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vendredi 21 septembre 2012

Mobile et diffusion de l'information

Problématique de la mondialisation en termes d’accès à l’information

Internet est aujourd’hui devenu un outil fondamental pour la diffusion de l’information, notamment marqué par le développement du web 2.0 qui fournit des plateformes d’échange entre les utilisateurs eux-mêmes. En 2010, on comptait 2 milliards de connectés dans le monde et ce nombre connait une croissance exponentielle depuis les années 2000 (avec un doublement de ce chiffre entre 2005 et 2010).
Pourtant, en termes de connectivité, des inégalités mondiales perdurent, suivant le niveau de développement des pays. La problématique d’accès aux infrastructures est un élément clé de cette inégalité.
Or l’accès à l’Internet est devenu fondamental en ce qui concerne le développement des échanges économiques et la circulation de l’information, et reste donc un facteur de développement. 
La fracture numérique caractérisée par les inégalités d’accès aux technologies informatiques semblent pourtant pouvoir être contrées grâce à la démocratisation d’un outil désormais indispensable : le mobile.

 

L’importance du mobile dans le monde

D’après le rapport "Maximizing Mobile" réalisé par la Banque Mondiale en juillet 2012 et  traitant de la maximisation de l’utilisation du mobile, près de 75 %  de la population dispose d’un téléphone mobile, ce qui représente 6 milliards de lignes actives. En 2000, le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile atteignait à peine le milliard.
Un aspect fondamental de ce rapport repose sur les résultats de la répartition des mobiles dans le monde qui dépasse les barrières des inégalités liées au développement des pays. En effet, sur les 6 milliards de lignes actives aujourd’hui, 5 milliards sont ouvertes dans les pays en voie de développement. 

Les pays en voie de développement bénéficient pour la première fois d’un atout majeur pour assurer leur développement en étant mieux équipés que les pays développés en matière de téléphonie mobile, un outil aux multiples potentiels, indispensable à la lutte contre les inégalités, remplissant des rôles d’intégrateur et de développement fort notamment basé sur des services d’accès aux informations relatives à la santé ou aux démarches administratives par exemple.

 

Diffusion de l’information

La révolution mobile n’en est qu’à son commencement. Permettant de passer outre les barrières infrastructurelles, il offre un accès ouvert à l’ensemble de la population mondiale à Internet, notamment.
En termes de services, 30 milliards d’applications avaient déjà été téléchargées début 2012, offrant de multiples solutions à destination des populations grâce au SMS par exemple, afin de recevoir des informations sur les prix des échanges relatif à l’agriculture ou sur des rapports médicaux lors d’une grossesse.
A l’image des événements relatifs au Printemps Arabe, le mobile connecté joue aussi désormais un rôle important en politique et ouvre la voie de l’échange et de la mobilisation des populations en faveur de la liberté et de la défense de leurs droits d’expression.

Source/en savoir plus : rapport "Maximizing Mobile" réalisé par la Banque Mondiale (juillet 2012)

lundi 9 juillet 2012

Publication de 2 nouveaux livres en Intelligence Economique

Nous avons le plaisir de vous signaler la publication de 2 nouveaux livres écrits ou coordonnés par des partenaires du Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances ou membres du Centre Global Intelligence & Influence de SKEMA (GIISK).

Le premier (paru en mars dernier) coordonné par Eric Delbecque et Angélique Lafont, préfacé par René Ricol, s'intitule "Vers une souveraineté industrielle ? : Secteurs stratégiques et mondialisation" (éditions Vuibert). Ce livre passionnant, très documenté, est une réflexion approfondie sur les déséquilibres que doivent aujourd'hui affronter les économies, notamment l'européenne, et la notion de souveraineté appliquée à l'économie (présentation de l'éditeur ci-dessous).

Le deuxième, "Les diplomates d'entreprise" est un ouvrage collectif de l'Institiut Choiseul. Ce qu'on appelle couramment Business Diplomacy dans les pays anglo-saxons reste encore nimbé de mystère en France alors que c'est une nécessité absolue. Cet ouvrage très riche (présentation de l'éditeur ci-dessous) permet à vingt experts de la diplomatie d'entreprise, Directeurs de relations institutionnelles réputés (Sylvie Forbin de Vivendi, Igor Semo de Lyonnaise des Eaux, Gabrielle Gauthey d'Alcatel Lucent...), diplomates d'Etat (Caroline Malausséna), professeurs experts de la "chose" diplomatique (Viviane de Beaufort, Claude Revel)... de livrer des clés de leur savoir et de leur expérience. L'ouvrage est dirigé par Didier Lucas, Directeur général de l'Institut Choiseul.  

Présentation des éditeurs :

"Vers une souveraineté industrielle ? : Secteurs stratégiques et mondialisation" (Eric Delbecque et Angélique Lafont - Vuibert)
"La crise révèle les déséquilibres que doit aujourd'hui affronter le développement économique de l'Europe. Handicapés par leurs dettes publiques, les pays de l'Union peinent par ailleurs à faire face à la concurrence des pays « émergents ». L'économie de la connaissance ne suffira pas à préserver les intérêts technologiques et commerciaux des pays « occidentaux ».
En tout état de cause, notre pays se montre trop réceptif aux discours simplistes sur la fin de l'ère industrielle et le découplage politique/économie. Si l'État actionnaire a sans aucun doute vécu, si le protectionnisme de principe et le « nationalisme économique » apparaissent indiscutablement dangereux et inadaptés aux défis auxquels nous sommes confrontés, il semble tout aussi imprudent de ne pas comprendre que la « connivence » public/privé constitue le coeur d'une économie compétitive.
Le corollaire de cette idée est qu'il existe des périmètres stratégiques au coeur de l activité industrielle d une nation. Il est utile à la collectivité que ces derniers fonctionnent alors en observant des règles dérogatoires. Toutefois, dans un monde aux frontières poreuses, les « secteurs stratégiques » ne peuvent plus former uniquement une liste statique à la Prévert. L'État peut légitimement élaborer un système d'intervention ad hoc pour imposer un cadre particulier en tant que de besoin.
En résumé, il importe d'être plus ferme dans la conviction que nous devons rendre de nouveau légitime, dans les esprits, l'idée de souveraineté industrielle... Non pas celle de « souverainisme » industriel, ce qui n'a économiquement et politiquement aucun sens ! Il ne s agit pas de s'isoler du reste du monde, mais de promouvoir la réciprocité des comportements économiques.
"

"Les diplomates d'entreprise" (ouvrage collectif dirigé par Didier Lucas - Institut Choiseul)
"L’environnement des entreprises est marqué du sceau de l’incertitude et de l’imprévisibilité. Les transformations profondes de la compétition internationale et de ses règles imposent aux dirigeants de repenser la réflexion et les modes d’action stratégique. L’évolution des règles et des normes, l’exigence de responsabilité sociale, l’émergence de nouveaux compétiteurs figurent comme autant de réalités complexes. Face à la multiplication de parties prenantes qui exercent davantage d’influence, les entreprises s’organisent pour redéfinir des dialogues vertueux. Au carrefour du monde politique, du monde de l’économie et du monde des idées, les relations institutionnelles s’inscrivent comme une réponse au défi de la mondialisation. Cet ouvrage unique en son genre réunit les meilleurs praticiens, des diplomates, des experts et des chercheurs pour questionner le rôle social des diplomates d’entreprise."

Liens utiles

dimanche 27 mai 2012

Le "Soft Power", la stratégie efficace pour un Etat? (Partie 2)

Consulter la première partie de cet article "Le "Soft Power", la stratégie efficace pour un Etat? (partie 1)"

Ressources du Soft Power

Nye explique que le Soft Power d'un pays est basé principalement sur trois ressources : la culture (à condition que les autres pays soient attirés par cette culture), les valeurs politiques (qu'elles soient à la hauteur et en accord en politique intérieure et extérieure) et les politiques étrangères (qu'elles soient légitimes et morales).

La culture est un ensemble de valeurs et de pratiques qui créent un sens pour la société. La culture a plusieurs formes. En général, on distingue la haute culture comme la littérature, l'art, l'éducation supérieure qui intéressent les élites, et la culture populaire qui se concentre plutôt sur le divertissement de masses.

Quand la culture d'un pays possède une valeur universelle, et qu’il mène des politiques qui partagent des valeurs et des intérêts communs avec d'autres pays, elle augmente la possibilité d'obtenir le résultat voulu par l'attraction et le sentiment de devoir produit par cette attraction. La culture qui n'est pas universelle et qui est limitée et médiocre, ne peut pas produire de Soft Power.

Quelques analystes traitent le Soft Power comme la simple puissance de la culture populaire. Ils confondent les ressources culturelles et le comportement d'attraction. Il est vrai que la culture populaire est une des ressources qui produit le Soft Power, mais le Soft Power ne se limite pas qu’au phénomène global de la culture populaire.

Les politiques gouvernementales peuvent renforcer ou dégrader le Soft Power. Si la politique intérieure ou la politique extérieure est hypocrite, arrogante, indifférente aux opinions des autres ou qu'elle a une approche limitée aux intérêts nationaux, cela peut nuire au Soft Power. Les valeurs qu'un gouvernement montre par ses actions (par exemple la démocratie dans la politique intérieure, la coopération en institutions internationales, et la promotion de la paix et les Droits de l'Homme en politique étrangère) peuvent influencer les préférences des autres pays. Les gouvernements peuvent attirer ou repousser les autres par les exemples qu'ils donnent. 

En revanche, le Soft Power n'appartient pas au gouvernement autant que le Hard Power (par exemple, la force militaire qui est une ressource en Hard Power est strictement gouvernementale). Les ressources du Soft Power sont souvent indépendantes du gouvernement. 

Limites du Soft Power

Il est important de vérifier les conditions dans lesquelles il est possible de retirer plus de résultats voulus par l'attraction. Par exemple, pour que la culture populaire du pays A devienne la puissance d'attraction et produise un effet de Soft Power sur le pays B, il faudrait que les cultures du pays A et du pays B soient similaires. Toutes les puissances dépendent de contextes : qui est lié à qui, sous quelles conditions. Pour le Soft Power, il est important d'avoir les acteurs qui le reçoivent, l'interprètent et le transmettent volontairement, plus que le Hard Power. De plus, les effets du Soft Power sont dispersés et vagues, et ne donnent pas qu’une action spécifique. Ils créent plutôt une influence générale. 
Notre époque de l'information globalisée

Dans les pays démocratiques, la puissance d'aujourd'hui est moins coercitive et tangible qu'auparavant. En même temps, la plupart des pays ne sont pas encore au stade de la démocratie avancée. Par exemple, dans les pays africains et du Moyen-Orient, beaucoup ne sont pas encore arrivés à l'industrialisation et sont essentiellement basés sur l'économie agricole; leurs institutions sont fragiles. En conséquence, cette situation limite la transformation globale de la puissance.

Dans ce monde divers, les trois ressources de la puissance (militaire, économique, soft) sont toujours utiles et importantes et chaque relation nécessite ces puissances avec les niveaux différents. Mais, si la tendance économique et sociale actuelle bouleversée par la révolution informatique continue, le Soft Power serait la plus importante puissance parmi les trois. 

La révolution informatique et la globalisation économique ont transformé et ont « rétréci » le monde. Les communautés virtuelles sont apparues, les réseaux sans frontière sont créés. Les entreprises multinationales et les acteurs non-gouvernementaux (y compris les organisations terroristes) joueront un rôle de plus en plus important. Et ces organisations auront leur propre Soft Power. Elles attireront les personnes, sans considération de frontières des pays. A ce moment-là, la politique devient une compétition pour l'attraction, la légitimité, et la crédibilité. La capacité de donner des informations, et le fait qu’elles soient reçues avec confiance, seraient une ressource importante d'attraction et de puissance. 

L'importance de Soft Power sera de plus en plus grande dans notre époque de l'information. Les pays qui veulent renforcer leur Soft Power devraient avoir plusieurs voies de communication pour encadrer leurs programmes et arriver à des résultats : avoir la culture et les idées proches des normes globales (libéralisme, pluralisme, autonomie) et être crédibles concernant les valeurs et la politique intérieure ou étrangère. 

Ce Soft Power, dont nous aurons besoin de plus en plus, n'est pas un simple résultat des actions officielles de gouvernement, mais aussi un sous-produit de la société économique et sociale. Il arrive que les actions des associations à but non lucratif puissent bloquer ou rendre compliqués les efforts des gouvernements, de même des entités commerciales traitant la culture populaire peuvent aider ou freiner les objectifs de gouvernement.

"Power shift" et "Network"

Les pays émergeants et les acteurs non-étatiques sont en train de changer le système international. Avec la mondialisation, "le monde est plat" (The World is Flat : l'expression de Thomas L Friedman) : l'interdépendance mondiale et l'évolution de la technologie informatique produisent de plus en plus de communication inter-étatique mais aussi celle des acteurs non étatiques et interpersonnel. La nécessité de travail collectif et de collaboration apparaisse.

Le plus important, c'est d'apprendre à combiner le Soft Power et le Hard Power ce qui devient le Smart Power.


Trois types de Puissances
(à partir du tableau p.31 "Soft Power" Joseph Nye)


En savoir plus :


 Joseph Nye à propos des fluctuations du pouvoir dans le monde, TED global 2010


Joseph Nye : Contextual Intelligence

mercredi 4 avril 2012

Compte-rendu conférence SKEMA/OFCE "Quel avenir pour l’industrie en France dans une économie mondialisée ?"

Nous vous proposions ici il y a quelques jours une synthèse par Guy Debaux de la conférence organisée par SKEMA et l'OFCE le 21 mars "Quel avenir pour l’industrie en France dans une économie mondialisée ?"
Vous pouvez désormais consulter le compte-rendu de la conférence sur le site de SKEMA incluant une synthèse par Jean-Luc Gaffard, professeur à SKEMA et Directeur du département innovation et concurrence de l’OFCE.

Liens

vendredi 17 février 2012

Croissance des labs d’entreprise et positionnement de l’innovation en Asie

Depuis le début de la crise financière de 2008, les puissances économiques historiques, les Etats-Unis et l’Europe en tête ont vu leur domination remise en cause de façon radicale suite au coup de frein subit par leurs économies respectives, certains pays entrant même dans une phase de récession.
La nouvelle organisation des influences mondiales doit compter dans le même temps sur l’émergence de nouvelles forces formées par les BRICS, qui s’imposent comme les nouveaux leaders de la mondialisation. Au delà de leur croissance et de leur compétitivité, ces BRICS sont aussi devenus les nouveaux espaces de l’entrepreneuriat ainsi que les plateformes privilégiées du développement de nouvelles technologies et de nouveaux services.
A ce titre, au niveau des entreprises, un nouvel enjeu apparait: celui d’assurer son positionnement sur ces nouvelles aires de croissance dans un objectif de profiter du dynamisme ambiant et de rester proche des espaces de création.
Délocalisation créatrice
Dans cette logique, on assiste à une vague de délocalisation des pôles de recherche des groupes bancaires notamment, voire à la création d’un nouveau genre de plateforme de l’innovation sous la forme de laboratoire d’idées par exemple.
Géographiquement, ces nouveaux laboratoires d’idées se concentrent en Asie, à Singapour en particulier. Le constat était simple à établir, la Chine par exemple a affiché un taux de croissance du PIB de 9,1 % pour le troisième trimestre 2011, contre 0,4 % en France (source gecodia).
De nombreux exemples qui se cumulent dans le secteur bancaire
CitiGroup, multinationale et organisme financier, a annoncé le lancement en décembre 2011 d’un « Lab » de l’innovation dédié au développement de solutions technologiques répondant aux besoins des institutions et des grands groupes clients de Citi. C’est le premier « Lab » de ce type en Asie pour le groupe mais le troisième dans le monde. Citi poursuit donc une stratégie tournée vers l’innovation et le rapprochement client.
Les plateformes de l’innovation lancées dans le monde par les groupes financiers sont pourtant, à l’inverse de cet exemple, généralement tournés davantage vers le service aux particuliers.
MasterCard pour sa part, a choisi de lancer en janvier 2012 un laboratoire de l’innovation à Singapour. Mais les travaux réalisés au centre R&D Mastercard sont dédiés au développement de solutions de paiement basées sur les technologies du sans contact, de la puce ou du mobile.

Objectifs des groupes
La mondialisation a eu entre autre chose pour conséquence d’élargir les marchés et d’accroitre la concurrence sur une échelle mondiale. Plus que jamais, le pilier fondamental pour assurer le développement de ses activités tout en assurant un positionnement face à la concurrence est d’assurer la croissance de son pôle de R&D.
Plus que devoir, l’innovation devient une obligation pour survivre et faire perdurer ses activités en s’appuyant sur les "nouvelles" technologies de la communication afin de pouvoir répondre aux besoins des clients.
Cercle vertueux
Plus que la recherche de l’innovation dans le développement de nouveaux services, les laboratoires d’idées s’appuient aussi sur les TIC pour proposer de nouvelles solutions de recherches et des techniques impliquant désormais les consommateurs finaux eux-mêmes dans le processus de création. Ainsi au delà de l’implantation géographique, la nouveauté des stratégies de recherche vient aussi de la qualité des échanges avec les utilisateurs, à l’image de la plateforme IdeaBank (pdf) de la Commonwealth Bank lancée en décembre 2011 et basée sur un service collaboratif, le crowdsourcing et la mise en commun des savoirs et des expériences pour le développement de solutions innovantes adaptées à des problématiques concrètes et réelles.