait être fait par les politiques (au pouvoir décisionnel directement) et non par le Comité de consultation comme cela se fait aujourd'hui.
  • Les banques centrales devraient être plus présentes au sein du FMI.
Enfin, François Bourguignon, ancien économiste en chef et premier vice-président de la Banque Mondiale, revient sur les missions de la Banque Mondiale. Sa mission première est de collecter auprès des bailleurs de fonds (pays riches) pour soutenir des économies pauvres dans des conditions favorables (taux zéro, premier paiement dans 10 ans, échelonnement sur 40 ans), quand ce prêt ne devient pas un don.
Aujourd'hui on observe un fort déficit dans les quantités allouées à l'aide au développement. Et l'aide allouée est de plus en plus souvent liée à des contrats (accords bilatéraux et non plus multilatéraux). L'efficacité de cette aide est donc moindre et cette situation de dérive handicape gravement la gestion de l'aide au développement.

Par ailleurs on peut également noter des problèmes de coordination entre les donateurs : l'OCDE gère le suivi et l'allocation des ressources à l'échelle mondiale, et sur le terrain, ce sont les agences bilatérales de développement qui sont en charge du suivi. Mais cette répartition des tâches n'est pas optimale et l'aide finale apportée n'est pas la meilleure possible. La distribution des projets pourrait être améliorée si la prise en charge des demandes était faite différemment.
Il est difficile de définir des "modèles" d'aides, car chaque demande est singulière et possède des caractéristiques et impacts qui sont propres au pays (politiques en place, accords nationaux, etc.). Beaucoup de choses sont impliquées dans chaque demande.

Finalement, il faudrait, selon M. Bourguignon, une forte volonté politique par le G20 pour une gouvernance mondiale efficace.

La vidéo de la conférence : http://www.touteconomie.org/index.php?arc=v29

Cynthia Coll

mardi 18 novembre 2008

L'Inde, terre d'opportunités

Intrigués ? Curieux ? Attirés par le marché Indien et le potentiel économique que représente ce pays aujourd’hui ? Lisez ce billet !

Ayant fait le choix de débuter ma vie professionnelle dans ce pays, je me suis attaché à l’étude des opportunités de développement et à la position de la France face à l’émergence d’une nouvelle classe en Inde.

Depuis plusieurs semaines à la Une des journaux Indiens: Chandrayaan-1 est une réussite, les premières phases de la mission automatisée pour la lune se sont déroulées avec succès. Une association avec la Russie est même envisagée pour le second lancement de ce type, en 2012. Bien que la crise financière commence à affecter le pays, notamment à travers la diminution des exportations Indiennes, les suppressions de postes et autres signes de faiblesse se font rares comparé à l’Occident. Le pays continue son développement et compte bien profiter de cette période pour s’affirmer auprès des « grands ».

Ce géant de plus d’un milliard d’habitants (2ème pays le plus peuplé du monde), 4ème au rang mondial par son PIB (en PPA), détenteur de la plus grande armée de réserve du monde, comporte toutes les caractéristiques d’une puissance émergeante. Avec une croissance moyenne à 7% depuis 10 ans, le pays voit sa pauvreté diminuer notamment grâce à la création d’infrastructures consacrées à l’éducation et aux soins pour les plus démunis.

La population Indienne est éduquée, sait parler anglais et a une maîtrise de l’informatique. Dans ce pays à dominante religieuse Hindou, l’émergence d’une classe nouvelle étend le champ des opportunités pour les entreprises locales et internationales.

A l’heure où les grands groupes cherchent à s’implanter en Inde (Air Liquide du côté de la Santé, ou même le Bayern Munich avec le football par exemple), nous assistons à la mutation de ce pays qui passe d’une zone d’ « Assemblage » à une zone « Numérique ». En effet, on assiste à une évolution de la répartition sectorielle, synonyme de développement économique et social. Ceci atteste de l’état d’avancement du pays, qui devient attractif plus tellement pour les coûts de main d’œuvre, mais davantage pour la pénétration du marché Indien.

Les entreprises Indiennes sont ouvertes au changement et désirent conquérir le marché avec (ou sans) le partenariat de groupes étrangers. La France, malgré ses 400 entreprises implantées localement, atteste d’un certain retard comparé à ses homologues Américains ou Allemands. Les limites supérieures en IDE autorisées, et les autres avantages fiscaux ne suffisent pas à compenser la complexité du système juridique et fiscal Indien.

D’autres facteurs limitent aujourd’hui l’implantation des entreprises Françaises dans cette zone. L’augmentation de salaire (15% par an), le choix important du partenariat, les règles de vie et les différences culturelles sont des éléments qui influencent fortement le choix des entreprises.
Ces limites n’ont cependant pas freiné les investissements de certains groupes Français dans l’Energie (Areva, Total, Legrand), l’Industrie (Saint-Gobain, Lafarge, Sanofi-Aventis), les TIC (Alcatel, Oberthur, Safran), les biens de Consommation (Pernod Ricard, Danone, L’Oréal), l’Aéronautique (EADS, Safran, Thalès), ou les Services Financiers (BNP Paribas, Calyon, SG). Ces investissements représentent 2,3% des IDE en Inde.

Les perspectives de développement de l’électronique laissent penser que l’Inde sera le leader mondial de ce secteur en 2025. La France croit en l’avenir de ce pays et devrait par conséquent favoriser les échanges avec lui. C’est un changement de mentalité qui passe selon moi par le biais des échanges scolaires. Les étudiants Français doivent partir en Inde afin d’établir un réseau solide sur place. C’est un élément clé. Sans partenariat solide et sans relations stables, l’implantation économique devient très difficile, voir impossible dans ce pays.

Bien que les problèmes d’infrastructures freinent le développement du pays, les liens noués avec les grandes puissances (e.g. NSSP Next Steps in Strategic Partnership) sont autant de démonstrations du désir d’ouverture et d’intégration de l’Inde au sein du système global.
Les disparités et les inégalités sociales sont cependant nombreuses dans ce pays où la religion dicte le comportement de la majorité. Un conseil, une expérience enrichie est une expérience locale. Alors étudiants, profitez de l’ouverture internationale pour vous lancer dans l’aventure ! Partir loin permet d’en apprendre beaucoup sur soi-même et sur les autres.

« Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page. » (Saint Augustin)

Sources et liens :
  1. "S’implanter en Inde en faisant le choix du partenariat" sur le blog IE love PME.
  2. Informations sur l'Inde via "The World Factbook" du site de la CIA.
  3. Page wikipedia sur l'Inde.
  4. "Vite lu dans la presse indienne" par Valéry Marchive le 16/11/2008 sur LeMagIT.
  5. "L’élection de Barack Obama inquiète les entreprises indiennes" par Valéry Marchive le 8/11/2008 sur LeMagIT.
  6. "Investir en Inde : les conditions de réussite" - communiqué de presse d'Ernst & Young.

Poulad Djamali
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