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mercredi 7 novembre 2012

Laboratoires d'idées, R&D et course vers l'innovation

R&D dans le monde

Les investissements en R&D dans le monde ne cessent de croitre, avec un budget établi à plus de 1 400 milliards de dollars prévu pour l’année 2012 par près de 40 pays dans le monde, avec un trio de tête composé par les Etats-Unis, la Chine et le Japon. Cet élan est poussé par les groupes industriels et les entreprises qui cherchent à développer leurs activités et à rester compétitifs dans un contexte mondialisé, grâce à l’innovation technologique.

Des acteurs dominants

Certaines structures ont d’ailleurs développé l’ensemble de leur modèle de développement sur la recherche perpétuelle d’innovation, la créativité, y compris dans leur système managérial. Ainsi Google, Amazon ou Apple, se sont désormais imposés comme les géants du web.

Un modèle suivi

A l’image de ces grandes réussites, cette stratégie tournée vers la R&D, l’utilisation des nouvelles technologies et l’innovation ne s’impose plus qu’au sein des entreprises dont l’activité reste centrée sur les nouvelles technologies, le marketing et le web.

Le modèle étant facteur de compétitivité et d’attraction de la clientèle s’étend désormais dans des secteurs variés, marqués pourtant par l’image d’une certaine rigidité structurelle et d’une culture rigide.

Ainsi les groupes bancaires ou agroalimentaires ouvrent leur propre pôle de recherche et d’innovation et présentent désormais des solutions de shopping basées sur l’utilisation du mobile ou d’outil connecté par exemple.

Laboratoires d’idées dans la grande distribution

Walmart, le premier distributeur mondial, a récemment ouvert à la visite les portes de son bureau situé au cœur de la Silicon Valley et dédié à la création d’innovation, fonctionnant sur le modèle d’un laboratoire d’idée.
Walmart s’est inspiré des systèmes d’organisation managériale de groupes spécialisés dans les nouvelles technologies tels que Google ou Facebook, échappant ainsi à la culture propre aux groupes de grande distribution moins favorable à la création.
Cette tendance est d’ailleurs portée par de nombreux groupes à travers le monde, qui présentent chacun leur initiatives en terme de shopping connecté ou d’intégration du mobile dans le parcours d’achat de leurs clients.

Concrétisation des investissements

Ce type d’investissement mène finalement à l’apparition de nouveaux modèles de shopping et de paiement au sein des grands groupes distributeurs de part le monde.

Ainsi un des leaders de cette tendance est le britannique Tesco qui était le premier à lancer un magasin virtuel dans le métro coréen en été 2011. Par la suite, le groupe a poursuivi ces investissements et vient par exemple de présenter une solution de shopping virtuel en 3D à domicile baptisée « Store Trek ».



Les groupes français innovent aussi avec des offres de shopping sans contact pour Casino et Leclerc, et d’autres magasins virtuels lancés par Carrefour dans la gare de Lyon Part-Dieu le 2 octobre.

Un enjeu majeur de survie

Cette course à l’innovation est synonyme d’investissement important et même, pour les groupes tels que les géants du web, un enjeu clé de survie.
La R&D et la recherche de l’innovation sont devenues de véritables sujets de conflit entre les grands groupes. Cette guerre s’est d’ailleurs déplacée sur le secteur juridique, avec une course au brevet  extrêmement couteuse :  Apple et Google dépensant plus en frais juridiques qu’en R&D finalement (Apple ayant dépensé 3 milliards et 2011 et quelques 4 milliards cette année).

jeudi 18 octobre 2012

Le "brevet" ou la mort de l'innovation

Source: http://www.directmatin.fr/guerre-des-brevets
"L’économie de la connaissance connaît aujourd’hui des évolutions rapides ; la circulation des idées expérimente des formes nouvelles et les échanges de brevets se développent rapidement en favorisant une allocation plus fluide des actifs immatériels.
La séparation entre l’invention proprement dite et les actifs permettant sa mise en œuvre économique (capital physique, infrastructure commerciale, etc.) est une tendance majeure".
Ce  constat extrait du rapport intitulé "Les marchés de brevets dans l’économie de la connaissance "(document PDF, 2 Mo) nous renvoie directement aux événements actuels et à ce que certains appellent  la "guerre des brevets".

Le terme n’est pas nouveau mais revêt de plus en plus une dimension stratégique tant le rôle de la protection du patrimoine immatériel devient un thème central de la concurrence entre organisations mais aussi entre pays comme le décrivait Jean Tirole et Roger Guesnerie dans leur publication "L’économie de la Recherche-Développement",  en 1985 déjà...

Comme nous l’explique Bernard Lamon, « en France et aux Etats-Unis, les conditions pour obtenir un brevet sont identiques dans les grandes lignes, mais elles diffèrent sur un point. Dans les deux cas, il faut avoir résolu un problème et créer une invention.
En France, l’invention ne peut être un logiciel ou une méthode commerciale.
Aux Etats-Unis, la jurisprudence est beaucoup plus tolérante, et on trouve des brevets sur des méthodes commerciales. La jurisprudence de l’Office européen des Brevets est un peu plus tolérante sur les inventions mises en œuvre par un logiciel, mais quasi identique à la France concernant le rejet des brevets sur les méthodes commerciales. » (source: atlantico)
On touche ici à la notion de brevets d’usage plus large et plus compliquée à contourner, ces brevets deviennent des "actifs redoutables" ainsi, " lorsque l'innovation fait la différence commerciale, le brevet devient la première arme stratégique"(Vincent Lorphelin).

Longtemps le brevet a été considéré comme un moyen de protéger une invention mais désormais, "poursuivre en justice, c’est un moyen d’enrayer le dynamisme des concurrents et de préserver les parts de marché", explique aux Echos Leslie Griffe de Malval, de la société IT Asset Management.
Le procédé n’est donc plus seulement défensif mais aussi offensif.
L’émergence des Smartphones et le marché qu’ils représentent ont fait exploser cette tendance en créant une véritable économie du brevet, en témoigne cette infographie:


Source: Reuters

"Depuis quelques années, sont apparus des acteurs que les initiés appellent des “patent trolls”: des entreprises ou des particuliers qui utilisent le système des brevets non pour protéger leurs inventions, mais pour gagner de l’argent d’une manière qui peut s’apparenter à du chantage ou à de l’extorsion. Par exemple en faisant breveter des procédés qui existent déjà mais ne sont pas protégés ; ou encore, plus souvent, en acquérant un brevet (auprès d’une firme en faillite) puis en menaçant d’un procès une entreprise utilisant la technologie protégée. Laquelle entreprise aura le choix entre payer une licence au prix fort, ou encourir le risque d’un procès et les frais qui y sont associés".

Cette explication, parue dans ParisTech Review ," Les brevets freinent-ils l’innovation?" caractérise le changement d'idéologie des entreprises et la question se pose désormais sur le bien-fondé du procédé ; le brevet avait pour but de protéger une entreprise dans sa démarche de recherche et développement, de lui permettre de rentabiliser les frais engagés et de garder son avantage compétitif vis-à-vis de ses concurrents.

Il semblerait qu’aujourd’hui le but ne soit plus de protéger l’innovation mais d'empêcher celle des autres. Cette tendance mise en perspective macro-économique peut paraitre inquiétante et le nombre de procès engagés ces derniers mois remet directement en cause la valeur même de ces brevets,  l’adéquation du système aux méthodes actuelles mais aussi la capacité des tribunaux à statuer.

Les problèmes anticoncurrentiels générés nous font craindre une menace sur l’innovation elle-même mais surtout, dans un monde et une économie où la performance est basée sur l’échange d’information et sa fluidité, nous ne pouvons qu’espérer que le système sera capable de s’adapter afin de ne pas s’en trouver lui-même déséquilibré.

Pour aller plus loin:

vendredi 27 avril 2012

Les "Plateformes Mutualisées d'Innovation" pour être plus compétitif

Avec l’accélération de la mondialisation, la question de l’innovation devient une évidence pour tous. En effet l’innovation combinée à la recherche sont les seuls garants de la compétitivité d’une économie dans ce contexte de concurrence internationale et permettent à terme d’atteindre les objectifs de croissance, d’emploi et de cohésion pour les économies développées.
C’est en suivant cet objectif, qu'ont été mises en place « Les plateformes mutualisées d’innovation », qui sont des lieux offrant des ressources mutualisées à savoir des équipements, du personnel, et des services permettant ainsi de mener à bien des projets de R&D. Elles ont donc une vocation économique: permettre la croissance et le développement des marchés, développer la compétitivité des entreprises et celles des régions Françaises.
Objectifs et enjeux

Suite aux objectifs fixés par l'Union Européenne (UE) en matière d'innovation, de R&D... (sommet de Lisbonne en 2000 ; Le conseil Européen en 2005 ; La politique de cohésion 2007 / 2013 ), la France est face à un défi, celui de réussir à mettre en place des dispositifs efficaces mais surtout efficients afin de donner un nouveau souffle à l’industrie du pays.
C’est dans cette optique qu’ont été créés les pôles de compétitivité en 2005. Sur une période plus récente, on va assister à la mise en place d’un nouveau concept au sein de ces pôles à savoir : « les plateformes mutualisées d’innovation » qui d’après l’ambition des politiques sont « destinées à offrir aux acteurs des pôles de compétitivité des ressources mutualisées en accès ouvert (équipements, prestations, services...) leur permettant de mener à bien leurs projets innovants, et notamment leurs projets de recherche et développement, mettant à leur disposition des moyens d'essais, ou rendant possible la réalisation de tests d'usage à grande échelle auprès d'une communauté d'utilisateurs professionnels ou non ».  (source Sénat)
Selon la définition du ministère de l’industrie, les plateformes mutualisées d’innovation sont des pôles offrant des ressources mutualisées en accès ouvert. A destination des pôles de compétitivité et en particulier des PME. Par ressources mutualisées on entend : la mise en place d’équipement, mise à disposition de personnel et de services, pour « permettre de mener à bien des projets de recherche et développement à forte retombées économiques, pouvant aller jusqu’à leur phase d’industrialisation et de mise sur le marché ».
La politique des plateformes apparaît donc dans un contexte européen et international dominé par la question de l’innovation. Notamment le couplage Science / Innovation. Il s’agit pour les pouvoirs publics d’identifier au sein des institutions scientifiques, des mécanismes incitatifs et organisationnels qui pourraient favoriser la diffusion des connaissances issues de la recherche.
Les objectifs de ces plateformes sont multiples :
  • favoriser la croissance, le développement mais surtout la compétitivité des régions au travers de l’innovation technologique;
  • mutualiser, dans le but de réduire les coûts d’innovation et de maintenance;
  • susciter des dynamiques d’innovation et de coopération;
  • favoriser le recrutement de personnes compétentes capables de faire fonctionner ces équipements de pointe...
L'opérateur public qui est chargé d'assurer la mise en œuvre, est la Caisse des Dépôts et Consignations.

Importance d'avoir une démarche d'Intelligence économique

L'intelligence économique (IE) est un facteur majeur dans la mise en place de ces plateformes. Dans une démarche d'IE, on acquiert des informations stratégiques, on anticipe, on protège le patrimoine technologique, on peut également suivre les évolutions réglementaires et normatives, technologiques, scientifiques et industrielles… Ce qui permet en effet de pouvoir se positionner par rapport à son environnement concurrentiel, d’identifier d'éventuels partenaires, et de se développer à l’international (par le biais de partenariats technologiques par exemple).
Les "Plateformes mutualisées d'innovation" sont à l’origine de la production et de la circulation d’une grande masse d’informations (souvent à forte valeur ajoutée). Il est donc indispensable que la gestion de ces informations se fasse dans de bonnes conditions de sécurité : sourcing, paramétrage, requête, plan de classement de l'information, utilisation de plateformes numériques sécurisées d’échanges d’informations, stockage…
La démarche d'IE, c'est aussi de pouvoir réunir différents acteurs, compétences, savoirs, dans un lieu (réseau) unique afin de faire émerger une connaissance commune. Ainsi, les PME innovantes (souvent des Start-up) et les instituts de recherche... par l’intermédiaire des plateformes vont pouvoir mener à bien leurs recherches et avoir la possibilité de procéder à des projets d’innovation, des essais et des tests, développer des prototypes et/ou des préséries, voire de servir de laboratoires d’usages ou « living labs ». Le but étant à termes d'assurer la croissance et la compétitivité des régions au niveau international.

jeudi 7 octobre 2010

Journées de l'innovation et de l'intelligence économique

La troisième édition des Journées de l'Innovation et de l'Intelligence Economique se déroulera du 12 au 22 octobre 2010 dans les huit départements d'Ile-de-France.

12 conférences-ateliers seront proposées pour accompagner les PME-PMI franciliennes dans leurs recherches de nouveaux clients. Parce qu'innover et maîtriser l'information stratégique offrent aux entreprises de nouvelles perspectives de marchés, de nombreux experts présenteront des outils adaptés aux PME et expliqueront comment en tirer partie au bénéfice d'une croissance de leur chiffre d'affaires. Source incontournable d'informations et de contacts, ces journées sont un point d'entrée dans l'écosystème régional de l'innovation.

Le réseau des CCI de Paris - Ile-de-France organise cet événement, en partenariat avec la Région Ile-de-France, Enterprise Europe Network, OSEO et l'INPI. Ces journées sont parrainées par la Préfecture de la Région d'Ile-de-France.

Liens / sources / en savoir plus
Mehdi Dahmane

jeudi 29 juillet 2010

Les transferts de technologies en Chine, freins ou encouragements à l'innovation ?

La Chine, avec ses 1,3 milliards d'habitants, constitue le marché le plus peuplé du monde et attise en conséquence les investissements étrangers. Or, il semble que depuis quelques mois les dirigeants de grandes entreprises étrangères manifestent leurs inquiétudes concernant les transferts de technologies réclamés par la Chine afin d'avoir accès à son marché.

Le Président du Directoire du numéro un mondial de la chimie, l'allemand BASF, parle même d'une "obligation de transfert de technologies" pour les entreprises souhaitant pénétrer le marché chinois. Pékin a démenti le jeudi 29 juillet, en réponse à un rapport de la Chambre de Commerce des Etats-Unis. Celui-ci comparait le comportement de la Chine à "un modèle de vol de technologies à l'échelle mondiale". Certes les conflits portant sur des questions économiques sont monnaies courantes entre les deux géants mondiaux mais la Chambre de Commerce européenne en Chine a également fait part de ses préoccupations sur le sujet.

Un responsable du ministre chinois du Commerce a déclaré que la Chine respecte les règles de l'OMC. C'est peut-être vrai, il n'empêche qu'à trop grande échelle ces transferts de technologies constituent un risque pour l'innovation (puisque l'inventeur ne peut en garder pas le monopole s'il souhaite vendre sur certains marchés). Néanmoins, la reproduction d'une technologie prend du temps ; il faut alors espérer que les entreprises innovantes seront déjà en train de commercialiser une nouvelle technologie. Vu sous cet angle, le transfert de technologie ajouterait à la motivation des inventeurs...

Aline GOLETTO-DIDIER

mercredi 10 février 2010

L'intelligence des risques: soutien ou moteur de l'innovation? Repenser le principe de précaution

Le mardi 2 février 2010, François Ewald a présenté l'étude "Aux risques d'innover. Les entreprises face au principe de précaution" dans le cadre des réflexions du soir de l'institut Diderot.

Le principe de précaution, notion galvaudée, souvent mal comprise, fait actuellement l'objet d'une évaluation de sa mise en oeuvre par le Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale. Cette évaluation a été décidée par le Président Accoyer fin octobre 2009 et sera adoptée au cours du second trimestre 2010.

De ces débats, il apparaît, entre autres et à mon sens, plusieurs perspectives et interrogations aux entreprises pour mieux composer avec le principe de précaution à l'avenir:

1) Comme à la RATP, la première mesure à prendre par les entreprises peut être de créer un poste de risk manager, fonction largement absente des organigrammes, même des plus grandes entreprises du pays.

2) Plutôt que de travailler en réaction à la dénonciation des risques potentiels que la société voit en certains produits, agir plus en amont avant de mettre une innovation sur le marché et agir sur la perception des risques, leur acceptance par les citoyens, serait une possibilité pour intégrer de façon plus intelligente le principe de précaution.

3) François Ewald s'est montré assez critique envers le déplacement du pouvoir de décision vers les sciences humaines aux dépens des sciences dures, mais, au risque d'être utopique, un principe de précaution décomplexé n'implique-t-il pas que les innovations se fassent d'après l'observation des attentes de la société, dans une démarche bottom-up, plutôt que en "push" par les scientifiques comme c'est le cas des entreprises traditionnelles? C'est une autre façon de penser le business, certes, mais l'Humain serait au centre et le consensus serait plus présent.

Sources: Comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée Nationale, voeux du Président Accoyer, Institut de l'entreprise.

François Vidal Castel