jeudi 12 juillet 2012

Intelligence Economique : nouveau discours de la méthode?

L'IE dans l'entreprise: un nouveau discours de la méthode? Toujours avide de progresser dans l'apprentissage de l'Intelligence Economique, je vous délivre le fruit d'une discussion avec Claude Revel. Cet échange avait pour objet la définition de l'Intelligence Economique : une science;  une discipline;  une boîte à outils?  Mais au final pourquoi ne pas, tel que l'a suggéré Claude Revel, appréhender l'IE comme une méthode? Méthode, un mot apparemment anodin, qui pourtant délivrerait  tout son fondement et son sens à l'IE, car selon Descartes "on ne peut se passer d'une méthode pour se mettre en quête de la vérité des choses". Une méthode donc pour recueillir, traiter, analyser, synthétiser l'information et enfin recommander, préconiser un plan d'actions à partir de la connaissance acquise. 

Une définition de l'IE d'entreprise brouillée  La définition de l'IE dans l'entreprise présente sur le  portail de l'IE indique qu'"au-delà de métiers spécifiques, l’Intelligence Economique est pratiquée dans les différents services de l’entreprise. Son caractère transversal la rend modulable dans de nombreux domaines d’expertise où elle apporte une réelle plus-value. Centrée autour de son cœur de métier, la Veille et l’Analyse, l’IE est pratiquée dans le monde de l’entreprise au quotidien". En l'état, la cartographie des métiers de l'IE ne clarifie pas ce qu'est l'IE en Entreprise. Au contraire, elle donne l'impression que tout le monde, dès qu'il traite de l'information, pratique un métier d'Intelligence Economique :  "A la croisée des chemins, les métiers de l’IE s’adressent donc à tous les types de cursus". 
Source ADBS, Le référentiel des métiers et fonctions

Alors qu'est-ce qu'est vraiment l'intelligence Economique?  Serait-ce une science? A l'instar de "L'économie [qui] est la science qui étudie comment des ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société".(Edmond Malinvaud, dans "Leçons de théorie microéconomique"), selon le site Intelligence scientifique & Veille d'Hervé Basset, l'Intelligence Economique ou Intelligence Scientifique se définirait "comme l’ensemble des actions coordonnées d’acquisition, d’analyse, de conservation et de diffusion de l’information de nature scientifique en vue de son exploitation par les acteurs de l’institution". Pour autant cela n'en fait pas une science, car l'Intelligence économique n'est pas : "[cet] ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales" (Larousse). La référence scientifique serait plus lié à "la science de l’information [qui] a pour objet la compréhension d’un processus d’échange relevant de la préoccupation de la récupération de l’information quelle qu'elle soit" (Lorraine Fillipozzi à propos de "Science de l’Information : de la discipline à l’enseignement", Deschamps Jacqueline) 
Serait-ce une discipline, au sens "[d'] une branche du savoir développée par une communauté de spécialistes adhérant aux mêmes pratiques de recherche" (Wikipedia)? En fait, la branche du savoir concernée ici serait celle du Système d'Information (ou SI) : "[cet] ensemble organisé de ressources (matériel, logiciel, personnel, données, procédures…) permettant d'acquérir, de stocker, de communiquer des informations sous forme de données, textes, images, sons… dans des organisations pour répondre aux besoins en information de ses utilisateurs". (Optimiser les Systèmes d'Information, pdf) Ainsi, le processus de l'Intelligence Economique de l'entreprise s'inscrirait dans ce Système d'Information.




Serait-ce une une boite à outils? On pense au récent ouvrage de Christophe Deschamps et Nicolas Moinet, La boîte à outils de l'Intelligence Economique qui délivre 59 outils. Pour autant ces outils sont organisés selon les 6 dimensions de l'IE : Intégrer et orienter une démarche d'intelligence économique, Surveiller son environnement pertinent, Traiter et analyser l'information stratégique, Manager l'information et la connaissance, Protéger son patrimoine immatériel, Influencer son environnement, sous-tendant qu'au-delà d'une simple boîte à outils, il y a bien évidement une finalité; ce qu'Olivier Soula désigne dans un billet "comme la manière d'utiliser l'information et la communication pour rendre une entreprise plus performante est essentielle à la vie des entreprises dans un monde économique qui s'annonce de plus en plus incertain". (Qu'est-ce que l'intelligence économique ? Billet Blog). Une manière donc, et même une méthode.




Source : Préconisation pour la boîte à outil de l’intelligence économique dans les PME – ICOMTEC -2008-2009

Alors l'IE, une méthode structurante pour aider les entreprises à maîtriser leur environnement et prendre des décisions stratégiques? Je vois donc une analogie avec Le Discours de la méthode, sous-titré Pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences, posant le postulat que l'homme peut accéder à la connaissance universelle par la raison. Il s'agit dont de : 1/Ne recevoir aucune chose pour vraie tant que son esprit ne l'aura clairement et distinctement assimilé préalablement; 2/Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre; 3/Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusqu'aux plus complexes et divers, et ainsi de les retenir toutes et en ordre; 4/Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.
4 règles donc (règle d'évidence, règle d'analyse, règle de synthèse, règle des dénombrements entiers) qui s'appliquent aisément à l'information stratégique qu'une entreprise doit maîtriser pour survivre et/ou prospérer. En définitive, ne détient-on pas un nouveau discours de la méthode à appliquer à l'entreprise, posant comme postulat que l'entreprise peut accéder à la connaissance par l'IE. Une alchimie, en quelque sorte, entre une méthode et de l'intuition/de l'instinct, pour reprendre les mots de Claude Revel, qui fera du veilleur ou de l'analyste IE une personne clé au sein de l'entreprise.

Pour en savoir plus sur les définitions de l'IE :
"Knowledge Management et Intelligence Economique deux notions aux passés proches et aux futurs complémentaires" de Stéphane Goria (pdf)

lundi 9 juillet 2012

Publication de 2 nouveaux livres en Intelligence Economique

Nous avons le plaisir de vous signaler la publication de 2 nouveaux livres écrits ou coordonnés par des partenaires du Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances ou membres du Centre Global Intelligence & Influence de SKEMA (GIISK).

Le premier (paru en mars dernier) coordonné par Eric Delbecque et Angélique Lafont, préfacé par René Ricol, s'intitule "Vers une souveraineté industrielle ? : Secteurs stratégiques et mondialisation" (éditions Vuibert). Ce livre passionnant, très documenté, est une réflexion approfondie sur les déséquilibres que doivent aujourd'hui affronter les économies, notamment l'européenne, et la notion de souveraineté appliquée à l'économie (présentation de l'éditeur ci-dessous).

Le deuxième, "Les diplomates d'entreprise" est un ouvrage collectif de l'Institiut Choiseul. Ce qu'on appelle couramment Business Diplomacy dans les pays anglo-saxons reste encore nimbé de mystère en France alors que c'est une nécessité absolue. Cet ouvrage très riche (présentation de l'éditeur ci-dessous) permet à vingt experts de la diplomatie d'entreprise, Directeurs de relations institutionnelles réputés (Sylvie Forbin de Vivendi, Igor Semo de Lyonnaise des Eaux, Gabrielle Gauthey d'Alcatel Lucent...), diplomates d'Etat (Caroline Malausséna), professeurs experts de la "chose" diplomatique (Viviane de Beaufort, Claude Revel)... de livrer des clés de leur savoir et de leur expérience. L'ouvrage est dirigé par Didier Lucas, Directeur général de l'Institut Choiseul.  

Présentation des éditeurs :

"Vers une souveraineté industrielle ? : Secteurs stratégiques et mondialisation" (Eric Delbecque et Angélique Lafont - Vuibert)
"La crise révèle les déséquilibres que doit aujourd'hui affronter le développement économique de l'Europe. Handicapés par leurs dettes publiques, les pays de l'Union peinent par ailleurs à faire face à la concurrence des pays « émergents ». L'économie de la connaissance ne suffira pas à préserver les intérêts technologiques et commerciaux des pays « occidentaux ».
En tout état de cause, notre pays se montre trop réceptif aux discours simplistes sur la fin de l'ère industrielle et le découplage politique/économie. Si l'État actionnaire a sans aucun doute vécu, si le protectionnisme de principe et le « nationalisme économique » apparaissent indiscutablement dangereux et inadaptés aux défis auxquels nous sommes confrontés, il semble tout aussi imprudent de ne pas comprendre que la « connivence » public/privé constitue le coeur d'une économie compétitive.
Le corollaire de cette idée est qu'il existe des périmètres stratégiques au coeur de l activité industrielle d une nation. Il est utile à la collectivité que ces derniers fonctionnent alors en observant des règles dérogatoires. Toutefois, dans un monde aux frontières poreuses, les « secteurs stratégiques » ne peuvent plus former uniquement une liste statique à la Prévert. L'État peut légitimement élaborer un système d'intervention ad hoc pour imposer un cadre particulier en tant que de besoin.
En résumé, il importe d'être plus ferme dans la conviction que nous devons rendre de nouveau légitime, dans les esprits, l'idée de souveraineté industrielle... Non pas celle de « souverainisme » industriel, ce qui n'a économiquement et politiquement aucun sens ! Il ne s agit pas de s'isoler du reste du monde, mais de promouvoir la réciprocité des comportements économiques.
"

"Les diplomates d'entreprise" (ouvrage collectif dirigé par Didier Lucas - Institut Choiseul)
"L’environnement des entreprises est marqué du sceau de l’incertitude et de l’imprévisibilité. Les transformations profondes de la compétition internationale et de ses règles imposent aux dirigeants de repenser la réflexion et les modes d’action stratégique. L’évolution des règles et des normes, l’exigence de responsabilité sociale, l’émergence de nouveaux compétiteurs figurent comme autant de réalités complexes. Face à la multiplication de parties prenantes qui exercent davantage d’influence, les entreprises s’organisent pour redéfinir des dialogues vertueux. Au carrefour du monde politique, du monde de l’économie et du monde des idées, les relations institutionnelles s’inscrivent comme une réponse au défi de la mondialisation. Cet ouvrage unique en son genre réunit les meilleurs praticiens, des diplomates, des experts et des chercheurs pour questionner le rôle social des diplomates d’entreprise."

Liens utiles

lundi 25 juin 2012

Interviews de Claude Revel pour son nouveau livre "La France : un pays sous influences ?"

Nous vous signalions récemment la publication et diffusion de chroniques sur le livre "La France : un pays sous influences ?" ainsi qu'une interview de son auteure, Claude Revel, sur Xerfi Canal.

Vous pouvez désormais consulter 2 nouvelles interviews de Claude Revel au sujet de son nouveau livre et des problématiques qu'il soulève.

La première, en vidéo, est disponible sur le site affaires-strategiques.info de l'IRIS (Institut des Relations Stratégiques Internationales) et ci-dessous. La deuxième, réalisée par Jean-Louis Chambon, Président du Cercle Turgot, peut être écoutée sur le site Canal Académie, la chaîne Internet de l'Académie Française.




La France, un pays sous influences ? par IRIS-FRANCE


Autres liens utiles sur le livre "La France : un pays sous influences ?"

Management des Connaissances : lorsque l’entreprise se lie à l’école

Dans un univers de plus en plus compétitif, la guerre des talents fait rage entre les entreprises, chacune voulant dénicher la perle rare, l’intégrer et la former. Garder l’avantage, innover toujours plus nécessite d’avoir dans ses équipes des "jeunes têtes bien faites", mais comment les trouver ?

L’entreprise ne se contente plus de former les jeunes recrues via des méthodes de tutoring, d’écoles internes, de formations, elle rencontre les jeunes étudiants sur les bancs de l’école.
Le 21e siècle est marqué par la rencontre entre les entreprises et les écoles/ universités de l’enseignement supérieur. Les écoles se présentent comme des ponts légitimes vers le monde du travail et les entreprises comme des relais via les périodes toujours plus longues de stage et d’alternance. Les deux parties avaient tout intérêt à travailler ensemble, l’une pour assurer l’employabilité de ses étudiants et l’autre comme méthode pertinente de sourcing et de communication employeur.

Ainsi chacune gagne à ce partenariat qui peut prendre plusieurs formes : du forum de rencontre aux co-branding de Master en passant par les jurys de sélection.
Chacun élabore sa stratégie et noue des relations choisies. Mêmes les universités s'investissent avec l'apparition d'intranets pour la diffusion d'offres et d'interlocuteurs dédiés à la "Relation Entreprise".

L’exemple le plus connu est le partenariat crée en 1991 entre l’immense LVMH et l'école de commerce ESSEC afin de former les futurs managers de l’univers du luxe. Ce Msc propose un savant mélange de théorie, mises en situation et visites de sites… les étudiants profitent ainsi d’une vision « inside » et opérationnelle du secteur du luxe et de ses exigences.
Cette démarche implique les managers de LVMH qui accueillent forment et partagent leur savoir avec les jeunes talents. Mais LVMH jouit surtout de l’immense privilège de sélectionner et former en amont ses futurs managers. Ce format de « co branding » est un engagement mutuel : l’école fournit une formation de qualité, débouchant sur des emplois et l’entreprise peut dénicher des nouveaux talents et les former avant de les intégrer tout en communiquant de façon positive et attractive sur sa "Marque Employeur". Ce n’est pas par hasard si LVMH apparaît aujourd’hui comme l’un des employeurs les plus attractifs pour les étudiants d’école de commerce et d’universités françaises.

SKEMA est tout aussi innovant avec la création en juin 2010 d'une chaire "Microsoft" extrêmement riche, avec un pan "enseignement et recherche" dont la portée est essentiellement pédagogique, mais aussi un soutien technologique aux initiatives entrepreneuriales et enfin des opportunités de carrières.

Il apparait clairement que ce type de "mariage" n'est possible que si l'entreprise et l'école partagent les mêmes valeur et une même stratégie de partenariat. Les RH ont compris la place primordiale de l’enseignement supérieur et l’utilité de se lier aux écoles afin d’anticiper des recrutements et de ne pas subir les flots de talents mais de les gérer. Nous pouvons aisément parler de Knowledge Management lorsqu’une entreprise invite ses experts à intervenir auprès des étudiants à partager leurs connaissances, les faisant ambassadeur et dénicheur de talents.

L’apprentissage, douce alliance de théorique et de pratique occupe désormais les esprits des entreprises, pour le plus grand plaisir des étudiants.

Veille Image et Marque Employeur

Une entreprise n’est plus uniquement le produit qu’elle délivre, le service qu’elle offre… elle est aussi employeur. Cette dualité dans l’entreprise entre son activité et son rôle d’employeur doit être connue et gérée.

La "marque employeur" est un concept importé des USA par Didier Pitelet, il y a maintenant 10 ans. Celui-ci est maintenant incontournable pour les grandes entreprises désireuses d’attirer les meilleurs talents et de les fidéliser. En effet, l’image employeur a toujours existé, de façon plus ou moins formalisée et contrôlée. L’émergence d’Internet et la force des réseaux sociaux combiné à l'apparition génération Y a poussé l’image vers la marque c’est-à-dire vers la formalisation. En effet la transparence des avis, l’identité numérique font de chaque client, stagiaire, salarié, ex-salarié, prestataire un ambassadeur de la Marque. Ils impriment l'identité et la réputation de l’employeur.

La génération Y, génération zappeuse, avide de singularité et exigeante a bousculé les habitudes de l’univers du travail. L’entreprise ne fait plus la carrière, l’individu se prend en main et construit son parcours… ainsi il choisit avec soin l’employeur qu’il souhaite faire figurer sur son cv, les entreprises dans lesquelles il souhaite s’investir, donner son temps et son énergie.
Nous avons assisté à un double phénomène : une guerre des talents couplée à une grande exposition et visibilité sur le net.

Mais qu’est-ce qu’une Marque Employeur ? C’est envisager et juger l’entreprise non pas sur son activité (prestation de service, produit…)  mais sur sa qualité en tant qu’employeur. Une entreprise, en plus de son activité principale doit apparaitre comme un employeur respectueux de ses salariés mais aussi de la société, faisant du lieu de travail un lieu de développement de soi… La Marque Employeur c’est une promesse que l’on fait aux possibles candidats externes et que l’on s’applique à tenir auprès des salariés en interne.

On comprend bien que la Marque Employeur s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise, elle doit être cohérente (avec l’entreprise, son activité, son image de Marque existante) et réelle. En effet, toute différence entre la perception et le vécu sera sanctionnée, une promesse non tenue peut avoir des conséquences très difficiles sur la réputation de l’employeur. Les lieux d’expression comme twitter, facebook et les réseaux sociaux professionnels offrent une caisse de résonnance très rapide et peuvent occasionner des dégâts considérables. Comme le dit Didier Pitelet "La Marque Employeur n'est plus une simple composante de la Marque mais la caution même de la Marque". Tout veilleur doit ainsi intégrer cette notion clé dans ses recherches.

Sur quoi repose une Marque Employeur ? Les grands thèmes : la gestion des RH, le recrutement, les pratiques managériales, l'implication sociétale, la qualité de vie professionnelle, la santé financière, la convivialité, la fierté d’appartenance, les perspectives d’avenir…

Combien juge-t-on une Marque Employeur ?
On mesure l’attractivité d’une entreprise par des classements, reconnus dans le secteur RH et relayés par la presse. Les plus connus sont les Randstad Awards mais aussi Universum Top 100 Ideal Employer ou encore Best Workplaces France.

Par exemple les Randstad Awards réalisent une étude auprès de 12 000 salariés, 220 employeur clés en France autour de 10 facteurs clés. Le classement se base sur l'attractivité relative afin d'éviter le biais dû à la notoriété ou la taille d'un grand groupe. Les résultats reflètent une opinion publique car aucune entreprise ne peut postuler d'elle-même.

Ces classements érigent les sociétés au rang d’employeur de choix : les politiques et la gestion RH donnent un avantage concurrentiel dans le recrutement et la rétention des talents. <

Des exemples de Marque Employeur :
  • Louis Vuitton « make your carreer a beautiful journey » 
  • Danone “a great place to grow” 
  • L’Oréal “more business, more ambiation, more global, more passion…”
En conclusion, la veille image doit intégrer la notion de Marque Employeur dans son scope. Celle-ci ne doit pas être seulement l’affaire du service Ressources Humaines car il s’agit du coeur même de la réputation globale.

Twitter: arme ou hara-kiri politique?

Depuis la campagne présidentielle 2.0 de Barack Obama en 2008 et sa suite en 2012, les réseaux sociaux sont devenus un outil indispensable aux politiciens souhaitant toucher le public le plus large possible.
Simples, rapides et efficaces, ces sites web ou applications pour smartphone sont des instruments de communication "révolutionnaires" qui permettent de transmettre un message ou une idée de manière quasi instantanée et surtout à un public large et facilement ciblé. Facebook, Twitter ou encore Instagram aujourd'hui sont autant de noms qui sont désormais entrés dans le langage courant de nos dirigeants.

L'accès à ces outils web et réseaux sociaux est aisé, tant au niveau de l'inscription (gratuite et rapide) qu'au niveau de leur utilisation intuitive. Pourtant, bien que simplistes voire même parfois superficiels (un message sur Twitter ne peut dépasser les 140 caractères), les réseaux sociaux ont démontré plus d'une fois leur puissance et leur pouvoir médiatique dévastateur.
Vous n'avez certainement pas échappé à la première "bévue" de notre nouvelle première dame de France, Valérie Trierweiler. Deux jours après le premier tour des élections législatives, cette dernière publie sur son Twitter "Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé".

Tweet de Valérie Trierweiler, le 12 juin 2012
Curieux soutien quand on sait que l'adversaire d'Olivier Falorni n'est autre que Ségolène Royal, l'ex-femme de François Hollande.
Seulement quelques minutes après cette publication, la presse s'empare du message et le rediffuse largement sur tous les supports médiatiques existants. Il n'aura finalement fallu qu'une poignée d'heures pour obtenir des réactions des opposants, des soutiens et autres commentaires. Le buzz est très vite engendré et il entraine une tempête médiatique autour des élections de la Rochelle et prend même une tournure d'affaire nationale après le commentaire de François Hollande.
Plutôt efficace pour un message de seulement 24 mots.

A l'issue du deuxième tour, Ségolène Royal échoue face à Olivier Falorni et est persuadée que ce tweet ne l'a pas aidé dans sa campagne (voir article de lci-tf1 : Le tweet de Valérie Trierweiler "n'a pas arrangé les choses")

Cet incident n'est pas le premier et s'ajoute déjà à plusieurs autres scandales du web.
Si le tweet de Cécile Duflot sur la légalisation du cannabis a finalement abouti à une explosion de sa visibilité (voir article de l'atlantico : Le cannabis fait exploser Cécile Duflot en visibilité sur Twitter (mais pas qu'à son avantage)), d'autres se seraient bien passés de cette publicité. Éric Besson a visiblement eu des difficultés à utiliser son Twitter au point de publier des messages plutôt éloquents et personnels (voir article de l'express : Eric Besson publie par erreur un mot doux sur Twitter). Là non plus, le relai ne s'est pas fait attendre, à tel point qu'il a finalement désactivé son compte Twitter (voir article dans le figaro : Eric Besson ferme son compte Twitter).

Espérons seulement que nos dirigeants tireront les leçons de leurs prédécesseurs et ne prendront  plus à la légère des outils aussi puissants que les réseaux sociaux. Ils ont démontré plus d'une fois leur utilité et ont déjà participé au renversement de certains pays. Ils ne sont pas des "place to be" et doivent être gérés sur les conseils de professionnels quand on sait qu'ils sont lu par de nombreuses personnes ou susceptibles d'être relayés.

mardi 19 juin 2012

"La France face aux armes d'influence"

Le 16 juin dernier, Claude Revel était l'invitée de Laurent Faibis dans le cadre de l'émission "Parole d'auteur" de la chaîne Xerfi Canal sur le thème "La France face aux armes d'influence", sujet de son nouveau livre "La France : un pays sous influences ?" paru aux éditions Vuibert.

Vous pouvez visualiser l'intégralité de cette émission (29 min) en cliquant sur l'image ci-dessous :

Claude Revel dans l'émission "parole d'auteur" (source image Xerfi Canal)

En savoir plus sur le livre "La France : un pays sous influences ?" :