lundi 2 août 2010

BlackBerry, le smartphone espion ?

Suite à une circulaire du secrétariat général de la Défense Nationale, la France avait décidé en 2007 que ses ministres, ses hauts fonctionnaires et les entreprises certifiés par le ministère de la Défense n'utiliseraient plus de BlackBerry. La raison était que les téléphones du fabricant canadien RIM ne seraient pas assez sûrs et que les données pouvaient être volées.

En effet, les données transmises par ces smartphones passent systématiquement par les serveurs du constructeur, situés au Canada et aux Etats-Unis pour ces deux pays, et au Royaume-Uni pour l'Europe. Si au regard des exigences de sécurité énoncées par RIM l'hypothèse semblait peu probable, il n'empêche que les Etats-Unis entretiennent des liens étroits avec le Royaume-Uni, tous deux pays membres du programme Echelon. Ne pourrait-on pas alors imaginer que, pour des raisons de national security, la société livre certaines informations ayant transité par ses serveurs ? Thalès a conçu à l'époque un terminal ultra-sécurisé pour les personnalités les plus importantes de l'Etat afin de remédier à ces risques.

Aujourd'hui, ce sont les pays du Golfe qui remettent en question l'utilisation du BlackBerry par leur citoyens. Les Emirats Arabes Unis ont ainsi averti qu'ils censureraient, pour des raisons de sécurité nationale, certaines fonctionnalités du smartphone, telles que le chat, les e-mails et la recherche sur internet, soit tout ce qui fait du BlackBerry un smartphone, et ce dès le 11 octobre 2010. L'Arabie Saoudite pourrait suivre. L'Inde a également prévenu qu'elle suspendrait les services des BlackBerry si RIM ne donnait pas accès aux données cryptées, circulant par ses serveurs, aux services de sécurité indiens.

Aline GOLETTO-DIDIER

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