vendredi 21 septembre 2012

Chartes d’utilisation des réseaux sociaux dans les entreprises

Atteinte à l’e-réputation, chasse de talents, baisse de la concentration et de la productivité voire même fuite d’informations sensibles ou confidentielles l’utilisation des réseaux sociaux au sein des entreprises occupe les esprits.

Preuve en est, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) invite les entreprises à donner à leur collaborateur un droit d’accès raisonnable à Internet et donc aux réseaux sociaux depuis leur lieu de travail. Mais la CNIL invite surtout à adopter une charte Internet ont l’objectif serait de "sensibiliser les salariés ou les agents publics aux exigences de sécurité, d'appeler leur attention sur certains comportements de nature à porter atteinte à l'intérêt collectif de l'entreprise ou de l'administration".

Depuis « L'Affaire » des trois employés licenciés fin 2010 pour avoir dénigré leur employeur sur Facebook les chartes d’utilisation des réseaux sociaux fleurissent dans les grandes entreprises. Nous pouvons y retrouver quatre chapitres récurrents :
  • Principes d’utilisation de base des réseaux sociaux, invite à une attitude globale de réserve et de discrétion. Pour exemple, Dell y précise : « l'utilisation inappropriée des médias sociaux est inacceptable. Celle-ci recouvre notamment : la publication de contenus dénigrant l'entreprise sur des sites de partage d'informations, la publication de commentaires diffamatoires contre des collègues ou des clients sur des forums ou des blogs, et le partage d'informations confidentielles ». 
  • Communication autorisée de l’entreprise sur les réseaux sociaux, ce chapitre donne de la visibilité aux collaborateurs en nommant les services habilités à communiquer au nom de l’entreprise : équipes de communication externe, relations presses, community managers…
  • Entre utilisation professionnelle et utilisation personnelle pose des barrières dont le collaborateur souvent perdu a besoin. Par exemple l'agence de presse Reuters recommande à ses employés de créer deux profils différents s'ils utilisent des comptes Facebook et Twitter : « nous attendons de nos employés qu'ils appliquent des règles d'utilisation des médias sociaux dans leur vie professionnelle différentes de celles qu'ils appliquent dans leur vie personnelle ». Reuters recommande également à ses employés de « limiter au maximum la communication d'informations personnelles sur leur profil professionnel ». 
  • Protection de la propriété intellectuelle : cette section met en lien le devoir de confidentialité que chaque collaborateur se doit de respecter et les informations que l’on peut transmettre sur les réseaux sociaux. Il s’agit de faire comprendre qu’une discussion privée, la non sécurisation de ses données et les échanges sur les réseaux sociaux menacent de la même façon la propriété intellectuelle. Nous trouvons une certaine insistance sur les métiers de la R&D.
De façon générale, les entreprises adoptent une attitude de responsabilisation envers leurs collaborateurs et d’accompagnement au changement. Cisco présente sa charte comme un document « éducatif » dont le but est de « rendre plus efficient les collaborateurs dans leur navigation quotidienne, tout en préservant les intérêt de l’employeur ». La plupart des employés ne savent pas ou n’envisagent pas les dégâts que peuvent causer un tweet, l’énumération de ses missions dans son profil professionnel…

Il est intéressant de voir que cette charte est rarement liée au contrat de travail, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de valeur légale en cas de conflit entre l’employeur et l’employé et qu’elle apparaît toujours avec une partie « règles » et l’autre « recommandations ».
L’usage des réseaux sociaux est bien une affaire de responsabilité de chacun.
Sources:

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