dimanche 29 novembre 2009

A chaque diamant son passeport

La chambre de commerce internationale estime qu'aujourd'hui le commerce mondial de produits contrefaits représenterait 7% du commerce international (calcul établi sur la base des saisies douanières), soit un montant avoisinant les €360 milliards.

Le marché des biens de luxe est l'un des premiers touché par ce « fléau ». La Fédération de l’industrie Horlogère suisse, considère que la production annuelle de montres suisses contrefaites se chiffre à 40 millions d'unités, pour un bénéfice net atteignant le milliard de dollars (approx. €670 millions, Communiqué du 6 février 2009). Le phénomène prend toute son ampleur lorsqu’on le rapporte aux volumes des exportations horlogères suisses de 2008 : 26 millions d’unités.

Mais le secteur horloger n'est pas l’unique victime de ce « fléau ». Eric Woerth (Communiqué Campagne contre la contrefaçon organisée par le Comité Colbert, Avril 2009), soulignait que les agents des douanes avaient saisi 6,5 millions d'articles contrefaits en 2008, pour une valeur de €467 millions, soit une augmentation de + 41% par rapport à 2007. Le secteur textile à lui seul représentait 1,2 million de pièces saisies.

Cette explosion est à relier avec l’utilisation d’internet, qui facilite la connexion entre acheteurs et vendeurs « peu scrupuleux » sous couvert d’anonymat. C'est la thèse soutenue par Eric Woerth, qui divulguait que le nombre de produits saisis par les douanes françaises, via des échanges sur le web, avait connu une croissance de 155% (passant de 244 000 en 2007 à plus de 623 000 en 2008,). On comprend mieux dès lors les conflits qui opposent de manière récurrente LVMH, Hermès et les autres grands noms du luxe à Ebay; Ainsi que les pressions exercées par ces mêmes acteurs auprès de Neelie Kroes (Commissaire européenne à la concurrence) concernant l’autorisation de la vente en ligne des produits de luxe. En effet la Commission européenne vise à libéraliser les réseaux de distribution du luxe, et donc remettre en cause le principe de distribution sélective accordé au secteur, afin de permettre à des sites comme Ebay de concurrencer les grandes maisons.

En Février 2009, afin d'endiguer la progression de la contrefaçon au sein de cette industrie, le gouvernement français et le comité Colbert (composé de soixante-dix groupes de luxe), annonçaient le lancement d’une campagne de lutte contre la contrefaçon basée sur la publication de 10.000 affiches (en français et en anglais) dans les aéroports afin de sensibiliser les consommateurs sur les risques encourus.

Quelle Solution Apporter ?

Afin de lutter contre ce phénomène, les producteurs de diamants portent leurs espoirs sur la mise au point de nouveaux procédés d’identification « of the woman’s best friend ». La technologie doit permettre aux acheteurs de se rassurer quant à la qualité des produits acquis et permettre aux autorités d’identifier plus rapidement et avec un degré d’erreur quasi nul l’origine des diamants contrôlés.

De Beers Group
, entreprise leader dans les domaines de l'extraction et la distribution de diamants, s'associe à EDAPS Consortium, une entreprise ukrainienne spécialisée dans la protection de documents réputés inviolables.

EDAPS est notamment en charge de contrats relatifs de la production de passeports, et c’est exactement ce que De Beers requiert pour ses pierres précieuses. Un passeport individuel et inviolable qui permettra de d'assurer l'authenticité et la traçabilité du produit.

EDAPS donne un numéro unique à chaque pierre qui est gravé et rendu imperceptible, hors mis via l’utilisation d’un équipement spécifique. Le passeport contient une photo de la pierre, son numéro d'identification, son poids en carat, une définition de sa clarté, de sa coupe exacte ainsi que de ses origines et « mensurations ». Ces informations sont retranscrites sur une page en polycarbonate réputée indestructible. Chaque passeport est protégé par 29 cryptages (non divulgués pour des raisons évidentes; le chiffre 29 est lui-même à nuancer) rendant sa contrefaçon comme sa modification "impossible".

"While the De Beers Diamond Passport is the first to utilize this new secure identification and authentication technology, its success has enabled us to pursue expanded use of highly sophisticated security measures that include spectral taggants, contactless chips and customized holograms to provide effective, secure and reliable documents to help protect a wide range of valuables and consumer products," said Yuri Sidorenko, Chairman of the Advisory Board of the EDAPS Consortium (Interview issue de quotes.stocknod.com).

Cette innovation représente une avancée significative dans la lutte contre la contrefaçon. L’initiative du groupe De Beers devrait être suivie par une multitude de Maisons de Luxe, qui se limitent aujourd’hui à fournir un certificat « basique » accompagnant la vente de leurs créations.

On peut penser que les efforts combinés des forces publiques, organisations et associations, ainsi que des entreprises, dans les domaines de la prévention, de l’information et de la répression endigueront le phénomène de contrefaçon.

Yoann Rodriguez

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