lundi 8 juillet 2013

Déterminants de la mise en place d’une Intelligence Economique au sein d’une organisation

Le Centre Global Intelligence & Influence de SKEMA (GIISK) vous propose de consulter un article de Rodolphe Delabarre intitulé "les déterminants endogènes et exogènes de la mise en place d’une entité Intelligence Economique au sein d’une organisation" faisant la synthèse de la thèse professionnelle du même nom dirigée par Olivier Pommeret et réalisée dans le cadre du MS IEMC.

Ce travail de recherche a pour objectif d’offrir un complément aux définitions de l’Intelligence Economique (IE) qui sont principalement focalisées sur le "quoi" et le "qui" : ce que devrait être l’IE, et qui devrait occuper le poste de Responsable IE.

Il s’agit d’ouvrir le champ d’analyse sur les conditions de déploiement au sein des entreprises, en traitant le "quand" et le "comment" liés à une mise en place d’un dispositif d’IE.

Au final, ce travail vise à mettre en lumière des conditions préalables à la mise en place d'un dispositif d’IE au sein d'une entreprise : 
  • type d’organisation de l’entreprise considérée,
  • type de procédures,
  • type de culture d’entreprise,
  • rôle joué par l’intensité de la concurrence à laquelle l’entreprise est confrontée.
Ainsi, le déploiement et la promotion de l'IE au sein des entreprises devraient prendre en compte ces variables clés qui forment, ce que l'auteur nomme, "le liquide amniotique" d’un dispositif IE.


L'article est consultable et téléchargeable via Slideshare ou Issuu.

Pour celles et ceux intéressés par ces travaux, nous vous proposons également de consulter l'intégralité des parties théoriques de la thèse professionnelle de Rodolphe Delabarre (pour des raisons de confidentialité évidentes, la partie pratique a été retirée) : sur Slideshare, sur Issuu.

Pour toutes questions concernant ces travaux, écrire à olivier(point)pommeret(arobase)skema(point)edu.

 Liens utiles :
  • Consultez et téléchargez l'article "les déterminants endogènes et exogènes de la mise en place d’une entité Intelligence Economique au sein d’une organisation" par R. Delabarre
  • Consultez la thèse professionnelle "les déterminants endogènes et exogènes de la mise en place d’une entité Intelligence Economique au sein d’une organisation" par R. Delabarre
  • Comptes Slideshare et Issuu du GIISK
  •  Le Centre GIISK sur le site de SKEMA

mercredi 29 mai 2013

Claude Revel Déléguée Interministérielle à l'Intelligence Economique

Claude Revel vient d'être nommée ce matin en Conseil des Ministres Déléguée Interministérielle à l'Intelligence Economique. Elle remplace Olivier Buquen et sera maintenant rattachée directement au Premier ministre.

L'ensemble des étudiants et anciens du MS IEMC lui adresse ses félicitations pour cette mission de la plus haute importance pour l'Intelligence Economique, nos entreprises/institutions/organisations, et l'économie de la France.

Vous retrouverez ci-dessous le communiqué officiel :
"Le  Premier  ministre  a  présenté  une  communication relative au dispositif d’intelligence économique.

L’intelligence  économique  vise  à  collecter,  analyser, diffuser  et  protéger  l’information  économique  stratégique.  Outil d’aide  à  la  décision,  au  profit  de  l’ensemble  des  acteurs économiques  (entreprises,  établissements de  recherche, ministères, régions), elle se décline en plusieurs axes :
  • un  volet  pédagogique,  permettant  de  sensibiliser les  acteurs  concernés  sur  les  objectifs  et  les  méthodes  de l’intelligence économique ; 
  • un  volet  anticipation  et  accompagnement  des évolutions, notamment par la veille stratégique, afin de permettre à ces acteurs de prendre les meilleures décisions ; 
  • un  volet  sécurité  économique,  à  travers  la prévention  des  risques,  notamment  immatériels  (savoir-faire, réputation, etc.) ;
  • un  volet  travail  d’influence  de  long  terme  sur l’environnement  économique,  comme  par  exemple  les régulations  internationales  de  toutes  natures,  techniques  ou  de gouvernance,  afin  de  créer  un  environnement  favorable  aux orientations choisies.  
L’intelligence économique doit aider notre économie à affronter des évolutions internationales rapides et complexes. Par nature transversale et s’appuyant sur des informations issues de sources  ouvertes,  c’est-à-dire  accessibles  au  public,  elle  irrigue les stratégies mises en œuvre par l’État en matière de politique
industrielle, de développement économique ou encore de soutien à l’export. 

Le  Gouvernement  a  décidé  de  réformer  le  dispositif actuel  d’intelligence  économique  afin  de  renforcer  sa  capacité d’alerte,  d’impulsion  et  d’ingénierie  d’intervention  et  d’accroître son  efficacité  au  service  de  la  compétitivité  de  l’économie française.

Madame  Claude  Revel,  nommée  aujourd’hui déléguée  interministérielle  à  l’intelligence  économique,  sera rattachée  directement  au  Premier  ministre.  Les  orientations qu’elle  devra  mettre  en  œuvre  seront  définies  par  un  comité interministériel à l’intelligence économique placé également sous la  présidence  du  Premier  ministre.  La  déléguée  animera  un réseau  comportant  des  représentants  des  ministères  et  des  préfectures,  ainsi  que  des  collectivités  territoriales  qui souhaiteront s’y associer. 

Le décret n° 2009-1122 du 17 septembre 2009 relatif au  délégué  interministériel  à  l'intelligence  économique  sera modifié dans les prochaines semaines pour mettre en œuvre ces nouvelles orientations."

Source : service de Presse de la Présidence de la République (voir portail du Gouvernement et celui de l'Elysée)

lundi 15 avril 2013

"Régulation européenne et normes internationales: la place des entreprises" intervention de Claude Revel aux "Rencontres Quai d’Orsay – Entreprises"

Nous vous signalions dans ce blog 2 interventions de Claude Revel le 9 avril 2013, l'une sur "le droit : une arme de stratégie économique" à l'Institut du Droit des Affaires, l'autre sur "la normalisation volontaire, vecteur stratégique des acteurs économiques" organisée par l'AFNOR.  

Claude Revel intervenait également ce même jour dans une table ronde intitulée "régulation européenne et normes internationales: la place des entreprises" organisée par le ministère des affaires étrangères dans le cadre des "Rencontres Quai d'Orsay Entreprises", lieu et moment d'écoute et de dialogue entre diplomates et responsables du secteur privé.

Quelques photos, des vidéos, un résumé de la journée ainsi que les discours de clôture de Laurent Fabius et Pierre Moscovici peuvent être consultés via le site diplomatie.gouv.fr.

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"Les anciens des lycées français du monde: un réseau qui ne connaît pas sa force ?"

Claude Revel participait le 6 avril dernier à Vienne, Autriche, à une table ronde intitulée "Les anciens des lycées français du monde : un réseau qui ne connaît pas sa force ?".
Cette table ronde se déroulait dans le cadre du 3e FOMA, réunion mondiale des anciens des Lycées français à l'étranger, co-organisée notamment en liaison étroite avec l'AEFE, l'Agence pour l'Enseignement français à l'étranger, établissement sous tutelle du ministère des Affaires étrangères.
La Ministre déléguée Hélène Conway-Mouret y participait, ainsi que plusieurs autorités françaises et autrichiennes.

Pour plus d'informations sur ce très bel outil au service de l'influence française et de ses membres français et non français, nous vous invitons à consulter les liens ci-dessous.

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vendredi 12 avril 2013

"Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" - 2 vidéos de Claude Revel

Claude Revel, auteure du rapport "Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" remis en début d'année à la ministre du commerce extérieur, Nicole Bricq, revient sur les points clés abordés dans son rapport via deux interviews vidéos réalisées par l'ANAJ-IHEDN et le Conseil Supérieur du Notariat que vous retrouverez ci-dessous.


Interview par l'ANAJ-IHEDN


Interview par le Conseil Supérieur du Notariat.
Lire le commentaire de l'interview sur le site notaires.fr

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lundi 25 mars 2013

Audition de Claude Revel par la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale

Suite à la remise fin janvier 2013 de son rapport "Développer une influence normative internationale stratégique pour la France" à la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, Claude Revel a été auditionnée par la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

La séance a eu lieu le 13 mars dernier, en compagnie d'Alain Costes (AFNOR) et Alain Savary (AXEMA). La vidéo de cette intervention et des réponses aux questions posées par les députés est disponible jusqu'au 11 juin 2013 sur le site de l'Assemblée nationale.

Claude Revel lors de son audition par les députés de la Commission
des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Source image : assemblee-nationale.tv

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Le droit : une arme de stratégie économique

L'Institut du Droit des Affaires (IDA) de l'Université Paris II - Panthéon Assas invite Claude Revel à intervenir ce 9 avril à 19h00 (Amphi 1 -12, place du Panthéon) sur le sujet "Le droit : une arme de stratégie économique".

Les autres intervenants, tous de très haut niveau, sont :
  • M. Bertrand du Marais : Conseiller d'Etat, ancien conseiller juridique de la Banque Mondiale, E.N.A, ESSEC.,
  • Me Hubert de Vauplane : avocat-associé chez Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP, ancien directeur juridique de BNP et de Crédit agricole, expert auprès de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne,
  • M. Aymeric de Montcuit : rapporteur à l'Autorité de la concurrence.
Le débat sera animé/modéré par M.Yvon Mézou, Directeur de la rédaction du journal 20 Minutes France.
L'entrée est gratuite (mais les places sont limitées) sur demande d'inscription à idaffaires[arobase]gmail.com ou saholy_malet[arobase]hotmail.fr.

Plus d'information sur les intervenants via la section conférences du site de l'IDA.

"La normalisation volontaire, vecteur stratégique des acteurs économiques" par Claude Revel

Le magazine "Enjeux", magazine de la normalisation et du management édité par l'AFNOR, organise le 9 avril 2013 de 8h30 à 10h30 à Paris (Cercle national des Armées, 8 place Saint-Augustin) une conférence gratuite sur le thème "La normalisation volontaire, vecteur stratégique des acteurs économiques" par Claude Revel.
Le petit déjeuner sera animé par Jean-Claude Tourneur, Rédacteur en chef d'Enjeux. L'inscription se fait en ligne ou directement par e-mail auprès de jeanclaude.tourneur[arobase]afnor.org.

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Iconomie et entrepreneuriat : un rebond pour la France

Le mercredi 27 mars 2013 (de 8h00 à 10h30), l'Institut Xerfi organise une conférence intitulée "le rebond de la France par l'Iconomie et l'entrepreneuriat".

Cette conférence fait suite à celle organisée le 19 septembre dernier et signalée sur ce blog sur le passage de "l'économie à l'iconomie". Des vidéos sur ce thème avaient par la suite été proposées via la chaîne web Xerfi Canal dont une intervention de Claude Revel sur les relations entre l'intelligence économique et les technologies du numérique.

Pour rappel, l'iconomie peut être définie comme "[...] l'économie de l’intelligence partagée en réseau, de l’automatisation des tâches répétitives par l’informatisation et la robotisation. Des technologies qui remodèlent les process de production et l’organisation des entreprises. Une mutation hyperindustrielle qui concerne aussi bien la production matérielle que celle des services." (Source institutxerfi.org).

Programme :
  • "Introduction : l’Iconomie existe déjà ! La révolution hyper-industrielle en marche" avec Jean-Michel Quatrepoint, journaliste-essayiste, co-président de l’Institut Xerfi
  • "Rencontres avec l’Iconomie" avec Jean-Pierre Corniou, DGA de Sia Partners, ancien DSI de Renault, ancien président du CIGREF
  • "Surmonter les freins au développement de l’Iconomie en France" avec Olivier Passet, directeur des synthèses économiques, groupe Xerfi
  • "Les entrepreneurs et la performance collective, moteurs de l’Iconomie" avec Christian Saint-Étienne, économiste, professeur au CNAM, co-président de l’Institut Xerfi
  • "Iconomie : les atouts de la France pour rattraper son retard" avec Vincent Lorphelin, président de Venture Patents
  • "Une prospective de l’Iconomie en France à l’horizon 2020-2030" avec  Michel Volle, économiste et co-président de l’Institut Xerfi
  • "Conclusion : les indices et les signes d’un sursaut possible" avec Laurent Faibis, président du groupe Xerfi
Plus d'information et inscriptions en ligne via les liens ci-dessous.

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lundi 18 mars 2013

Claude Revel, membre du conseil d'orientation de l'observatoire des think tanks

L'Observatoire des think tanks (anciennement et depuis 2006  "Observatoire français des think tanks") vient d'accueillir Claude Revel, Directrice du Centre Global Intelligence & Influence, comme membre de son conseil d'orientation.
Cette organisation a pour objectifs, comme son nom l'indique, "[…] d’étudier, d’analyser l’écosystème des think tanks aussi bien en France qu’à l’étranger et de diffuser le plus largement possible, dans un esprit de partage empreint de pédagogie, cette connaissance acquise."

Claude Revel avait participé en 2012 à l'une de leurs manifestations organisée à Madrid sur le thème : "Modèles de réflexion stratégique européenne et d'Intelligence Economique".

Pour plus de renseignements :

mardi 26 février 2013

La France a-t-elle encore une influence internationale ?

L'Université de Nice Inter-Ages invite Claude Revel le mardi 12 mars 2013 à 10h45 au Centre Universitaire Méditerranéen pour une conférence sur le thème "La France a-t-elle encore une influence internationale ?".

Normes comptables et financières, agroalimentaires, de qualification professionnelle, introduction de procédures nouvelles dans notre Droit, notation des Etats, etc. : nous, en France et en Europe, faisons l'objet tous les jours d'actions d'influence dont nous ne sommes pas toujours conscients. En revanche, nous en diffusons peu, en tout cas de manière organisée et volontaire.
 Ces influences s'exercent sur les décisions de nos dirigeants et sur la formation de nos opinions. La France n'est pas seule concernée. L'influence est devenue un mode de fonctionnement dans la mondialisation, pour les Etats comme pour les acteurs privés. Largement facilitée par les technologies de l'information, elle est désormais obligatoire dans un monde multipolaire. La décision publique internationale est aujourd'hui fondée sur l'influence/lobbying, mode d'élaboration d'origine américaine qui s'est diffusé vers les organisations internationales et européennes, puis vers les Etats.
Derrière les règles et les normes, il y a une compétition sur les modèles de société, les modes de vie, les valeurs politiques. Dans ce contexte et depuis au moins trente ans, notre pays a clairement perdu de son influence. Pour la regagner, elle doit donc exercer une conviction à double niveau, européen et international. La France dispose de tous les atouts, si elle veut bien enfin se mettre à la tâche.

Liens utiles :

lundi 25 février 2013

Claude Revel au colloque "Intelligence collective, condition de l’intelligence stratégique?"

Claude Revel, Directrice du Centre Global Intelligence & Influence (GIISK), participait le 7 février dernier à Paris dans les locaux de l'OCDE au colloque "Intelligence collective, condition de l’intelligence stratégique ?".
Ce colloque, organisé par l'association des auditeurs en intelligence économique de l'IHEDN (AAIE-IHEDN) et sous le haut patronage de Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, à qui Claude Revel remettait récemment son rapport "Développer l'influence normative internationale stratégique de la France", proposait d'aborder le sujet de l'intelligence collective en donnant la parole à de nombreux experts de haut niveau suivant 4 tables rondes thématiques :
  • "Nécessité d'une intelligence collective"; 
  • "Pragmatisme : des exemples de bonnes pratiques";
  • "Mobilisation des parties prenantes" (éducation, réseaux professionnels, ...);
  • "Synergies" (intergénérationnelles, interculturelles, public/privé, ...). 
Succès pour cet événement qui devrait, on l'espère, motiver la réalisation d'autres conférences ou réflexions sur le même thème dont l'absence "[…] est une raison essentielle de beaucoup de nos retards" en France, comme le signale Claude Revel sur son site web.

Un compte-rendu sera publié prochainement sur le site de l'AAIE-IHEDN.

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mercredi 21 novembre 2012

Réseaux sociaux : le mariage heureux de Linkedin et des entreprises


La communication des entreprises s’est vue littéralement bouleversée par l’apparition rapide et la montée fulgurante des médias sociaux. Ceux-ci permettent aux consommateurs, aux candidats de créer, relayer de l’information sur les entreprises et marques. Une authentique transparence d’échange prend place et nombreuses sont les organisations victimes de cette transparence. Réputation, notoriété, image, influence, confiance peuvent êtres détruits par une crise de communication "online". Le challenge aujourd’hui est pour les entreprises de saisir le train en marche, de comprendre les médias sociaux existants, de choisir sur lesquels se positionner et quel discours tenir. Les entreprises doivent ouvrir le spectre de leur communication aux réseaux sociaux.
Les médias sociaux se présentent à la fois comme une opportunité de communiquer à une grande échelle, de créer de la proximité et de décupler son image de marque. Mais c’est aussi une menace car la moindre erreur peut avoir des répercussions inquiétantes en termes financiers et de confiance.

Les entreprises se sont lancées dans l’univers impitoyable des réseaux sociaux, une étude Burson-Marsteller révèle dans le Figaro que parmi les grandes entreprises du classement Forbes 100, 84% ont une visibilité sur au moins un réseau social en 2011, contre 79% en 2010.  Si l’on décortique les médias sociaux utilisés par les entreprises on se rend compte que Facebook et Twitter occupent le haut du pavé. Résultats paradoxaux en effet car ces réseaux sociaux sont d’abord dédiés aux échanges entre « particuliers », à la transmission d’information en temps réel. La place de l’entreprise arrive en second plan. Par exemple Facebook développe une offre « corporate » seulement en 2010, l’apparition de la timeline entérine la volonté du géant de faire venir les entreprises dans son univers.

Mais quelle histoire raconter ? Se positionner comme une Marque, avec des produits et des innovations, c’est-à-dire une communication semblable à celles existantes sur les canaux radio/presse/télé ? Ou se positionner aussi comme un employeur idéal, un lieu de développement de ses talents ?

Linkedin, bien que placé en moins bonne position dans le cœur digital des entreprises jouit d’un positionnement particulier et à mon avis extrêmement pertinent. Publicis publie un livre blanc à ce sujet en parlant de « nouveau territoire de communication » et « d’outil négligé ».
Il présente les opportunités méconnues des « company pages », une offre variée et extrêmement marketée, contrairement à Facebook où l’aspect « employeur / recruteur » n’arrive que doucement. Linkedin c’est promouvoir une marque, des produits, une stratégie, une vision, mais aussi des opportunités et des métiers sur une même page.
Linkedin permet ce doux mélange, présenter une entreprise à la fois par ses produits et ses hommes. Ainsi l’entreprise qui choisit d’être acteur sur ce réseau peut positionner le membre de linkedin à la fois comme client et potentiel collaborateur. Linkedin devient alors à la fois un outil commercial et un support de communication RH.

Google prouve ici son innovation, son génie créatif et ainsi sa force concurrentiel tout en rappelant que derrière toute création se trouve des métiers et des gens. Ainsi force le respect « commercial » et « rh » joue sur les deux attractivité et la confiance.

Au-delà de cette possibilité Linkedin c’est aussi un réseau social qui utilise les grands principes du marketing tout en intégrant les grandes nouveautés de communication d’entreprise : transparence, qualité, réactivité, dimension promesse employeur/rh.
En effet, les « company pages » peuvent se décliner dans des audiences, c’est-à-dire un message, un univers graphique différent selon les cibles = des marchés définis en amont. Nous pouvons penser à des audiences par pays ou zones géographiques mais également par métiers ou profils. La maîtrise de son image et de son discours s’en voit affinée.


Page Danone France

Le marketing se définit par un ciblage des marchés, profitables mais c’est aussi mener des analyses chiffrées et fournies. Linkedin permet d’étudier les "followers" de l’entreprise, les "viewers" des profils de mes employés, d’où viennent et où partent les collaborateurs (guide utilisation linkedin). Il s’agit d’analyses de son attractivité sur différents marchés et types de populations : on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les études clients et marchés menés dans les services marketing des entreprises. Mais Linkedin permet aussi d’avoir une grande visibilité sur sa concurrence, ses activités, ses news, son positionnement, son attractivité… Sur ce dernier point il concurrence même les grandes entreprises de ranking en place selon Franck la Pinta.

Sur la page LVMH il est possible de voir si l'on a dans son réseau direct ou indirect des contacts travaillant chez LVMH. Ainsi le visiteur peut contacter son réseau et surtout se projeter dans l'entreprise de façon instantanée car du lien direct a été crée.

En conclusion, l’entreprise tâtonne dans son positionnement sur les réseaux sociaux, hésitant dans son message et le choix des réseaux. Il apparaît que Linkedin se présente comme un outil de qualité, bien que trop méconnu par son format innovant et fourni. Linkedin est la métaphore de l’avenir de la communication d’entreprise sur le web 2.0 : innovante, transparente, multiple et ciblée.


Sources/ en savoir plus :


mercredi 14 novembre 2012

Intelligence Economique et Numérique

Xerfi Canal, "WebTV" de l'institut Xerfi, vous propose de visualiser une présentation de Claude Revel sur les relations entre l'Intelligence Economique et les technologies numériques dans le cadre de leurs émissions thématiques sur l'iconomie initiées lors de la conférence "de l'économie à l'iconomie".

Source image : Xerfi Canal
Claude Revel revient sur des thèmes majeurs abordés notamment dans son dernier livre "La France : un pays sous influences ?" ou encore lors de la conférence réalisée en mai dernier à Sciences Po Paris :
  • l'intelligence économique comme discipline de "traitement de l'information pour en tirer de la connaissance et de l'anticipation, des moyens de prévention des risques et de sécurisation [...] et [...] des stratégies d'influence";
  • la transformation de l'information en une énergie, grâce au et véhiculée par le numérique, "devenue aussi stratégique pour l'économie et le politique que des énergies physiques comme le pétrole ou le gaz";
  • l'utilisation non éthique des technologies numériques facilitant la manipulation d'individus ou de groupes;
  • la nécessaire formation aux outils de l'intelligence économique et du numérique dans l'enseignement public à tous les niveaux;
  • le manque d'anticipation de la France dans l'utilisation des outils du numérique; 
  • etc.
Liens / en savoir plus :

Vive le Mastère Spécialisé Intelligence Economique et Management des Connaissances SKEMA Business School


Fin du Mastère Spécialisé Intelligence Economique et Management des Connaissances?

Peut être l'avez vous lu ou appris, la formation Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances SKEMA Business School est ajournée pour l'année 2013.
En tant qu'étudiant faisant partie de la promotion 2012, je me sens donc un peu orphelin. Mais gageons que cette formation renaisse de ses cendres encore plus forte, malgré des esprits chagrins qui l'ont déjà enterrée (ils se reconnaîtront).
Dans l'absolu, on ne peut se réjouir de la disparition d'une formation dès lors qu'au même titre que ses consœurs, elle participe à la promotion de l'IE et forme de futurs professionnels qui eux-mêmes essaimeront par la suite.

C'est dans cet esprit qu'Alain Juillet, en tant que Haut Responsable pour l’Intelligence Economique, avait commissionné en 2004 un collège de responsables de formations de troisième cycle en Intelligence Economique afin d'établir un Référentiel de formation en IE, partant du constat qu' "à la suite du rapport du député Carayon, le Premier ministre a décidé d’engager une politique publique d’intelligence économique pour faire face aux nouveaux défis de compétitivité auxquels doit faire face l’économie française. La création d’une mission a été décidée et un Haut Responsable pour l’intelligence économique a été nommé.Il est clair pour tous qu’une filière solide nécessite des formations de qualité". (Référentiel de formation en Intelligence Economique, Secrétariat général de la défense nationale, 2004, pdf). Notons que le MS IEMC avait été une des premières formations à être labellisée par ce référentiel.

Mais, l'Intelligence Economique ne serait-elle pas rentrée dans une nouvelle phase, d'où une réinvention nécessaire d'une formation en IE?

Nous nous autorisons à penser que loin de disparaître, le MS IEMC de SKEMA connaît une phase dite de destruction créatrice au sens de J. Schumpeter, afin d'amorcer un processus de réinvention pour être le plus en phase avec les enjeux de l'Intelligence Economique d'aujourd'hui et de demain.
Selon Marcon (2009), « l‘histoire de l‘intelligence économique en France est marquée par une succession de thèmes en vogue qui ont progressivement enrichi le concept, le champ disciplinaire et les pratiques des professionnels. La veille stratégique est sans aucun doute à l‘origine du domaine. Mais des questions de management des connaissances, de coopétition, de lobbying, de protection de l‘information, de construction de dispositifs intelligents ont émergé au fil des années et de l‘intérêt manifesté pour le domaine par des chercheurs de disciplines nouvelles, des praticiens de tous secteurs, des entreprises opérant dans les technologies numériques. Il en est résulté un périmètre français de l‘intelligence économique élargi par rapport à l‘approche américaine centrée sur la veille stratégique et la gestion des connaissances (Davenport & Prusak, 2007) et une approche asiatique plutôt centrée sur l‘intelligence collective (Fayard 2006) » (p.198).  C‘est aussi la recommandation de Bruté de Rémur (2006) que de dépasser les frontières disciplinaires pour parvenir à appréhender la complexité inhérente au concept d‘IE." (Le concept français d’ “intelligence économique”: histoire et tendances, Mylène HARDY, Working paper, 2011, pdf)

La voie ne serait-elle pas à une refonte du référentiel de 2004, ce afin de prendre en compte l'enrichissement du concept d'IE ainsi que l'évolution des besoins des entreprises dans un contexte toujours plus mondialisé; refonte à effectuer sur un mode collaboratif des responsables de formation IE, à l'instar de celui qui a prévalu en 2004, rompant avec une course au classement SMBG des meilleurs Masters Intelligence Economique et Knowledge Management.

Alors, le MS IEMC va "mourir", vive le MS IEMC, au sens d'une succession attendue et d'une formation réinventée!

mercredi 7 novembre 2012

Le journal interne d’entreprise, élément essentiel à la mémoire d’entreprise

L’ère industrielle a vu naître le journal interne d’entreprise et la Seconde Guerre Mondiale lui a donné plus de puissance avec un besoin accrue d’information. Véritable vecteur de motivation et de cohésion il participe à la productivité industrielle de l’époque et pour certains même à la victoire des Alliés selon l'article "Le Journal d'entreprise à la croisée des chemins de la technologie" de Charles Moumouni et Michel Beauchamp. La période post guerre guerre voit fleurir les journaux internes et son prolongement à travers de nouveaux outils par l’essor des nouvelles technologies.

Le journal interne a toujours eu pour vocation d’informer de façon descendante, de faire passer de l’information des dirigeants vers les salariés. Partie intégrante du développement social de l’entreprise, il encourage la fierté d’appartenance et dessine l’identité de l’entreprise, ses valeurs, son histoire. C’est une caisse de résonance qui met en scène les métiers et les hommes, ouvre des fenêtres aux collaborateurs sur d’autres projets, histoires... Donner de l’information apaise les collaborateurs qui vont prêter moins d’attention aux rumeurs et bruits de couloir, c’est un véhicule d’information primordiale.
Bien au-delà, le journal interne est un outil de communication entre salariés, les rallier à une cause commune, les amener à se rencontrer et à échanger. "Une entreprise doit élaborer un plan annuel dont l'objectif est de relayer sa stratégie, susciter l'adhésion de ses salariés, créer du lien et développer une culture commune", selon Jean-Marc Décaudin, co-auteur de "La Communication interne" (Dunod).
Le journal interne décloisonne de façon horizontale et verticale, il doit informer et donner de l’intelligence mais il doit  aussi procurer de la satisfaction et de la fierté.

Cependant, si on considère le journal d’entreprise comme un moyen d’information et de communication complet et continu dans l’organisation ne serait-il pas pertinent de l’envisager sous l’angle du management des connaissances ?

Le journal interne d’entreprise n’a pas pour vocation de rassembler le patrimoine, cependant, malgré lui il forme une mémoire. Selon Catherine Malaval dans son article « La presse d’entreprise, une mémoire de l’entreprise » il en forme même plusieurs :

- Une mémoire sélective
Le journal d’entreprise doit rassembler et non pas diviser, c’est en cela que sa mémoire est sélective car il évite les informations difficiles, qui pourraient diviser. Le journal est ‘éditorialement’ orienté, il n’est pas une boîte aux lettres, il véhicule un message, met en scène les actions et informations. Mais même les photos d’ateliers, témoignages, et informations sociales témoignent de l’état de l’organisation à une période donnée. C’est une photographie à un moment T, et toute photographie a un angle, une prise de vue, une position.

- Une mémoire du passé
Le journal interne relaie les mythes autour de la création et du développement  de l’entreprise. Il forme le canal de diffusion privilégié de ces histoires car l’écrit donne forme et pérennise l’aspect oral du mythe.
Au delà des contes et beaux mythes le journal interne recense les produits crées, valorise les innovations technologiques et ainsi permet d’établir une mémoire des savoir faire et prouesses techniques. Après les process, les produits, la communication interne promeuvent les sorties de produits, puis les valorisent puis les intègrent au patrimoine.
Ainsi le journal interne se fait mémoire du passé, d’un passé revisité, mis en scène certes, mais fonde un patrimoine en termes d’origines, de processus de fabrication et de produits développés.

- Une mémoire des représentations
L’entreprise a pris d’autres dimensions ces vingt dernières années, véritable acteur économique l’organisation se veut citoyenne, responsable et lieu d’enseignement. Les collaborateurs sont aussi la cible de ces messages et ceux-ci sont véhiculés par le journal interne. Par là même la culture d’entreprise, ensemble de symboles, représentations, codes et vocabulaires communs, se retrouve dans cette presse corporate. Chaque salarié peut ainsi trouver sa place, se représenter son « utilité » dans l’organisation, dans le groupe. Le journal interne doit donner du sens aux missions quotidiennes de chacun en donnant de la hauteur, de la visibilité. Et de cette façon rend chaque salarié ambassadeur de ce message, il l’engage dans la vision stratégique et dans sa communication à l’extérieur.  Ces connaissances sur les démarches de l’entreprise, ses engagements, ses activités et chiffres d’affaires sont essentielles.

En conclusion, le knowledge manager doit envisager le journal interne de l’entreprise comme une source d’information clefs sur le passé, véritable mémoire vivante il forme un film vivant de l’histoire de l’entreprise. Et bien au delà il peut au quotidien être un outil pertinent d’identification et modélisation des savoirs avant d’être un outil de transmission.
Nous pouvons également élargir cette réflexion aux autres outils éditoriaux de la communication interne que sont les intranets et les réseaux sociaux internes.

Sources

Laboratoires d'idées, R&D et course vers l'innovation

R&D dans le monde

Les investissements en R&D dans le monde ne cessent de croitre, avec un budget établi à plus de 1 400 milliards de dollars prévu pour l’année 2012 par près de 40 pays dans le monde, avec un trio de tête composé par les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Cet élan est poussé par les groupes industriels et les entreprises qui cherchent à développer leurs activités et à rester compétitifs dans un contexte mondialisé, grâce à l’innovation technologique.

Des acteurs dominants

Certaines structures ont d’ailleurs développé l’ensemble de leur modèle de développement sur la recherche perpétuelle d’innovation, la créativité, y compris dans leur système managérial. Ainsi Google, Amazon ou Apple, se sont désormais imposés comme les géants du web.

Un modèle suivi

A l’image de ces grandes réussites, cette stratégie tournée vers la R&D, l’utilisation des nouvelles technologies et l’innovation ne s’impose plus qu’au sein des entreprises dont l’activité reste centrée sur les nouvelles technologies, le marketing et le web.

Le modèle étant facteur de compétitivité et d’attraction de la clientèle s’étend désormais dans des secteurs variés, marqués pourtant par l’image d’une certaine rigidité structurelle et d’une culture rigide.

Ainsi les groupes bancaires ou agroalimentaires ouvrent leur propre pôle de recherche et d’innovation et présentent désormais des solutions de shopping basées sur l’utilisation du mobile ou d’outil connecté par exemple.

Laboratoires d’idées dans la grande distribution

Walmart, le premier distributeur mondial, a récemment ouvert à la visite les portes de son bureau situé au cœur de la Silicon Valley et dédié à la création d’innovation, fonctionnant sur le modèle d’un laboratoire d’idée.
Walmart s’est inspiré des systèmes d’organisation managériale de groupes spécialisés dans les nouvelles technologies tels que Google ou Facebook, échappant ainsi à la culture propre aux groupes de grande distribution moins favorable à la création.
Cette tendance est d’ailleurs portée par de nombreux groupes à travers le monde, qui présentent chacun leur initiatives en terme de shopping connecté ou d’intégration du mobile dans le parcours d’achat de leurs clients.

Concrétisation des investissements

Ce type d’investissement mène finalement à l’apparition de nouveaux modèles de shopping et de paiement au sein des grands groupes distributeurs de part le monde.

Ainsi un des leaders de cette tendance est le britannique Tesco qui était le premier à lancer un magasin virtuel dans le métro coréen en été 2011. Par la suite, le groupe a poursuivi ces investissements et vient par exemple de présenter une solution de shopping virtuel en 3D à domicile baptisée « Store Trek ».



Les groupes français innovent aussi avec des offres de shopping sans contact pour Casino et Leclerc, et d’autres magasins virtuels lancés par Carrefour dans la gare de Lyon Part-Dieu le 2 octobre.

Un enjeu majeur de survie

Cette course à l’innovation est synonyme d’investissement important et même, pour les groupes tels que les géants du web, un enjeu clé de survie.
La R&D et la recherche de l’innovation sont devenues de véritables sujets de conflit entre les grands groupes. Cette guerre s’est d’ailleurs déplacée sur le secteur juridique, avec une course au brevet  extrêmement couteuse :  Apple et Google dépensant plus en frais juridiques qu’en R&D finalement (Apple ayant dépensé 3 milliards et 2011 et quelques 4 milliards cette année).

mercredi 24 octobre 2012

Le caractère indispensable de l'Intelligence économique dans le marché du B2B

source: www.sellingpower.com
© Sellingpower magazine
Contrairement au marché Business to client (B2C), où la promotion des produits/services passe en grande partie par des campagnes publicitaires sur différents supports médias allant du classique (télévision, presse écrite, radio...) au média 2.0 (sites web, réseaux sociaux, blogs...), le marché du Business to business (B2B) est extrêmement limité dans sa stratégie publicitaire. 
Les prospects/clients cibles étant des entreprises globalement peu réceptives à la publicité "traditionnelle" et aux discours "marketés", la règle du jeu change du tout au tout et requiert par conséquent des acteurs du B2B une stratégie de maîtrise de l'information de leur écosystème dans sa totalité (concurrents, législations, innovations, méthodes de pricing, prix du marché, acteurs et jeu d'influence...) et surtout des clients donneurs d'ordres (DO) notamment lors des appels d'offres (AO) où plusieurs entreprises sont mises en concurrence directe pour livrer une prestation compétitive en termes de qualité, prix et valeur ajoutée.

La stratégie commerciale des acteurs du B2B dépend fortement de l'information collectée et l'influence de ces acteurs sur leur marché (un acteur proactif qui contribue aux innovations dans son marché a plus de pouvoir et légitimité auprès des DO qu'un acteur réactif qui se contente d'adapter ses offres aux cycles et changements du marché). D'où le rôle indispensable de l'Intelligence économique (IE) dans le processus commercial et la course vers la compétitivité.
Il est impératif pour un prestataire du B2B de définir sa zone de prospection et sa stratégie de réponse aux AO, en mettant en place une veille concurrentielle efficace.      
  
Une veille efficace dans le marché du B2B doit se focaliser sur 3 points cruciaux :
  • établir une liste de ses principaux concurrents et collecter de l'information à partir de sources ouvertes et analyser leurs stratégies de communication dans le marché (présence offensive ou défensive, supports et moyens de communication) afin d’avoir un aperçu détaillé de leurs offres. Il est relativement compliqué de collecter des informations pertinentes sur ces offres notamment à cause du Non Disclosure Agreement (NDA) ; un document de confidentialité et protection des informations signé systématiquement par les DO et les prestataires lors des AO, d’où l’intérêt de mettre en place un système de veille puissant pour construire une matrice d’information qui permettra par la suite de comparer les offres en interne à celles de la concurrence directe. Pour ce genre d’exercices, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) en France et le Freedom of Information Act (FOIA) aux Etats-Unis sont des sources précieuses d’information.
  • Etablir un profil détaillé du DO, en collectant des informations sur ses sous-traitants, ses fournisseurs, ses relations avec les institutions publiques, sa politique RSE, afin d’adapter l’offre aux exigences et surtout aux problématiques rencontrées par le DO, car déterminer la problématique du prospect permet d’élaborer des offres riches en valeur ajoutée, ne se contentant pas de reproduire un cahier des charges et exécuter des ordres précis, si le contexte actuel pousse les entreprises à optimiser leurs coûts, ces dernières exigent rigoureusement des prestations de qualité à haute valeur ajoutée.
  • Cependant il ne faut pas inclure cette valeur ajoutée dans toutes les offres, car certains DO cherchent via leurs AO une prestation précise avec un budget défini au préalable. Certains prestataires répondent aux AO en soumettant deux propositions distinctes, une dupliquant le cahier des charges et une haut de gamme. Au lieu de « jongler » avec les propositions commerciales et parfois répondre de façon arbitraire, les prestataires du marché B2B doivent apprendre à mettre en place une action de veille applicable pour tous les AO, consistant à la compréhension en profondeur de l’environnement politique et économique dans lequel l’entreprise DO évolue ; subit-elle une conjoncture de restriction budgétaire ou évolue-t-elle dans une conjoncture favorable au développement et l’innovation ? Connaître les critères de notations des réponses aux AO et identifier l’entité ainsi que les personnes en charge de l’évaluation et la sélection sont d’une grande importance.  
Ces différents points exigent une méthodologie précise pour obtenir des résultats pertinents et maintenir une homogénéité dans le processus commercial afin de gagner en compétitivité en connaissant les forces et faiblesses des concurrents et bâtir ainsi de puissants leviers de différenciation, ainsi qu'une excellente maîtrise des sources d'informations ouvertes.

L’autre élément clé de réussite dans le marché du B2B est l’influence. Peu appliquée en France, pour des raisons de culture et d’appréhension, l’influence est pourtant primordiale pour mener à bien les actions commerciales.

Influencer l’environnement qui influence les décisionnaires et les acheteurs, telle est la recette magique. Cette action exige encore une fois l’identification de l’écosystème du DO en influenceurs internes et influenceurs externes, cet exercice s’avère assez complexe vu la multitude des parties prenantes et la nécessité de mesurer leur influence.

Les acteurs du B2B ne peuvent plus se contenter aujourd’hui de mettre en place des actions commerciales classiques, basées sur des campagnes d’emailing, des campagnes de prospection téléphonique, ou de brochures vantant les mérites des prestations offertes.

La concurrence est forte et s’accroît de jour en jour, les leviers de différenciation des offres et des prix se réduisent et les marchés évoluent rapidement. Certains prestataires n’ayant pas pris conscience de tous ces paramètres se contentent de survivre, malgré la qualité de leurs prestations et l’expertise de leurs employés.

Il est important pour tous les acteurs du B2B d’opter pour une stratégie moyen et long terme basée sur l’intelligence économique et ses différents outils pragmatiques pour améliorer leur positionnement et contribuer à modeler leur écosystème, plutôt que de se restreindre à une politique court-termiste consistant à répondre aux AO de façon classique et identique non personnalisées et prospecter une large base de données d’entreprises de façon aléatoire.

Fadoua Yaqobi

Pour aller plus loin: Top Tactics for Engaging&Influencing Today's B2B Customer, Sales&Marketing 2.0 Conference Report, October 2011

Intelligence Economique, quelle place décisionnelle en entreprise ?

L’année 1994 connut la parution du rapport Martre, un document prônant principalement l’intégration de l’Intelligence Economique (IE) au sein des entreprises, la compréhension de la méthode d’optimisation du patrimoine immatériel de l’entreprise et de l’information émanant de son écosystème économique, géographique, politique et social dans le but de gagner en compétitivité, surtout dans un monde marqué par la fin de la guerre froide, l’émergence de nouvelles puissances économiques et la mondialisation des échanges, transférant ainsi la puissance de la case politique et militaire à la case économique.

2012, le poids des multinationales égale voire dépasse parfois celui des États (en 2011 la firme américaine Exxon Mobil a dégagé  un bénéfice net de 41,1 milliards de dollars, supérieur au PIB de la Suède par exemple), l’avancée des hautes technologies bat son plein avec la multiplication de brevets et de produits révolutionnaires et la concurrence est devenue féroce attaquant des 4 coins du globe avec l’émergence de nouvelles puissances économiques avantagées par la faiblesse du coût de la main d’œuvre, offrant ainsi les mêmes services tout en cassant les prix, une concurrence parfois déloyale et dépourvue d’éthique, privilégiant l’espionnage industriel et des pratiques douteuses pour s’imposer et régir les lois du marché.
Cependant, en analysant de près les différentes entreprises françaises notamment les PME, le constat par rapport à l’intégration et l’assimilation de l’IE est fort concertant. Partant d’un point de vue personnel, l’IE doit faire face à 3 obstacles majeurs en entreprise :
  • les idées reçues : l’IE signifie systématiquement Espionnage pour certains cadres et chefs d’entreprise, provoquant ainsi peur et paranoïa, malgré les efforts des spécialistes en IE pour mettre fin à cet amalgame, l'article de Madame Claude Revel "L'intelligence économique est efficace et responsable" paru dans le Monde démontre clairement que l'IE n'est en aucun cas une pratique d'espionnage.
  • une mauvaise utilisation : L’IE est considérée comme un outil et est réduite à une utilisation purement technique via la veille, confiée généralement au département Marketing (stagiaire ou jeunes recrues majoritairement), avec des outils classiques et peu performants (faible connaissance des outils de veille et de recherche, budget limité, faible maîtrise du processus de collecte et d’analyse de l’information).
  • l’ignorance : L’IE est complètement inexistante dans certaines entreprises, notamment les PME, la plupart n’ayant jamais entendu parler de cette discipline.
Dans une interview accordée à la revue Sécurité globale intitulée « L’intelligence économique en questions», Monsieur Alain Juillet déclarait que les Grands Groupes français se sont dotés de services défensifs en intelligence économique (sécurité physique et technique), mais ne pratiquent pas assez l’IE offensive (influence, lobbying...).

Pourquoi le concept d’IE peine tant à s’imposer dans tous ses aspects au niveau des entreprises ?
Il me semble que le caractère transversal et la nécessité de travail en réseau bouleversent les structures hiérarchiques. Le partage et transfert du savoir, des connaissances et de l’information va à l’encontre de la culture interne de certaines entreprises où les employés gardent jalousement leur savoir-faire et connaissances secrets, les considérant comme gage de leur valeur ajoutée et importance au sein de l’organisation.

Il y a un véritable malaise lorsqu’il s’agit de partager et diffuser, de travailler spontanément en réseau  et non dans le cadre d’un projet spécifique, malheureusement, la plupart du temps, cette culture hostile au partage des connaissances et à l’IE est renforcée par l’idéologie du top Management et de la Direction, ces derniers étant parfois peu convaincus de l’utilité et l’importance de l’IE dans le processus décisionnel et stratégique. Une direction qui ne maîtrise et ne définit pas clairement l’utilité et le but d’un concept nouveau à la culture de l’entreprise aura automatiquement du mal à convaincre le reste du corps de l’entreprise à l’appliquer et l’utiliser à bon escient.

L’IE n’étant pas une discipline technique, ne correspondant pas à un secteur précis, mais passant par la mobilisation de plusieurs expertises au-delà des compétences techniques complique la tâche pour les chefs d’entreprise. Doivent-ils la confier à des opérationnels experts-métier ? A quel département correspond-elle, R&D ? Innovation ? Planification ? Sur quelles bases peuvent-ils recruter des responsables IE ? Où s’arrête le pouvoir d’un responsable IE ?

Il est légitime de se poser ces questions, et même d’avoir parfois du mal à trouver les réponses adéquates et bénéfiques dans le processus d’intégration de l’IE.

Je pense que l’IE doit être parfaitement distincte même si elle requiert évidemment la coopération de tous les départements, il faut donc avant tout travailler sur la culture du partage et de la diffusion de l’information au sein des organisations, avec l'aide d'une plateforme efficace et simple d’utilisation de Knowledge Management (KM), des chartes internes claires, mais surtout une sensibilisation des employés de l’entreprise à ces nouvelles pratiques et leur intérêt pour la survie et la compétitivité de l’entreprise.

Durant mes expériences au sein de grands groupes comme au sein de PME, j'ai constaté que la diffusion de l’information se faisait souvent à la demande, au sein d’équipes restreintes, et n’atteignait jamais le centre de décision/direction, la recherche de l’information étant souvent considérée comme secondaire, régie par le couple temps/urgence.

Une fois la barrière de la culture franchie, l’environnement interne de l’entreprise sera plus apte à intégrer progressivement les nouvelles pratiques, ainsi le rôle du KM qui d’ailleurs doit être un département à part de l’IE est de gérer l’information et les connaissances en interne et les optimiser au maximum, facilitant la tâche pour l’IE au sein de l’organisation. Il s'agit avant tout d'instaurer le capital humain au centre de la stratégie d'ensemble.
Concernant les problématiques de recrutement, il me semble qu’opter pour des opérationnels/experts-métier est un mauvais choix, leur collecte et traitement de l’information seront forcément biaisés par leur propre vision, ce qui est contraire aux attentes de l’IE, où l’information doit être brute, réelle et objective et ne pas dévier l’analyse et la stratégie décisionnelle dès le départ. Cependant un responsable IE doit connaître parfaitement le monde de l’entreprise, le profil idéal étant un spécialiste (ingénieur, financier…) à double casquette IE.

Cette dernière phrase pose la question de la place et la valeur décisionnelle de l’IE au sein de l’entreprise, en posant la problématique je me suis rendue compte que les avis sont fortement partagés, les limites des objectifs stratégiques et tactiques de l’IE ne sont pas clairement définis dans les esprits.

L’IE élabore les scenarii, fournit des informations de grande valeur qui une fois analysées débouchent sur des stratégies bien ficelées pour gagner en compétitivité et en puissance; l'étape décisionnelle doit se faire par des analystes et stratèges de l’entreprise, mais devrait inclure dans le "process" l’avis du responsable IE, ce dernier maîtrisant bien l’information de l’écosystème de l’entreprise. Cependant les rôles d’un décisionnaire et d’un responsable IE ne sont pas identiques et ces derniers ne peuvent fusionner en un seul poste.

In fine, si l’Etat français a pris conscience de l’intérêt de l’IE pour la compétitivité et les stratégies de croissance, en créant des entités publiques dédiées à l’IE, en nommant de hauts responsables IE pour travailler en collaboration avec les ministères, en sensibilisant les firmes (grands groupes, PME, TPE…) via des colloques, conférences, rapports, ou parfois des outils "simples" tels que l’Autodiagnostic IE, un questionnaire accessible sur le site du Ministère de l’économie et dédié au PME/TPE, permettant à ces dernières de se situer en matière de bonnes pratiques IE en répondant à des questions précises et ciblées, l’IE demeure parfois prisonnière des idées reçues et de la culture hostile au changement au sein des entreprises, où la valeur de l’information n’est pas considérée comme un élément majeur de rentabilité à moyen et long termes.

Dans le contexte actuel, où la concurrence et l’avancée technologique croissent à une vitesse vertigineuse, les entreprises doivent adopter l’IE et l’intégrer intelligemment dans un monde où l’information et le savoir sont devenus le patrimoine le plus précieux de l’entreprise.

Malgré les obstacles constitués principalement de la culture hostile au changement et aux concepts innovants, nécessitant le travail en réseau et non l’individualisme qui trône partout, le rôle des leaders, chefs d’entreprises et managers est d’instaurer rapidement mais efficacement la culture de l’IE qui une fois adoptée, apporte à l’entreprise les armes nécessaires autant pour se défendre que pour "mener la danse".

Les spécialistes de l’IE ont également un grand rôle à jouer, en touchant une large audience sur les différents supports web et de communication classique afin d’éliminer la barrière de la peur et les inexactitudes entourant l’IE, mais surtout en privilégiant la compétitivité dans les thèmes abordés. 

L’heure est à l’optimisme ! En regardant de près le Baromètre de l’IE Lingway-Portail de l’IE Mai 2012, la compétitivité est au centre des débats IE sur la toile, détrônant la réputation et l’économie.
      
© lingway Vertical semantic solutions

Fadoua Yaqobi

Sources / en savoir plus :

jeudi 18 octobre 2012

Le "brevet" ou la mort de l'innovation

Source: http://www.directmatin.fr/guerre-des-brevets
"L’économie de la connaissance connaît aujourd’hui des évolutions rapides ; la circulation des idées expérimente des formes nouvelles et les échanges de brevets se développent rapidement en favorisant une allocation plus fluide des actifs immatériels.
La séparation entre l’invention proprement dite et les actifs permettant sa mise en œuvre économique (capital physique, infrastructure commerciale, etc.) est une tendance majeure".
Ce  constat extrait du rapport intitulé "Les marchés de brevets dans l’économie de la connaissance "(document PDF, 2 Mo) nous renvoie directement aux événements actuels et à ce que certains appellent  la "guerre des brevets".

Le terme n’est pas nouveau mais revêt de plus en plus une dimension stratégique tant le rôle de la protection du patrimoine immatériel devient un thème central de la concurrence entre organisations mais aussi entre pays comme le décrivait Jean Tirole et Roger Guesnerie dans leur publication "L’économie de la Recherche-Développement",  en 1985 déjà...

Comme nous l’explique Bernard Lamon, « en France et aux Etats-Unis, les conditions pour obtenir un brevet sont identiques dans les grandes lignes, mais elles diffèrent sur un point. Dans les deux cas, il faut avoir résolu un problème et créer une invention.
En France, l’invention ne peut être un logiciel ou une méthode commerciale.
Aux Etats-Unis, la jurisprudence est beaucoup plus tolérante, et on trouve des brevets sur des méthodes commerciales. La jurisprudence de l’Office européen des Brevets est un peu plus tolérante sur les inventions mises en œuvre par un logiciel, mais quasi identique à la France concernant le rejet des brevets sur les méthodes commerciales. » (source: atlantico)
On touche ici à la notion de brevets d’usage plus large et plus compliquée à contourner, ces brevets deviennent des "actifs redoutables" ainsi, " lorsque l'innovation fait la différence commerciale, le brevet devient la première arme stratégique"(Vincent Lorphelin).

Longtemps le brevet a été considéré comme un moyen de protéger une invention mais désormais, "poursuivre en justice, c’est un moyen d’enrayer le dynamisme des concurrents et de préserver les parts de marché", explique aux Echos Leslie Griffe de Malval, de la société IT Asset Management.
Le procédé n’est donc plus seulement défensif mais aussi offensif.
L’émergence des Smartphones et le marché qu’ils représentent ont fait exploser cette tendance en créant une véritable économie du brevet, en témoigne cette infographie:


Source: Reuters

"Depuis quelques années, sont apparus des acteurs que les initiés appellent des “patent trolls”: des entreprises ou des particuliers qui utilisent le système des brevets non pour protéger leurs inventions, mais pour gagner de l’argent d’une manière qui peut s’apparenter à du chantage ou à de l’extorsion. Par exemple en faisant breveter des procédés qui existent déjà mais ne sont pas protégés ; ou encore, plus souvent, en acquérant un brevet (auprès d’une firme en faillite) puis en menaçant d’un procès une entreprise utilisant la technologie protégée. Laquelle entreprise aura le choix entre payer une licence au prix fort, ou encourir le risque d’un procès et les frais qui y sont associés".

Cette explication, parue dans ParisTech Review ," Les brevets freinent-ils l’innovation?" caractérise le changement d'idéologie des entreprises et la question se pose désormais sur le bien-fondé du procédé ; le brevet avait pour but de protéger une entreprise dans sa démarche de recherche et développement, de lui permettre de rentabiliser les frais engagés et de garder son avantage compétitif vis-à-vis de ses concurrents.

Il semblerait qu’aujourd’hui le but ne soit plus de protéger l’innovation mais d'empêcher celle des autres. Cette tendance mise en perspective macro-économique peut paraitre inquiétante et le nombre de procès engagés ces derniers mois remet directement en cause la valeur même de ces brevets,  l’adéquation du système aux méthodes actuelles mais aussi la capacité des tribunaux à statuer.

Les problèmes anticoncurrentiels générés nous font craindre une menace sur l’innovation elle-même mais surtout, dans un monde et une économie où la performance est basée sur l’échange d’information et sa fluidité, nous ne pouvons qu’espérer que le système sera capable de s’adapter afin de ne pas s’en trouver lui-même déséquilibré.

Pour aller plus loin: