jeudi 31 mars 2011

Compte-rendu (partie 3/3) conférence "Révolution dans le monde arabe"

Vous trouverez ci-dessous la 3e partie du compte-rendu de la conférence "Révolution dans le monde arabe : origine et conséquences" organisée le 1er mars dernier par le Club Intelligence Économique et Stratégique (IES) de l'AAE IAE de Paris, en partenariat avec l’A.C.E.D.S.
Partie 3:
Préconisations sur la position de l’Union Européenne.
L'union Européenne doit faire passer un message fort aux révolutionnaires en leur garantissant notre soutien. Ce soutien étant évidemment proportionnel à la démarche des pays concernés. Cette limite est importante et nous permet de nous préparer à une éventuelle dégradation des évènements.
Ce message est essentiel car la question principale que nous posent les pays du Sud est : « Allez vous nous venir en aide? ».
La volonté est une chose, la capacité à la réaliser en est une autre. Ainsi, la proposition d’aide de Mme Ashton à hauteur de 250 millions d’euros à la Tunisie à été très mal perçue. Leurs besoins sont de 10 à 20 fois plus élevés, et la majeure partie de cette somme à été votée et affectée bien avant la révolution.
« Le verbe ne doit pas être purement déclaratoire mais accompagné d’un réel engagement. »
On s’aperçoit que l’Europe a toujours autant de mal à s’organiser sur les décisions budgétaires d’urgence. Ces décisions sont extrêmement encadrées pour des raisons évidentes de gestion, cependant, cette « techno-structure administrative » met à mal toute volonté d’agir rapidement. De plus, notre engagement auprès des pays du pourtour méditerranéen doit être considérable. Notamment en termes de soutien socio-économique, nous ne devons pas financer les projets des entreprises européennes sur place, mais bien les Etats eux-mêmes.
On sait que 22 millions d’emplois doivent être créés d’ici à 2025 pour stabiliser le taux de chômage aux alentours de 15%. Sans cette politique, la pression démographique et les phénomènes migratoires s’intensifieront. La création d’emplois sur place est le seul moyen d’éviter l’émigration, l’insécurité économique, et la déstabilisation des gouvernements concernés.
L’Europe doit se concentrer sur ce levier et investir dans les pays qui auront fait le choix de l’émancipation plutôt que de se risquer dans des projets non viables qui n’ont pas de sens réel.La coopération doit servir les intérêts européens tout en étant en accord avec la demande expresse de ces pays. Nous ne devons plus agir unilatéralement mais de manière ciblée selon les attentes des pays demandeurs.
Une fois ces choix faits, la mise en place de moyens importants est donc essentielle. L’Union doit se désengager des pays n’ayant pas eu le courage de s’élever contre la dictature et l’autoritarisme afin de libérer ses financements et les octroyer aux pays libérés.
C’est un changement radical d’état d’esprit et de comportement qu’il faut mettre en place au sein de l’Union afin de soutenir la démocratie à travers le monde.
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Antoine Hillion

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