Lire la première partie du billet « le succès du réseau Facebook expliqué par les théories sociologiques ».
Les limites de la capacité de socialisation du réseau.
- 60% des utilisateurs considèrent le temps consacré aux réseaux sociaux comme superflu,
- 70% des moins de 30 ans disent y consacrer trop de temps.
(Source : Labo.Atypicom.fr)
La principale critique faite aux réseaux virtuels, et à Facebook en particulier, est le temps passé sur la plateforme virtuelle en éludant le réel. Les applications smartphone ont accentués ces critiques, l’utilisateur est aujourd’hui relié en permanence au réseau.
Au-delà de cette notion de perte de temps et de désocialisation dans le réel, c’est bien l’outil même qui doit être remis en cause.
L’exacerbation du phénomène d’appartenance peut pousser certains à se construire une personnalité virtuelle. La photo de profil retouchée et le profil plus ou moins "relifté" sont monnaie courante. En effet, le fait de ne montrer que ce que l’on veut bien montrer, peut donner l’impression à certain que la communauté virtuelle est moins cruelle que le monde réel.
Par ailleurs, le pouvoir de l’individu sur la communauté et de la communauté sur l’individu induisent de nouveaux phénomènes.
En effet, la capacité qu’a l’utilisateur d’accepter ou de refuser un ami, lui offre un pouvoir nouveau. Le fait de pouvoir sélectionner ce qu’il veut bien montrer aux autres induit des relations à tendance manipulatrice de transformation de la réalité. La construction de son profil est un exercice hautement narcissique et de tentative de contrôle de l’image que les autres peuvent avoir de soi.
Enfin, le pouvoir coercitif du groupe peut être un élément pesant dans l’épanouissement de l’individu. La quête perpétuelle de la validation par le groupe ne peut amener qu’à l’uniformisation comportementale des membres du groupe.
La prospective paroxysmique de ce réseau, nous conduit à un modèle proche de la structure panoptique selon Bentham, dans laquelle, rien ni personne ne peut être caché.
Les nombreuses critiques sur l’emprise que peut avoir Facebook sur la vie privée et la remise en cause des valeurs de séparation du public et du privé semble néanmoins nous préserver de telles dérives.
Conclusion
Facebook apparaît donc comme un outil de prolongement des liens sociaux du réel dans le virtuel. Il répond à son objectif premier de maintenir le lien et de renforcer les communautés.
Il est aujourd’hui essentiel d’apparaître sur Facebook, beaucoup d’évènement ne sont annoncés que via le réseau.
Les entreprises s’y mettent également afin de promouvoir de nouveaux produits ou un salon.
Quelques dérives peuvent être signalées mais ne semblent pas inhérente au réseau mais bien aux individus qui le compose. Cette plateforme répond à des besoins essentiels de socialisation de l’individu dans un monde en perte de liens.
Aujourd’hui, le phénomène d’attirance par la nouveauté semble se résorber avec une baisse significative du nombre d’inscrits en Amérique du Nord. De nouveaux outils tels que « Allocité » ou les applications smartphone répondent à une vraie demande du marché en termes de service d’information.
Il apparaît évident que l’outil n’en est qu’à ses balbutiements. L’avenir nous réserve de grandes innovations dans ce domaine, tels que le profilage publicitaire, la réalité augmentée et une multitude d'applications informationnelles au service de la personne.
Antoine HILLION
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mercredi 24 août 2011
Le succès du réseau Facebook expliqué par les théories sociologiques - partie 1
Le 4 février 2004, Mark Zuckerberg fonde Facebook afin de renforcer la communauté universitaire d’Harvard et de maintenir le lien entre les étudiants. Face au succès du site, dès le mois de mars 2004, le réseau s’élargit à d’autres universités. Facebook s’ouvre au grand public le 26 septembre 2006. En juillet 2010, la barre symbolique des 500 millions d’inscrits est dépassée.
Comment expliquer un tel succès ? Quelles sont les raisons qui poussent tant d’utilisateurs à utiliser ce service ? Quelles sont les limites de ce réseau social ? Est-il vecteur de socialisation ou de désocialisation ?
Certaines théories sociologiques peuvent apporter des réponses, mais il reste tout de même une part de mystère sur l’engouement pour les réseaux sociaux en général, et Facebook en particulier.
Les raisons théoriques d’un succès mondial.
Dès 1943, le psychologue Abraham MASLOW définit la pyramide des besoins. Nous nous intéresserons ici aux troisième et quatrième étages de celle-ci.
"... - Le besoin d’appartenance révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, ...). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel » de l’axe ontologique.
- Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient..."
(Source : Le Sémioscope.fr)
On comprend ici que les différentes applications de Facebook font écho à ces deux besoins fondamentaux de chacun. Non seulement, aujourd’hui le simple fait de ne pas avoir de compte Facebook est un facteur de marginalisation, mais il peut induire une réaction de méfiance envers le « non-inscrit » : a-t-il quelque chose à cacher ? Pourquoi ne partage t-il pas ?
La fiche descriptive de notre parcours, nous montre sous notre meilleur jour, l’utilisateur est son propre biographe, il ne fait apparaître que ce qu’il veut bien montrer de sa personnalité, en éludant les points négatifs. Par ailleurs, les différents groupes auxquels un utilisateur s’inscrit le définissent en tant qu’individu. De plus, le nombre d’amis est un trophée auquel certains accordent une très grande importance.
« Les utilisateurs de Facebook ont en moyenne 263 amis pour les moins de 30 ans, 206 de 31 à 50 ans, et 92 amis pour les plus de 50 ans » (source Labo.Atypicom.fr).
Avoir moins de 100 amis fait de vous un « looser », a contrario, ceux qui dépasse les 1000 amis sont de vrais stars que certains envient pour leur vie sociale.
Le phénomène est ainsi décrit par le Dr Rebecca Mattews, de la Société Australienne de Psychologie, comme « le révélateur d’un véritable ancrage des réseaux sociaux dans la société actuelle» (source : Labo.Atypicom.fr).
Le nombre d’amis et de groupes auxquels l’utilisateur appartient sont donc des symboles de son degré de socialisation.
Les photos publiées sont également un élément révélateur de la socialisation de l’utilisateur.
On trouve essentiellement des photos de voyages et de soirées. Cela montre que l’utilisateur a une vie en dehors du virtuel. Le summum étant de se «taguer» avec d’autres membres du réseau et de commenter la photo au vu et su de tous, démontrant ainsi le degré de socialisation réel et virtuel.
Ce phénomène permet également de valider sa liste d’amis en prouvant que je socialise dans le réel avec mes relations du réseau virtuel. Ma liste d’amis est donc légitime, je n’accepte pas n’importe qui seulement pour augmenter mon capital relationnel virtuel.
Ce dernier point, relatif aux commentaires trouve son écho dans la théorie du sociologue allemand Ferdinand Tonnies, qui nous explique dès 1887 que : « La socialisation et la création du lien social sont liées au partage d’une expérience entre des individus.»
Par ailleurs, le commentaire ainsi que l’application « I Like », permet à l’utilisateur de valider les activités des autres membres et de se faire valider les siennes en retour. Un « post » avec de nombreux « Likes » et commentaires est une valorisation de celui-ci. La communauté approuve mon activité.
On peut également faire référence à la théorie de l’échange par le don de l’anthropologue Marcel Mauss. En termes de « post », de « poke » et de message, l’usage du réseau impose un retour. Il est en effet très mal vu de ne pas rendre ce qui nous a été donné. Ici, la force coercitive du groupe joue un rôle prépondérant, notamment sur le « Wall » de l’utilisateur. Ne pas répondre à une sollicitation serait une preuve du manque de connaissance des codes de conduites par l’utilisateur qui pourrait se voir marginalisé par le groupe.
Lire la suite du billet « le succès du réseau Facebook expliqué par les théories sociologiques ».
Antoine HILLION
Comment expliquer un tel succès ? Quelles sont les raisons qui poussent tant d’utilisateurs à utiliser ce service ? Quelles sont les limites de ce réseau social ? Est-il vecteur de socialisation ou de désocialisation ?
Certaines théories sociologiques peuvent apporter des réponses, mais il reste tout de même une part de mystère sur l’engouement pour les réseaux sociaux en général, et Facebook en particulier.
Les raisons théoriques d’un succès mondial.
Dès 1943, le psychologue Abraham MASLOW définit la pyramide des besoins. Nous nous intéresserons ici aux troisième et quatrième étages de celle-ci.
"... - Le besoin d’appartenance révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, ...). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel » de l’axe ontologique.
- Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient..."
(Source : Le Sémioscope.fr)
On comprend ici que les différentes applications de Facebook font écho à ces deux besoins fondamentaux de chacun. Non seulement, aujourd’hui le simple fait de ne pas avoir de compte Facebook est un facteur de marginalisation, mais il peut induire une réaction de méfiance envers le « non-inscrit » : a-t-il quelque chose à cacher ? Pourquoi ne partage t-il pas ?
La fiche descriptive de notre parcours, nous montre sous notre meilleur jour, l’utilisateur est son propre biographe, il ne fait apparaître que ce qu’il veut bien montrer de sa personnalité, en éludant les points négatifs. Par ailleurs, les différents groupes auxquels un utilisateur s’inscrit le définissent en tant qu’individu. De plus, le nombre d’amis est un trophée auquel certains accordent une très grande importance.
« Les utilisateurs de Facebook ont en moyenne 263 amis pour les moins de 30 ans, 206 de 31 à 50 ans, et 92 amis pour les plus de 50 ans » (source Labo.Atypicom.fr).
Avoir moins de 100 amis fait de vous un « looser », a contrario, ceux qui dépasse les 1000 amis sont de vrais stars que certains envient pour leur vie sociale.
Le phénomène est ainsi décrit par le Dr Rebecca Mattews, de la Société Australienne de Psychologie, comme « le révélateur d’un véritable ancrage des réseaux sociaux dans la société actuelle» (source : Labo.Atypicom.fr).
Le nombre d’amis et de groupes auxquels l’utilisateur appartient sont donc des symboles de son degré de socialisation.
Les photos publiées sont également un élément révélateur de la socialisation de l’utilisateur.
On trouve essentiellement des photos de voyages et de soirées. Cela montre que l’utilisateur a une vie en dehors du virtuel. Le summum étant de se «taguer» avec d’autres membres du réseau et de commenter la photo au vu et su de tous, démontrant ainsi le degré de socialisation réel et virtuel.
Ce phénomène permet également de valider sa liste d’amis en prouvant que je socialise dans le réel avec mes relations du réseau virtuel. Ma liste d’amis est donc légitime, je n’accepte pas n’importe qui seulement pour augmenter mon capital relationnel virtuel.
Ce dernier point, relatif aux commentaires trouve son écho dans la théorie du sociologue allemand Ferdinand Tonnies, qui nous explique dès 1887 que : « La socialisation et la création du lien social sont liées au partage d’une expérience entre des individus.»
Par ailleurs, le commentaire ainsi que l’application « I Like », permet à l’utilisateur de valider les activités des autres membres et de se faire valider les siennes en retour. Un « post » avec de nombreux « Likes » et commentaires est une valorisation de celui-ci. La communauté approuve mon activité.
On peut également faire référence à la théorie de l’échange par le don de l’anthropologue Marcel Mauss. En termes de « post », de « poke » et de message, l’usage du réseau impose un retour. Il est en effet très mal vu de ne pas rendre ce qui nous a été donné. Ici, la force coercitive du groupe joue un rôle prépondérant, notamment sur le « Wall » de l’utilisateur. Ne pas répondre à une sollicitation serait une preuve du manque de connaissance des codes de conduites par l’utilisateur qui pourrait se voir marginalisé par le groupe.
Lire la suite du billet « le succès du réseau Facebook expliqué par les théories sociologiques ».
Antoine HILLION
Facebook et les dangers d’un système de reconnaissance faciale généralisé
La nouvelle arme pour le contrôle d’internet s’appelle la reconnaissance faciale (source: NANOJV).
Tous les grands cherchent à maîtriser cette technologie. Apple utilise la reconnaissance faciale dans son système d’exploitation mobile (iPhoto), Google l’utilise dans Google + et dans Picasa, et désormais Facebook qui, après l’acquisition d’une start-up israélienne spécialisée sur la réalité augmentée (Face.com), l’utilise aussi sur les photographies.
Ce système de reconnaissance faciale facilite l'identification des personnes qui y figurent. Même si cette fonctionnalité peut-être désactivée, elle est par défaut activée et permet à l'usager un gain de temps en identifiant un seul visage sur une seule photo, le système prenant le relais et identifie la même personne sur l’ensemble de l’album. (source : blog officiel de Facebook).
Le déploiement de cette technologie suscite donc de nombreuses inquiétudes. Cité par l'agence Reuters, Marc Rotenberg, président de l'Electronic Privacy Information Center (EPICl), craint que les données personnelles des utilisateurs, comme les adresses emails, puissent être associées aux photographies annotées dans les bases de Facebook (source: Lemonde.fr)
Le développement rapide de ces technologies nécessite une régulation et un contrôle accru des autorités européennes. Car autrefois utilisées exclusivement par les agences de renseignements, elles entrent maintenant sur internet et peuvent être un réel danger pour l’utilisateur, ainsi qu'une vrai atteinte à sa vie privée.
A.M.
Tous les grands cherchent à maîtriser cette technologie. Apple utilise la reconnaissance faciale dans son système d’exploitation mobile (iPhoto), Google l’utilise dans Google + et dans Picasa, et désormais Facebook qui, après l’acquisition d’une start-up israélienne spécialisée sur la réalité augmentée (Face.com), l’utilise aussi sur les photographies.
Ce système de reconnaissance faciale facilite l'identification des personnes qui y figurent. Même si cette fonctionnalité peut-être désactivée, elle est par défaut activée et permet à l'usager un gain de temps en identifiant un seul visage sur une seule photo, le système prenant le relais et identifie la même personne sur l’ensemble de l’album. (source : blog officiel de Facebook).
Le déploiement de cette technologie suscite donc de nombreuses inquiétudes. Cité par l'agence Reuters, Marc Rotenberg, président de l'Electronic Privacy Information Center (EPICl), craint que les données personnelles des utilisateurs, comme les adresses emails, puissent être associées aux photographies annotées dans les bases de Facebook (source: Lemonde.fr)
Le développement rapide de ces technologies nécessite une régulation et un contrôle accru des autorités européennes. Car autrefois utilisées exclusivement par les agences de renseignements, elles entrent maintenant sur internet et peuvent être un réel danger pour l’utilisateur, ainsi qu'une vrai atteinte à sa vie privée.
A.M.
Facebook, un outil d’espionnage ?
Un marocain a développé Agatha, un système qui espionne Facebook. Son auteur, un jeune étudiant en informatique à Paris, a trouvé le moyen d'espionner les membres de Facebook sans pirater leurs mots de passe. La méthode est assez "simple" et permet d’accéder à l’intégralité des informations d’un utilisateur préalablement piégé. Une interface numérique a même été développée afin de rassembler l’intégralité des informations collectées sur un même écran.
Barack Obama l'avait dit, faites attention à ce que vous publiez sur Facebook ; avec cette application Agatha et avec les récents propos du fondateur de Wikileaks, on dirait qu’Obama avait entièrement raison !
En effet, le 06 Mai 2011, Julian Assange avait déclaré dans une interview télévisée à RT (ex Russia Today) que Facebook était le meilleur outil d’espionnage jamais créé par le genre humain. Selon Assange, Facebook recueille automatiquement les données confidentielles de l’utilisateur enregistré sur le site, des données très détaillées comme ses habitudes, ses liens sociaux, adresses, lieux de résidence, parents, qui sont stockées aux Etats-Unis et sont à la disposition des services de renseignements américains.
Cependant, outre la politique, les réseaux sociaux ont une composante sociale et publique négative. "Les psychologues estiment que les réseaux sociaux ont été basés sur la pyramide de Maslow. Selon cette théorie, le plus haut niveau des besoins de l’individu est simplement l’expression de soi. Un utilisateur du réseau peut non seulement fournir des informations sur lui-même, mais également afficher ses réussites, créer une bibliothèque audio et vidéo, ses propres albums photos" (Traduction de l’article d’Igor Bukker sur Pravda.ru). Ces informations deviennent une cible désirable et privilégiée pour les entreprises et autres services de renseignements.
La combinaison de ces deux éléments pourrait nous laisser craindre le pire de la part d’un réseau social comptant plus de 750 millions d’utilisateurs dans le monde ! (soit en termes de démographie, on peut le comparer au 3e pays le plus peuplé du monde après la Chine et l’Inde).
D’autant plus que Facebook a été largement impliqué dans les révolutions arabes. Notons que beaucoup de personnes soupçonnent que les services secrets américains soient à l’origine des principaux appels aux manifestations sur les réseaux sociaux grâce à la création de plusieurs comptes virtuels.
Même dans les pays nordiques, la suspicion monte sur le respect de Facebook de la vie privée. Lemonde.fr révèle dans un article paru le 12 juillet 2011 que les autorités informatiques norvégienne, suédoise, danoise et finlandaise ont demandé, des réponses au réseau social sur la gestion des données personnelles de ses utilisateurs. Les quatre autorités nationales ont soumis une série de 45 questions au réseau social Facebook.
Le but est de savoir avec précision quelles informations d'un compte sont partagées avec d'autres entreprises, et quels renseignements personnels sont collectés par Facebook, comment ils sont utilisés et retransmis à d'autres …
L'autorité informatique norvégienne demande dans un communiqué des réponses avant la fin du mois d'août. Épisode à suivre...
Fondé en 2004 par Mark Zuckerberg, le réseau social a fait l'objet de nombreuses polémiques sur la question des données personnelles. La dernière, et qui fera l’objet d’un autre billet, était liée à l'introduction d'un système de reconnaissance faciale, quand les utilisateurs téléchargent des photographies.
Barack Obama l'avait dit, faites attention à ce que vous publiez sur Facebook ; avec cette application Agatha et avec les récents propos du fondateur de Wikileaks, on dirait qu’Obama avait entièrement raison !
En effet, le 06 Mai 2011, Julian Assange avait déclaré dans une interview télévisée à RT (ex Russia Today) que Facebook était le meilleur outil d’espionnage jamais créé par le genre humain. Selon Assange, Facebook recueille automatiquement les données confidentielles de l’utilisateur enregistré sur le site, des données très détaillées comme ses habitudes, ses liens sociaux, adresses, lieux de résidence, parents, qui sont stockées aux Etats-Unis et sont à la disposition des services de renseignements américains.
Cependant, outre la politique, les réseaux sociaux ont une composante sociale et publique négative. "Les psychologues estiment que les réseaux sociaux ont été basés sur la pyramide de Maslow. Selon cette théorie, le plus haut niveau des besoins de l’individu est simplement l’expression de soi. Un utilisateur du réseau peut non seulement fournir des informations sur lui-même, mais également afficher ses réussites, créer une bibliothèque audio et vidéo, ses propres albums photos" (Traduction de l’article d’Igor Bukker sur Pravda.ru). Ces informations deviennent une cible désirable et privilégiée pour les entreprises et autres services de renseignements.
La combinaison de ces deux éléments pourrait nous laisser craindre le pire de la part d’un réseau social comptant plus de 750 millions d’utilisateurs dans le monde ! (soit en termes de démographie, on peut le comparer au 3e pays le plus peuplé du monde après la Chine et l’Inde).
D’autant plus que Facebook a été largement impliqué dans les révolutions arabes. Notons que beaucoup de personnes soupçonnent que les services secrets américains soient à l’origine des principaux appels aux manifestations sur les réseaux sociaux grâce à la création de plusieurs comptes virtuels.
Même dans les pays nordiques, la suspicion monte sur le respect de Facebook de la vie privée. Lemonde.fr révèle dans un article paru le 12 juillet 2011 que les autorités informatiques norvégienne, suédoise, danoise et finlandaise ont demandé, des réponses au réseau social sur la gestion des données personnelles de ses utilisateurs. Les quatre autorités nationales ont soumis une série de 45 questions au réseau social Facebook.
Le but est de savoir avec précision quelles informations d'un compte sont partagées avec d'autres entreprises, et quels renseignements personnels sont collectés par Facebook, comment ils sont utilisés et retransmis à d'autres …
L'autorité informatique norvégienne demande dans un communiqué des réponses avant la fin du mois d'août. Épisode à suivre...
Fondé en 2004 par Mark Zuckerberg, le réseau social a fait l'objet de nombreuses polémiques sur la question des données personnelles. La dernière, et qui fera l’objet d’un autre billet, était liée à l'introduction d'un système de reconnaissance faciale, quand les utilisateurs téléchargent des photographies.
A.M.
mercredi 15 juin 2011
Google lance Search by Image
Google nous a habitué à lancer régulièrement de nouvelles applications pour son moteur de recherche. Il y a quelques mois, l'entreprise de Mountain View nous présentait Google Instant, qui permettait d'afficher les résultats de recherche lors de la frappe de la requête. Selon Google, chaque recherche est plus rapide de 2 a 5 secondes en moyenne, faisant économiser plusieurs années par jour à l'ensemble des utilisateurs sur la planète...
Cette nouvelle application illustre l'orientation que donne Google au développement de son moteur de recherche, toujours plus rapide, toujours plus précis, toujours plus "intelligent" pour finalement n'être plus qu'une interface transparente entre l'utilisateur et le World Wide Web.
Dans cette optique deux nouvelles applications ont été développées pour leur moteur de recherche de bureau, deux applications que les utilisateurs d'Android doivent connaître, la recherche par requête vocale et la recherche par requête d'image. Cette dernière a été introduite sur Android sous le nom de Google Goggles.
La première fonctionnalité, la reconnaissance vocale, nous est assez familière, elle libère de la nécessité de taper sa requête sur un clavier physique ou virtuelle en permettant de simplement prononcer sa requête. Cette fonctionnalité est apparue sur de nombreux téléphones et existait bien avant Google, mais qui l'utilise vraiment? En effet l'expérience montre que le logiciel ne comprend qu'approximativement ce qu'on lui dit, c'est un problème essentiellement de software et d'algorithme. Google s'est penché sur le problème et a considérablement amélioré le système pour la langue anglaise (pour le moment) et la rendu disponible sur leur OS pour appareils mobiles Android ainsi que pour leur navigateur Internet Google Chrome.
La seconde application, la recherche par image, a été à l'instar de la recherche vocale introduite sur les appareils mobiles pour commencer. Elle vient donc d'être lancée sur Chrome et Firefox via des extensions à installer. Elle autorise l'utilisateur à glisser une image dans le moteur de recherche ou à lui fournir l'url d'une image sur Internet, le moteur cherchera sur le réseau mondial des images similaires et vous fournira les liens, les références, les noms et toutes les informations que vous pouvez attendre d'une recherche classique.
Cette fonctionnalité peut s'avérer très utile pour retrouver une personne si l'on n'a pas son nom ou pour recouper son nom avec sa photo, de même pour des lieux, des monuments, des objets de toutes sortes ou des logos. Cela répond à un vrai besoin de recherche d'informations.
Il est intéressant de noter que les applications liées aux images virtuelles se développent de plus en plus et notamment sur le web. Elles commencent à rentrer dans les habitudes de tout le monde. Ainsi Facebook a lancé en catimini une nouvelle fonctionnalité de son célèbre réseau social, la reconnaissance faciale sur les photos que publient les utilisateurs. Cette application suggère des tags à appliquer aux photos lorsqu'on les charge sur leur site. Cette option est désactivable (heureusement) dans les options de profil si vous ne souhaitez pas être tagués par vos amis à tout bout de champ. Vous pouvez trouver un tutoriel sur le site Mes Experts si vous souhaitez modifier cette fonctionnalité.
Google ne cache pas ses ambitions pour son moteur de recherche, en développant de nouvelles fonctionnalités, en simplifiant les interfaces hommes/machines et en introduisant toujours plus d'intelligence grâce à l'amélioration de leurs algorithmes, c'est en réalité une forme d'intelligence artificielle qu'ils cherchent à développer. Ils possèdent les fonds, les cerveaux et la motivation pour y arriver, mais ils possèdent surtout une situation monopolistique sur les flux d'informations à travers le monde, c'est une condition indispensable pour développer une telle technologie afin de lui donner accès à ce qui représente le savoir de l'humanité.
Clément Maufrais
Cette nouvelle application illustre l'orientation que donne Google au développement de son moteur de recherche, toujours plus rapide, toujours plus précis, toujours plus "intelligent" pour finalement n'être plus qu'une interface transparente entre l'utilisateur et le World Wide Web.
Dans cette optique deux nouvelles applications ont été développées pour leur moteur de recherche de bureau, deux applications que les utilisateurs d'Android doivent connaître, la recherche par requête vocale et la recherche par requête d'image. Cette dernière a été introduite sur Android sous le nom de Google Goggles.
La première fonctionnalité, la reconnaissance vocale, nous est assez familière, elle libère de la nécessité de taper sa requête sur un clavier physique ou virtuelle en permettant de simplement prononcer sa requête. Cette fonctionnalité est apparue sur de nombreux téléphones et existait bien avant Google, mais qui l'utilise vraiment? En effet l'expérience montre que le logiciel ne comprend qu'approximativement ce qu'on lui dit, c'est un problème essentiellement de software et d'algorithme. Google s'est penché sur le problème et a considérablement amélioré le système pour la langue anglaise (pour le moment) et la rendu disponible sur leur OS pour appareils mobiles Android ainsi que pour leur navigateur Internet Google Chrome.
La seconde application, la recherche par image, a été à l'instar de la recherche vocale introduite sur les appareils mobiles pour commencer. Elle vient donc d'être lancée sur Chrome et Firefox via des extensions à installer. Elle autorise l'utilisateur à glisser une image dans le moteur de recherche ou à lui fournir l'url d'une image sur Internet, le moteur cherchera sur le réseau mondial des images similaires et vous fournira les liens, les références, les noms et toutes les informations que vous pouvez attendre d'une recherche classique.
Cette fonctionnalité peut s'avérer très utile pour retrouver une personne si l'on n'a pas son nom ou pour recouper son nom avec sa photo, de même pour des lieux, des monuments, des objets de toutes sortes ou des logos. Cela répond à un vrai besoin de recherche d'informations.
Il est intéressant de noter que les applications liées aux images virtuelles se développent de plus en plus et notamment sur le web. Elles commencent à rentrer dans les habitudes de tout le monde. Ainsi Facebook a lancé en catimini une nouvelle fonctionnalité de son célèbre réseau social, la reconnaissance faciale sur les photos que publient les utilisateurs. Cette application suggère des tags à appliquer aux photos lorsqu'on les charge sur leur site. Cette option est désactivable (heureusement) dans les options de profil si vous ne souhaitez pas être tagués par vos amis à tout bout de champ. Vous pouvez trouver un tutoriel sur le site Mes Experts si vous souhaitez modifier cette fonctionnalité.
Google ne cache pas ses ambitions pour son moteur de recherche, en développant de nouvelles fonctionnalités, en simplifiant les interfaces hommes/machines et en introduisant toujours plus d'intelligence grâce à l'amélioration de leurs algorithmes, c'est en réalité une forme d'intelligence artificielle qu'ils cherchent à développer. Ils possèdent les fonds, les cerveaux et la motivation pour y arriver, mais ils possèdent surtout une situation monopolistique sur les flux d'informations à travers le monde, c'est une condition indispensable pour développer une telle technologie afin de lui donner accès à ce qui représente le savoir de l'humanité.
Clément Maufrais
vendredi 4 mars 2011
Internet : outil d'influence ou arme du pouvoir?
La crise qui s’étend dans une large partie des pays du Moyen-Orient met en avant, une fois encore, l’importance toujours croissante d’Internet, des réseaux sociaux et principalement la capacité de mobilisation de la génération « Facebook » pour décider de son avenir. La décision de l’ex-président égyptien Moubarak de tenter d’enrayer ce processus en coupant l’accès à Internet, relance le débat sur le projet de loi sur la cyber-sécurité aux États-Unis et, en France, le sujet de la gouvernance d'Internet est plus que jamais d’actualité.
Une question est posée : Internet doit-il être utilisé comme outil d’influence pour faire plier des régimes considérés comme hostiles ou doit-il être utilisé comme une arme par un pouvoir pour se maintenir ?
Si le projet de loi "Protecting cyberspace as a national asset act" , initié en juin 2010 et présenté le 15 décembre au Sénat américain pouvait trouver un écho favorable à la suite de l’affaire Wikileaks, aujourd’hui, l’idée d’un texte de loi permettant au Président des Etats-Unis de disposer du pouvoir de suspendre Internet « en un clic » (Lemonde.fr – 02.02.2011) apparaît fortement compromise.
Après l’initiative de Hosni Moubarak, les sénateurs Joe Lieberman, Indépendant, Président de la Commission de la Sécurité Intérieure du Sénat, Susan Collins (républicaine) et Tom Carper (démocrate) à l’origine de ce projet, ont aussitôt réagi en affirmant que le Protecting cyberspace act visait à « protéger les États-Unis des cyber-attaques provenant de l’étranger » (Le Figaro - 07.02.2011). « Jamais nous ne signerions une loi autorisant le président, ou quiconque, à éteindre Internet », ont-ils ajoutés (Le Monde -08.02.2011)
Paradoxalement, sous la pression des récents développements en Tunisie et en Égypte, l’administration Obama relance un débat vieux d’un an, sur la mise en œuvre d’une politique sur la liberté d’Internet (New York times - 14.02.2011) . Un budget de 30 millions de dollars serait ainsi alloué prochainement, par le Congrès, pour financer de nouvelles technologies destinées à aider les populations des états totalitaires à contourner les barrières informatiques et initier un changement démocratique.
Forts de l’expérience égyptienne et du choix de son ex-président, les officiels américains soulignent toutefois les limites de la technologie en matière de changement politique. Michael H. Posner, du cabinet d’Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat précise : « le peuple est convaincu que la technologie fera de nous des hommes libres. C’est faux, c’est le peuple qui nous donnera notre liberté ».
Internet et les réseaux sociaux aujourd’hui ont prouvé leur capacité à fédérer des milliers de personnes derrière une idée. Néanmoins, ce sont bien les hommes qui restent les acteurs principaux de leur avenir. En revanche, les récents évènements au Moyen-Orient ont souligné la fragilité du pouvoir et suscitent de nombreux débats, notamment aux États-Unis, quant à la définition même de la notion de liberté liée à l’utilisation et au contrôle d’Internet.
Si pour les uns Internet doit rester un outil majeur de l’action d’influence d’un état vis-à-vis d’un autre et doit être développé dans ce sens, il n’en demeure pas moins pour les autres une arme puissante au service des intérêts du pouvoir en place qu’il convient de maitriser totalement. Le risque est en effet important de voir l’arme créée aujourd’hui se retourner contre son créateur demain.
Pierre Tramier
Une question est posée : Internet doit-il être utilisé comme outil d’influence pour faire plier des régimes considérés comme hostiles ou doit-il être utilisé comme une arme par un pouvoir pour se maintenir ?
Si le projet de loi "Protecting cyberspace as a national asset act" , initié en juin 2010 et présenté le 15 décembre au Sénat américain pouvait trouver un écho favorable à la suite de l’affaire Wikileaks, aujourd’hui, l’idée d’un texte de loi permettant au Président des Etats-Unis de disposer du pouvoir de suspendre Internet « en un clic » (Lemonde.fr – 02.02.2011) apparaît fortement compromise.
Après l’initiative de Hosni Moubarak, les sénateurs Joe Lieberman, Indépendant, Président de la Commission de la Sécurité Intérieure du Sénat, Susan Collins (républicaine) et Tom Carper (démocrate) à l’origine de ce projet, ont aussitôt réagi en affirmant que le Protecting cyberspace act visait à « protéger les États-Unis des cyber-attaques provenant de l’étranger » (Le Figaro - 07.02.2011). « Jamais nous ne signerions une loi autorisant le président, ou quiconque, à éteindre Internet », ont-ils ajoutés (Le Monde -08.02.2011)
Paradoxalement, sous la pression des récents développements en Tunisie et en Égypte, l’administration Obama relance un débat vieux d’un an, sur la mise en œuvre d’une politique sur la liberté d’Internet (New York times - 14.02.2011) . Un budget de 30 millions de dollars serait ainsi alloué prochainement, par le Congrès, pour financer de nouvelles technologies destinées à aider les populations des états totalitaires à contourner les barrières informatiques et initier un changement démocratique.
Forts de l’expérience égyptienne et du choix de son ex-président, les officiels américains soulignent toutefois les limites de la technologie en matière de changement politique. Michael H. Posner, du cabinet d’Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat précise : « le peuple est convaincu que la technologie fera de nous des hommes libres. C’est faux, c’est le peuple qui nous donnera notre liberté ».
Internet et les réseaux sociaux aujourd’hui ont prouvé leur capacité à fédérer des milliers de personnes derrière une idée. Néanmoins, ce sont bien les hommes qui restent les acteurs principaux de leur avenir. En revanche, les récents évènements au Moyen-Orient ont souligné la fragilité du pouvoir et suscitent de nombreux débats, notamment aux États-Unis, quant à la définition même de la notion de liberté liée à l’utilisation et au contrôle d’Internet.
Si pour les uns Internet doit rester un outil majeur de l’action d’influence d’un état vis-à-vis d’un autre et doit être développé dans ce sens, il n’en demeure pas moins pour les autres une arme puissante au service des intérêts du pouvoir en place qu’il convient de maitriser totalement. Le risque est en effet important de voir l’arme créée aujourd’hui se retourner contre son créateur demain.
Pierre Tramier
dimanche 7 novembre 2010
Facebook, encore faible dans ses actions de lobbying
Facebook et son fondateur, Mark Zuckerberg ont une actualité chargée, notamment avec la sortie de "The Social Network", le block-buster Hollywoodien qui relate les péripéties de la création de Facebook. Ainsi régulièrement des informations sont révélées sur la perception particulière qu'a le fondateur de Facebook sur la vie privée, question fondamentale d'un réseau social comme Facebook, comptant plus de 500 millions d'utilisateurs dans le monde. Récemment certains médias ont publié sur l'effort de Lobbying de Facebook pour contrer le "Social Networking Privacy Act" auprès de plusieurs homme politiques Californien.
Ainsi Facebook a dépensé $6,600 pour contrer "The Social Networking Privacy Act" qui empêcherait les réseaux sociaux comme Facebook de partager des informations privées concernant les utilisateurs, telles que l'adresse ou le numéro de téléphone. Facebook a le droit de s'opposer à une législation qui lui impose des exigences réglementaires contraignantes, comme toute société. D'ailleurs, il va sans dire qu'aucune entreprise ne devrait rester les bras croisés et permettre au gouvernement d'imposer des lois restrictives impliquant des frais financiers importants si cela pourrait freiner la croissance de l'entreprise. Mais sur cette affaire, quelle à été l'erreur de Facebook?
Le sénateur Ellen Corbett, le parrain du projet de loi, raconte au journaliste qui a révélé l'affaire lobbying CA que "Facebook a travaillé en coulisse pour tuer le projet de loi". Cette déclaration "puissante" et la révélation d'une action de lobbying par Facebook contre la vie privée laisse évidemment perplexe et met l'entreprise dans une position inconfortable. En effet Facebook est régulièrement attaqué pour son manque de considération de la vie privée de ses utilisateurs. Quoique Facebook aurait gagné en réussissant à tuer ce projet de loi, l'entreprise l'aurait perdu avec la révélation de cette action de lobbying.
Si ce n'était encore que la première affaire concernant la vie privée pour Facebook, le réseau social mondial pourrait se positionner en victime et devenir la figure de proue d'une nouvelle cause. Cependant le Wall Street Journal a récemment exposé une faille concernant des informations de la vie privée de utilisateurs, potentiellement exploitable par des organismes publicitaires, et potentiellement vendue par Facebook. Ce rapport a donné lieu à une injonction du Congrès qui a demandé des explications claires à Facebook. Ironie du sort, Mark Zuckerberg était censé avoir des réponses le jour même ou cette première histoire de Lobbying a éclaté .
L'apparence est une chose délicate en matière de lobbying. Il est important d'être vu par les élus et décideurs comme un défenseur de causes importantes. Pourtant une entreprise ou un particulier ne peut pas prendre toutes les initiatives dans chaque combat ou dans une bataille de lobbying. Ainsi, dans cette effort de Lobbying, une coalition qui comprend Google et Microsoft a également exercé des pressions contre la Loi "The Social Networking Privacy Act" . Facebook ne devrait pas avoir été le "visage" de cet effort de lobbying et devrait avoir consacré son temps et son argent à consolider leurs efforts dans le cadre de la coalition existante Microsoft / Google. Cela leur aurait permis de se battre pour les questions importantes tout en évitant l'attention négative. Au lieu de cela, Facebook s'est exposé dans une affaire qui met en évidence leurs tentatives de maitriser la vie privée des utilisateurs et des lieux.
Sources :
- Numerama Facebook s'essaie au lobbying pour combattre la vie privée
- Facebook Lobbied to Kill Social Networking Privacy Act
Hugo Amsellem
jeudi 3 décembre 2009
Facebook: 350 Millions de profils et une petite révolution dans la protection de vos données privées
Dans une lettre ouverte, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, annonce d'une part que la plateforme de social média a dépassé la barre des 350million d'utilisateurs dans le monde, devenant ainsi le troisième « pays » le plus peuplé de la planète (U.S. 311m d’hab.) ; et d'autre part que les conditions relatives à la protection de vos données privées vont quelque peu évoluer.
Clairement axée sur ce dernier point, la lettre de Mark Zuckerberg, annonce la mise à disposition de nouvelles applications visant à optimiser la protection de vos données personnelles.
Jusqu'à aujourd'hui le "Facebook's privacy model" se structurait autour de la notion de réseaux. Les demandes relatives à la création de réseaux (Ecoles, Entreprises, Régions géographiques...) se sont multipliées au fil du temps rendant le contrôle des données privées lui-même de plus en plus complexe. Cette remarque, concerne tout particulièrement les réseaux régionaux (le plus souvent nationaux) dont certains affichent une participation dépassant le million d’internautes uniques. Cette réflexion est d'autant plus pertinente qu'aujourd'hui près de 50% des utilisateurs de Facebook appartiennent à des groupes régionaux.
M. Zuckerberg, de son propre aveu, avoue que le système n'est plus en mesure d'assurer aux utilisateurs un contrôle efficace de leurs données et qu’il est temps de le repenser.
Le système s'articule désormais sur la base d'une nouvelle approche de la gestion des données personnelles, donnant plus de "pouvoir" à l'utilisateur. Adieu la gestion via les réseaux régionaux (qui vont totalement disparaître) et bonjour le "Dashboard" qui vous permettra de gérer l'accès à vos données. La question est de savoir si vous désirez partager du contenu avec vos amis, les amis de vos amis ou tout simplement avec tout le monde. Vous pourrez également connaitre l’identité des personnes consultant les contenus que vous mettrez en ligne.
La mise en place d'un "tableau de bord" plus simple et intuitif doit permettre à chacun de mieux contrôler les informations qu’il diffuse. De nouvelles applications dédiées à un meilleur contrôle de votre vie privée seront dans les prochaines semaines ajoutées et un message sera envoyé à chaque utilisateur, afin de l'inciter à réviser sa configuration.
Quelques petites astuces soulevées par 01net.com:
La nouvelle version offre la possibilité de créer des sous groupes parmi ses amis. Chaque sous catégorie disposera de droits spéciaux, relatifs à la consultation des contenus publiés ;
Elle offre également la possibilité de restreindre l’accès à son profil, à certaines catégories de personnes (et ainsi prohiber l’accès à ses informations aux moteurs de recherches web) ;
Mais la petite révolution concerne la publication de photos. Vous pourrez dorénavant contrôler la publication des photos réalisées par vos amis... Qui n'a jamais été tagué sur une photo ne le présentant pas sous son meilleur jour ????
Auparavant vous pouviez vous « dé-taguer » d’une photographie, mais celle ci restait visible online. Aujourd’hui vous pouvez modifier le paramétrage en sélectionnant l'option "seulement moi" qui vous permet d'être la seule personne autorisée à consulter la photo « incriminée ».
Dans le même chapitre, vous pourrez dorénavant contrôler la publication de posts sur votre mur et en limiter la visibilité à vous seul ou à un groupe d’amis.
Il semblerait que le fondateur de Facebook ait retenu les leçons liées aux précédents tôlées qu'avaient soulevés ses différentes tentatives de partage des donnés personnelles collectées sur sa plateforme.
Petit retour en arrière…
En Novembre 2007 Facebook lance Facebook Ads, un système permettant d’utiliser les données personnelles afin d’affiner le ciblage des messages marketings et publicitaires. Cette utilisation des données personnelles avaient conduit la direction des affaires juridiques de la CNIL à s’interroger sur les intentions de l’entreprise "il nous semble qu’il y a nature à améliorer l’information des internautes dans l’exploitation des données". La CNIL s'interroge d'une part sur la manière dont sont analysés les profils des internautes et la manière dont ceux ci sont informés de l'utilisation faite de leurs données.
De plus ce système via la fonctionnalité Beacon permettait de suivre le parcours de ses amis sur les sites commerciaux partenaires de Facebook (type eBay..). Cette application jugée intrusive avait conduit Mark Zuckerberg à faire son mea-culpa sur via une publication sur le blog officiel du groupe. Aux US le Center for Digital Democracy et l'U.S. Public Interest Research Groups avaient saisi la Federal Trade Commission (l’institution de surveillance de la concurrence aux U.S.).
En Janvier 2008, la CNIL demandait des compléments d'informations sur la préservation et utilisation des données faites par Facbook: "« ils offrent des services innovants, et généralement gratuits, souvent en contrepartie d'une utilisation commerciale de vos données personnelles ".
Yoann Rodriguez
Pour en savoir plus:
Clairement axée sur ce dernier point, la lettre de Mark Zuckerberg, annonce la mise à disposition de nouvelles applications visant à optimiser la protection de vos données personnelles.
Jusqu'à aujourd'hui le "Facebook's privacy model" se structurait autour de la notion de réseaux. Les demandes relatives à la création de réseaux (Ecoles, Entreprises, Régions géographiques...) se sont multipliées au fil du temps rendant le contrôle des données privées lui-même de plus en plus complexe. Cette remarque, concerne tout particulièrement les réseaux régionaux (le plus souvent nationaux) dont certains affichent une participation dépassant le million d’internautes uniques. Cette réflexion est d'autant plus pertinente qu'aujourd'hui près de 50% des utilisateurs de Facebook appartiennent à des groupes régionaux.
M. Zuckerberg, de son propre aveu, avoue que le système n'est plus en mesure d'assurer aux utilisateurs un contrôle efficace de leurs données et qu’il est temps de le repenser.
Le système s'articule désormais sur la base d'une nouvelle approche de la gestion des données personnelles, donnant plus de "pouvoir" à l'utilisateur. Adieu la gestion via les réseaux régionaux (qui vont totalement disparaître) et bonjour le "Dashboard" qui vous permettra de gérer l'accès à vos données. La question est de savoir si vous désirez partager du contenu avec vos amis, les amis de vos amis ou tout simplement avec tout le monde. Vous pourrez également connaitre l’identité des personnes consultant les contenus que vous mettrez en ligne.
La mise en place d'un "tableau de bord" plus simple et intuitif doit permettre à chacun de mieux contrôler les informations qu’il diffuse. De nouvelles applications dédiées à un meilleur contrôle de votre vie privée seront dans les prochaines semaines ajoutées et un message sera envoyé à chaque utilisateur, afin de l'inciter à réviser sa configuration.
Quelques petites astuces soulevées par 01net.com:
La nouvelle version offre la possibilité de créer des sous groupes parmi ses amis. Chaque sous catégorie disposera de droits spéciaux, relatifs à la consultation des contenus publiés ;
Elle offre également la possibilité de restreindre l’accès à son profil, à certaines catégories de personnes (et ainsi prohiber l’accès à ses informations aux moteurs de recherches web) ;
Mais la petite révolution concerne la publication de photos. Vous pourrez dorénavant contrôler la publication des photos réalisées par vos amis... Qui n'a jamais été tagué sur une photo ne le présentant pas sous son meilleur jour ????
Auparavant vous pouviez vous « dé-taguer » d’une photographie, mais celle ci restait visible online. Aujourd’hui vous pouvez modifier le paramétrage en sélectionnant l'option "seulement moi" qui vous permet d'être la seule personne autorisée à consulter la photo « incriminée ».
Dans le même chapitre, vous pourrez dorénavant contrôler la publication de posts sur votre mur et en limiter la visibilité à vous seul ou à un groupe d’amis.
Il semblerait que le fondateur de Facebook ait retenu les leçons liées aux précédents tôlées qu'avaient soulevés ses différentes tentatives de partage des donnés personnelles collectées sur sa plateforme.
Petit retour en arrière…
En Novembre 2007 Facebook lance Facebook Ads, un système permettant d’utiliser les données personnelles afin d’affiner le ciblage des messages marketings et publicitaires. Cette utilisation des données personnelles avaient conduit la direction des affaires juridiques de la CNIL à s’interroger sur les intentions de l’entreprise "il nous semble qu’il y a nature à améliorer l’information des internautes dans l’exploitation des données". La CNIL s'interroge d'une part sur la manière dont sont analysés les profils des internautes et la manière dont ceux ci sont informés de l'utilisation faite de leurs données.
De plus ce système via la fonctionnalité Beacon permettait de suivre le parcours de ses amis sur les sites commerciaux partenaires de Facebook (type eBay..). Cette application jugée intrusive avait conduit Mark Zuckerberg à faire son mea-culpa sur via une publication sur le blog officiel du groupe. Aux US le Center for Digital Democracy et l'U.S. Public Interest Research Groups avaient saisi la Federal Trade Commission (l’institution de surveillance de la concurrence aux U.S.).
En Janvier 2008, la CNIL demandait des compléments d'informations sur la préservation et utilisation des données faites par Facbook: "« ils offrent des services innovants, et généralement gratuits, souvent en contrepartie d'une utilisation commerciale de vos données personnelles ".
C’est ainsi que la CNIL joue le rôle de tuteur de l’internaute, à l’image du contrôle parental sur le net. Les internautes doivent comprendre qu’ils sont le premier rempart contre la fuite d'informations personnelles. Tout comme la protection des données en entreprise, les défaillances sécuritaires ont le plus souvent des origines « humaines » (même s’il ne faut pas sous-estimer l’impact des failles informatiques ou de sécurités physiques).
Nous conclurons sur la citation du philosophe Fernando Savater qui résume notre réflexion: "Internet n'éduque pas, il nécessite une éducation préalable".
Nous conclurons sur la citation du philosophe Fernando Savater qui résume notre réflexion: "Internet n'éduque pas, il nécessite une éducation préalable".
Yoann Rodriguez
Pour en savoir plus:
- Blog Facebook, Décembre 2009, Mark Zuckerberg, An Open Letter from Facebook Founder Mark Zuckerberg
- 01 Net, Décembre 2009, Fabrice Auclert, Vie Privée sur Facebook: ce qui va changer, ce que vous pouvez déja faire
- Ecran de Libération.fr, Astrid Girardeau, Novembre 2007, Facebook: "La CNIL se retrouveà protéger l'individu contre lui même"
- Zdnet, Janvier 2008, Christophe Guillemin, Facebook dans le colimateur de la CNI
jeudi 4 juin 2009
Le nuage des netbooks...
Jolicloud, voici le nouveau joyau du créateur de Netwibes, Tariq Kim. Sorti il y a peu il avait était dévoilé lors du sommet sur le Web de Paris en 2008. Une application open source spécifique pour les netbooks. En effet, vu la "folie" des Iphone, et autres netbooks les systèmes d'exploitation spécifiques vont fleurir.
Le but ici est surtout un interface simplifié permettant un accès direct aux applications notamment sur internet telles que Facebook, Gmail, Googlereader, Skype ou bien évidemment Netvibes.
D'autres systèmes d'exploitation paraitront probablement... de même que d'autres netbooks, à suivre.
En savoir plus:
"JoliCloud : un futur OS pour netbooks" sur clubic.com
"Les netbooks sur un joli cloud malgré la crise de la demande" sur toolinux.com
Actualités sur Jolicloud (via Google News)
Emmanuelle Renson
En savoir plus:
"JoliCloud : un futur OS pour netbooks" sur clubic.com
"Les netbooks sur un joli cloud malgré la crise de la demande" sur toolinux.com
Actualités sur Jolicloud (via Google News)
Emmanuelle Renson
mardi 17 mars 2009
Face à la polémique, Facebook abandonne la licence perpétuelle et mondiale... du moins provisoirement
Tout a commencé le 4 février, lorsque Facebook a discrètement modifié les conditions générales d'utilisation de son site internet. Ainsi, une clause prévoyait "une licence perpétuelle et mondiale" permettant ainsi au réseau social Facebook d'être propriétaire de tous les contenus publiés (photos, messages, vidéos, etc) sur son site même lorsque l'utilisateur se désabonnait.
Le 15 février, une association américaine "The consumerist" a dénoncé dans un billet sur son blog les agissements de Facebook.
Face à un mécontentement général et la menace d'une plainte de l'Electronic Privacy Information Center (la CNIL américaine) auprès de la Federal Trade Commission, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, annonce sur son blog "revenir aux précédentes conditions d'utilisation jusqu'à que soient résolus les problèmes soulevés par les utilisateurs".
Sources: "Conditions d'utilisation: Facebook recule sous les critiques" de ZdNET
"Les conditions d'utilisation de Facebook sont-elles illégales?" du Monde
Dalila Nemiri
lundi 17 novembre 2008
Réseaux sociaux : vers un autre usage des données personnelles ?
Une polémique s'établit de plus en plus aujourd’hui autour de la fonction des réseaux sociaux et plus précisément au niveau de la gestion de l’accès aux informations individuelles des utilisateurs.
Eric Delcroix (1) définit les réseaux sociaux comme étant « des sites dédiés à la communication avec ses connaissances à la rencontre des nouvelles personnes et à la construction de son réseau personnel ». Ces sites ont une notoriété croissante et représentent une des applications du web 2.0 les plus répandues. La construction du réseau social, via Internet, peut avoir des fonctions différentes mais l’objectif reste le même : tisser des liens et pour certains, travailler sa réputation. Ainsi, on peut observer une « course aux amis » sur des réseaux dédiés comme Facebook ou Hi5.
D’autres sites, tels que Linkedin ou Viadeo, permettent aux utilisateurs de se créer des réseaux professionnels à travers lesquels on peut « développer sa carrière et son business »(2).
Ces réseaux, au delà de créer du lien, évoluent et deviennent plus qu’un simple outil de gestion des contacts. En 2007 (3) par exemple, un lobby s’est créé en Angleterre sur Facebook pour faire pression sur la banque HSBC et a réussit en quelques jours à faire revenir cette dernière sur une décision peu favorable aux étudiants à découvert. De même, certains réseaux offrent la possibilité de jouer entre amis, via Internet, et d’autres permettent de se faire recommander pour une recherche d’emploi.
Ces plates-formes deviendraient donc des lieux où il est désormais possible de faire du lobbying, de se porter candidat, etc. La question qui se pose alors est l’accès aux informations individuelles des utilisateurs. Ces informations ne pourraient-elles pas être utilisées à d’autres fins moins louables ?
Ces réseaux sociaux semblent déjà exploiter ces données pour cibler la publicité de leurs annonceurs ; en juin 2007, Facebook a porté plainte contre "X" pour tentative d’accès frauduleux à son système informatique. Comment alors ne pas s’inquiéter, pour une entreprise, de l’engouement de ces sites sociaux par ses salariés, clients ou fournisseurs ? Des informations stratégiques ne peuvent-elles pas devenir accessibles par des concurrents sachant habilement naviguer dans ces réseaux ?
A cet effet, dans son panorama de la cybercriminalité de 2007 (4), le CLUSIF écrit : « Les renseignements que les utilisateurs donnent sur eux sont si nombreux qu’ils permettent la création de profils très détaillés, sans que les internautes soient tous conscients des risques d’exploitation pouvant en découler. La sécurité de ces réseaux où abondent données personnelles et professionnelles suscite des préoccupations ».
De même, Maryse Gros indique dans l’article « Le Web 2.0 favoriserait la fuite d'informations » dans l’édition du 26/03/2007 du Monde Informatique (5) qu’une étude, menée auprès d'un millier d'utilisateurs par la société YouGov, pour le compte de Clearswift (spécialiste de la sécurisation des contenus) en 2007 montre que « l'usage croissant, dans les entreprises, des technologies Web 2.0 et l'accès, pendant les heures de bureau, aux sites de réseaux sociaux peuvent conduire à augmenter les risques de fuites d'informations » et que « selon Ian Bowles, DG de Clearswift, l'étude met en avant la nécessité pour les entreprises et les administrations de mettre en garde leurs employés sur les risques que peut présenter la diffusion d'informations professionnelles hors de l'entreprise. ». Ainsi les individus qui fréquentent les sites de réseaux sociaux ne sont pas toujours conscients qu’ils donnent trop d’informations sur eux et que ces informations trop personnelles peuvent un jour se retourner contre eux ou leur employeur.
Cette mise en garde doit elle conduire, comme s’interroge Dominique Piotet (6), à la mise en place d’une régulation, à l’international, de l’exploitation des données personnelles sur Internet ?
Sources et liens
Eric Delcroix (1) définit les réseaux sociaux comme étant « des sites dédiés à la communication avec ses connaissances à la rencontre des nouvelles personnes et à la construction de son réseau personnel ». Ces sites ont une notoriété croissante et représentent une des applications du web 2.0 les plus répandues. La construction du réseau social, via Internet, peut avoir des fonctions différentes mais l’objectif reste le même : tisser des liens et pour certains, travailler sa réputation. Ainsi, on peut observer une « course aux amis » sur des réseaux dédiés comme Facebook ou Hi5.
D’autres sites, tels que Linkedin ou Viadeo, permettent aux utilisateurs de se créer des réseaux professionnels à travers lesquels on peut « développer sa carrière et son business »(2).
Ces réseaux, au delà de créer du lien, évoluent et deviennent plus qu’un simple outil de gestion des contacts. En 2007 (3) par exemple, un lobby s’est créé en Angleterre sur Facebook pour faire pression sur la banque HSBC et a réussit en quelques jours à faire revenir cette dernière sur une décision peu favorable aux étudiants à découvert. De même, certains réseaux offrent la possibilité de jouer entre amis, via Internet, et d’autres permettent de se faire recommander pour une recherche d’emploi.
Ces plates-formes deviendraient donc des lieux où il est désormais possible de faire du lobbying, de se porter candidat, etc. La question qui se pose alors est l’accès aux informations individuelles des utilisateurs. Ces informations ne pourraient-elles pas être utilisées à d’autres fins moins louables ?
Ces réseaux sociaux semblent déjà exploiter ces données pour cibler la publicité de leurs annonceurs ; en juin 2007, Facebook a porté plainte contre "X" pour tentative d’accès frauduleux à son système informatique. Comment alors ne pas s’inquiéter, pour une entreprise, de l’engouement de ces sites sociaux par ses salariés, clients ou fournisseurs ? Des informations stratégiques ne peuvent-elles pas devenir accessibles par des concurrents sachant habilement naviguer dans ces réseaux ?
A cet effet, dans son panorama de la cybercriminalité de 2007 (4), le CLUSIF écrit : « Les renseignements que les utilisateurs donnent sur eux sont si nombreux qu’ils permettent la création de profils très détaillés, sans que les internautes soient tous conscients des risques d’exploitation pouvant en découler. La sécurité de ces réseaux où abondent données personnelles et professionnelles suscite des préoccupations ».
De même, Maryse Gros indique dans l’article « Le Web 2.0 favoriserait la fuite d'informations » dans l’édition du 26/03/2007 du Monde Informatique (5) qu’une étude, menée auprès d'un millier d'utilisateurs par la société YouGov, pour le compte de Clearswift (spécialiste de la sécurisation des contenus) en 2007 montre que « l'usage croissant, dans les entreprises, des technologies Web 2.0 et l'accès, pendant les heures de bureau, aux sites de réseaux sociaux peuvent conduire à augmenter les risques de fuites d'informations » et que « selon Ian Bowles, DG de Clearswift, l'étude met en avant la nécessité pour les entreprises et les administrations de mettre en garde leurs employés sur les risques que peut présenter la diffusion d'informations professionnelles hors de l'entreprise. ». Ainsi les individus qui fréquentent les sites de réseaux sociaux ne sont pas toujours conscients qu’ils donnent trop d’informations sur eux et que ces informations trop personnelles peuvent un jour se retourner contre eux ou leur employeur.
Cette mise en garde doit elle conduire, comme s’interroge Dominique Piotet (6), à la mise en place d’une régulation, à l’international, de l’exploitation des données personnelles sur Internet ?
Sources et liens
- "Qu'est ce que les réseaux sociaux" - Eric Delcroix, 1/10/07 – Blog « Les Z'ed ».
- Liens directs: Viadeo, Linkedin.
- "Agitation et propagande 2.0: le cas HSBC sur facebook" - sur le blog Verbalkint.net.
- "Panorama de la Cyber-criminalité - Année 2007" page 82 - lien direct (pdf) - via le site du CLUSIF
- "Le Web 2.0 favoriserait la fuite d'informations" - Maryse Gros, 23/03/07 - sur lemondeinformatique.fr
- Dominique Piotet, Président de l’atelier BNP Paribas à Saint Francisco, « Réseaux communautaires : Big Brother 2.0 », publié le 10/12/07 sur NetEco.com.
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