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dimanche 27 mai 2012

Le "Soft Power", la stratégie efficace pour un Etat? (Partie 2)

Consulter la première partie de cet article "Le "Soft Power", la stratégie efficace pour un Etat? (partie 1)"

Ressources du Soft Power

Nye explique que le Soft Power d'un pays est basé principalement sur trois ressources : la culture (à condition que les autres pays soient attirés par cette culture), les valeurs politiques (qu'elles soient à la hauteur et en accord en politique intérieure et extérieure) et les politiques étrangères (qu'elles soient légitimes et morales).

La culture est un ensemble de valeurs et de pratiques qui créent un sens pour la société. La culture a plusieurs formes. En général, on distingue la haute culture comme la littérature, l'art, l'éducation supérieure qui intéressent les élites, et la culture populaire qui se concentre plutôt sur le divertissement de masses.

Quand la culture d'un pays possède une valeur universelle, et qu’il mène des politiques qui partagent des valeurs et des intérêts communs avec d'autres pays, elle augmente la possibilité d'obtenir le résultat voulu par l'attraction et le sentiment de devoir produit par cette attraction. La culture qui n'est pas universelle et qui est limitée et médiocre, ne peut pas produire de Soft Power.

Quelques analystes traitent le Soft Power comme la simple puissance de la culture populaire. Ils confondent les ressources culturelles et le comportement d'attraction. Il est vrai que la culture populaire est une des ressources qui produit le Soft Power, mais le Soft Power ne se limite pas qu’au phénomène global de la culture populaire.

Les politiques gouvernementales peuvent renforcer ou dégrader le Soft Power. Si la politique intérieure ou la politique extérieure est hypocrite, arrogante, indifférente aux opinions des autres ou qu'elle a une approche limitée aux intérêts nationaux, cela peut nuire au Soft Power. Les valeurs qu'un gouvernement montre par ses actions (par exemple la démocratie dans la politique intérieure, la coopération en institutions internationales, et la promotion de la paix et les Droits de l'Homme en politique étrangère) peuvent influencer les préférences des autres pays. Les gouvernements peuvent attirer ou repousser les autres par les exemples qu'ils donnent. 

En revanche, le Soft Power n'appartient pas au gouvernement autant que le Hard Power (par exemple, la force militaire qui est une ressource en Hard Power est strictement gouvernementale). Les ressources du Soft Power sont souvent indépendantes du gouvernement. 

Limites du Soft Power

Il est important de vérifier les conditions dans lesquelles il est possible de retirer plus de résultats voulus par l'attraction. Par exemple, pour que la culture populaire du pays A devienne la puissance d'attraction et produise un effet de Soft Power sur le pays B, il faudrait que les cultures du pays A et du pays B soient similaires. Toutes les puissances dépendent de contextes : qui est lié à qui, sous quelles conditions. Pour le Soft Power, il est important d'avoir les acteurs qui le reçoivent, l'interprètent et le transmettent volontairement, plus que le Hard Power. De plus, les effets du Soft Power sont dispersés et vagues, et ne donnent pas qu’une action spécifique. Ils créent plutôt une influence générale. 
Notre époque de l'information globalisée

Dans les pays démocratiques, la puissance d'aujourd'hui est moins coercitive et tangible qu'auparavant. En même temps, la plupart des pays ne sont pas encore au stade de la démocratie avancée. Par exemple, dans les pays africains et du Moyen-Orient, beaucoup ne sont pas encore arrivés à l'industrialisation et sont essentiellement basés sur l'économie agricole; leurs institutions sont fragiles. En conséquence, cette situation limite la transformation globale de la puissance.

Dans ce monde divers, les trois ressources de la puissance (militaire, économique, soft) sont toujours utiles et importantes et chaque relation nécessite ces puissances avec les niveaux différents. Mais, si la tendance économique et sociale actuelle bouleversée par la révolution informatique continue, le Soft Power serait la plus importante puissance parmi les trois. 

La révolution informatique et la globalisation économique ont transformé et ont « rétréci » le monde. Les communautés virtuelles sont apparues, les réseaux sans frontière sont créés. Les entreprises multinationales et les acteurs non-gouvernementaux (y compris les organisations terroristes) joueront un rôle de plus en plus important. Et ces organisations auront leur propre Soft Power. Elles attireront les personnes, sans considération de frontières des pays. A ce moment-là, la politique devient une compétition pour l'attraction, la légitimité, et la crédibilité. La capacité de donner des informations, et le fait qu’elles soient reçues avec confiance, seraient une ressource importante d'attraction et de puissance. 

L'importance de Soft Power sera de plus en plus grande dans notre époque de l'information. Les pays qui veulent renforcer leur Soft Power devraient avoir plusieurs voies de communication pour encadrer leurs programmes et arriver à des résultats : avoir la culture et les idées proches des normes globales (libéralisme, pluralisme, autonomie) et être crédibles concernant les valeurs et la politique intérieure ou étrangère. 

Ce Soft Power, dont nous aurons besoin de plus en plus, n'est pas un simple résultat des actions officielles de gouvernement, mais aussi un sous-produit de la société économique et sociale. Il arrive que les actions des associations à but non lucratif puissent bloquer ou rendre compliqués les efforts des gouvernements, de même des entités commerciales traitant la culture populaire peuvent aider ou freiner les objectifs de gouvernement.

"Power shift" et "Network"

Les pays émergeants et les acteurs non-étatiques sont en train de changer le système international. Avec la mondialisation, "le monde est plat" (The World is Flat : l'expression de Thomas L Friedman) : l'interdépendance mondiale et l'évolution de la technologie informatique produisent de plus en plus de communication inter-étatique mais aussi celle des acteurs non étatiques et interpersonnel. La nécessité de travail collectif et de collaboration apparaisse.

Le plus important, c'est d'apprendre à combiner le Soft Power et le Hard Power ce qui devient le Smart Power.


Trois types de Puissances
(à partir du tableau p.31 "Soft Power" Joseph Nye)


En savoir plus :


 Joseph Nye à propos des fluctuations du pouvoir dans le monde, TED global 2010


Joseph Nye : Contextual Intelligence

Le "Soft Power", la stratégie efficace pour un Etat? (partie 1)


Joseph S. Nye, Jr.
source 
Le Soft Power de Joseph Nye

L'idée de «Soft Power» est apparue pour la première fois en mars 1990 dans l'article «The misleading metaphorof decline» de Joseph Nye. Nye répondait aux thèses «déclinistes» de l'époque, présentées par Paul Kennedy. Ensuite, il a conceptualisé ce «Soft Power» dans le livre «Bound to Lead».

Joseph Nye est professeur à l’université de Harvard, expert à CSIS (Center for Strategic & International Studies), ancien adjoint au sous-secrétaire d'état sous l'administration Carter (1977-1979), ancien président au National Intelligence Council (1993-1994), ancien secrétaire adjoint à la Défense sous l'administration Clinton (1994-1995) et président du groupe nord-américain au sein de la Commission Trilatérale. Nye a développé avec Robert Keohane, dans les années 70, le courant théorique néolibéral et le concept de «complex interdependence» (pdf) (les phénomènes d'interdépendance et les relations transnationales) dans le domaine des relations internationales.

Le Soft Power, «La puissance douce» en français, correspond au pouvoir d'attraction et de séduction. Selon Nye, le Soft Power est la capacité d'obtenir ce qu'on veut par l'attraction plutôt que par coercition ou récompense. L'idée du Soft Power existe depuis toujours (cf. l'art de la guerre de Sun Tzu (pdf))dans la politique internationale : la puissance du pays se fait par la force militaire et économique, Hard Power, et la puissance pour bouger et influencer l’opinion publique, Soft Power. Nye l’a développé comme concept de politique étrangère, et depuis la parution en 2004 de son livre «Soft Power : Means to Success in World Politics», les diplomates, les universitaires et les économistes n’ont pas cessé de débattre sur ce sujet.

Puissance

Nye définit en premier lieu ce qu'est la puissance (Power). Il expose que la puissance est comme le temps (météo), tout le monde en dépend et en parle, mais peu le comprenne. C'est aussi comme l'amour : quelque chose qu'on ne peut ni définir, ni mesurer, mais réel. La puissance est la capacité de produire le résultat que l’on veut, mais aussi la capacité d'influencer le comportement des autres pour obtenir le résultat désiré. Pour cela, il y a plusieurs voies : exercer des pressions par la menace, donner une récompense, ou attirer ensuite coopter.

Nye qualifie la politique internationale actuelle comme une partie d'échecs en trois dimensions. On peut gagner si on joue horizontalement aussi bien que verticalement. La plus haute partie de l'échiquier est celle des relations militaires traditionnelles inter-étatique où l'hégémonie américaine unipolaire existe encore. Mais, dans la partie centrale qui concerne les relations économiques internationales (commerce international, l'anti-monopole ou les régulations financières), les Etats-Unis ne peuvent plus obtenir ce qu'ils veulent sans consentement de l'UE, le Japon, la Chine et les autres. Dans cette partie, la distribution des puissances est multipolaire. Enfin, la partie la plus basse de l'échiquier est transnationale, là où se croisent les problèmes de terrorisme, les crimes internationaux, le changement du climat, la propagation de maladies contagieuses. Ici, la puissance est largement dispersée et désordonnée entre les organisations étatiques et non-étatiques. Nye affirme que beaucoup d'hommes politiques ne s'intéressent qu'à la partie haute de l'échiquier, c'est-à-dire aux sujets militaires, et qu'ils ne jouent que dans une seule partie de l'échiquier alors que le jeu est en trois dimensions. A long terme, c'est une stratégie perdante, parce qu’obtenir les résultats favorables dans la partie la plus basse, transnationale, nécessite l'utilisation du Soft Power.

Le Soft Power est la puissance qui rend les autres envieux d’obtenir les mêmes résultats que nous; cela se réalise plutôt par la cooptation que par la force ou la pression.

Il s'appuie sur la capacité à former les préférences des autres. Dans la vie privée de chacun, nous connaissons la puissance de séduction et d'attraction. Dans le monde des affaires, les chefs d'entreprise et les cadres compétents savent que pour obtenir un meilleur leadership, il ne suffit pas de commander, mais il faut montrer l'exemple et attirer les autres vers ce qu'ils veulent. Il est difficile de diriger une grande organisation seulement par les ordres. Les salariés doivent adhérer aux valeurs des dirigeants. Les leaders doivent partager des valeurs que les autres acceptent et admirent.

Puissance
(traduit à partir du tableau p.8 "Soft Power" Joseph Nye)

Le Soft Power et Hard Power sont reliés. Les deux partagent le même objectif d'arriver à un but en influençant les comportements des autres. La différence entre les deux, concernant la nature des comportements ou la tangibilité des ressources, est relative à la question de degré : dominer ou commander (la capacité de changer leurs comportements) peut se faire par la coercition ou l'incitation. Coopter (la capacité à former et cadrer ce que les autres veulent) peut se faire par le charme de la culture ou par des valeurs.

En savoir plus : 

mercredi 31 août 2011

Commotion ou l'Internet agile, autonome, libre et gratuit

L'évolution d'Internet est en marche. Le réseau Web planétaire, victime de son succès, souffre des défauts inhérents à sa conception, bien que "scalable" il a du mal à s'adapter à la mobilité car il est très dépendant de son infrastructure physique. Il est aussi vulnérable aux coupures involontaires (catastrophe, pannes...) mais aussi au contrôle des autocrates (cas de l’Égypte et de la Syrie durant les révolutions arabes). (article IEEE Spectrum et article sur Le Monde)

Le projet Commotion regroupe une équipe de hackers (dans le sens anglo-saxon du terme, bidouilleurs de génie et à ne pas confondre avec les "crackers" ou "pirates") portée par la philosophie qui anime les réseaux libertaires de l'Internet et qui s'est donné pour objectif de développer de nouveaux protocoles de communication ad-hoc à l'infrastructure actuelle d'Internet. Ce réseau se base sur les terminaux mobiles dotés d'outils de communication Wifi (smartphone, tablettes, ordinateurs portables, consoles de jeux...) et les routeurs Wifi afin de créer un réseau maillé ouvert qui s'adapte dynamiquement. Ce réseau qui permet la communication entre différents terminaux sans se servir d'Internet est relié au réseau mondial via des terminaux possédant une liaison satellitaire. (Pour plus d’informations techniques voici le lien du projet Commotion Wireless)
Ce projet peut avoir de nombreuses répercutions, il représente en lui-même un changement de paradigme pour l'accès à Internet, celui-ci ne va plus être le monopole des fournisseurs d'accès mais pourrait être disponible via des outils open source et gratuit et ne dépendre de l’accès que d’une personne faisant parti du réseau Commotion.
En l’associant au projet Tor qui autorise la navigation anonyme sur Internet et qui est déjà utilisé par les hackers, les dissidents politiques ou encore les militaires, on autorise aux utilisateurs du réseau Commotion l’accès anonyme, sécurisé et gratuit à l’Internet.

Les faucons de la cybersécurité ne vont plus en dormir la nuit…

Le projet devient encore plus intriguant et passionnant lorsque l’on s’intéresse à ses soutiens et ses investisseurs. Tandis que les développeurs du projets sont très impliqués dans la communauté de l’Internet libertaire (le leader du projet n’est autre que Sascha Meinrath un des pionniers de cette communauté), le projet est soutenu par la New America Foudation et le département d’Etat Américain à hauteur de 2 million de dollars. Ce financement fait partie d’un projet plus important de 25 million de dollars annoncé par Hillary Clinton en février dernier afin de développer et promouvoir des technologies Internet open source et gratuites, exportables dans les pays autocratiques pour aider les dissidents.

Le projet Commotion est donc l’une des briques d’un projet beaucoup plus vaste qui inclut le projet Tor discuté plus haut, mais aussi le projet Serval qui permet de communiquer par GSM sans l’aide d’un système wireless LAN ou GSM, le projet OpenBTS ou Asterisk qui ajoutent la fonction VoIP à l’ensemble et enfin un projet qui sort du cadre légal car il permet l’émission d’informations par communication wireless sur des fréquences régulées , le projet Open GSM. (article sur ce sujet en anglais)

La New America Foundation est un Think Tank financé par de nombreux acteurs des domaines économiques, étatiques et technologiques américains. On y trouve Eric Schmidt, l’ex PDG de Google, Google Inc., les fondations Ford, Rockefeller, Blue Shield of California, Bill & Melinda Gates… Cette fondation s’est dotée d’une branche active pour la promotion de l’Internet libre et open source grâce à la Open Technology Initative (OTI). Elle s’est associée au Darpa (le département de recherche de l’armée américaine) et au journal électronique Slate (Propriété du Washington Post) pour financer le projet PlanetLab qui développent de nouveaux outils pour améliorer les réseaux et notamment Internet (voir le projet Measurement Lab qui permettrait de connaître l’état du réseau en temps réel).

Il peut sembler paradoxal que l’Etat fédéral américain s’implique dans de tels programmes quand l’on voit avec quelle application il tente de contrôler les informations sur Internet et les scandales qu’il essuie avec les révélations de Wikileaks qui est animé, peu ou prou, par la même philosophie libertaire de l’information et de son accès. Cette situation tient en faite à la schizophrénie du gouvernement fédéral qui depuis l’élection d’Obama a vu arriver de nombreux jeunes ayant été élevés avec les nouvelles technologies et qui se font les portes paroles des idées progressistes venues de la Silicon Valley. Ces nouvelles idées bousculent les schémas hérités de la guerre froide en opposition avec la nouvelle vision du monde, apportée par la mondialisation, d'un monde multipolaire et de plus en plus interconnecté (interview du politologue Bertrand Badie sur Le Monde).

Il faut aussi bien se rendre compte que l’importance et l’influence des entreprises californiennes est de plus en forte. Google est devenu une entreprise on ne peut plus stratégique pour l’économie américaine et mondiale, mais aussi pour la politique étrangère de la première puissance économique. Et de tels projets ont le pouvoir de promouvoir la démocratie et le libre échange car ils portent en eux de façon intrinsèque ces idéaux.
Le déploiement de tels outils permettrait aussi d’entretenir la croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs du réseau mondial en fournissant un accès gratuit et libre aux populations pauvres, ce qui en plus de permettre le développement économique et la diffusion du savoir est une des conditions indispensables à l’émergence de la grande convergence NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Information technologies, Cognitive sciences), graal du courant idéologique transhumaniste porté notamment par Google.

Clément Maufrais

jeudi 25 août 2011

La vulnérabilité de l'eau en Afrique

Si la question énergétique mobilise de plus en plus d’acteurs – Etats, Industries, ONG –, celle des ressources en eau est, elle-aussi, au centre des débats internationaux.
En Afrique, en particulier, la vulnérabilité des ressources en eau est prégnante. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) a lancé la version française de l'Atlas de l'Eau en Afrique durant la semaine mondiale de l'eau, à Stockholm, en Suède, en août 2011.
Cet atlas montre notamment les interactions qui existent entre des variables telles que raréfaction de l’eau potable, pression démographique et choix politiques. Également, au-delà du simple recensement d’informations et de données, cartographiées ou non, l’atlas propose une réflexion sur les opportunités et les défis de l’Afrique au regard des enjeux liés à l’utilisation de l’eau.

Cyril Robin

dimanche 27 février 2011

Conférence "Révolution dans le monde arabe, origine et conséquences"

Avec les évènements récents au Maghreb et au Moyen Orient, la conférence sur la révolution dans le monde arabe, organisée par le Club Intelligence Économique et Stratégique de l'AAE IAE de Paris (en partenariat avec l’ACEDS) est une excellente occasion de mieux comprendre l'actualité internationale ainsi que les différentes causes et origines de ces "mouvements révolutionnaires".

"Conférence : révolution dans le monde arabe, origine et conséquences" animée par Jean-François Coustillière, le mardi 1 mars 2011 à 19h15 à l'IAE de Paris (21 rue Broca Paris 5eme - Amphithéâtre). La conférence sera suivie d'un cocktail dînatoire. Inscription 12 € (réductions pour les adhérents de l'AAE IAE de Paris et membres de l'A.C.E.D.S.).

En savoir plus sur l'intervenant :
"Le contre-amiral (2S) Jean-François Coustillière est né 1949 à Bizerte en Tunisie.
Il a mené une carrière d'officier de marine : Il a notamment été en 1999 chargé de mission à l'Etat-major interarmées de planification, où il a dirigé des travaux de planification portant sur différents théâtres du Proche-Orient, de Méditerranée, et du Moyen-Orient. En 2002, il devient chargé d'études de relations internationales à l'Etat-major des armées à Paris, et contribue à la définition des coopérations multinationales en Méditerranée.
Après avoir quitté les forces armées en 2005, il crée en 2006 le cabinet JFC Conseil , dédié aux questions de relations internationales en Méditerranée. Et dirige l'association Euromed-IHEDN, qu’il a créée en 2004." (source inter-ligere.net / annonce officielle AAE IAE (pdf) )

Nous proposerons prochainement un bref compte-rendu de cette conférence.

Sources et liens:
*Inscriptions (via le calendrier de l'AAE IAE)
*Annonce de la conférence : pdf - calendrier de l'AAE IAE
*Article sur le site inter-ligere.net
*Club IES des "anciens" de l'IAE de Paris
*Site des A.C.E.D.S. (Anciens du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques)

Mise à jour : le compte-rendu de la conférence est accessible sur ce blog. Partie 1, partie 2 et partie 3.
Un compte-rendu "officiel" ainsi que des photographies sont également disponible sur le site inter-ligere.

Abdeslam Mechatte

mardi 15 juin 2010

"Ce gaz": une chance ou une malédiction ?

Quel serait l’impact de la découverte des immenses champs de gaz dans l’est de la méditerranée?
De nouvelles études ont montré l’existence des nouveaux sites de gaz qui s’étendent dans les eaux internationales entre le Liban, Israël et Chypre, pouvant entrer aussi dans les eaux territoriales de certains. En tout cas, que cela soit dans les eaux territoriales ou non d’un de ces pays ne fait pas une grande différence puisque, dans ce petit espace de mer, le gaz appartient au pays dont les cotes sont les plus proches. Ce qui va mener à avoir des zones de gaz partagés.

Une petite explication technique:
D’après la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, la "convention de Montego Bay": chaque Etat a le droit d’avoir une Zone Economique Exclusive – ZEE, où il pourra exploiter les ressources naturelles que s’y trouvent. La ZEE s’étend théoriquement jusqu’à 200 milles marins (1 mille marin = 1 852 m) des cotes de l’Etat, beaucoup plus que les 12 milles marins qui forment la largeur de ses eaux territoriales.
La convention de Montego Bay prévoit que lorsque les lignes côtières de deux États sont distantes de moins de 400 milles marins, ce qui est le cas dans toute la Méditerranée, la limite séparant leurs ZEE doit être fixée d’un commun accord, sinon la séparation entre les deux ZEE se fait à égale distance des lignes côtières pour séparer équitablement l’espace marin.

Ce gaz serait il la cause d’un nouveau "réchauffement" dans la région et de la montée des tensions entre Israël et le Liban allant jusqu’ à une nouvelle explosion ? Ou bien, l’Europe en général, et en particulier la France, va travailler afin de "calmer le jeu" pour pouvoir profiter de cette nouvelle source d’énergie à proximité de l’Europe.

Cela représente une grande opportunité pour les grands groupes pétroliers comme Total, ainsi que pour les pays européens intéressés par l’importation de ce gaz à un coût de transport relativement bas.
Alors la France est invitée à saisir cette opportunité pour "marquer des buts" en politique et en économie à la fois.

La France "est invitée", en vue de sa bonne relation entre ces 3 pays, à être pionnière pour parrainer un partage équitable entre eux ou à assurer la mise en œuvre d’un tribunal international qui pourrait trancher en toute objectivité et impartialité. Ceci lui permet de reprendre sa position privilégiée dans cette région et de se placer en première ligne pour pouvoir profiter de cette nouvelle source d’énergie, tout en améliorant son image, récemment détériorée dans certains pays de cette région.

Il semble que si on n’arrivait pas à un partage équitable, aucun pays ne pourrait exploiter cette nouvelle richesse sans susciter des nouveaux conflits dans cette région déjà instable…

D’où la question qui se pose :
Ce gaz: une chance ou une malédiction ?
Roger Abi Saad

jeudi 26 mars 2009

L'Iran et l';ouest s'approchent avec hésitation

Contacts diplomatiques avec le représentant de l'OTAN.
Malgré les notifications discordantes, l'Iran réagit évidemment positivement aux avances du nouveau gouvernement US. Les USA et l'Iran ont en effet, à l'heure actuelle un problème commun : l'Afghanistan. Un diplomate iranien et un représentant du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer se sont rencontrés la semaine passée dans le quartier général de l'OTAN.

Le Ministère des affaires étrangères iranien, annonçait à Téhéran jeudi, que l'Iran enverra son représentant à la conférence sur l'Afghanistan la semaine prochaine aux Pays-Bas. En outre, il s'est ébruité que l'Iran a envoyé un délégué au sein de l'OTAN à Bruxelles pour la première fois depuis trois décennies.

Un diplomate iranien et un représentant du secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer, se sont rencontrés la semaine passée dans le QG de l'OTAN, annonçait jeudi l'OTAN. Lors de la rencontre, il s'est déroulé un entretien de sondage mutuel sur la thématique Afghane, d'après un représentant de l'union militaire. Un autre représentant de l'OTAN disait, que Téhéran s'intéresse à une collaboration possible au regard de l'Afghanistan.

La visite du diplomate iranien a été le premier contact en la matière depuis la fondation de la république islamique d'Iran en décembre 1979, d'après le porte-parole de l'OTAN. L'instabilité augmentant dans ce pays voisin de l'Afghanistan représente un problème pour l'Iran. Le pays a lutter contre l'immigration des réfugiés afghans ainsi que contre la contrebande de drogue.

Avant que l'alliance du nord renverse le régime des Talibans en Afghanistan mené par les USA en 2001, l'Iran avait soutenu l'opposition contre Taliban - avant tout, la minorité chiites, d'Hasara.

Sur invitation de Clinton.
La conférence sur l'Afghanistan, lancé sous l'initiative du ministre des affaires étrangères US, Hillary Clinton. Clinton y avait invité l'Iran sans grand espoir. Jeudi encore, annonçait le Ministère des affaires étrangères US, il n'y avait aucun plan de conversations entre Clinton et le représentants Iranien à la Haye.

Le ministre des affaires étrangères iranien, Manuchehr Mottaki, disait à l'agence de presse semi-officielle, Fars, que pour l'Afghanistan une solution régionale devrait être trouvée. Son pays étant disposé à soutenir ses voisins dans la lutte contre les Taliban radicaux-islamique.

L'invitation est partie du nouveau cours du président US, Barack Obama. Il avait adressé à l'Iran, lors de la fête du nouvel an persan en fin de semaine passée, qu'une renaissance dans leurs relations allé s'édifier. A noter que jusqu'à présent les USA et l'Iran n'entretiennent aucune relation diplomatique depuis 1980 et que l'ambassade suisse représente les intérêts des USA à Téhéran.

"L'offre" d'Obamas avait repoussé par les autorités iranienne part des mots aiguisés. Ainsi avait expliqué le chef d'état Iranien, l'Ajatollah Ali Chamenei, que le peuple iranien ne boit pas la propagande américaine.

Les différences entre les deux États sont grands - entre autres choses à cause du programme atomique iranien. L'ouest reproche à l'Iran de vouloir construire secrètement une bombe atomique. L'Iran le ni. La Russie propose l'entremise.

Il y aura déjà l'occasion pour un contact direct entre les partis demain, vendredi. En effet, à Moscou, débutera le groupe de réflexion sur l'Afghanistan. A côté des acteurs déjà évoqués nous compteront la présence de la Chine et des républiques centrales-asiatiques. Les deux pays enverrons leurs ministres des affaires étrangères respectifs à Moscou. L'hôtesse du sommet, la Russie a d'ailleurs proposé aux USA de les aider dans la construction d'un dialogue avec Téhéran.

Sources: afp/sda/reuters

Cédric Sébastien Mauvernay

jeudi 5 mars 2009

Des élections à suivre de près

En Juin, nous assisterons à l'élection du nouveau président de la République Islamique d'Iran. Le clan des conservateurs, représenté par Ahmadinejad, s'opposera au candidat Khatami. Ce dernier, anciennement au pouvoir, prône un programme et véhicule des idéaux moins conservateurs que le président actuel.

Cette élection promet d'être très intéressante. D'un côté, les fondamentalises vont se rallier, non pas par idéologie mais plus par dépit, derrière Ahmadinejad. Face à lui, le candidat modéré, Khatami, bénéficiera des votes provenant des déçus de l'ancien régime.
Selon Ahmad Tavakkoli, parlementaire et critique du gouvernement, l'Etat aurait dépensé des milliards de dollards sans la permission du peuple Iranien. Il estime également le déficit budgétaire à 45 milliards de dollars.

Ahmadinejad, qui n'a toujours pas présenté sa candidature, bénéficie malgré tout du soutien du guide suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei. Pour savoir si la voix du peuple aura davantage de poids que les institutions fondamentalistes, retrouvons nous en Juin.

Source: Financial Times du 11/02/2009; Najmeh Bozorgmeh.

Poulad Djamali