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lundi 15 avril 2013

"Régulation européenne et normes internationales: la place des entreprises" intervention de Claude Revel aux "Rencontres Quai d’Orsay – Entreprises"

Nous vous signalions dans ce blog 2 interventions de Claude Revel le 9 avril 2013, l'une sur "le droit : une arme de stratégie économique" à l'Institut du Droit des Affaires, l'autre sur "la normalisation volontaire, vecteur stratégique des acteurs économiques" organisée par l'AFNOR.  

Claude Revel intervenait également ce même jour dans une table ronde intitulée "régulation européenne et normes internationales: la place des entreprises" organisée par le ministère des affaires étrangères dans le cadre des "Rencontres Quai d'Orsay Entreprises", lieu et moment d'écoute et de dialogue entre diplomates et responsables du secteur privé.

Quelques photos, des vidéos, un résumé de la journée ainsi que les discours de clôture de Laurent Fabius et Pierre Moscovici peuvent être consultés via le site diplomatie.gouv.fr.

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vendredi 12 avril 2013

"Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" - 2 vidéos de Claude Revel

Claude Revel, auteure du rapport "Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" remis en début d'année à la ministre du commerce extérieur, Nicole Bricq, revient sur les points clés abordés dans son rapport via deux interviews vidéos réalisées par l'ANAJ-IHEDN et le Conseil Supérieur du Notariat que vous retrouverez ci-dessous.


Interview par l'ANAJ-IHEDN


Interview par le Conseil Supérieur du Notariat.
Lire le commentaire de l'interview sur le site notaires.fr

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lundi 25 mars 2013

Audition de Claude Revel par la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale

Suite à la remise fin janvier 2013 de son rapport "Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" à la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, Claude Revel a été auditionnée par la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

La séance a eu lieu le 13 mars dernier, en compagnie d'Alain Costes (AFNOR) et Alain Savary (AXEMA). La vidéo de cette intervention et des réponses aux questions posées par les députés est disponible jusqu'au 11 juin 2013 sur le site de l'Assemblée nationale.

Claude Revel lors de son audition par les députés de la Commission
des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Source image : assemblee-nationale.tv

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mardi 26 février 2013

La France a-t-elle encore une influence internationale ?

L'Université de Nice Inter-Ages invite Claude Revel le mardi 12 mars 2013 à 10h45 au Centre Universitaire Méditerranéen pour une conférence sur le thème "La France a-t-elle encore une influence internationale ?".

Normes comptables et financières, agroalimentaires, de qualification professionnelle, introduction de procédures nouvelles dans notre Droit, notation des Etats, etc. : nous, en France et en Europe, faisons l'objet tous les jours d'actions d'influence dont nous ne sommes pas toujours conscients. En revanche, nous en diffusons peu, en tout cas de manière organisée et volontaire.
 Ces influences s'exercent sur les décisions de nos dirigeants et sur la formation de nos opinions. La France n'est pas seule concernée. L'influence est devenue un mode de fonctionnement dans la mondialisation, pour les Etats comme pour les acteurs privés. Largement facilitée par les technologies de l'information, elle est désormais obligatoire dans un monde multipolaire. La décision publique internationale est aujourd'hui fondée sur l'influence/lobbying, mode d'élaboration d'origine américaine qui s'est diffusé vers les organisations internationales et européennes, puis vers les Etats.
Derrière les règles et les normes, il y a une compétition sur les modèles de société, les modes de vie, les valeurs politiques. Dans ce contexte et depuis au moins trente ans, notre pays a clairement perdu de son influence. Pour la regagner, elle doit donc exercer une conviction à double niveau, européen et international. La France dispose de tous les atouts, si elle veut bien enfin se mettre à la tâche.

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mardi 31 juillet 2012

Le brevet unitaire européen ou le symbole de la désunion...

source:http://breese.blogs.com
La France tend a prendre conscience du rôle qu'elle a à jouer en matière d'influence normative comme le montre le rapport de M. BUQUEN, Délégué  interministériel  à l’Intelligence économique,   « Les  stratégies  d’influence  de  la  France  dans  le  domaine  de  la normalisation  internationale » (pdf).
Toutefois, comme l'explique Claude Revel dans son dernier livre(1), « La France n’est pas assez présente sur les questions stratégiques, pour « formater » l’avenir. Il manque une coordination de l’influence pour pouvoir définir des priorités et appliquer des politiques adaptées ».

Cette coordination fait défaut tant sur le plan national que sur le plan européen.

Ainsi, parmi les enjeux stratégiques d'influence, et donc de compétitivité, la protection du patrimoine immatériel joue une rôle prépondérant et l'exemple des difficultés rencontrées pour mettre en place un véritable brevet unitaire européen est le symbole de ce manque de coordination.

Petit rappel

Le 5 Octobre 1973 était signée la « Convention sur le brevet européen (CBE) » à Munich,  traité multilatéral instituant l'Organisation européenne des brevets et  « brevet européen ».

Les objectifs  affichés par les états contractants étaient de :
  • renforcer la coopération entre les États européens dans le domaine de la protection des inventions,
  • obtenir une telle protection dans ces États par une procédure unique de délivrance de brevets et par l'établissement de certaines règles uniformes régissant les brevets ainsi délivrés, 
  • conclure une convention qui institue une Organisation européenne des brevets et constitue un arrangement particulier (...).
Toutefois, le brevet européen créé par la convention n'est pas un titre unitaire valable dans tous les pays signataires : il s'agit d'un groupe de brevets nationaux indépendants.
Une demande de brevet unique dans une seule langue permet de bénéficier de la protection dans tous les pays contractants.

Le 29 juin, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé que vingt-cinq pays avaient trouvé un accord sur le brevet unitaire européen.
Mais le Parlement en a décidé autrement et a annulé (le 02 Juillet) le vote prévu le 4 juillet sur le sujet, au motif, notamment, de la suppression dans le texte de certains articles liés entre autres aux droits du titulaire du brevet unique pour empêcher des tiers de l'utiliser sans consentement, et à certaines exceptions au brevet.

Les deux pays manquants n'étaient autres que l'Italie et l'Espagne qui ont refusé de participer pour protester contre la non-reconnaissance de l'italien et de l'espagnol comme langue officielle (Français, Anglais et Allemand) de rédaction des brevets...

D'un autre côté, la France, l'Allemagne et l'Angleterre se livraient un féroce combat pour accueillir le siège de la juridiction centrale du brevet unitaire.
Il avait finalement été décidé que la juridiction centrale aurait son siège dans la capitale française, et que l'administration serait à Munich.
Les affaires seraient jugées à Paris pour le secteur du textile et de l'électricité, à Londres pour les sciences du vivant, la chimie et la pharmacie, et à Munich pour l'ingénierie et la mécanique...

Quand on sait qu'aujourd'hui plus de 60 % des demandes de brevets européens proviennent de pays non européens, le premier étant les Etats-Unis (24 % du total), suivi du Japon qui devance l'Allemagne (2), et que, selon Benoît BATTISTELLI, Président de l'Office européen des brevets, le brevet unitaire réduirait de 70% les coûts administratifs et financiers, nous ne pouvons qu’espérer que les discussions reprennent et permettent au projet de sortir de cette nouvelle impasse.

Cet exemple est caractéristique des difficultés de la France à mettre en place une véritable stratégie d'influence.
Elle doit  jouer à un double voire à un triple degré : elle doit d’abord être cohérente en son sein et parler d’une voix uniforme pour espérer, ensuite, jouer son rôle au nom de et avec l’Europe sur l’échiquier international.
Dans ce dossier ,comme dans d'autres, la France doit désormais jouer  son véritable rôle et permettre aux entreprises françaises et européennes de lutter à armes égales dans le nouvel ordre mondial.

(1) "La France : un pays sous influences ?" Claude Revel, Éditions Vuibert, juin 2012
(2) source: Les échos.fr

Pour aller plus loin:
Convention sur le brevet européen (texte officiel)
Office européen des brevets
http://www.europaforum.public.lu

jeudi 19 juillet 2012

Vidéos de la conférence "La France est-elle sous influences ?"

Vous pouvez désormais visionner l'intégralité de la conférence "La France est-elle sous influences ?" réalisée le 30 mai dernier à l'occasion de la sortie du nouveau livre de Claude Revel "La France : un pays sous-influences ?".

Le compte-rendu complet est disponible dans ce précédent billet.

1re partie : discours introductifs et présentation des intervenants



2e partie : les interventions



3e partie : questions du public




Autres liens utiles :

"La France est-elle sous influences ?" - compte-rendu complet

Comme annoncé précédemment, vous trouverez ci-dessous le compte-rendu officiel de la conférence "La France est-elle sous influences ?".

Ce compte-rendu, rédigé avec l'aimable contribution de Carl Soutra, diplômé du MS IEMC (promotion 2011), est téléchargeable au format Adobe Acrobat (pdf). Vous pouvez également visionner la conférence. Voir liens ci-dessous :
°°°

La France est-elle sous influences ?

Conférence du 30 mai 2012 à Sciences Po (19h-21h)

Organisée par la Conférence Olivaint, SKEMA Business School (Centre Intelligence & Influence, GIISK) et les éditions Vuibert, cette conférence s’est tenue à l’occasion de la sortie du nouvel ouvrage de Claude REVEL, « La France : un pays sous influences ? ». Après une introduction par le Directeur du Campus Sciences Po de Paris, David COLON, puis des interventions des responsables étudiants de la Conférence Olivaint, Salomé BERLIOUX (Présidente), Jérôme FABIANO et Bobelle KASHIO-LUKANGA, les panelistes suivants se sont réunis :

  • Eric DELBECQUE, directeur du département sécurité économique de l’INHESJ a exposé sa vision sur ce sujet en tant qu’acteur de l’État.
  • Alice GUILHON, directrice générale de SKEMA Business School, a donné son point de vue sur l’influence dans le secteur de l’enseignement supérieur international.
  • Jérôme BRUNEL, membre du comité exécutif du Groupe Crédit Agricole, a pris la parole sur le thème de l’influence dans le monde financier.
  • Jean Marie CAMBACERES, ancien député et Président de France Asie et Démocratie 2012, a quant à lui analysé l’environnement politique et la Chine et l’Asie.
  • Claude REVEL professeure à SKEMA et praticienne de l’IE, a finalement synthétisé les grands enjeux et les mécanismes communs de l’influence, « rouage-clé de notre société mondialisée ». 

Grâce à des exemples précis et percutants émanant des vies professionnelles et personnelles des panelistes, les participants à ce colloque ont pu découvrir de nouveaux aspects de l’influence. La diversité des sujets abordés permet de se rendre compte que les stratégies d’influence, quelles qu’elles soient, maillent dorénavant nos vies, pour le meilleur comme pour le pire. Une fois ce constat accepté, le public ne peut que convenir d’une faiblesse d’adaptation de nos structures politiques, économiques et administratives face à ces nouveaux enjeux. L’influence est synonyme de formidables opportunités autant que de menaces et sans pécher par excès d’optimisme, il paraît raisonnable de penser que la France puisse sortir par le haut de cette période difficile si certaines réformes et évolutions sont mises en place. On sent que la prise en compte des stratégies d’influence évolue dans notre pays, dans les entreprises comme dans les administrations, mais que beaucoup de sensibilisation reste à faire, notamment à destination des élites décisionnaires, pour anticiper les réalités du XXIème siècle.


Claude REVEL expose d’abord que selon elle, l’influence est aujourd’hui plus encore qu’hier multiforme et qu’il s’agit dorénavant d’un nouveau pouvoir dans les ordres économique, financier mais aussi politique et culturel. Souvent visible mais aussi invisible, l’influence porte en elle des valeurs et des visions qui permettent de s’imposer imperceptiblement, y compris à un niveau planétaire. Claude REVEL précise que l’objectif du débat ci-après est de lancer en France une réflexion qu’elle entend bien continuer avec le Centre Global Intelligence et Influence de SKEMA Business School.

Le débat est animé par Jérôme FABIANO (JF) et Bobelle KASHIO-LUKANGA (BKL). Celle-ci « plante le décor » de la conférence et notamment, aborde les tentations contradictoires de la théorie du complot et du doute, que l’analyse permet de surmonter.

JF demande à Eric DELBECQUE comment les décideurs intègrent les pratiques d’influence dans un nouveau contexte caractérisé par l’incertitude et le changement permanent.

Eric DELBECQUE entame son propos en disant que l’influence n’est en soi pas nouvelle, qu’il est en revanche intéressant de poser une grille des rapports entre les hommes, qui fonctionnent sous quatre modes : l’amour, la guerre, la négociation et l’influence. Cette dernière a certes toujours existé mais elle a aussi évolué. L’influence est un mélange d’exemplarité, d’argumentation, de séduction et de manipulation. Auparavant, l’influence se fondait principalement sur la culture, source notamment du rayonnement de notre pays. Un élément caractéristique de l’époque actuelle est la collision frontale que l’on peut observer entre la guerre et l’influence, ce qui permet de dire qu’aujourd’hui, l’influence est la métamorphose de la contrainte, de la violence. Cette métamorphose se justifie pour Eric DELBECQUE par notre histoire et notamment par les deux guerres mondiales du XXIème siècle. Aujourd’hui, la guerre n’est plus tolérée par les nations occidentales et l’influence a donc comblé ce vide à l’aide de méthodes plus policées.

Comment l’État français affronte-t-il les enjeux d’influence ?

L’Etat intègre mal les stratégies d’influence. Il faudrait accepter que les outils classiques ne fonctionnent plus de la même manière (diplomatie, actions militaires…). Dans ce monde incertain et complexe, les échiquiers sont désormais interconnectés et les Etats sont concurrencés par bien d’autres acteurs. Cette évolution n’est pas perçue par tous en France. Il faut inciter nos pairs à prendre conscience des jeux d’acteurs et de la nécessité de travailler en liens les uns avec les autres. L’Etat français doit faire des efforts en ce sens.

BKL s’adresse ensuite à Alice GUILHON et lui demande si l’enseignement supérieur doit aussi à faire face à de l’influence extérieure ? Quel est par exemple le poids des normes ? Des pressions médiatiques ?

L’enseignement supérieur s’est globalisé ces dernières années et cette évolution a attiré les stratégies d’influence, elle a aussi permis la création d’acteurs visant à standardiser et normaliser les programmes éducatifs ou de recherche. Alice GUILHON prend à titre d’exemple, la course à la standardisation que se livrent EFMD et AACSB. Leur influence conduit par exemple les établissements de formation à définir des stratégies, ce qui n’était pas nécessairement leur  comportement courant auparavant. Ces enjeux sont d’autant plus importants que la formation est un vecteur d’influence économique ou politique pour les Etats, qui sont par conséquent actifs sur ces sujets. L’un des objectifs de ces organismes est d’arriver à contrôler et standardiser ces jeux d’influence. Il existe des organisations régionales spécialisées, au même titre que des associations politiques comme l’ASEAN ou le MERCOSUR, voir par exemple l’association asiatique des Business School, il en est de même pour le continent africain. Ces outils de normalisation et de standardisation adoptés par les continents et les pays sont au final de véritables armes pour imposer des règles bien précises, mais cette pression est contrebalancée par les progrès insufflés par ces mêmes démarches. Ce sont aussi ces organismes qui promeuvent des enseignements d’éthique, de diversité…. Cela dit, cette pression a pour conséquence une perte dans la diversité des programmes et la moindre innovation d’un établissement est rapidement reproduite par ses pairs, ce que regrette Alice GUILHON. La norme dans le management est aujourd’hui clairement définie par les Anglo-saxons, d’où l’intérêt de se féliciter de la présence de certains Français à des postes clés de l’EFMD.

La Directrice de SKEMA est ensuite interrogée sur le fait de savoir si les enseignements français et européens sont bien armés pour faire face à cette influence ? On lui demande également si les Français et Européens sont alliés ou non dans cette bataille.


Alice GUILHON explique que toute cette réflexion est très récente de la part des Français et des Européens. Nous étions auparavant toujours suspendus à ce que proposaient les Américains. Aujourd’hui, une nouvelle tendance à la différenciation se fait jour et les établissements européens tendent à s’extirper de ces modèles. En ouvrant un campus aux USA, SKEMA vise notamment à montrer les vertus du système éducatif français. SKEMA va par exemple ouvrir une classe préparatoire sur place, ce qui est un système totalement inconnu aux Etats-Unis. Une norme asiatique est en cours de préparation mais il faut avoir conscience que les acteurs européens résistent bien à l’heure actuelle comme le montrent les classements du Financial Times. L’Europe est en train de s’armer pour réagir. La Directrice Générale de SKEMA nuance cependant son propos en disant que si les Européens arrivent à bien s’entendre, ce n’est pas toujours le cas entre Français, or cette étape initiale est un élément clé pour définir une stratégie d’influence commune.

Y a-t-il une manière française d’influencer ? Celle-ci est-elle poussée par l’Etat Français ? Comment celui-ci intègre-t-il ces stratégies d’influence ?

La France est caractérisée par la cohabitation de deux systèmes d’éducation : le système universitaire et celui des « grandes écoles ». Lors de la production du référentiel d’Intelligence économique, Alice GUILHON et Alain JUILLET ont cherché à montrer l’importance de l’enseignement de cette approche pour la compétitivité à terme de notre pays. L’écho initial ne fut pas très positif mais petit à petit, cela évolue et le soutien des pouvoirs publics est davantage affiché aujourd’hui.

Au-delà des membres de la Conférence des Grandes Écoles, que pensent les autres dirigeants d’Écoles sur les sujets d’influence ?

Les dirigeants d’Écoles perçoivent l’intérêt de maîtriser ces jeux d’influence, cela ne leur donne pas pour autant la capacité à agir clairement sur ces sujets. L’INHESJ et les établissements pilotes qu’il a promus permettent aujourd’hui un démarrage à grande échelle de l’enseignement de l’intelligence économique, dont fait partie l’influence.

Jérôme BRUNEL reçoit à son tour les questions des animateurs. JF expose l’enjeu de normes et de régulation que représente la finance aujourd’hui. Il demande en souriant s’il y a un « complot » ou une influence concertée du capital au niveau mondial.

Les masses de liquidités sont telles que Jérôme BRUNEL ne voit pas comment un Big Brother pourrait ordonner une quelconque tendance. Cependant, les marchés sont composés d’acteurs qui font des analyses rationnelles quand ils ne sont pas en panique et ils ont des convergences d’intérêts ; cela a le pouvoir de révéler certaines situations. Jérôme BRUNEL insiste par ailleurs sur la différence qu’il y a entre révéler une situation et la créer ou l’amplifier notamment par des comportements spéculatifs « moutonniers ». Les entreprises bancaires sont aujourd’hui confrontées à une avalanche de régulations qui concernent tous les secteurs de la banque, tant le capital que les liquidités et la manière dont les acteurs peuvent être ou non sauvés. C’est ici qu’interviennent les actions d’influence que pratiquent les banques, afin que les règles qui seront édictées pour les prochaines années collent au terrain et leur permettent de continuer à faire leur travail. Rien n’est cependant neutre, derrière certaines règles comme Bâle III, il y a une guerre des modèles bancaires. Une guerre afin que les modèles qui prévalent dans certains pays prévalent sur d’autres, par un effet de concurrence visant in fine à affaiblir le système bancaire du voisin. Il ne faut donc pas être naïf et de véritables jeux d’influence se cachent derrière une apparente technicité. Jérôme BRUNEL différencie de la même façon qu’Alice GUILHON la bonne influence de la mauvaise. Il rappelle en effet que comme toute entreprise cotée, le Groupe Crédit Agricole est sous influence du marché et que cela est un bon correcteur.

Que pense M. BRUNEL de l’influence à l’heure de l’avènement du concept RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) et comment des pratiques d’influence peuvent elle selon lui s’intégrer dans un cadre éthique ?

Cette compatibilité va de soi : les lobbyistes français et européens ont peu de budget, par ailleurs les entreprises ont adopté des pratiques de RSE et les mots cohérents avec la réalité sont leur seule arme, à ne pas gâcher, dans un système démocratique européen extrêmement transparent, peut-être même parfois trop.

Homme politique français, Jean Marie CAMBACERES se voit quant à lui demander par BKL si la situation de l’influence en France peut être comparée à celle en vigueur dans  d’autres Etats ? Quid de Démocratie 2012 ?

Les entreprises sont loin d’être les seules à faire de l’influence auprès des politiques, les organisations professionnelles, syndicats et autres ONG sont au moins aussi présents. Cependant on n’est pas du tout au niveau des États-Unis en ce domaine et les pressions sur les parlementaires n’ont rien à voir en France avec la situation outre-Atlantique.
Beaucoup de think tanks existent, à gauche, parmi lesquels la Fondation Jean Jaurès ou Terra Nova. Démocratie 2012 a comme caractéristique de mailler le territoire et a comme ambition de faire remonter à Paris les opinions du  terrain sur les réformes.

En tant que spécialiste de l’Asie, JM CAMBACERES est interrogé sur la manière dont les Chinois abordent l’influence à l’international.

La Chine signifie « Empire du Milieu » en chinois ce qui prouve par la sémantique, s’il en est besoin, que l’influence sur l’étranger n’est pas ancrée dans la tradition chinoise... Cette velléité d’influence a été ponctuelle dans les années 70 et s’est depuis atténuée avec l’intégration du pays dans le grand concert des nations. Selon Jean Marie CAMBACERES, la Chine n’a pas de concept propre, ils ont davantage intégré ce qui se faisait ailleurs. Si le pays commence à avoir une réelle influence, c’est parce qu’il devient une puissance économique de premier plan, parce qu’il effectue des essais militaires et parce qu’il met en place des stratégies de soft power, les meilleurs exemples étant les Jeux Olympiques de Pékin, l’Exposition Universelle de Shanghai ou les Centres Confucius dans le monde. Cependant, pour que l’influence fonctionne, il faut que le fond soit bon et certains événements, parfois qualifiés par les responsables politiques chinois de faits divers, comme les protestations des bonzes tibétains, ruinent rapidement les efforts de longue haleine entrepris par les Chinois.

Quels sont les leviers d’influence de la France sur l’Asie ?

Par sa puissance économique, son rayonnement culturel, son statut diplomatique, sa puissance militaire ou bien encore sa langue, la France dispose des leviers classiques de l’influence. Cependant, ces leviers ne sont pas coordonnés entre eux et perdent ainsi en efficience. En ce qui concerne l’aspect économique, le poids de la France dans les échanges de la Chine représente moins de 1% de ceux-ci. L’initiateur de Démocratie 2012 pense que si les actions d’influence françaises étaient coordonnées et organisées, leur poids pourrait être non-négligeable en Asie.
D’une manière générale, les décisions internationales « ne tombent pas du ciel » mais sont longuement débattues durant de nombreuses réunions préparatoires desquelles la France est régulièrement absente. Avant d’être diffusée et validée, une circulaire  européenne est préparée durant 4 ou 5 ans dans les enceintes bruxelloises.

Les animateurs demandent à Claude REVEL d’évoquer finalement les quelques aspects particulièrement importants de l’influence.

Influencer c’est faire penser ou agir l’autre selon votre souhait à vous, sans utilisation de force ni de paiement. Les deux principaux outils pour cela sont la séduction et l’argumentation et ceux-ci sont souvent liés dans la réalité. L’influence revient selon Claude REVEL à une prise de pouvoir consentie, pas nécessairement consciente pour autant. Les stratégies d’influence peuvent se développer à un niveau individuel mais aussi sur un théâtre collectif et cela est facilité par le développement des techniques d’information et de communication. Selon Claude REVEL, l’information est une énergie en tant que telle, cependant invisible et l’influence est une manière de traiter cette information. L’influence a donc permis à certains acteurs disposant de pouvoirs limités telles les ONG ou certaines associations de gagner en poids et en visibilité. Le corollaire est que les acteurs institutionnels en place ont dû repenser leur mode de relation au monde.

L’influence est une arme de compétition que l’on soit une entreprise, un Etat ou une école qui doivent perpétuellement convaincre. Ces acteurs s’appuient pour cela sur l’influence, composée ici de l’image de l’acteur, de sa réputation… La compétition a de plus en plus lieu en amont de la bataille à proprement parler et c’est cette pré-bataille normative et réglementaire qui est justement le terrain de jeu favori de l’influence, qui s’est d’ailleurs fortement professionnalisée.

L’influence a aussi contribué à l’évolution de notre mode de gouvernance politique, elle est aujourd’hui le mécanisme de formation de la décision publique, comme aux  Etats-Unis où les pratiques de lobbying sont officiellement encadrées. Autre forme de gouvernance, celle des entreprises où surveiller et influencer son environnement devient une obligation et où il faut donc anticiper afin d’être in fine en mesure de façonner l’avenir en fonction de sa vision. Ces démarches de bonne gouvernance sont couramment appelées diplomatie d’entreprise, advocacy, public diplomacy, soft power dans le monde professionnel. Ainsi, en « imbibant » de façon discrète les règles et les cerveaux, à l’aide de think tanks et de relais d’opinions, les acteurs influencent leurs environnements.

L’influence est aussi un véhicule de modèles de société et de valeurs. Si l’influence américaine est un tel succès, c’est qu’elle est porteuse d’un message. C’est aussi pour cela que des pays comme le Brésil, le Qatar ou la Chine s’intéressent à cette ingénierie de l’influence. Notre société occidentale est aujourd’hui, selon Claude REVEL, dans un mode de gouvernance libéralo-morale où des règles très libérales côtoient une éthique déjà normée et toujours en cours de normalisation.

Les Français se sont-ils approprié l’influence ?

Claude REVEL estime que ces pratiques commencent seulement à être acceptées en France, on tolère par exemple aujourd’hui du bout des lèvres le lobbying. Elle argumente son propos en faisant référence à la notion de l’information énergie abordée précédemment et dont la valeur n’est pas encore intégrée par nos concitoyens. Selon l’auteur du livre « La France : un pays sous influences ? », nos concitoyens ont du mal à comprendre un mode de fonctionnement où la loi est faite avec l’aide de ceux-là même pour qui elle est faite, voire même par eux (la soft law, les autoréglementations). La caractéristique dite cartésienne de la réflexion française, y compris chez nos dirigeants, ne favorise pas cette prise de conscience. Ces hommes et femmes ne voient pas toujours l’intérêt de s’impliquer dans des cercles de réflexions pour nourrir leur prise de décision. L’influence est par nature transversale, ne peut être cloisonnée et se nourrit d’échanges et de confrontation d’idées, de points de vue et d’analyses. Cet esprit cartésien génère aussi certaines difficultés avec quelques outils régulièrement utilisés dans les stratégies d’influence, elle cite l’exemple du classement. En France, l’auteur du classement est considéré comme neutre par nature et il est difficile d’imaginer que les classements répondent à des intérêts quels qu’ils soient. Or c’est bien souvent le cas des classements internationaux, comme par exemple le « Doing Business » » de la Banque mondiale ou le classement de Shanghai sur les universités, et ce n’est pas être paranoïaque que de dire cela. De la même façon, les réseaux en France font plus souvent appel à des notions de copinage qu’à des notions de compétences.

Selon Claude REVEL, les Français ont bien intégré les aspects techniques du web et des réseaux, notamment sur les réseaux sociaux. Cependant, elle fait la distinction entre la compréhension technique et la faculté à utiliser cette compréhension pour l’utiliser comme une arme stratégique au service d’entreprises. Cela est encore plus vrai au niveau de l’Etat en termes d’influence internationale et politique.

A la suite de l’ensemble des propos émis par les autres panelistes, il paraît important que la France apprenne à jouer sa propre partition, vers l’Europe et vers le monde. En ce sens, la France doit s’appuyer sur ses atouts et parmi ceux-ci, sur son capital culturel et son réservoir d’idées politiques, uniques au monde. Ces atouts doivent néanmoins être utilisés avec finesse et sans arrogance aucune, avec une grande discrétion et avec les mots des autres pour nous faire comprendre.

Claude REVEL plaide donc pour la mise en place d’une telle ingénierie au plus haut niveau de l’Etat, en la forme d’une structure fondée sur des priorités de long terme et s’articulant simultanément sur les trois piliers économiques, politiques et culturels, comment le font nos principaux coopétiteurs.

L’ultime question des animateurs s’adresse à l’ensemble des panelistes : cette nouvelle donne de l’influence peut-elle renouveler la démocratie ? Préfigurer un mode de gouvernance internationale ?

Jean Marie CAMBACERES estime que le train avance d’ores et déjà et que par conséquent, si nous ne le prenons pas en marche, la France se verra imposer un certain nombre de choses y compris des normes, un nouveau modèle de droit… Quant au renouvellement d’une diplomatie, il pense que l’influence, même à l’échelle planétaire, n’est en rien dévolue au seul Quai d’Orsay. Le problème de la France est que selon lui, il n’y a pas de pilotage global pilotant tous les secteurs, allant de l’accueil des étudiants étrangers, à la promotion de la langue française, la protection de nos savoir-faire et la compétitivité de nos entreprises.

Eric DELBECQUE pense, lui, que l’influence met à l’épreuve la diplomatie traditionnelle dans le sens où celle-ci ne s’intéressait qu’aux rapports entre les États, or la société actuelle est composée de beaucoup plus d’éléments que de la seule action de l’État y compris la société civile et que l’influence est justement la capacité à agréger une myriade d’acteurs dont l’État n’est qu’une composante et de les faire concourir à un objectif commun. Il estime que le jour où la diplomatie aura compris que l’État ne parle plus à l’État mais que des nations et des blocs régionaux échangent entre eux via une myriade d’intervenants divers et variés, alors, la diplomatie aura achevé sa mue et sera passée dans l’ère de l’influence. Jérôme BRUNEL tient à nuancer et rendre plus positifs ces derniers propos. Il pense que la situation décrite est celle des années 90. Il estime qu’à l’heure actuelle, notamment dans la finance, les acteurs privés comme étatiques travaillent de concert en bonne intelligence.

De nombreuses questions sont ensuite posées aux conférenciers. Nous suggérons aux lecteurs de se reporter à la vidéo des débats.

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jeudi 12 juillet 2012

Conférence "La France est-elle sous influences ?" - compte-rendu

Nous vous annoncions précédemment le succès rencontré par la conférence « La France est-elle sous influences ? » organisée par SKEMA Business School et son Centre Global Intelligence & Influence (GIISK), la Conférence Olivaint et les éditions Vuibert à l’occasion de la sortie du dernier livre de Claude Revel « La France : un pays sous influences ? ».

Vous trouverez ci-dessous un résumé des points clés abordés lors de cette conférence, réalisé par des étudiants du Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances de SKEMA. Un compte-rendu complet sera publié très prochainement ainsi que la vidéo de l’évènement.

Pour rappel, les intervenants présents à cette conférence étaient :
  • Jérôme Brunel, membre du Comité exécutif du Crédit agricole ;
  • Jean-Marie Cambacérès, ancien Député et Président de France-Asie ;
  • Eric Delbecque, Directeur de la Sécurité Economique à l’INHESJ (Institut national des hautes études de sécurité et de justice)  ;
  • Alice Guilhon, Directrice générale de SKEMA;
  • Claude Revel, Directrice du GIISK.
Ces derniers étaient invités à exposer leurs analyses et expériences puis à échanger avec l’auditoire. 

Qu’est-ce que l’influence ?

Claude Revel
Selon Claude Revel, « l’influence est une relation consciente ou inconsciente qui permet de faire agir ou penser autrui selon ce que veut l’émetteur de l’influence, sans exercice de la force ni paiement ». Elle peut prendre différentes formes dans différents contextes et revêt aujourd’hui un caractère décisif si l’on veut comprendre et maîtriser l’environnement qui nous entoure. L'influence est "séduction, conviction, argumentation". C'est une prise de pouvoir « consentie » au niveau collectif et désormais  facilitée  par l'évolution des  technologies de l'information et de la communication.

L’influence est une manière de traiter l’information, information que l’on peut assimiler à une énergie qui doit donc être exploitée en tant que telle. Cette énergie a permis de faire émerger de nouveaux acteurs comme les ONG par exemple. Il s’agit d’une « arme de compétition » (il faut expliquer, convaincre afin de protéger sa marque, son image, sa réputation,…) opérant en amont (avec les règles et normes) et poussant les organisations et les Etats à changer de mode de gouvernance (une confiance de plus en plus grande est accordée aux intérêts privés dans le cycle de décision). Pour cela, anticiper est plus que nécessaire.

Pour Claude Revel l’influence devrait donc être un mode de gouvernance en soi, précédé par une anticipation et permettant au total d’agir sur les règles et les normes. La France doit intégrer le fait que l’influence véhicule des modèles et des valeurs dans un monde de plus en plus « libéralo-moral » parfois contradictoire puisque soucieux de garantir un maximum de liberté en produisant de plus en plus de règles. 

Eric Delbecque
Selon Eric Delbecque, l’influence est également un sujet multiforme prenant tout son sens dans le contexte d’incertitude actuel. Dans ce contexte, la grille d’évaluation des rapports intersubjectifs basée sur l’amour, la guerre, la négociation et l’influence évolue. Ce phénomène s’explique notamment par le fait que deux de ces critères sont entrés en conflit : la guerre (contrainte) et l’influence. L’influence est une métamorphose de la contrainte sous le poids historique et moral des deux guerres mondiales qui ont transformé ces rapports intersubjectifs : la guerre en tant que telle a perdu sa légitimité et sa nouvelle forme passe donc par l’influence. Cette dernière agit selon ses propres critères que sont l’exemplarité, l'argumentation, la séduction et la manipulation.

L'influence dans l'enseignement supérieur

Alice Guilhon
Selon Alice Guilhon, l’exemple de l’enseignement supérieur est caractéristique de l’évolution des enjeux et des influences que subit aujourd’hui la France. En effet, ce secteur doit faire face à une concurrence internationale forte et est devenu un moyen d’influence en tant que tel : chaque région du monde tente d’imposer son modèle en créant des instances ou organismes de normalisation, d’accréditation, de labélisation afin d’imposer ses standards aux autres. La France et l’Europe sont aujourd’hui confrontées à des critères d’évaluation qui ne sont plus forcément les leurs, pour exister sur la scène internationale et doivent donc impérativement réussir à inverser cette tendance (exemple des normes AACSB versus EFMD).

Il est vrai que la France subit des influences anglo-saxonnes (surtout américaine) et asiatique… mais elle est en train de s'armer. Alice Guilhon cite l’exemple de SKEMA ayant réussi à importer des « classes prépas », modèle typiquement français, aux Etats-Unis.

L'influence dans la finance

Jérôme Brunel
Jérôme Brunel nous rappelle que le monde bancaire est un marché extrêmement régulé dans lequel, nous explique-t-il, chaque acteur essaie d’imposer son modèle afin de dominer le marché. Là encore, l’influence anglo-saxonne est prépondérante mais la France tente désormais de riposter en s’organisant et en se structurant tant au niveau européen qu’au niveau international. Jérôme Brunel nous indique que cette influence financière est réelle et qu’elle ne tient pas du complot mais plutôt d’une réaction systémique. Ainsi, la convergence d’intérêts entre les acteurs transforme les marchés en révélateurs et en amplificateurs de situations, les conduisant à la spéculation par mimétisme.

L'influence chinoise

Jean-Marie Cambacérès
Jean-Marie Cambacérès nous explique que la Chine n’a pas véritablement de doctrine de l’influence : cette dernière est contradictoire et non coordonnée. Mais, des progrès ont été faits depuis 30 ans. Aujourd'hui, elle utilise les mêmes outils que les autres pays malgré ce manque de coordination.




La France, un pays influent ?

Eric Delbecque rappelle que la France a longtemps utilisé les outils classiques d’influence : outils diplomatiques, culturels, économiques, militaires… mais ceux-ci ne peuvent plus fonctionner si nous continuons à les utiliser de manière isolée.

Pour Claude Revel, la France a du mal à s’approprier certaines nouvelles règles du jeu et ne construit pas de véritable stratégie d’influence. Elle doit s’affranchir d’idées préconçues qui la freinent dans son rôle international. La notion de réseau se résume trop souvent au « copinage » ou à son aspect technique certes plutôt bien maîtrisé mais la France n’est pas assez présente dans les cercles de réflexion, « think tanks » ou même lors des rencontres internationales qui sont devenues les vrais centres de prises de décisions stratégiques. La France a par ailleurs encore du mal à appréhender certaines notions telles que l’autorégulation ou autoréglementation.

Claude Revel indique que les Etats-Unis sont pionniers mais la Chine, le Brésil, le Qatar sont en train de se renforcer. Comme l’a rappelé Eric Delbecque, la France s’est trop longtemps appuyée sur les outils traditionnels de l’influence. Claude Revel précise qu’elle doit désormais jouer à plusieurs niveaux : elle doit d’abord être cohérente en son sein et parler d’une voix uniforme pour espérer, ensuite, jouer son rôle au nom et avec l’Europe sur le plan international.



En conclusion, nous l’avons bien compris, la compétition a lieu en amont si l’on veut espérer imposer ses idées au reste du monde : « agir après, c’est trop tard ! ». Par ailleurs, l’influence est un véritable pouvoir applicable à divers niveaux, économique, politique, culturel… mais qu’il faut vouloir !

Liens utiles :

mardi 19 juin 2012

La France : un pays sous influences ? Chronique dans Les Echos

Le dernier livre de Claude Revel, "La France : un pays sous influences ?", dont nous annoncions récemment sur ce blog la publication ainsi que l'organisation d'une conférence dédiée le 30 mai dernier, fait aujourd'hui l'objet d'une chronique positive dans le journal les Echos : "[...] Dans un ouvrage très documenté et émaillé d'illustrations, Claude Revel décrypte l'influence dans toutes ses représentations, ses techniques, au travers des relais et des outils qui la diffusent [...] Cet essai, dense, nous éclaire à la fois sur le fonctionnement de l'influence, ses enjeux et ses dérives [...]"(source Natalie Silbert pour Les Echos).

Vous pouvez consulter l'intégralité de la chronique via le lien suivant : "L'influence, nouvel enjeu géopolitique".

Autres liens utiles sur le livre "La France : un pays sous influences ?" :

jeudi 10 mai 2012

Les normes : une stratégie cachée

Les normes sont souvent perçues comme de la "paperasse" contraignante dans le monde de l’entreprise. Ce qui est une grave faute d’impression par les salariés et les chefs d’entreprises. Les entreprises devraient prendre en considération la culture des normes dans leur société et expliquer leurs rôles majeurs.
Une norme désigne un ensemble de spécifications décrivant un objet, un être ou une manière d’opérer. Il en résulte un principe servant de règle et de référence technique. Une norme n'est pas obligatoire, son adhésion est un acte volontaire, mais certaines peuvent être rendues obligatoires par un texte réglementaire ou décret de loi.

Certains pays ont compris leurs rôles comme l’Allemagne en influençant les normes dans leur sens afin d’avoir un avantage concurrentiel en ayant une longueur d’avance. « Qui fait la norme, fait le marché » dit on en Allemagne. Un autre pays a bien compris ce principe : la Chine. Elle tente d’influencer les normes internationales en augmentant son niveau de responsabilité au sein des comités techniques de l’ISO.


source : http://ensamblog.wordpress.com/mastere-specialise
La France occupe la deuxième place dans les instances européenne et la troisième au niveau international. Afin de maintenir cette position, Monsieur Olivier Buquen, délégué interministériel à l’intelligence économique, a rédigé un rapport sur « les stratégies d’influences de la France dans la normalisation internationale ». Ce rapport préconise 10 pistes pour renforcer l’influence au sein des instances européenne et internationale. L’une des propositions pour inciter les entreprises à participer aux travaux de normalisation est la possibilité d’un alignement du crédit d’impôt normalisation sur le crédit d’impôt recherche.