mardi 18 septembre 2012

Propriété intellectuelle ou Biopiraterie : les deux faces d’une même médaille

L’appropriation du vivant 

Définissons le cadre, la bioprospection. Elle consiste à rechercher durant l’évaluation des éléments constituant la biodiversité d’un écosystème particulier, de nouveaux principes actifs ; c'est-à-dire des molécules encore inconnues possédant des caractéristiques à valeurs thérapeutiques.  Cette activité est principalement menée par les secteurs de la pharmacologie, de la cosmétologie, de l’agriculture et des biotechnologies, ayant des intérêts scientifiques ou bien économiques dans ses débouchés.  Cependant comme un écho à Murphy et sa loi, de multiples cas recensés de bioprospection ont fait état d’une exploitation irrégulière des éléments biologique récoltés. Ces cas (cf. ci-dessous) ont notamment fait suite à un mauvais encadrement des instances publiques des régions ciblées, parfois mal préparées, ainsi qu’à un manque de réactivité des organismes internationaux. Nous ne sommes alors plus dans une action de bioprospection classique mais devant un cas de piraterie biologique. 

La biopiraterie est un concept large méritant d’être diffusé. Ce « marché noir » de la bioprospection se développe par l’appropriation non contrôlée des savoirs biomédicaux, des ressources, des espèces naturelles, et même des gènes humains. L’exploitation commerciale des éléments précités est faîte sans autorisation ni compensation des groupes possédants ou ayants précédemment développés ces éléments.  En d’autres termes, la bioprospection certes nécessaire à l’avancée de la science, pourrait permettre une prise de contrôle lancinante sur les éléments constitutifs du vivant. On définira ici le vivant comme l’ensemble des éléments organique concourant à la création ou au maintien de toutes formes de vie.

Le brevet, comme une arme de conquête 

De multiples exemples de conflits anciens ou récents témoignent de ce colonialisme moderne, parfois violent, où des populations autochtones majoritairement du Sud, de l'Amérique Latine et de l’Inde, se retrouvent lésées suite à la conduite d’opérations de prospection. En Amazonie notamment, l'Ayahausca, une plante sacrée utilisée dans les itinéraires chamaniques, possède des propriétés hallucinogènes utiles à la recherche sur le cancer. Ainsi dès 1986, l’Office américain des brevets avait pu déposer un droit de propriété sur cette espèce à part entière, désignant donc une personne comme étant l’inventeur légitime de la plante. Un autre cas du genre concerne la Firme DuPont tentant d’obtenir un brevet sur une variété de maïs génétiquement modifié, mais existant déjà à l’état naturel par le fruit de la sélection naturelle. On peut également citer l’exemple du peuple San d’Afrique du Sud dans le conflit l’ayant opposé à l’Organisme paragouvernemental CSIR (Council for Scientific and Industrial Research). Comme l’illustre l’article d'Isabelle Montpetit, ce cas est typique de la non-reconnaissance de l’apport scientifique des communautés des régions ciblés.              Les chefs d’accusations qui pèsent dans le débat et dès le début des années 1980 sur les industries menant entre autre une activité de bioprospection sont complexes. Ils relèvent de l’ordre économique mais également éthique et renvoient aussi bien aux fondamentaux du droit de la propriété qu’à la notion même d’intérêt général. Ainsi, il est de fait que si un bien dît commun ou un savoir spécifique à une région ou une communauté, est réutilisé pour les raisons du progrès et donc dans l’intérêt général, il en découlerait logiquement qu’il y ait rétribution pour les précités ayant œuvrés à la reconnaissance de cette avancée. Pourtant du point de vue éthique, il reste à déterminer comment et jusqu'où peut-on s’approprier ce qui par définition appartient au bien commun, ou qui existe déjà de par lui-même comme les plantes ou les animaux, et en demander des contreparties financières pour l’usage qu’on peut en faire. Si les faits précitées sont aujourd’hui avérés et reconnus, notamment depuis la signature de La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) en 1992, les moyens de contrôler juridiquement cette manne financière ne sont pas pour autant appropriés aux enjeux actuels et ceux à venir.

Le rôle des parties

Bien souvent au niveau régional, l’absence de dispositifs réglementaires nationaux adéquats et le manque d’information vers les communautés, laissent un vide comblé par des mouvements identitaires nés de luttes rurales (cf. les Sereingueiros de l’Etat de l’Acre au Brésil) ou des structures d’aide à la société comme les Organisations Non Gouvernementales ; avec une action parfois ambigüe mais certes utile pour lutter contre les actes de biopiraterie. Aussi afin d’éviter tous conflits géopolitique, le rôle du cadre juridique international que représente la CDB, aidant les uns à renforcer leurs mécanismes de défenses et de protection et permettant aux autres de clarifier leurs apports au progrès et les rétributions faites aux communautés concernées reste cruciale.  Cependant, nombre d’auteurs remettent aujourd’hui en cause l’efficacité des accords signés en 1992. Plusieurs raisons argumentent cette position. D’abord en raison du principe non contraignant de partage des avantages liés à l’activité de prospection biologique, les bio prospecteurs redistribuent rarement dans les faits leurs revenus. D’où, la récente émergence de plusieurs conflits internationaux entre tribus autochtones et industrie pharmaceutique d’extraction. De plus, certains scientifiques et ONG ont défendu l’idée que les ressources biologiques constituaient des avantages comparatifs certains pour les pays du Sud, face aux industriels. Il n’en fut rien au final quant on considère le faible pouvoirs de négociations que possède les pays désignées comme cible. Les industriels de plus en plus organisés, ont souvent à faire à un choix multiple de pays en développement, fournisseurs d’intrants et qui se livrent une réelle concurrence pour attirer les bioprospecteurs. Ainsi, toute réelle coopération pour améliorer le marché des ressources génétiques semble s’annihiler.  

La bioprospection est sans aucun doute nécessaire à la survie de notre espèce mais doit aboutir à un équilibrage des consentements préalable à toute exploitation ainsi qu’a un partage justifié des bénéfices. Les revenus potentiels liés au secteur de la recherche médicale et de ses multiples applications sont, malgré les discours minimisant des industriels, plus que considérables.  Toutefois, on reconnaitra que le processus est long et couteux pour lancer un produit fini sur le marché et que nombre des produits développés ne seront jamais distribués. 

PGA

Banques et réseaux sociaux

Les médias sociaux apparaissent incontournables pour les acteurs bancaires, tant ils sont déjà imbriqués dans la vie quotidienne de leurs clients qu’il s’agisse des achats en ligne, des loisirs, de l’information ou des services bancaires.
L’implication sur les réseaux sociaux  favorise la proximité avec les clients finaux et les prospects et permet de gérer avec une certaine efficacité sa notoriété.
Reste cependant la question du retour sur investissement qui demeure difficile à évaluer pour la plupart des acteurs qui s’y sont lancés jusqu’à aujourd’hui.
Opportunités
Pour les organismes bancaires, les réseaux sociaux représentent un nouveau canal de communication, de contact et de prospection. Créer son compte sur Twitter ou Facebook représente pour ces groupes un moyen de pénétrer un environnement propre à certains de leurs clients sur lequel ils peuvent se plaindre directement à eux, émettre leurs opinions et leurs demandes 24h/24.
Ouvrir un compte de marque leur permet de gérer un espace dédié à l’échange, de canaliser les émissions d’avis et de développer leur image en termes d’ouverture et d’innovation, tout en gardant un certain contrôle sur les échanges (à la différence des forums indépendants par exemple).
Depuis le 2 novembre 2010, la banque BNP Paribas a lancé son service d’assistance via Twitter, à destination de ses clients. Le fonctionnement est très simple : le client peut poser sa question sur la page Twitter dédiée, en 140 caractères maximum (comme pour tout message posté par ce canal). Un conseiller BNP lui répondra, soit sur le fil de conversation public, soit par le biais d’un message privé, selon la nature de la question.
La réactivité reste un facteur essentiel de la satisfaction clients. En ce sens, l’intégration des réseaux sociaux représente un élément de différenciation fort par rapport aux autres canaux de communication traditionnellement utilisés par les banques.
L’immédiateté du discours s’adapte de plus particulièrement à un public jeune, utilisateur de nouvelles technologies, et permet ainsi aux banques de toucher directement cette cible de la clientèle.
Aboutissement
Les comptes des banques sur Twitter notamment deviennent finalement de véritables outils de veille car ils permettent une remontée en direct des soucis que peuvent rencontrer les clients.
Face à la croissance de l’intégration des groupes financiers et organismes bancaires sur les réseaux, certains groupes vont même  plus loin en développant leur propre réseau social, à l’image de la Banque Accord qui a ouvert sa première communauté en ligne baptisée « La vie simple et smilling », un espace, lancé en version bêta, réservé à l’échange entre particuliers et au financement de projets en CtoC.

mercredi 12 septembre 2012

Intelligence Economique au Japon : JETRO, un système d'intelligence économique redoutable? (2)

Consulter la première partie de cet article : "Intelligence Economique au Japon : JETRO, un système d'intelligence économique redoutable? (1re partie)"

JETRO et ses activités

 

Ses activités principales: 

 

JETRO est une organisation pour la promotion du commerce international et de l'investissement entre le Japon et le reste du monde. A sa création, les activités de JETRO étaient principalement basées sur la promotion de l'exportation japonaise vers l'étranger, mais ensuite elles se sont dirigées aussi vers la promotion de l'investissement direct étranger au Japon (par exemple, IBSC Invest Japan Business Support Center vous aide pour démarrer votre business au Japon) et l'assistance aux PME japonaises pour maximiser leur potentiel en exportation.

En plus, JETRO facilite le développement de l'économie dans les pays en voie de développement notamment par la promotion du commerce international (par exemple, African Business Frontline with Jetro): il aide et conseille les entreprises japonaises à l'étranger pour son développement et aussi la protection de la propriété intellectuelle. En ce qui concerne la protection de la propriété intellectuelle,  IIPPF, The International Intellectual Property Protection Forum a été créé en 2002 afin de résoudre les problèmes de produits contrefaits ou piratés essentiellement en Chine.

Bien sûr, JETRO a une position unique pour fournir les informations en rythme permanent et une capacité de recherche et d'analyse, grâce à son réseau global qui couvre les quatre coins du monde. Il fournit les informations sur les industries, les marchés, les conditions de commerce international et investissement à travers le monde. En conséquence, les entreprises japonaises bénéficient des informations sur l'économie internationale même en quittant le Japon.

IDE (Institute of Developing Economies) conduit des recherches sur des sujets économiques, politique et sociétales dans les pays en développement (en particulier sur l'Asie, mais aussi sur l'Amérique latine, l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie centrale). A travers ses recherches, IDE contribue à la coopération internationale économique notamment avec les pays en développement.

JETRO organise aussi des séminaires et des conférences, salons professionnels et des expositions régulièrement.

Distribution des informations par des canaux multiples


Les informations et les analyses du JETRO sont communiquées par différents canaux ( newsletter, publications, revues...) et le site web du JETRO contient énormément d'informations sur les conditions économiques, aussi bien que les systèmes de commerce international et d'investissement.

Voici quelques exemples :
  • JETRO Daily "Tsusho Kouhou 通商弘報" : payant (environ 350 euros / an), on reçoit des informations 1 fois / jour par mail, uniquement en japonais.
  • JETRO SENSOR : payant, revue mensuel, en japonais. existe en version papier et en version numérique. 
  • TTPP (Trade Tie-up Promotion Program) : un site (en anglais et en japonais) pour trouver des partenaires commerciaux pour les affiaires internationales. 
  • J-mess Online Trade Fair Database : données sur les expositions et les salons dans le monde. (en anglais) 
  • Newsletter (en angalis) : pour recevoir les dernières informations en anglais pour faire du business au Japon, les dernières nouvelles sur la tendance des affaires internationale ou encore les informations sur les évènements organisés par JETRO dans le monde entier.

Quelques rapports et les données :

On peut donc constater que le JETRO contribue à l'exportation japonaise ainsi que la promotion des investissements étrangers en favorisant les échanges commerciaux, tout en développant ses réseaux dans le monde pour une meilleurs acquisition des informations. Ses analyses et les modes de diffusion sont efficaces avec une actualisation très fréquente. Il a un rôle majeur pour un contexte actuel de mondialisation d'où la nécessité de développer de plus en plus des relations commerciales avec les pays étrangers.

En savoir plus :

mardi 11 septembre 2012

Intelligence Economique au Japon : JETRO, un système d'intelligence économique redoutable? (1)

JETRO (Japan External Trade Organization) a souvent une réputation démesurée qui fait sourire les japonais : Guy Faure écrit dans son article que "la réputation (de JETRO) est surfaite pour les hommes d'affaires japonais et ceux qui travaillent dans des PME", alors que " les occidentaux classent volontiers le JETRO comme la plus performante des grandes centrales du renseignement".

A l'époque où la théorie de menace japonaise circulait, certains livres décrivaient JETRO comme un service de renseignement très puissant : Brian Freemantle (écrivain anglais) ou encore Erich Schmidt – Eenboom (journaliste et historien allemand qui a écrit un livre sur la guerre économique et les services de renseignement dans lequel il consacre une partie à JETRO.) seraient en partie à l'origine de la réputation surfaite de JETRO.

Alors, qu'est-ce que le JETRO? Comment a-t-il été créé? Et comment fonctionne-t-il?

Contexte d'après guerre au Japon 


Le JETRO a été créé en 1951 sous sa première forme. Donc, il est important de rappeler le contexte du moment :

Le Japon a connu un changement radical après la défaite de la Seconde Guerre Mondiale : les deux bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki ont mis fin à l'ambition hégémonique du Japon. Le 15 août 1945, l'empereur Hirohito annonce l'acceptation de la Déclaration de Potsdam, ensuite l'acte de capitulation a été signé le 2 septembre 1945. A partir de ce moment-là, le Japon a été sous occupation des Forces Alliés commandé par général Mac Arthur (GHQ/SCAP, General Head Quarters, the Supreme Commander for the Allied Powers) jusqu'en 1952.

La reconstruction du Japon a été faite essentiellement par les Etats-Unis. L'objectif de GHQ était de démilitariser et démocratiser le Japon. La nouvelle Constitution a été créée avec l'initiative de GHQ. L'article 9 a été introduit pour garder le Japon désarmé et qu'il renonce à la guerre pour toujours.

GHQ a introduit des systèmes pour la démocratisation économique ( 経済民主政策, keizai minshu seisaku). La démantèlement des Zaibatsu a été un de leurs objectifs. (GHQ pensait que les Zaibatsu contribuaient énormément au militarisme japonais pendant la guerre et qu'en les démantelant il supprimerait ce militarisme) : Par exemple, on peut citer la création de HCLC (Holding Company Liquidity Committee, 持株会社整理委員会, mochikabugaisha seiri iinkai ) en 1946, la promulgation de la loi de déconcentration de puissance des grandes entreprises ( Excessive Economic Power Deconcentration Law, 過度経済力集中排除法, kato keizairyoku shuchu haijo ho ) en 1947.


Avec ce changement sans précédent, du militarisme au pacifisme, le premier ministre de l'époque, Shigeru Yoshida (en poste de premier ministre de mai 46 à mai 47, ensuite d'octobre 48 à décembre 54), a mené une politique misée sur le développement économique (Yoshida Doctrine).

Histoire du JETRO 

 

Sa création

 

Le JETRO a été créé sous forme de fondation en 1951 avec l'initiative de Japan Foreign Trade Council (日本貿易会, nihon boeki kai )(1), en prenant exemple du BETRO (British Export Trade Research Organization). Le siège se situait à OSAKA (la ville connue pour sa qualité de commerçants) et se nommait Japan Export Trade Research Organization (海外市場調査会, kaigai shijo chosakai, organisation de recherches sur les marchés extérieurs).

En 1954, il devient Japan External Trade Recovery Organization / JETRO, suite à l'intégration de deux autres organisations (Conseil pour les salons internationaux 国際見本市協議会 et Conseil pour la promotion du commerce international 日本貿易斡旋所協議会). Michisuke Sugi (qui a été président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'OSAKA) était nommé président.

En fait, Michisuke Sugi était une personne qui a beaucoup contribué dans le monde économique au Japon (surtout à OSAKA) avant, pendant et après la guerre.

Michisuke Sugi et JETRO


Dans l'article du OSAKA Archives No.43 ( 大阪あーかいぶず 43号) de la préfecture d'OSAKA,  on décrit en détail l'état de la ville d'OSAKA avant, pendant et après la guerre, ainsi que la vie de Michisuke Sugi et ses contributions au développement de l'économie d'OSAKA : la ville d'OSAKA, connue comme ville de commerce et d'industrie, était la plus grande ville du Japon dépassant Tokyo en 1925 (en terme de  population, OSAKA était classé en 6e dans le monde à l'époque). Mais, subissant une vingtaine de bombardements (entre janvier et août 1945), elle a été complètement détruite. La ville si prospère est devenue ainsi une ville à reconstruire.

Sugi (né en 1884) s'installe à OSAKA en 1912, pour travailler dans une maison de commerce spécialisée en filage textile (à l'époque très développé à OSAKA) dont son beau-père était gérant, et s'introduit dans le milieu des affaires. En 1929, Il est devenu membre de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'OSAKA. Il succède aux postes à responsabilité et devient en 1941 vice président. Pendant ce temps, il doit faire face aux difficultés de l'industrie à OSAKA en période de guerre. Il voulait notamment construire une structure solide pour gagner la guerre, comme le partenariat public-privé, tout en gardant le libéralisme (il était contre le contrôle d'Etat excessif). Il souhaitait le changement structurel de l'industrie d'OSAKA.

Mais, en 1943, la Chambre d'Industrie et de Commerce d'OSAKA est entrée sous contrôle d'Etat. C'est après la guerre, en septembre 1946, qu'elle a repris ses activités. Sugi a été nommé président en 1948. Il a créé plusieurs commissions spéciales face aux problèmes économiques dans la période d'occupation, en faisant des propositions concrètes. Il était persuadé que le tandem économie-politique est nécessaire pour un énorme projet comme "reconstruction" et qu'il faut la promotion du commerce international pour la reconstruction et l'indépendance du pays. Il a ensuite créé le JETRO en 1951.

Sugi s'est activement investi au développement économique d'OSAKA et sa région, mais aussi du Japon avec son engagement et sa motivation jusqu'à sa démission du poste de président de la Chambre de commerce et d'industrie d'OSAKA en 1960. Il reste président du JETRO jusqu'à la fin de sa vie (1964).

Son évolution


En juillet 1958, le gouvernement reconnaissant l'importance de la promotion de l'exportation, décide une réorganisation. JETRO devient  Japan Export Trade Promotion Agency/ JETRO  (sous forme d'agence spéciale 特殊法人 attaché à MITI, Ministry of International Trade and Industry, avec 100% de financement par le gouvernement).

En 1961, l'appellation anglaise est devenue Japan External Trade Organization/ JETRO.

En 1998, Institute of Developing Economies a été intégrée au JETRO.

Depuis 2003, JETRO a un statut comme Institution administrative indépendante (IAI, Independent Administrative Institution, 独立行政法人, dokuritsu gyosei hojin) sous tutelle de METI (Ministry of Economy, Trade and Industry.) (2) (3)

La structure du JETRO


JETRO a son siège à Tokyo, mais aussi à Osaka (en raison de sa première création à OSAKA). Il existe IDE-JETRO (Institute of Developing Economies) et 36 bureaux régionaux au Japon. Il possède également 73 bureaux dans 55 pays. 1545 personnes travaillent pour JETRO dans le monde, dont 824 au Japon et 721 à l'étranger. (chiffres avril 2011)

JETRO a également 2 bibliothèques (à Tokyo et à Osaka) qui ont une large gamme de ressources concernant le commerce international, le business et l'investissement : des livres en japonais et en langues étrangères, des journaux et des magazines, base de données commerciale….

Il est présidé, depuis novembre 2011, par Hiroyuki Ishige (Ancien Vice-Minister for International Affairs, Ministry of Economy, Trade and Industry).

(1) En vue de la reprise du commerce international dans le secteur privé en août 1947, Japan Foreign Trade Council avait été créé en juin 1947, en fusion de 4 organisations travaillant pour la promotion du commerce international.
(2) JETRO est une des 11 IAI sous tutelle de METI. (chiffre avril 2012)
(3) MITI est devenu METI en 2001.

mercredi 15 août 2012

Intelligence Economique au Japon, quel état d'esprit?



Au Japon, l'intelligence économique (IE) n'a pas la même approche qu'en France. Le concept n'existe pas en tant que tel. En France, plusieurs chercheurs, intellectuels et experts dans ce secteur ont déjà démontré comment l'IE se pratique au Japon, mais, en réalité, les japonais ne nomment pas en tant qu'"intelligence économique" toutes ces activités de collecte, analyse, diffusion et protection de l'information (sans parler du 3e volet de l'IE, l'influence).1

Le rapport "Intelligence Economique et PME" de CRCI (Chambre régionale de commerce et d'industrie de Paris – Ile-de-France) de septembre 2007 décrit le Japon comme un pays qui a "une longue tradition de gestion et de partage de l'information", et explique que

  • les activités de recueil de l'information sont pour tous les japonais aussi naturelles qu'indispensables;
  • les jeunes japonais sont formés dès l'école et jusqu'à l'Université à l'accumulation des connaissances et au travail de groupe avec un véritable partage de l'information (et des connaissances).
Le Japon est "un Etat au cœur des réseaux d'influence" avec l'interconnection des organisations (METI, JETRO, SOGO  SHOSHA (société de commerce général), KEIDANREN…etc) où le recueil et la circulation des informations sont des actes naturels et ancrés dans les activités.

Cet état d'esprit n'existe pas qu'en entreprise, il est présent jusqu'à dans la vie privé : chaque japonais aime chercher les informations et les partager avec les autres !

Guy Faure (chercheur au CNRS, Institut d'Asie Orientale) écrit dans son article "La pratique de l'intelligence économique au Japon : un modèle sans école" que malgré la crise économique et la mise en question du modèle de management japonais, l'IE est une spécialité où les japonais gardent leur crédit intact. Il explique que "les modes japonais d'appropriation et de gestion des connaissances continuent d'interpeller les spécialistes, à la recherche de clés pour comprendre leur fonctionnement dans ce pays, qui a su les mettre efficacement au service de son économie."

Il montre bien sûr la culture collective de l'information chez les japonais, et aussi "l'information perçue comme un moyen d'agir avec les autres plus que d'un pouvoir d'agir sur les autres".

Les japonais ont cette culture de gestion de l'information différente de celle des français.

Certains analystes reviennent sur la constitution Meiji  pour expliquer cet état d'esprit ainsi que la base de fonctionnement de JETRO en citant l'article "chercher la connaissance dans le monde afin de renforcer les fondements du pouvoir impérial". En fait, c'est le 5e article de La Charte de serment (五箇条の御誓文, Gokajō no Goseimon, littéralement, le Serment en cinq articles) de 1868 qui correspond à cet article. Cette Charte de serment est la principe base du gouvernement Meiji. Elle est composé de 5 articles et représente le Japon voulant un Etat Nation moderne avec une politique parlementaire et l'ouverture à la civilisation occidentale afin de maintenir l'indépendance face à la colonisation des pays occidentaux. L'article 5 était une expression de "l'esprit entreprenant".

Lier l'état d'esprit japonais à l'IE (et bien sur JETRO) et ce 5e article de La Charte de serment de 1868 me semble pourtant "forcé" et exagéré, mais pas sans raison : à l'époque, le Japon venait d'ouvrir le pays après 200 ans de fermeture. Le pays avait pour objectif de devenir un Etat moderne. La quête des informations pour ne pas être une des colonies occidentales était un enjeu essentiel. L'esprit collectif autour de l'empereur, donc une forte identité nationale a été créée.

Certes, cette attitude japonaise par rapport à l'information peut venir de là, mais c'est surtout après la Seconde guerre mondiale, quand le Japon a été démilitarisé et a choisi une politique misée essentiellement en économie, que le Japon a développé une véritable force en renseignement économique (Jetro a été créé en 1958 - un prochain billet sur ce sujet est en préparation).

La curiosité des japonais pour la "récolte" des informations et le décloisonnement entre différentes organisations public-privé pour la circulation fluide des informations à tous les niveaux sont des facteurs importants: la mise en place d'un système d'IE est bien sûr indiscutable, mais l'implication, le comportement et l'attitude de chaque individu par rapport à l'information est un enjeu majeur.

1. P.42 rapport "intelligence économique et PME", CRCI, 2007.

Sources/en savoir plus:
  • Guy Faure, "La Pratique de l'intelligence économique au Japon : un modèle sans école", Asies recherches, Centre Asie, IREPD, Grenoble, n.15, 2e semestre 2001.
  • CRCI (Chambre régionale de commerce et d'industrie de Paris – Ile-de-France), "Intelligence Economique et PME", septembre2007.

jeudi 9 août 2012

Nouveaux canaux de communication et positionnement des banques


Les nouvelles technologies ont poussé au repositionnement de la communication. Les banques et organismes financiers s’appuient désormais sur les nouveaux canaux de communication afin d’affirmer une position stratégique et venir à la rencontre des clients sur leur propre plate-forme d’échange : les réseaux sociaux, un environnement encore peu familier des institutions financières.

Les banques disposent ainsi d’un nouveau lien social. Près de 1 500 comptes existent actuellement sur Twitter, détenus et gérés par les organismes financiers, et 1000 pages ont été ouvertes sur Facebook dans près de 70 pays.

Avantages et inconvénients
L’accélération des échanges avec les clients directs a un avantage, favoriser la personnalisation de la relation, l’humanisation des échanges et finalement, le taux de satisfaction des clients. L’implication des professionnels de la finance est indispensable sur les réseaux sociaux historiques qui doivent éviter la désintermédiation d’acteurs nouveaux très habitués à ce type de canal de communication et de commercialisation (de produits financiers et de moyens de paiements alternatifs par exemple).

Pourtant, si l’accélération des échanges est avantageuse en général, elle peut aussi participer à la création de buzz négatif et finalement, à la baisse de popularité des banques et organismes financiers qui peuvent pâtir de la mauvaise publicité initiée par une mauvaise manipulation des médias sociaux.

De nouvelles stratégies
L’omniprésence des médias sociaux dans la communication a finalement poussé les organismes financiers à s’appuyer sur ces derniers pour établir de nouvelles stratégies.
Les secteurs de la banque et de l’assurance intègrent désormais les médias sociaux dans la gestion de leur relation client, à l’image de BNPP et de son SAV sur Twitter ou d’Aviva au Royaume Uni.
Finalement, de nouvelles offres de fidélité et de paiement apparaissent en liaison directe avec l’utilisation des médias sociaux, comme avec le programme de "couponing" d’American Express « Link, Like, Love » lié à Facebook. Facteur de proximité, l’utilisation des médias sociaux est facteur du développement du social-paiement.

Retour sur investissement
Concrètement, les retours sur investissement sont moins facilement identifiables. Une récente étude a pourtant fait apparaître quelques chiffres suite à l’intégration de grandes marques sur les médias sociaux  : BNPP a ainsi enregistré une augmentation de 10 points de son taux de notoriété de service de banque en ligne suite à une campagne de lancement sur Facebook.

Connaissance des consommateurs
Un autre enjeu fondamental du positionnement des organismes financiers sur les médias sociaux dépend de la difficulté pour ces derniers à bien connaitre les consommateurs et leurs habitudes de consommation dans un contexte désormais multi-canal.

Les campagnes marketing doivent désormais être dessinées en fonction de ces données afin de favoriser la compréhension des clients et surtout, de conserver une légitimité concernant les besoins de ces derniers.

La grande problématique pour les banques est de savoir contrôler ces nouveaux espaces et de savoir reconnaitre les vraies opportunités de développement. S’ils représentent un très fort potentiel pour celles qui sauront mettre en avant leurs atouts, il s’agit pour les banques de pallier au risque de l’utilisation de réseaux privés et de l’assimilation de leur action comme de la pollution commerciale, finalement très négative pour leur image.

mardi 7 août 2012

Les Jeux Olympiques : instrument de Soft Power


Le Soft Power est selonJoseph Nye, la capacité d'un acteur politique d'influencer indirectement le comportement d'un autre acteur ou la définition par cet autre acteur de ses propres intérêts à l’aide de moyens autres que la force. Pour cela quel meilleur moyen que l’organisation de d’évènement sportif à l’échelle planétaire, qui va être suivi par des centaines de millions de personnes. Les évènements sportifs font partie des rares événements ayant une importance médiatique de cette envergure. Les Jeux Olympiques (JO) sont pleinement une démonstration de puissance sans utiliser la force dans ces différentes étapes. Le Soft Power des JO se partage en deux parties :

La première consiste à obtenir l’organisation des JO. Les pays s’affrontent dans une lutte sans merci auprès du Comité International Olympique pour obtenir cet évènement comme on l’a pu le constater pour l’obtention des JO de 2012 entre le Royaume Uni et la France et les autres pays éliminés plus tôt dans la course. Rien que d’obtenir les JO permet d’effectuer une démonstration de sa puissance dans la capacité à organiser cet évènement comme nul autre. Si le pays organisateur arrive à réaliser cette aventure sans réels problèmes majeures, alors il démontre sa puissance par des moyens autres que militaires. Les jeux sont en effet toujours accomplis dans le cadre d’un projet d’affirmation sur la scène internationale. Il s’agit donc de communiquer à l’échelle planétaire en montrant sa capacité à organiser un tel événement puisque les JO sont suivis par plus d’un milliard d’êtres humains. La rentabilité d’événements sportifs comme les JO est secondaire pour le pays organisateur. Mais le bénéfice d’image et de médiatisation de l’organisateur est bien réel.

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Le deuxième aspect est sur le plan plus sportif. Comme on peut le remarquer, il y a bien une compétition entre les sportifs mais également entre les pays. Un tableau des médailles est tenu afin de montrer la supériorité des États afin de confirmer sa puissance. Officiellement, ce classement n'existe pas. Pourtant, la hiérarchie des nations selon le nombre de médailles obtenues est observée avec attention par tous les pays. Les États-Unis et la Chine se disputent la première place par tous les moyens possibles et inimaginables. 

Je pense même que les outils de l’intelligence économique sont pleinement utilisés, se que l’on pourra appeler de « l’intelligence sportive ». Rien que pour les jeux de Londres, les affaires s’accumulent comme l'histoire où huit joueuses de badminton chinoises auraient abaissé leur niveau de jeu pour s'offrir un tableau plus abordable pour la suite la compétition. Il doit y avoir également des recherches pour déstabiliser certain concurrent. Le port des lunettes de protection obligatoire de Tony Parker par son équipe américaine après une bagarre dans laquelle il s’est trouvé pourrait bien en être un exemple. Et encore ces exemples ne sont que l’infime partie que dont nous ayons connaissance.

Aujourd’hui, dans cette "guerre" sportive,  l’UE se pose une question stratégique, vu l’influence des pays selon ces résultats sportifs. La problématique est de savoir s’il ne sera pas plus intéressant de regrouper les médailles olympiques des pays européens. Ce qui permettra à l’UE d’être la première puissance sportive mondiale bien devant les États-Unis et le Chine et d’afficher sa supériorité en matière sportive.