lundi 25 juin 2012

Twitter: arme ou hara-kiri politique?

Depuis la campagne présidentielle 2.0 de Barack Obama en 2008 et sa suite en 2012, les réseaux sociaux sont devenus un outil indispensable aux politiciens souhaitant toucher le public le plus large possible.
Simples, rapides et efficaces, ces sites web ou applications pour smartphone sont des instruments de communication "révolutionnaires" qui permettent de transmettre un message ou une idée de manière quasi instantanée et surtout à un public large et facilement ciblé. Facebook, Twitter ou encore Instagram aujourd'hui sont autant de noms qui sont désormais entrés dans le langage courant de nos dirigeants.

L'accès à ces outils web et réseaux sociaux est aisé, tant au niveau de l'inscription (gratuite et rapide) qu'au niveau de leur utilisation intuitive. Pourtant, bien que simplistes voire même parfois superficiels (un message sur Twitter ne peut dépasser les 140 caractères), les réseaux sociaux ont démontré plus d'une fois leur puissance et leur pouvoir médiatique dévastateur.
Vous n'avez certainement pas échappé à la première "bévue" de notre nouvelle première dame de France, Valérie Trierweiler. Deux jours après le premier tour des élections législatives, cette dernière publie sur son Twitter "Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé".

Tweet de Valérie Trierweiler, le 12 juin 2012
Curieux soutien quand on sait que l'adversaire d'Olivier Falorni n'est autre que Ségolène Royal, l'ex-femme de François Hollande.
Seulement quelques minutes après cette publication, la presse s'empare du message et le rediffuse largement sur tous les supports médiatiques existants. Il n'aura finalement fallu qu'une poignée d'heures pour obtenir des réactions des opposants, des soutiens et autres commentaires. Le buzz est très vite engendré et il entraine une tempête médiatique autour des élections de la Rochelle et prend même une tournure d'affaire nationale après le commentaire de François Hollande.
Plutôt efficace pour un message de seulement 24 mots.

A l'issue du deuxième tour, Ségolène Royal échoue face à Olivier Falorni et est persuadée que ce tweet ne l'a pas aidé dans sa campagne (voir article de lci-tf1 : Le tweet de Valérie Trierweiler "n'a pas arrangé les choses")

Cet incident n'est pas le premier et s'ajoute déjà à plusieurs autres scandales du web.
Si le tweet de Cécile Duflot sur la légalisation du cannabis a finalement abouti à une explosion de sa visibilité (voir article de l'atlantico : Le cannabis fait exploser Cécile Duflot en visibilité sur Twitter (mais pas qu'à son avantage)), d'autres se seraient bien passés de cette publicité. Éric Besson a visiblement eu des difficultés à utiliser son Twitter au point de publier des messages plutôt éloquents et personnels (voir article de l'express : Eric Besson publie par erreur un mot doux sur Twitter). Là non plus, le relai ne s'est pas fait attendre, à tel point qu'il a finalement désactivé son compte Twitter (voir article dans le figaro : Eric Besson ferme son compte Twitter).

Espérons seulement que nos dirigeants tireront les leçons de leurs prédécesseurs et ne prendront  plus à la légère des outils aussi puissants que les réseaux sociaux. Ils ont démontré plus d'une fois leur utilité et ont déjà participé au renversement de certains pays. Ils ne sont pas des "place to be" et doivent être gérés sur les conseils de professionnels quand on sait qu'ils sont lu par de nombreuses personnes ou susceptibles d'être relayés.

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