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mercredi 21 novembre 2012

Réseaux sociaux : le mariage heureux de Linkedin et des entreprises


La communication des entreprises s’est vue littéralement bouleversée par l’apparition rapide et la montée fulgurante des médias sociaux. Ceux-ci permettent aux consommateurs, aux candidats de créer, relayer de l’information sur les entreprises et marques. Une authentique transparence d’échange prend place et nombreuses sont les organisations victimes de cette transparence. Réputation, notoriété, image, influence, confiance peuvent êtres détruits par une crise de communication "online". Le challenge aujourd’hui est pour les entreprises de saisir le train en marche, de comprendre les médias sociaux existants, de choisir sur lesquels se positionner et quel discours tenir. Les entreprises doivent ouvrir le spectre de leur communication aux réseaux sociaux.
Les médias sociaux se présentent à la fois comme une opportunité de communiquer à une grande échelle, de créer de la proximité et de décupler son image de marque. Mais c’est aussi une menace car la moindre erreur peut avoir des répercussions inquiétantes en termes financiers et de confiance.

Les entreprises se sont lancées dans l’univers impitoyable des réseaux sociaux, une étude Burson-Marsteller révèle dans le Figaro que parmi les grandes entreprises du classement Forbes 100, 84% ont une visibilité sur au moins un réseau social en 2011, contre 79% en 2010.  Si l’on décortique les médias sociaux utilisés par les entreprises on se rend compte que Facebook et Twitter occupent le haut du pavé. Résultats paradoxaux en effet car ces réseaux sociaux sont d’abord dédiés aux échanges entre « particuliers », à la transmission d’information en temps réel. La place de l’entreprise arrive en second plan. Par exemple Facebook développe une offre « corporate » seulement en 2010, l’apparition de la timeline entérine la volonté du géant de faire venir les entreprises dans son univers.

Mais quelle histoire raconter ? Se positionner comme une Marque, avec des produits et des innovations, c’est-à-dire une communication semblable à celles existantes sur les canaux radio/presse/télé ? Ou se positionner aussi comme un employeur idéal, un lieu de développement de ses talents ?

Linkedin, bien que placé en moins bonne position dans le cœur digital des entreprises jouit d’un positionnement particulier et à mon avis extrêmement pertinent. Publicis publie un livre blanc à ce sujet en parlant de « nouveau territoire de communication » et « d’outil négligé ».
Il présente les opportunités méconnues des « company pages », une offre variée et extrêmement marketée, contrairement à Facebook où l’aspect « employeur / recruteur » n’arrive que doucement. Linkedin c’est promouvoir une marque, des produits, une stratégie, une vision, mais aussi des opportunités et des métiers sur une même page.
Linkedin permet ce doux mélange, présenter une entreprise à la fois par ses produits et ses hommes. Ainsi l’entreprise qui choisit d’être acteur sur ce réseau peut positionner le membre de linkedin à la fois comme client et potentiel collaborateur. Linkedin devient alors à la fois un outil commercial et un support de communication RH.

Google prouve ici son innovation, son génie créatif et ainsi sa force concurrentiel tout en rappelant que derrière toute création se trouve des métiers et des gens. Ainsi force le respect « commercial » et « rh » joue sur les deux attractivité et la confiance.

Au-delà de cette possibilité Linkedin c’est aussi un réseau social qui utilise les grands principes du marketing tout en intégrant les grandes nouveautés de communication d’entreprise : transparence, qualité, réactivité, dimension promesse employeur/rh.
En effet, les « company pages » peuvent se décliner dans des audiences, c’est-à-dire un message, un univers graphique différent selon les cibles = des marchés définis en amont. Nous pouvons penser à des audiences par pays ou zones géographiques mais également par métiers ou profils. La maîtrise de son image et de son discours s’en voit affinée.


Page Danone France

Le marketing se définit par un ciblage des marchés, profitables mais c’est aussi mener des analyses chiffrées et fournies. Linkedin permet d’étudier les "followers" de l’entreprise, les "viewers" des profils de mes employés, d’où viennent et où partent les collaborateurs (guide utilisation linkedin). Il s’agit d’analyses de son attractivité sur différents marchés et types de populations : on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les études clients et marchés menés dans les services marketing des entreprises. Mais Linkedin permet aussi d’avoir une grande visibilité sur sa concurrence, ses activités, ses news, son positionnement, son attractivité… Sur ce dernier point il concurrence même les grandes entreprises de ranking en place selon Franck la Pinta.

Sur la page LVMH il est possible de voir si l'on a dans son réseau direct ou indirect des contacts travaillant chez LVMH. Ainsi le visiteur peut contacter son réseau et surtout se projeter dans l'entreprise de façon instantanée car du lien direct a été crée.

En conclusion, l’entreprise tâtonne dans son positionnement sur les réseaux sociaux, hésitant dans son message et le choix des réseaux. Il apparaît que Linkedin se présente comme un outil de qualité, bien que trop méconnu par son format innovant et fourni. Linkedin est la métaphore de l’avenir de la communication d’entreprise sur le web 2.0 : innovante, transparente, multiple et ciblée.


Sources/ en savoir plus :


mercredi 7 novembre 2012

Le journal interne d’entreprise, élément essentiel à la mémoire d’entreprise

L’ère industrielle a vu naître le journal interne d’entreprise et la Seconde Guerre Mondiale lui a donné plus de puissance avec un besoin accrue d’information. Véritable vecteur de motivation et de cohésion il participe à la productivité industrielle de l’époque et pour certains même à la victoire des Alliés selon l'article "Le Journal d'entreprise à la croisée des chemins de la technologie" de Charles Moumouni et Michel Beauchamp. La période post guerre guerre voit fleurir les journaux internes et son prolongement à travers de nouveaux outils par l’essor des nouvelles technologies.

Le journal interne a toujours eu pour vocation d’informer de façon descendante, de faire passer de l’information des dirigeants vers les salariés. Partie intégrante du développement social de l’entreprise, il encourage la fierté d’appartenance et dessine l’identité de l’entreprise, ses valeurs, son histoire. C’est une caisse de résonance qui met en scène les métiers et les hommes, ouvre des fenêtres aux collaborateurs sur d’autres projets, histoires... Donner de l’information apaise les collaborateurs qui vont prêter moins d’attention aux rumeurs et bruits de couloir, c’est un véhicule d’information primordiale.
Bien au-delà, le journal interne est un outil de communication entre salariés, les rallier à une cause commune, les amener à se rencontrer et à échanger. "Une entreprise doit élaborer un plan annuel dont l'objectif est de relayer sa stratégie, susciter l'adhésion de ses salariés, créer du lien et développer une culture commune", selon Jean-Marc Décaudin, co-auteur de "La Communication interne" (Dunod).
Le journal interne décloisonne de façon horizontale et verticale, il doit informer et donner de l’intelligence mais il doit  aussi procurer de la satisfaction et de la fierté.

Cependant, si on considère le journal d’entreprise comme un moyen d’information et de communication complet et continu dans l’organisation ne serait-il pas pertinent de l’envisager sous l’angle du management des connaissances ?

Le journal interne d’entreprise n’a pas pour vocation de rassembler le patrimoine, cependant, malgré lui il forme une mémoire. Selon Catherine Malaval dans son article « La presse d’entreprise, une mémoire de l’entreprise » il en forme même plusieurs :

- Une mémoire sélective
Le journal d’entreprise doit rassembler et non pas diviser, c’est en cela que sa mémoire est sélective car il évite les informations difficiles, qui pourraient diviser. Le journal est ‘éditorialement’ orienté, il n’est pas une boîte aux lettres, il véhicule un message, met en scène les actions et informations. Mais même les photos d’ateliers, témoignages, et informations sociales témoignent de l’état de l’organisation à une période donnée. C’est une photographie à un moment T, et toute photographie a un angle, une prise de vue, une position.

- Une mémoire du passé
Le journal interne relaie les mythes autour de la création et du développement  de l’entreprise. Il forme le canal de diffusion privilégié de ces histoires car l’écrit donne forme et pérennise l’aspect oral du mythe.
Au delà des contes et beaux mythes le journal interne recense les produits crées, valorise les innovations technologiques et ainsi permet d’établir une mémoire des savoir faire et prouesses techniques. Après les process, les produits, la communication interne promeuvent les sorties de produits, puis les valorisent puis les intègrent au patrimoine.
Ainsi le journal interne se fait mémoire du passé, d’un passé revisité, mis en scène certes, mais fonde un patrimoine en termes d’origines, de processus de fabrication et de produits développés.

- Une mémoire des représentations
L’entreprise a pris d’autres dimensions ces vingt dernières années, véritable acteur économique l’organisation se veut citoyenne, responsable et lieu d’enseignement. Les collaborateurs sont aussi la cible de ces messages et ceux-ci sont véhiculés par le journal interne. Par là même la culture d’entreprise, ensemble de symboles, représentations, codes et vocabulaires communs, se retrouve dans cette presse corporate. Chaque salarié peut ainsi trouver sa place, se représenter son « utilité » dans l’organisation, dans le groupe. Le journal interne doit donner du sens aux missions quotidiennes de chacun en donnant de la hauteur, de la visibilité. Et de cette façon rend chaque salarié ambassadeur de ce message, il l’engage dans la vision stratégique et dans sa communication à l’extérieur.  Ces connaissances sur les démarches de l’entreprise, ses engagements, ses activités et chiffres d’affaires sont essentielles.

En conclusion, le knowledge manager doit envisager le journal interne de l’entreprise comme une source d’information clefs sur le passé, véritable mémoire vivante il forme un film vivant de l’histoire de l’entreprise. Et bien au delà il peut au quotidien être un outil pertinent d’identification et modélisation des savoirs avant d’être un outil de transmission.
Nous pouvons également élargir cette réflexion aux autres outils éditoriaux de la communication interne que sont les intranets et les réseaux sociaux internes.

Sources

jeudi 9 août 2012

Nouveaux canaux de communication et positionnement des banques


Les nouvelles technologies ont poussé au repositionnement de la communication. Les banques et organismes financiers s’appuient désormais sur les nouveaux canaux de communication afin d’affirmer une position stratégique et venir à la rencontre des clients sur leur propre plate-forme d’échange : les réseaux sociaux, un environnement encore peu familier des institutions financières.

Les banques disposent ainsi d’un nouveau lien social. Près de 1 500 comptes existent actuellement sur Twitter, détenus et gérés par les organismes financiers, et 1000 pages ont été ouvertes sur Facebook dans près de 70 pays.

Avantages et inconvénients
L’accélération des échanges avec les clients directs a un avantage, favoriser la personnalisation de la relation, l’humanisation des échanges et finalement, le taux de satisfaction des clients. L’implication des professionnels de la finance est indispensable sur les réseaux sociaux historiques qui doivent éviter la désintermédiation d’acteurs nouveaux très habitués à ce type de canal de communication et de commercialisation (de produits financiers et de moyens de paiements alternatifs par exemple).

Pourtant, si l’accélération des échanges est avantageuse en général, elle peut aussi participer à la création de buzz négatif et finalement, à la baisse de popularité des banques et organismes financiers qui peuvent pâtir de la mauvaise publicité initiée par une mauvaise manipulation des médias sociaux.

De nouvelles stratégies
L’omniprésence des médias sociaux dans la communication a finalement poussé les organismes financiers à s’appuyer sur ces derniers pour établir de nouvelles stratégies.
Les secteurs de la banque et de l’assurance intègrent désormais les médias sociaux dans la gestion de leur relation client, à l’image de BNPP et de son SAV sur Twitter ou d’Aviva au Royaume Uni.
Finalement, de nouvelles offres de fidélité et de paiement apparaissent en liaison directe avec l’utilisation des médias sociaux, comme avec le programme de "couponing" d’American Express « Link, Like, Love » lié à Facebook. Facteur de proximité, l’utilisation des médias sociaux est facteur du développement du social-paiement.

Retour sur investissement
Concrètement, les retours sur investissement sont moins facilement identifiables. Une récente étude a pourtant fait apparaître quelques chiffres suite à l’intégration de grandes marques sur les médias sociaux  : BNPP a ainsi enregistré une augmentation de 10 points de son taux de notoriété de service de banque en ligne suite à une campagne de lancement sur Facebook.

Connaissance des consommateurs
Un autre enjeu fondamental du positionnement des organismes financiers sur les médias sociaux dépend de la difficulté pour ces derniers à bien connaitre les consommateurs et leurs habitudes de consommation dans un contexte désormais multi-canal.

Les campagnes marketing doivent désormais être dessinées en fonction de ces données afin de favoriser la compréhension des clients et surtout, de conserver une légitimité concernant les besoins de ces derniers.

La grande problématique pour les banques est de savoir contrôler ces nouveaux espaces et de savoir reconnaitre les vraies opportunités de développement. S’ils représentent un très fort potentiel pour celles qui sauront mettre en avant leurs atouts, il s’agit pour les banques de pallier au risque de l’utilisation de réseaux privés et de l’assimilation de leur action comme de la pollution commerciale, finalement très négative pour leur image.

lundi 6 août 2012

Technologie et influence

Les médias ont toujours été des outils d'influence. Au delà des publicités qui sont bien reconnues comme des instruments d'argumentation commerciale, le moindre message ou image qui sont diffusés sont inconsciemment identifiés par le consommateur comme de nouvelles composantes des standards culturels et sociaux d'une société mondialisée. Du contenu des unes des journaux aux programmes de télé réalité en passant par les blogs divertissants, le consommateur est habitué à une société où les savoirs cohabitent en permanence avec les articles engagés et les slogans publicitaires et subit inéluctablement une influence de ces derniers. La somme de ces éléments contribue à la création d'une culture prônant la consommation.

La régulation des médias nous a fait passer d'une ère de la propagande avec une conception verticale du pouvoir à celle de l'influence où l'opinion publique pèse en permanence et détient un impact sur les décisions politiques. Objectivité, transparence et vérité sont autant d'enjeux présents aujourd'hui et qui rendent bien plus subtiles les manières de convaincre et d'influencer. Le code la consommation établi en 1978 donne un nouvel élan dans la façon de communiquer des entreprises et le consommateur obtient ainsi une reconnaissance légale de l'état dans son contrôle (la première partie du code est une série d'articles portant sur la communication des entreprises quant à leurs produits). La création du CSA (Conseil Supérieur de l'audiovisuel) en 1989 marque une nouvelle étape dans le processus de normalisation des publicités. Les réflexions qui en découlent aboutissent à la création de la célèbre loi Evin qui interdit l'affichage de publicités sur le tabac et l'alcool. Le consommateur prend finalement conscience du rôle central que jouent les médias et s'éduque à les maitriser.

L'évolution des technologies et des médias, avec l'arrivée d'Internet, et l'éducation des nouvelles générations à ces technologies ont de nouveau bouleversé le schéma mercatique des entreprises.
Fréquemment et massivement consultés, les blogs, forums et réseaux sociaux sont des portes d'entrée prioritaires sur Internet car ils favorisent une interactivité entre des membres d'un même réseau ou d'une même communauté. Les entreprises ne peuvent plus se contenter de vanter les mérites de leurs produits mais doivent orienter leur stratégie vers le client et non le produit. La définition du mot "image" n'a jamais eu autant de sens qu'aujourd'hui : la rapidité de la communication est telle que la réputation d'une entreprise peut se faire ou se défaire en quelques minutes.

La technologie et sa régulation ont finalement permis une avancée notable du pouvoir du consommateur. Il n'agit plus seul mais se regroupe et agit plus facilement. Elle remet en cause les stratégies d'influence sur lesquelles il existe aujourd'hui un besoin d'innovation. Les expérimentations des entreprises sont parfois le théâtre de ratés qui rappellent qu'une mauvaise entrée par le biais de ces nouvelles technologies peut avoir des conséquences au moins aussi désastreuses qu'une publicité télévisées mal conçue (l'exemple de Vichy avec "le blog de ma peau").

lundi 25 juin 2012

Twitter: arme ou hara-kiri politique?

Depuis la campagne présidentielle 2.0 de Barack Obama en 2008 et sa suite en 2012, les réseaux sociaux sont devenus un outil indispensable aux politiciens souhaitant toucher le public le plus large possible.
Simples, rapides et efficaces, ces sites web ou applications pour smartphone sont des instruments de communication "révolutionnaires" qui permettent de transmettre un message ou une idée de manière quasi instantanée et surtout à un public large et facilement ciblé. Facebook, Twitter ou encore Instagram aujourd'hui sont autant de noms qui sont désormais entrés dans le langage courant de nos dirigeants.

L'accès à ces outils web et réseaux sociaux est aisé, tant au niveau de l'inscription (gratuite et rapide) qu'au niveau de leur utilisation intuitive. Pourtant, bien que simplistes voire même parfois superficiels (un message sur Twitter ne peut dépasser les 140 caractères), les réseaux sociaux ont démontré plus d'une fois leur puissance et leur pouvoir médiatique dévastateur.
Vous n'avez certainement pas échappé à la première "bévue" de notre nouvelle première dame de France, Valérie Trierweiler. Deux jours après le premier tour des élections législatives, cette dernière publie sur son Twitter "Courage à Olivier Falorni qui n'a pas démérité, qui se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé".

Tweet de Valérie Trierweiler, le 12 juin 2012
Curieux soutien quand on sait que l'adversaire d'Olivier Falorni n'est autre que Ségolène Royal, l'ex-femme de François Hollande.
Seulement quelques minutes après cette publication, la presse s'empare du message et le rediffuse largement sur tous les supports médiatiques existants. Il n'aura finalement fallu qu'une poignée d'heures pour obtenir des réactions des opposants, des soutiens et autres commentaires. Le buzz est très vite engendré et il entraine une tempête médiatique autour des élections de la Rochelle et prend même une tournure d'affaire nationale après le commentaire de François Hollande.
Plutôt efficace pour un message de seulement 24 mots.

A l'issue du deuxième tour, Ségolène Royal échoue face à Olivier Falorni et est persuadée que ce tweet ne l'a pas aidé dans sa campagne (voir article de lci-tf1 : Le tweet de Valérie Trierweiler "n'a pas arrangé les choses")

Cet incident n'est pas le premier et s'ajoute déjà à plusieurs autres scandales du web.
Si le tweet de Cécile Duflot sur la légalisation du cannabis a finalement abouti à une explosion de sa visibilité (voir article de l'atlantico : Le cannabis fait exploser Cécile Duflot en visibilité sur Twitter (mais pas qu'à son avantage)), d'autres se seraient bien passés de cette publicité. Éric Besson a visiblement eu des difficultés à utiliser son Twitter au point de publier des messages plutôt éloquents et personnels (voir article de l'express : Eric Besson publie par erreur un mot doux sur Twitter). Là non plus, le relai ne s'est pas fait attendre, à tel point qu'il a finalement désactivé son compte Twitter (voir article dans le figaro : Eric Besson ferme son compte Twitter).

Espérons seulement que nos dirigeants tireront les leçons de leurs prédécesseurs et ne prendront  plus à la légère des outils aussi puissants que les réseaux sociaux. Ils ont démontré plus d'une fois leur utilité et ont déjà participé au renversement de certains pays. Ils ne sont pas des "place to be" et doivent être gérés sur les conseils de professionnels quand on sait qu'ils sont lu par de nombreuses personnes ou susceptibles d'être relayés.

samedi 19 mai 2012

Les banques, bouc émissaires des médias ?

Depuis la crise des subprimes en 2008, la "grande récession" qui l'a suivie, et aujourd'hui la crise de la dette, les économistes sont toujours en phase de questionnement quant à l'origine réelle de ces dysfonctionnements à échelle mondiale dont il n'est plus nécessaire de dépeindre le triste tableau qui en découle.

En ce qui concerne les médias, l'un des coupables majeurs a été tout désigné. En cette période de dépression économique, les banques incarnent le parfait responsable et la presse s'attaque sans mesure à leur réputation. Tournées en dérision, décrédibilisées et souvent mêmes ridiculisées, il n'y a plus une semaine sans que l'on croise un article de presse, une publicité ou un rapport complet sur le sujet. Alors que le taux d'épargne a symboliquement dépassé le record historique de 1983 (16,6%) pour atteindre 16,8% (source INSEE), le climat de confiance entre usagers et banques est plus que jamais précarisé. 

En effet, difficile pour le client lambda de se faire une opinion quand une publicité télévisée sur la Caisse d'épargne qui vante les relations de confiance est suivie par une publicité pour Kit Kat où le figurant préfère rester sur île déserte plutôt que d'aller au mariage de sa sœur avec "son banquier". Le magazine Capital titre ce mois-ci en première de couverture "Les banques au banc d'essai : celles qui vous rapportent et celles qui vous grugent". Début avril, le magazine Que Choisir Argent (association de consommateurs) publiait également toute une enquête où véritables données côtoyaient des caricatures d'entretiens entre clients et banquiers associées à des titres dont le ton polémique était à peine caché. 

L'image du banquier qui essaie d'arnaquer son client est désormais bien inscrite dans les mœurs et on trouve maintenant facilement des sites proposant, gratuitement ou non, de comparer les tarifs des banques. Même certaines banques ont compris l'enjeu de cette catégorisation et s'y mettent aussi en utilisant l'auto-dérision dans leurs campagnes de communication. Le Crédit Mutuel par exemple met en scène un père qui découvre avec effroi que son fils est banquier (voir vidéo ci-dessous).


Pourtant, les chiffres utilisés par les journaux présentent souvent des erreurs (Jusqu'à quel point doit-on vérifier ses sources?) et alimentent la controverse imputée aux banques. Par exemple, le magazine Capital présente ce mois-ci une augmentation de 104% des frais d'opposition sur chèque pour la Banque Populaire Rives de Paris alors que l'augmentation n'est en réalité que de 2,6%.
Les consommateurs, comme les médias, ont tendance à oublier que les banques sont des sociétés privatisées au même titre que des vendeurs de légumes ou des magasins de vêtements. Les milliers d'employés sont rémunérés en grande partie par les frais bancaires issus des ventes de produits et services et non pas par l’État. Ces banques proposent également des services bancaires de base gratuits auxquels n'importe quel client peut prétendre. La crise des subprimes aurait aussi été en partie évitée si les clients n'avaient pas emprunté de manière déraisonnable.

En cette période post-élection, n'oublions pas qu'il est de la responsabilité de chacun d'agir et consommer dans une logique d'économie durable. Ne jetons pas si facilement la faute sur les grandes entreprises alors que chacune de nos actions individuelles a une véritable conséquence sur la société.

Sources :

vendredi 13 janvier 2012

Free Mobile : Business Model, communication et influences

Xavier Niel lors du lancement de Free mobile,
le 10 janvier 2012 (Benoit Tessier/Reuters)
Le 10 Janvier 2012 Free lançait son offre de téléphonie mobile lors d'une grand-messe médiatique largement inspirée de celles auxquelles nous avait habitués Steeve Jobs pour le lancement des produits de la marque Apple.


Petit rappel historique

Le 30 novembre 2005, l’Autorité Française de la Concurrence condamne Orange, SFR et Bouygues à 534 millions d’euros pour entente illicite, le Conseil de la concurrence considérant que les trois opérateurs mobiles s'étaient partagés le marché français de 1997 à 2003, en s'échangeant des informations sur leurs abonnés et en définissant leurs parts de marché respectives.

L'idée va alors germer qu'un nouvel opérateur pourrait rétablir les règles de libre concurrence.
Free va très vite se positionner afin d'obtenir la 4e licence mobile 3G et lancer, dès septembre 2008, une communauté d’utilisateurs afin de promouvoir les futures offres mobiles de Free.

Le 12 Janvier 2010, Free obtient sa licence d’exploitation attribuée par l'Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes et laissera planer le suspense sur les offres tarifaires jusqu'à leur date de lancement.

Une stratégie de communication efficace

La communication, ou parfois l'absence communication de Free, pour le lancement de Free mobile s'est essentiellement basée sur un réseau, une communauté d'utilisateurs et d'adeptes très forts et a ainsi su créer une attente telle que le « buzz médiatique» s'est presque suffi à lui même.
En dosant savamment les informations divulguées au compte goutte, la société a, selon Vincent Leclabart, président de l'agence indépendante de publicité Australie, économisé entre 7 et 8 millions d'euros. Cette stratégie d'effervescence a donc, en premier lieu, servi l'objectif de création d'intérêt auprès des consommateurs cibles, mais a également eu un impact ravageur sur la concurrence pour le moins déroutée par la méthode.
C'est ainsi que les représentants des trois concurrents de Free mobile ont oscillé entre moquerie, indifférence et stupéfaction, alimentant malgré eux l'intérêt des usagers.

Et maintenant...

Trois mois après le lancement de son offre Free et après une première phase de conquête plutôt satisfaisante (Free mobile compterait aujourd'hui 2,2 millions d'abonnés selon Olivier Roussat, Directeur général et administrateur de Bouygues Telecom), Free se trouve confronté à des problèmes techniques récurrents qui pourraient remettre en cause son image tant travaillée et décevoir les abonnés de la première heure.
Le défi de Xavier Niel est donc aujourd'hui de tout autre nature : satisfaire les clients qu'il a su gagner grâce à son talent de communiquant au risque de déstabiliser l'ensemble de son modèle économique.

A lire également:
"The Presentation Secrets of Steve Jobs: How to Be Insanely Great in Front of Any Audience" de Carmine Gallo.

lundi 3 mai 2010

La convergence conversation/média avec Twitter

Une des nouvelles de la semaine est le lancement d'un espace "Media" de twitter. Le but pour l'entreprise de micro-blogging est de donner des outils d'analyses pertinents pour les Shows télévisés et les émissions télévisuelles en général.

Le site donne en exemple une opération faite en partenariat avec Oxygen, une société de production de séries. Sur la série "Bad Girls Club", qui rassemble plus de deux millions de téléspectateurs en termes d'audience par épisode, Oxygen a expérimenté un programme appelé "Social Viewing Party" en exploitant les données relatives aux commentaires sur la série récoltés dans les conversations sur twitter notamment.

Ces données exploitées permettent une nouvelle approche de l'audimat grâce à une répartition géographique et temporaire de la conversation. C'est aussi un moyen très efficace de cibler les nouveaux comportements de consommation des médias traditionnels, de "mapping" des principaux relais d'influence pour le show et surtout des attentes en termes d'"entertainment". Ainsi le show peut comprendre en temps réel l'évolution des attentes et y répondre au prochain épisode ce qui implique un niveau d'interactivité et de réaction très important. Pour les sociétés de production cela ce traduit par un ciblage très précis des prospects potentiellement intéressés par ce genre de comédies mais aussi à une qualification de cette cible à faire valoir auprès des annonceurs.

La limite de ce modèle est que les Shows Télévisés vont clairement se battre pour atteindre les prospects les plus intéressants et les plus influents sur les réseaux sociaux pour atteindre une rentabilité élevée. Cette limite est posée par le besoin de diversité car avec une telle réactivité aux nouveaux besoins, la ligne éditoriale n'existe presque plus,et le caractère culturel de la télévision en prend à nouveau "un coup". Encore une fois la diversité culturelle de la télévision va laisser la place à l'optimisation du ciblage des téléspectateurs, cette dernière étant un facteur clé de succès de la configuration actuelle du marché. Quel rôle et quel degré d'intervention pour l'État dans l'univers des "mass médias" et conséquemment dans le contrôle de l'exportation de la culture d'un pays via des TV Shows ? Une question à poser aux dirigeants des grandes puissances culturelles de ce monde.

En savoir plus :
Hugo Amsellem

lundi 29 décembre 2008

Elle courait, elle courait la rumeur...

Il me semble qu'aujourd'hui les médias représentent le premier pouvoir. Ces derniers bercent les populations au son de réussites incroyables, de guerres atroces (mais qui sont loins de nous) ou d'histoires diverses improbables, ordinaires ou fantastiques permettant d'endormir la majorité de la population. Ainsi il va de soi que dans le domaine de la "rumeur", ragots, colportages, les médias sont un moyen de communication des plus efficaces.

Les revues et émissions TV "people", internet, mais aussi les shows d'informations, lors de la campagne présidentielle de 2008 furent rassasiés à leur faim. Un noir dans la course, qui plus est nommé Barack "Hussein" Obama, le deuxième nom restant évocateur de plusieurs idées dans la tête de certains américains...
Ce qui a semblé faire le plus peur aux Américains fut sans doute l'éventualité que leur futur président soit musulman. La question à se poser alors n'est pas réellement est-ce que Barack Obama est musulman mais plutôt quelles conséquences si il l'avait été ? Cela aurait-il dû changer quelque chose ?

Le fait est que sur le site "youtube" une multitude de vidéos furent postées par les détracteurs du candidat pour apprendre LA Vérité sur ce dernier aux internautes !
A tel point que pour la première fois dans une élection présidentielle, un site internet fut crée pour démanteler ces rumeurs et rétablir les "faits" : sont indiqués les faits à propos des croyances du candidat ou les faits par rapport au patriotisme de Michelle Obama qui avait été mis à mal par la presse...
Le mieux est encore d'aller vous faire une idée par vous même en allant sur le site dont l'adresse est la suivante : fightthesmears.com.
En plus voici l'accès à quelques autres petites vidéos sélectionnées sur Youtube étayant cet article.

Pour conclure, je dirai simplement qu'il me semble en fait nécessaire d'être le plus vigilant possible par rapport à cette masse exponentielle d'informations que nous trouvons dans les médias, notamment télévisuels.

Emmanuelle Renson