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vendredi 27 avril 2012

Les "Plateformes Mutualisées d'Innovation" pour être plus compétitif

Avec l’accélération de la mondialisation, la question de l’innovation devient une évidence pour tous. En effet l’innovation combinée à la recherche sont les seuls garants de la compétitivité d’une économie dans ce contexte de concurrence internationale et permettent à terme d’atteindre les objectifs de croissance, d’emploi et de cohésion pour les économies développées.
C’est en suivant cet objectif, qu'ont été mises en place « Les plateformes mutualisées d’innovation », qui sont des lieux offrant des ressources mutualisées à savoir des équipements, du personnel, et des services permettant ainsi de mener à bien des projets de R&D. Elles ont donc une vocation économique: permettre la croissance et le développement des marchés, développer la compétitivité des entreprises et celles des régions Françaises.
Objectifs et enjeux

Suite aux objectifs fixés par l'Union Européenne (UE) en matière d'innovation, de R&D... (sommet de Lisbonne en 2000 ; Le conseil Européen en 2005 ; La politique de cohésion 2007 / 2013 ), la France est face à un défi, celui de réussir à mettre en place des dispositifs efficaces mais surtout efficients afin de donner un nouveau souffle à l’industrie du pays.
C’est dans cette optique qu’ont été créés les pôles de compétitivité en 2005. Sur une période plus récente, on va assister à la mise en place d’un nouveau concept au sein de ces pôles à savoir : « les plateformes mutualisées d’innovation » qui d’après l’ambition des politiques sont « destinées à offrir aux acteurs des pôles de compétitivité des ressources mutualisées en accès ouvert (équipements, prestations, services...) leur permettant de mener à bien leurs projets innovants, et notamment leurs projets de recherche et développement, mettant à leur disposition des moyens d'essais, ou rendant possible la réalisation de tests d'usage à grande échelle auprès d'une communauté d'utilisateurs professionnels ou non ».  (source Sénat)
Selon la définition du ministère de l’industrie, les plateformes mutualisées d’innovation sont des pôles offrant des ressources mutualisées en accès ouvert. A destination des pôles de compétitivité et en particulier des PME. Par ressources mutualisées on entend : la mise en place d’équipement, mise à disposition de personnel et de services, pour « permettre de mener à bien des projets de recherche et développement à forte retombées économiques, pouvant aller jusqu’à leur phase d’industrialisation et de mise sur le marché ».
La politique des plateformes apparaît donc dans un contexte européen et international dominé par la question de l’innovation. Notamment le couplage Science / Innovation. Il s’agit pour les pouvoirs publics d’identifier au sein des institutions scientifiques, des mécanismes incitatifs et organisationnels qui pourraient favoriser la diffusion des connaissances issues de la recherche.
Les objectifs de ces plateformes sont multiples :
  • favoriser la croissance, le développement mais surtout la compétitivité des régions au travers de l’innovation technologique;
  • mutualiser, dans le but de réduire les coûts d’innovation et de maintenance;
  • susciter des dynamiques d’innovation et de coopération;
  • favoriser le recrutement de personnes compétentes capables de faire fonctionner ces équipements de pointe...
L'opérateur public qui est chargé d'assurer la mise en œuvre, est la Caisse des Dépôts et Consignations.

Importance d'avoir une démarche d'Intelligence économique

L'intelligence économique (IE) est un facteur majeur dans la mise en place de ces plateformes. Dans une démarche d'IE, on acquiert des informations stratégiques, on anticipe, on protège le patrimoine technologique, on peut également suivre les évolutions réglementaires et normatives, technologiques, scientifiques et industrielles… Ce qui permet en effet de pouvoir se positionner par rapport à son environnement concurrentiel, d’identifier d'éventuels partenaires, et de se développer à l’international (par le biais de partenariats technologiques par exemple).
Les "Plateformes mutualisées d'innovation" sont à l’origine de la production et de la circulation d’une grande masse d’informations (souvent à forte valeur ajoutée). Il est donc indispensable que la gestion de ces informations se fasse dans de bonnes conditions de sécurité : sourcing, paramétrage, requête, plan de classement de l'information, utilisation de plateformes numériques sécurisées d’échanges d’informations, stockage…
La démarche d'IE, c'est aussi de pouvoir réunir différents acteurs, compétences, savoirs, dans un lieu (réseau) unique afin de faire émerger une connaissance commune. Ainsi, les PME innovantes (souvent des Start-up) et les instituts de recherche... par l’intermédiaire des plateformes vont pouvoir mener à bien leurs recherches et avoir la possibilité de procéder à des projets d’innovation, des essais et des tests, développer des prototypes et/ou des préséries, voire de servir de laboratoires d’usages ou « living labs ». Le but étant à termes d'assurer la croissance et la compétitivité des régions au niveau international.

jeudi 29 avril 2010

Pôle de compétitivité Aerospace Valley

Basé en Midi-Pyrénnées et Aquitaine, ce pôle de compétitivité se concentre sur les domaines aéronautiques, l'espace ainsi que les systèmes embarqués. Dans ces domaines, c'est aussi le plus grand gisement d'emplois en Europe avec 120000 emplois industriels répartis à travers plus de 1600 entreprises. C'est par ailleurs le premier pôle français en termes d'enseignement supérieur et compte pas moins de 8500 emplois dans la recherche.

De nombreuses entreprises prestigieuses font partie du pôle comme Alstom, Airbus, Dassault, EADS, Thalès, Air France Industries, Safran, à travers Microturbo, Turbomeca et Snecma Propulsion Solide.

Organisé en DAS et DAT, ce pôle mondial a signé avec l'Etat un "contrat de performance" avec pour but l'excellence, le maintien de la place sur son segment, l'emploi et l'innovation.

Plus d'information sur ce pôle à cette adresse.


En terme d'intelligence économique (IE), ce pôle abrite un projet très intéressant, le projet IntellIEMIP, défini comme "action collective favorisant la démarche d'intelligence économique en e-formation dans le cadre d'un projet stratégique de développement d'entreprise, labellisé par le pôle Aerospace-Valley comme projet structurant".

Réalisé avec le soutien de l'Etat à travers la DRIRE mais aussi de l'Europe avec la FEDER, IntellIEMIP se veut un projet d'envergure qui a pour but de sensibiliser et d'accompagner les PME/PMI dans leur démarche d'IE. Afin de prendre leurs décisions stratégiques, un outil d'IE va être mis à disposition des entreprises. Développé par ARCTIA, il permettra "un accompagnement physique et dématérialisé" de la démarche.

Ce programme d'intelligence économique fait bénéficier les entreprises d'un réseau d'experts et d'une véritable méthode, pour la somme de 3500 euros. Le reste, à savoir 80% est pris en charge par l'Etat et l'Europe.

Source:
http://intelliemip.org/pages/home

Fabrice Maloney

samedi 13 décembre 2008

L'intelligence territorriale: des concepts à la réalisation pratique (origine, objet, méthode)

«… dans de nombreux pays se développe une nouvelle organisation des systèmes productifs qui recherche dans la coopération entre les entreprises et les territoires, de nouvelles marges de progression… »
D.A.T.A.R (Etude prospective sous la direction de Daniel Darmon), La France, puissance industrielle – une nouvelle politique par les territoires (Réseaux d’entreprises, vallées technologiques, pôles de compétitivité), Paris, Premier Ministre – D.A.T.A.R, 2004, 132 p.

Cette citation extraite d’un rapport de la D.A.T.A.R de 2004 définit, d’emblée, bien l’enjeu de la politique publique d’intelligence territoriale menée en France. Une série de rapports, dès les années 2003-2004 (Rapports de M.Blanc, M.Beffa, de la D.A.T.A.R,…) établit la nécessité de repenser l’action publique en matière développement économique en définissant une « méthode » de travail : partir du « concret », de ce qui existe comme potentiel humain et industriel sur un territoire donné pour apporter une aide efficace afin de soutenir l’activité économique du pays tout entier. Le Préfet Pautrat dans une autre note sur la politique publique d’intelligence territoriale précise celle-ci dans la perspective de la mise en place d’une « économie de la connaissance » (PAUTRAT Rémy (Préfet -H-, Délégué général de France Intelligence Innovation), La politique publique d’intelligence territoriale : vers l’Etat stratège et partenaire, Note de synthèse du ministère de l’intérieur, 2005, 6p.). D’après lui « …on peut définir l’intelligence territoriale comme la valorisation et la coordination des points forts des différents territoires et de leur tissu de P.M.E/P.M.I afin de les transformer en atouts décisifs dans la compétition commerciale européenne et mondiale… ». Il ne s’agit donc plus d’aider «de façon sectorielle» un type particulier d’activité ou bien d’intervenir ponctuellement sur une zone géographique précise « économiquement sinistrée ». La démarche est toute autre, elle s’appuie autant sur l’étude de travaux théoriques (notamment ceux de Porter sur les « clusters ») que sur une analyse comparative des dynamiques territoriales de succès existant dans d’autres pays (Etat-Unis, Finlande, Espagne, Italie,…). L’ambition est d’identifier les « ressources » au sens large (moyens de production, facteur humain, centres de formation et de recherche,…) existant dans un espace géographique donné afin de permettre une organisation en réseaux du territoire, facteur décisif de compétitivité (idée développée notamment dans le rapport de M.Blanc) (BLANC Christian (Parlementaire en mission - Rapport au Premier Ministre), Pour un écosystème de la croissance, Paris, La documentation française, 2004, 81 p.). En définitive tel que l’a défini tout récemment M.Pautrat dans un article de Juin 2008 de « Construire », « …Favoriser des partenariats entre les entreprises, les centres universitaires et les collectivités locales, s'affirme capital. (…) c'est précisément le rôle central de l'État stratège en matière économique et industrielle …». L’ « Etat stratège » (notion fondamentale) doit cependant déterminer l’échelon « politico-administratif » de réalisation concrète de ses actions.

De ce point de vue, force est de constater deux choses. En premier lieu, du fait de l’histoire politique de la France, la « compétence » juridique en matière de développement économique est « partagée » entre l’Etat, les Régions, les Départements, les Intercommunalités et les Communes, sans compter les aides européennes en la matière. D’autre part il est rare que l’activité économique corresponde avec les cadres « politico-administratifs » précédemment définis car elle s’est développée suivant sa propre logique. Une fois ce constat dressé, il est aisé de comprendre l’enjeu de la politique d’I.T menée actuellement : amorcer une profonde réforme de notre structure politico-administrative de façon à accompagner territorialement l’activité économique. Ceci permettant d’organiser la nécessaire proximité du politique et de l’économique, que Charles De Gaulle avait souligné dans ses « Mémoires d’espoir », écrivant « La politique et l’économie sont liées l’une à l’autre comme l’action et la vie ».

C’est dans cette optique que doit être appréciée l’action de la « Mission Blanc » (secrétaire d’État chargé du Développement de la région capitale). L’objectif assigné par le président de la République Nicolas SARKOZY s’inscrit précisément dans cette démarche : «La vision doit précéder le projet, et le projet doit conduire au choix de l’organisation et de la gouvernance» (Lettre de mission de Christian BLANC du 7 Mai 2008 (pdf)). La lettre de mission souligne la nécessité de travailler avec tous les niveaux de responsabilité et de compétence (Etat, Région, Conseils généraux, communes,…) et l’objectif ultime : « l’invention d’un nouveau mode de gouvernance et de financement ». Dès la conférence du 13 Mai 2008, le secrétaire d’Etat en mission, Christian Blanc (Point presse du 13 Mai 2008 de Christian Blanc) définissait de façon pratique deux réalisations concrètes prioritaires qui illustrent la vigueur de la volonté d’action territoriale de l’Etat:
  1. la création d’un cluster technologique et scientifique d’envergure mondiale sur le Plateau de Saclay au Sud
  2. l’aménagement de la Plaine de France au Nord-est
De la rapidité de mise en action de la politique définie par le Président de la République, au cours des prochains mois (dans une conjoncture économique qui risque d’être plus défavorable), dépend une grande part du dynamisme et de la prospérité de notre pays pour la décennie à venir. Ainsi que l’ a fort bien dit R.Dautry (Ministre de l'Armement du 20 Septembre 1939 au 16 Juin 1940) en d’autres temps troublés « L’avenir sera fait non de nos souhaits et de nos pronostics mais de notre volonté et de nos actes » (« Raoul Dautry, du rail à l'atome », Vladimir Halpérin, Fayard 1997).

Florent Mattei