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mardi 15 mai 2012

Co-création dans l'automobile: mythe ou réalité?

Le 5 avril, L'Atelier, cellule de veille de BNP Paribas, dont la finalité est de "détecter les innovations de rupture annonciatrices de bouleversements pour les entreprises et leurs salariés", mettait en ligne un billet intitulé "Concevoir un véhicule se fait en mode collaboratif".
Le billet traite de l'expérience de Local Motors, une entreprise automobile américaine qui "met en compétition des individus sur des problématiques d'ingénierie et de design. Le client vote, commente et sélectionne les projets. Et peut également personnaliser le véhicule qu'il aura choisi".

Il faut souligner que Local Motors n'est pas une entreprise automobile qui produit des véhicules à grande série comme peuvent le faire les constructeurs mondiaux, e.g. General Motors,Volkswagen, Renault-Nissan, Toyota.
"L’année dernière, nous avons produit 25 exemplaires du modèle Rally Fighter [...] et nous allons en produire une centaine cette année. Nous avons 1 “micro-usine” au sud de Pheonix, dans l’Arizona, et nous allons en ouvrir davantage dans les mois et les années à venir. Cette voiture, la Rally Fighter, a été co-créée sur le site internet de Local Motors, sur lequel nous avons cet endroit appelé The Forge, où les idées deviennent réalité. Aujourd’hui, nous avons une communauté de plus de 15,500 membres venant de 132 pays. Au lieu d’avoir à acheter un logiciel CAD [Computeur Aided Design] qui coûte 6,000 ou 7,000$, nos membres peuvent télécharger le logiciel SolidEdge et l’utiliser pour moins de 20$ par mois. C’est notre manière d’encourager notre communauté à co-créer davantage via le site. Fin 2010, nous avons été approchés par DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency)[...] ils voulaient prouver qu’il était possible de développer un véhicule à vocation militaire. Tout au long du développement, on publiait régulièrement l’état d’avancement sur le site, et on recevait des retours de la part de la communauté – qu’on prennait activement en compte." (Local Motors  Co-Creation Slideshare, traduction par Yannig Roth).

En d'autres termes,  communauté, outils open source, licence Creative Commons qui permet de protéger la propriété intellectuelle de chaque membre sont les maître-mots de ce 'business model' (film Youtube).



Du coup, l'initiative de Local Motors est-elle transposable aux grands constructeurs automobiles?

Non, pas stricto sensu, car le contexte est très spécifique: 1 commanditaire: le DARPA, 1 cahier des charges déjà spécifié, 1 micro-usine, au final 1 véhicule de niche (2000 unités au maximum).
Pour autant, le mouvement de 'coopétition' est un moyen désormais fréquent de répondre aux enjeux stratégiques auxquels doivent faire face les constructeurs automobiles. Ces derniers en effet peuvent faire face  (voire "neutraliser") à l'hyperconcurrence du secteur automobile en engageant des stratégies gagnant-gagnant avec certains protagonistes du modèle de Michael Porter.


Des stratégies 'gagnant-gagnant', mais comment et avec qui?

*Avec des concurrents directs via coopérations et partenariats : on citera 2 exemples (non restrictifs) tels  l’Alliance Renault-Nissan et Daimler AG, annoncée le 7 avril 2010, consistant en une coopération notamment sur une nouvelle architecture commune pour les petits véhicules, sur les moteurs; ou encore la 'Joint Venture' qui lie depuis fin 2011 BMW-PSA, "BMW Peugeot Citroën Electrification", leur coentreprise dédiée aux véhicules hybrides et électriques.
*Avec des fournisseurs (co-innovation) : Toyota et Microsoft ont signé un partenariat en avril 2011 pour équiper les automobiles Toyota de services multimédia et communicants ou encore Mitsubishi et GS Yuasa ont formé une 'Joint Venture' pour développer et construire des batteries lithium-ion.
*Avec des clients (co-création, crowdsoursing): par exemple Volkswagen proposait de participer à la création des systèmes d’Infodivertissement du futur (concours App My Ride) ou encore Mini  lançait un concours de créativité afin d’imaginer la meilleure façon d’utiliser l’espace entre les sièges avant de leur dernier modèle.

Alors, la co-création, une réalité mais pas la réalité 

En définitive, les enjeux d'innovation, d'optimisation de la R&D, de QCD (Qualité-Coûts-Délais), d'adéquation aux besoins clients sont des problématiques clés auxquelles les constructeurs automobiles doivent faire face.  La co-création, tout comme la coopération, la co-innovation représentent donc des mouvements stratégiques qui permettent de partager et/ou minimiser les risques. Pour autant, l'hyperconcurrence reste le contexte de référence; contexte où les 5 forces de Porter s'exercent, le plus souvent dans un jeu à somme nulle.

mercredi 31 août 2011

Commotion ou l'Internet agile, autonome, libre et gratuit

L'évolution d'Internet est en marche. Le réseau Web planétaire, victime de son succès, souffre des défauts inhérents à sa conception, bien que "scalable" il a du mal à s'adapter à la mobilité car il est très dépendant de son infrastructure physique. Il est aussi vulnérable aux coupures involontaires (catastrophe, pannes...) mais aussi au contrôle des autocrates (cas de l’Égypte et de la Syrie durant les révolutions arabes). (article IEEE Spectrum et article sur Le Monde)

Le projet Commotion regroupe une équipe de hackers (dans le sens anglo-saxon du terme, bidouilleurs de génie et à ne pas confondre avec les "crackers" ou "pirates") portée par la philosophie qui anime les réseaux libertaires de l'Internet et qui s'est donné pour objectif de développer de nouveaux protocoles de communication ad-hoc à l'infrastructure actuelle d'Internet. Ce réseau se base sur les terminaux mobiles dotés d'outils de communication Wifi (smartphone, tablettes, ordinateurs portables, consoles de jeux...) et les routeurs Wifi afin de créer un réseau maillé ouvert qui s'adapte dynamiquement. Ce réseau qui permet la communication entre différents terminaux sans se servir d'Internet est relié au réseau mondial via des terminaux possédant une liaison satellitaire. (Pour plus d’informations techniques voici le lien du projet Commotion Wireless)
Ce projet peut avoir de nombreuses répercutions, il représente en lui-même un changement de paradigme pour l'accès à Internet, celui-ci ne va plus être le monopole des fournisseurs d'accès mais pourrait être disponible via des outils open source et gratuit et ne dépendre de l’accès que d’une personne faisant parti du réseau Commotion.
En l’associant au projet Tor qui autorise la navigation anonyme sur Internet et qui est déjà utilisé par les hackers, les dissidents politiques ou encore les militaires, on autorise aux utilisateurs du réseau Commotion l’accès anonyme, sécurisé et gratuit à l’Internet.

Les faucons de la cybersécurité ne vont plus en dormir la nuit…

Le projet devient encore plus intriguant et passionnant lorsque l’on s’intéresse à ses soutiens et ses investisseurs. Tandis que les développeurs du projets sont très impliqués dans la communauté de l’Internet libertaire (le leader du projet n’est autre que Sascha Meinrath un des pionniers de cette communauté), le projet est soutenu par la New America Foudation et le département d’Etat Américain à hauteur de 2 million de dollars. Ce financement fait partie d’un projet plus important de 25 million de dollars annoncé par Hillary Clinton en février dernier afin de développer et promouvoir des technologies Internet open source et gratuites, exportables dans les pays autocratiques pour aider les dissidents.

Le projet Commotion est donc l’une des briques d’un projet beaucoup plus vaste qui inclut le projet Tor discuté plus haut, mais aussi le projet Serval qui permet de communiquer par GSM sans l’aide d’un système wireless LAN ou GSM, le projet OpenBTS ou Asterisk qui ajoutent la fonction VoIP à l’ensemble et enfin un projet qui sort du cadre légal car il permet l’émission d’informations par communication wireless sur des fréquences régulées , le projet Open GSM. (article sur ce sujet en anglais)

La New America Foundation est un Think Tank financé par de nombreux acteurs des domaines économiques, étatiques et technologiques américains. On y trouve Eric Schmidt, l’ex PDG de Google, Google Inc., les fondations Ford, Rockefeller, Blue Shield of California, Bill & Melinda Gates… Cette fondation s’est dotée d’une branche active pour la promotion de l’Internet libre et open source grâce à la Open Technology Initative (OTI). Elle s’est associée au Darpa (le département de recherche de l’armée américaine) et au journal électronique Slate (Propriété du Washington Post) pour financer le projet PlanetLab qui développent de nouveaux outils pour améliorer les réseaux et notamment Internet (voir le projet Measurement Lab qui permettrait de connaître l’état du réseau en temps réel).

Il peut sembler paradoxal que l’Etat fédéral américain s’implique dans de tels programmes quand l’on voit avec quelle application il tente de contrôler les informations sur Internet et les scandales qu’il essuie avec les révélations de Wikileaks qui est animé, peu ou prou, par la même philosophie libertaire de l’information et de son accès. Cette situation tient en faite à la schizophrénie du gouvernement fédéral qui depuis l’élection d’Obama a vu arriver de nombreux jeunes ayant été élevés avec les nouvelles technologies et qui se font les portes paroles des idées progressistes venues de la Silicon Valley. Ces nouvelles idées bousculent les schémas hérités de la guerre froide en opposition avec la nouvelle vision du monde, apportée par la mondialisation, d'un monde multipolaire et de plus en plus interconnecté (interview du politologue Bertrand Badie sur Le Monde).

Il faut aussi bien se rendre compte que l’importance et l’influence des entreprises californiennes est de plus en forte. Google est devenu une entreprise on ne peut plus stratégique pour l’économie américaine et mondiale, mais aussi pour la politique étrangère de la première puissance économique. Et de tels projets ont le pouvoir de promouvoir la démocratie et le libre échange car ils portent en eux de façon intrinsèque ces idéaux.
Le déploiement de tels outils permettrait aussi d’entretenir la croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs du réseau mondial en fournissant un accès gratuit et libre aux populations pauvres, ce qui en plus de permettre le développement économique et la diffusion du savoir est une des conditions indispensables à l’émergence de la grande convergence NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Information technologies, Cognitive sciences), graal du courant idéologique transhumaniste porté notamment par Google.

Clément Maufrais

jeudi 31 mars 2011

De l'Open Space à l'Open Source Intelligence

Le concept d'Open Space Management (OSM) fait son apparition en Allemagne dans les années 1950. Son modèle se base sur le système organisationnel des rédactions de presse. Il sera théorisé aux Etats-Unis par Harrison Owen au milieu des années 1980 et connaîtra une expansion rapide et soutenue. On estime aujourd'hui que près de 60% des entreprises ont recours à ce mode de management.

L'atout principal invoqué par ses défenseurs réside dans sa capacité à générer des échanges et à permettre une circulation accrue de l'information au sein d'un service. Par ailleurs, on estime un gain d'espace de l'ordre de 30% et donc un coût de gestion réduit.

La proximité physique participe également à un rapprochement des strates hiérarchiques et abolit les barrières qu'elles induisent. Cependant, de nombreux détracteurs pointent les menaces liées à ce mode de management. L'OSM accentuerait le stress par l'exposition permanente du salarié aux autres, et diminuerait la productivité à cause des "bavardages" extra-professionnels et du bruit permanent. Enfin, la suppression des barrières hiérarchiques ne serait pas qu'un avantage. (cf. "L'open space m'a tuer" A. des Isnards & T.Zuber)
L'Open Source Intelligence (ou OSINT) fait lui son apparition aux Etats Unis en 2004. Suivant les recommandations de la commission 9/11, un Open Source Center sera fondé dès 2005 sous la tutelle du Directeur National de l'Intelligence américain.

Le système organisationnel OSINT reprend les principes de l'OSM sous la forme d'une plateforme de type Web 2.0. Il intègre les outils médias et Deep Web au service de la collecte, du partage et du traitement de l'information disponible à des fins stratégiques. (Source CF2R)

Les solutions apportées par l'OSINT présenteraient donc les avantages de l'OSM tout en réduisant drastiquement ses inconvénients. Ainsi, l'information circule plus vite, est traitée de façon simultanée et peut être tracée.

Le développement des intranets, des plateformes collaboratives et surtout des "social networks" au sien des entreprises démontre bien l'intérêt que celles-ci ont à développer un outil OSINT.
Cela permet à l'entreprise d'accentuer sa réactivité et de créer des espaces de travail dynamiques (même à distance) pour répondre aux défis économiques et stratégiques auxquels elle devra faire face.

Antoine HILLION

mercredi 25 août 2010

Une nouvelle version pour Firefox : la quatrième bêta de Firefox 4

Firefox, le navigateur open source de la Fondation Mozilla, sort sa quatrième version bêta pour Firefox 4. Cette-dernière, en plus de corriger 627 bogues, ajoute deux fonctionnalités majeures : Sync, pour la synchronisation des données (historique, marque-pages, mots de passe...) sur plusieurs terminaux, et Panorama, pour la gestion avancée des onglets.
Sync existait déjà comme module complémentaire et n'est donc pas une nouveauté mais aura dorénavant l'avantage d'être "de série". Quant à Panorama, il s'agit de l'ancien Tab Candy, qui permet de réorganiser ses onglets de manière poussée.
Enfin, le nouveau Firefox optimise son efficacité avec l'accélération matérielle 2D sur Windows, accélérant ainsi l'affichage des pages web, des animations et des videos.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une avancée majeure, Firefox continue de s'améliorer pour notre plus grand plaisir !

Aline Goletto-Didier

vendredi 25 septembre 2009

Open World Forum: sommet international sur l'Open Source à Paris

L'Open Source a lui aussi droit à son sommet international. Il s'appelle "Open World Forum" et se tiendra à Paris les 1er et 2 octobre pour sa seconde édition.

Source et pour plus d'informations, voir le site officiel: Open World Forum

Georgine Hapiak

lundi 27 juillet 2009

Sur la route des logiciels libres

L'association Landinux, avec le soutien du Conseil général des Landes, a rédigé un livret "sur la route des logiciels libres" (pdf) qui présente cinquante logiciels libres gratuits dont les plus connus sont le navigateur Firefox, le logiciel de courrier Thunderbird et la suite bureautique Open Office.

Leur objectif est de "vulgariser leur utilisation et montrer exemples à l'appui, que les logiciels libres peuvent être utilisés dans tous les champs de l'informatique".

Bonne lecture.

Source:
Le site internet du Conseil général des Landes

Dalila Nemiri

jeudi 4 juin 2009

Le nuage des netbooks...

Jolicloud, voici le nouveau joyau du créateur de Netwibes, Tariq Kim. Sorti il y a peu il avait était dévoilé lors du sommet sur le Web de Paris en 2008. Une application open source spécifique pour les netbooks. En effet, vu la "folie" des Iphone, et autres netbooks les systèmes d'exploitation spécifiques vont fleurir.

Le but ici est surtout un interface simplifié permettant un accès direct aux applications notamment sur internet telles que Facebook, Gmail, Googlereader, Skype ou bien évidemment Netvibes.

D'autres systèmes d'exploitation paraitront probablement... de même que d'autres netbooks, à suivre.

En savoir plus:
"JoliCloud : un futur OS pour netbooks" sur clubic.com
"Les netbooks sur un joli cloud malgré la crise de la demande" sur toolinux.com
Actualités sur Jolicloud (via Google News)

Emmanuelle Renson



vendredi 3 avril 2009

La loi Hadopi : une obligation de sécurité qui tue le logiciel libre ?

La loi Hadopi qui consiste, entre autres, à définir les sanctions et les modalités de celles-ci contre tout internaute téléchargeant du contenu protégé sur internet vient d'être adoptée par les députés (1). Elle indique que tout téléchargement illégal sera punit par une coupure de l'abonnement internet (1 mois à 1 an) après deux rappels à l'ordre (mail puis courrier recommandé). Au delà des différentes critiques sur la fracture numérique qui risque de s'amplifier (internet est devenu une des premières sources d'informations (2)), il est important de remarquer que ce n'est pas l'internaute en lui même qui est responsable mais bel et bien le propriétaire de la connexion internet. Ainsi, si votre connexion est piratée, ce qui peut être très rapide (3) en fonction du protocole utilisé, vous êtes tenu responsable des méfaits du pirate !
Pour parer à ce risque plus que réel, la loi prévoit des "mouchards" permettant de prouver sa bonne foi.
Il s'avère que ces solutions ne sont compatibles qu'avec des systèmes d'exploitation payants !!!
L'April (4) demande l'interopérabilité de ses systèmes, afin de les rendre compatibles avec Linux, et dénonce un projet de loi inacceptable.

Espérons pour les petits budgets, qu'il ne faudra pas pirater windows, pour être à l'abri des pirates de sa ligne internet !

vendredi 27 mars 2009

L'année 2009: décisive pour l'open source?

Un article d’ITR news.com concernant l’Open source fait le point concernant les perspectives de développement de cette technologie. Il concerne, les prévisions faites en début d’année par Roger Burkhardt, CEO d’INGRES. Burkhardt a été pendant près de six ans vice-président exécutif et directeur technique du « New York Stock Exchange » (NYSE), il dirige désormais la société INGRES (logiciels de gestion de bases de données Open Source) implantée en Californie.
Il prévoit pour 2009 des perspectives très favorables pour les éditeurs de logiciels open source notamment du fait d’un contexte marqué par l’extension de la crise économique et financière. Les tendances pour l’année seraient donc :

-Augmentation du nombre de logiciels open source utilisés par les entreprises, du fait de la crise économique. Ceci étant du à l’absence de licence à acheter et au fait que ces logiciels diminuent les coûts des nouveaux projets. Ainsi INGRES annonce 25% de croissance du CA en 2008 contre 7 à 8% pour les éditeurs de logiciels classiques.
-Développement du système d’exploitation Linux et adoption croissante par les entreprises d’infrastructures (messageries, bases de données,…) et d’applications « open source ».
-Montée en puissance des solutions de « logiciels fournis sous forme de service ». Cela constituant un changement de modèle économique important puisque les entreprises passent de l’achat de logiciels à l’achat de services par abonnement.
-« Poursuite des fusions acquisitions de fournisseurs open source » avec rachat d’acteurs du logiciel libre.
-Accélération de la « Mutation du modèle économique » des éditeurs de logiciels propriétaires, les entreprises devant maîtriser leur budget « informatique ».
-Augmentation des partenariats entre éditeurs « open source » afin de proposer des « solutions globales complètes (…) de l’infrastructure matérielle et logicielle aux couches applicatives» pour les entreprises

Pour Roger Burkhardt, le modèle économique de l’Open Source, « sans coût d’investissement et sans surprise au niveau des coûts d’exploitation » devrait permettre de créer de nouvelles entreprises en maîtrisant les coûts. L’adoption de solutions Open source permettant aussi une diminution des frais générés par les services informatiques.

Les récents résultats flatteurs de « Red Hat » (open source) donnent du crédit à ces prévisions, le titre connaissant par ailleurs une spectaculaire augmentation de 17.33% lors de la séance de la Bourse hier (Jeudi 26 Mars 2009). L’essentiel du CA (625.6 Millions de $ en hausse de 25% pour 2008) étant réalisé dans le continent américain (67.3% contre seulement 17.7% pour l’Europe). La création de « dbConcert » par trois acteurs majeurs de l’open source (Ingres, Marketcetera, Pentaho) va de plus permettre de répondre aux attentes des clients en matière de « trading » en diminuant le coût du système pour les centres de Trading. Enfin une étude de l’INSEE vient confirmer la tendance pour la France en notant un « léger développement des systèmes d’exploitation libres ». Ces systèmes n’équipent cependant que 14% des entreprises d’au moins dix salariés qui ont un ordinateur en 2008 (+2% par rapport à 2007). A l’inverse, la moitié des entreprises d’au moins 2000 salariés ont un système « Open Source ». Il existe donc encore une forte marge de progression. De ce point de vue le développement de l’open source pour les systèmes d’exploitation de mobiles (téléphone portable) présente encore des perspectives favorables pour l’open source.
Ainsi une mutation majeure dans l’industrie informatique est en train de se produire sous nos yeux. Paradoxalement la crise économique actuelle devrait renforcer le développement de l’Open Source et ainsi permettre la création de nouvelles activités ainsi que de nouveaux services. L’enjeu est de taille en France, notamment pour l’équipement des PME et la création de nouvelles sociétés. Il existe donc une réelle marge de progression pour l’open source. L’année 2009 risque, in fine, d’être historiquement, celle d’un vrai basculement en faveur de l’open source, notamment du fait du contexte de crise internationale.

Florent MATTEI