samedi 19 mai 2012

Les banques, bouc émissaires des médias ?

Depuis la crise des subprimes en 2008, la "grande récession" qui l'a suivie, et aujourd'hui la crise de la dette, les économistes sont toujours en phase de questionnement quant à l'origine réelle de ces dysfonctionnements à échelle mondiale dont il n'est plus nécessaire de dépeindre le triste tableau qui en découle.

En ce qui concerne les médias, l'un des coupables majeurs a été tout désigné. En cette période de dépression économique, les banques incarnent le parfait responsable et la presse s'attaque sans mesure à leur réputation. Tournées en dérision, décrédibilisées et souvent mêmes ridiculisées, il n'y a plus une semaine sans que l'on croise un article de presse, une publicité ou un rapport complet sur le sujet. Alors que le taux d'épargne a symboliquement dépassé le record historique de 1983 (16,6%) pour atteindre 16,8% (source INSEE), le climat de confiance entre usagers et banques est plus que jamais précarisé. 

En effet, difficile pour le client lambda de se faire une opinion quand une publicité télévisée sur la Caisse d'épargne qui vante les relations de confiance est suivie par une publicité pour Kit Kat où le figurant préfère rester sur île déserte plutôt que d'aller au mariage de sa sœur avec "son banquier". Le magazine Capital titre ce mois-ci en première de couverture "Les banques au banc d'essai : celles qui vous rapportent et celles qui vous grugent". Début avril, le magazine Que Choisir Argent (association de consommateurs) publiait également toute une enquête où véritables données côtoyaient des caricatures d'entretiens entre clients et banquiers associées à des titres dont le ton polémique était à peine caché. 

L'image du banquier qui essaie d'arnaquer son client est désormais bien inscrite dans les mœurs et on trouve maintenant facilement des sites proposant, gratuitement ou non, de comparer les tarifs des banques. Même certaines banques ont compris l'enjeu de cette catégorisation et s'y mettent aussi en utilisant l'auto-dérision dans leurs campagnes de communication. Le Crédit Mutuel par exemple met en scène un père qui découvre avec effroi que son fils est banquier (voir vidéo ci-dessous).


Pourtant, les chiffres utilisés par les journaux présentent souvent des erreurs (Jusqu'à quel point doit-on vérifier ses sources?) et alimentent la controverse imputée aux banques. Par exemple, le magazine Capital présente ce mois-ci une augmentation de 104% des frais d'opposition sur chèque pour la Banque Populaire Rives de Paris alors que l'augmentation n'est en réalité que de 2,6%.
Les consommateurs, comme les médias, ont tendance à oublier que les banques sont des sociétés privatisées au même titre que des vendeurs de légumes ou des magasins de vêtements. Les milliers d'employés sont rémunérés en grande partie par les frais bancaires issus des ventes de produits et services et non pas par l’État. Ces banques proposent également des services bancaires de base gratuits auxquels n'importe quel client peut prétendre. La crise des subprimes aurait aussi été en partie évitée si les clients n'avaient pas emprunté de manière déraisonnable.

En cette période post-élection, n'oublions pas qu'il est de la responsabilité de chacun d'agir et consommer dans une logique d'économie durable. Ne jetons pas si facilement la faute sur les grandes entreprises alors que chacune de nos actions individuelles a une véritable conséquence sur la société.

Sources :

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