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mercredi 31 août 2011

Commotion ou l'Internet agile, autonome, libre et gratuit

L'évolution d'Internet est en marche. Le réseau Web planétaire, victime de son succès, souffre des défauts inhérents à sa conception, bien que "scalable" il a du mal à s'adapter à la mobilité car il est très dépendant de son infrastructure physique. Il est aussi vulnérable aux coupures involontaires (catastrophe, pannes...) mais aussi au contrôle des autocrates (cas de l’Égypte et de la Syrie durant les révolutions arabes). (article IEEE Spectrum et article sur Le Monde)

Le projet Commotion regroupe une équipe de hackers (dans le sens anglo-saxon du terme, bidouilleurs de génie et à ne pas confondre avec les "crackers" ou "pirates") portée par la philosophie qui anime les réseaux libertaires de l'Internet et qui s'est donné pour objectif de développer de nouveaux protocoles de communication ad-hoc à l'infrastructure actuelle d'Internet. Ce réseau se base sur les terminaux mobiles dotés d'outils de communication Wifi (smartphone, tablettes, ordinateurs portables, consoles de jeux...) et les routeurs Wifi afin de créer un réseau maillé ouvert qui s'adapte dynamiquement. Ce réseau qui permet la communication entre différents terminaux sans se servir d'Internet est relié au réseau mondial via des terminaux possédant une liaison satellitaire. (Pour plus d’informations techniques voici le lien du projet Commotion Wireless)
Ce projet peut avoir de nombreuses répercutions, il représente en lui-même un changement de paradigme pour l'accès à Internet, celui-ci ne va plus être le monopole des fournisseurs d'accès mais pourrait être disponible via des outils open source et gratuit et ne dépendre de l’accès que d’une personne faisant parti du réseau Commotion.
En l’associant au projet Tor qui autorise la navigation anonyme sur Internet et qui est déjà utilisé par les hackers, les dissidents politiques ou encore les militaires, on autorise aux utilisateurs du réseau Commotion l’accès anonyme, sécurisé et gratuit à l’Internet.

Les faucons de la cybersécurité ne vont plus en dormir la nuit…

Le projet devient encore plus intriguant et passionnant lorsque l’on s’intéresse à ses soutiens et ses investisseurs. Tandis que les développeurs du projets sont très impliqués dans la communauté de l’Internet libertaire (le leader du projet n’est autre que Sascha Meinrath un des pionniers de cette communauté), le projet est soutenu par la New America Foudation et le département d’Etat Américain à hauteur de 2 million de dollars. Ce financement fait partie d’un projet plus important de 25 million de dollars annoncé par Hillary Clinton en février dernier afin de développer et promouvoir des technologies Internet open source et gratuites, exportables dans les pays autocratiques pour aider les dissidents.

Le projet Commotion est donc l’une des briques d’un projet beaucoup plus vaste qui inclut le projet Tor discuté plus haut, mais aussi le projet Serval qui permet de communiquer par GSM sans l’aide d’un système wireless LAN ou GSM, le projet OpenBTS ou Asterisk qui ajoutent la fonction VoIP à l’ensemble et enfin un projet qui sort du cadre légal car il permet l’émission d’informations par communication wireless sur des fréquences régulées , le projet Open GSM. (article sur ce sujet en anglais)

La New America Foundation est un Think Tank financé par de nombreux acteurs des domaines économiques, étatiques et technologiques américains. On y trouve Eric Schmidt, l’ex PDG de Google, Google Inc., les fondations Ford, Rockefeller, Blue Shield of California, Bill & Melinda Gates… Cette fondation s’est dotée d’une branche active pour la promotion de l’Internet libre et open source grâce à la Open Technology Initative (OTI). Elle s’est associée au Darpa (le département de recherche de l’armée américaine) et au journal électronique Slate (Propriété du Washington Post) pour financer le projet PlanetLab qui développent de nouveaux outils pour améliorer les réseaux et notamment Internet (voir le projet Measurement Lab qui permettrait de connaître l’état du réseau en temps réel).

Il peut sembler paradoxal que l’Etat fédéral américain s’implique dans de tels programmes quand l’on voit avec quelle application il tente de contrôler les informations sur Internet et les scandales qu’il essuie avec les révélations de Wikileaks qui est animé, peu ou prou, par la même philosophie libertaire de l’information et de son accès. Cette situation tient en faite à la schizophrénie du gouvernement fédéral qui depuis l’élection d’Obama a vu arriver de nombreux jeunes ayant été élevés avec les nouvelles technologies et qui se font les portes paroles des idées progressistes venues de la Silicon Valley. Ces nouvelles idées bousculent les schémas hérités de la guerre froide en opposition avec la nouvelle vision du monde, apportée par la mondialisation, d'un monde multipolaire et de plus en plus interconnecté (interview du politologue Bertrand Badie sur Le Monde).

Il faut aussi bien se rendre compte que l’importance et l’influence des entreprises californiennes est de plus en forte. Google est devenu une entreprise on ne peut plus stratégique pour l’économie américaine et mondiale, mais aussi pour la politique étrangère de la première puissance économique. Et de tels projets ont le pouvoir de promouvoir la démocratie et le libre échange car ils portent en eux de façon intrinsèque ces idéaux.
Le déploiement de tels outils permettrait aussi d’entretenir la croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs du réseau mondial en fournissant un accès gratuit et libre aux populations pauvres, ce qui en plus de permettre le développement économique et la diffusion du savoir est une des conditions indispensables à l’émergence de la grande convergence NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Information technologies, Cognitive sciences), graal du courant idéologique transhumaniste porté notamment par Google.

Clément Maufrais

mercredi 24 août 2011

Facebook et les dangers d’un système de reconnaissance faciale généralisé

La nouvelle arme pour le contrôle d’internet s’appelle la reconnaissance faciale (source: NANOJV).

Tous les grands cherchent à maîtriser cette technologie. Apple utilise la reconnaissance faciale dans son système d’exploitation mobile (iPhoto), Google l’utilise dans Google + et dans Picasa, et désormais Facebook qui, après l’acquisition d’une start-up israélienne spécialisée sur la réalité augmentée (Face.com), l’utilise aussi sur les photographies.

Ce système de reconnaissance faciale facilite l'identification des personnes qui y figurent. Même si cette fonctionnalité peut-être désactivée, elle est par défaut activée et permet à l'usager un gain de temps en identifiant un seul visage sur une seule photo, le système prenant le relais et identifie la même personne sur l’ensemble de l’album. (source : blog officiel de Facebook).

Le déploiement de cette technologie suscite donc de nombreuses inquiétudes. Cité par l'agence Reuters, Marc Rotenberg, président de l'Electronic Privacy Information Center (EPICl), craint que les données personnelles des utilisateurs, comme les adresses emails, puissent être associées aux photographies annotées dans les bases de Facebook (source: Lemonde.fr)

Le développement rapide de ces technologies nécessite une régulation et un contrôle accru des autorités européennes. Car autrefois utilisées exclusivement par les agences de renseignements, elles entrent maintenant sur internet et peuvent être un réel danger pour l’utilisateur, ainsi qu'une vrai atteinte à sa vie privée.

A.M.

mercredi 15 juin 2011

Google lance Search by Image

Google nous a habitué à lancer régulièrement de nouvelles applications pour son moteur de recherche. Il y a quelques mois, l'entreprise de Mountain View nous présentait Google Instant, qui permettait d'afficher les résultats de recherche lors de la frappe de la requête. Selon Google, chaque recherche est plus rapide de 2 a 5 secondes en moyenne, faisant économiser plusieurs années par jour à l'ensemble des utilisateurs sur la planète...

Cette nouvelle application illustre l'orientation que donne Google au développement de son moteur de recherche, toujours plus rapide, toujours plus précis, toujours plus "intelligent" pour finalement n'être plus qu'une interface transparente entre l'utilisateur et le World Wide Web.

Dans cette optique deux nouvelles applications ont été développées pour leur moteur de recherche de bureau, deux applications que les utilisateurs d'Android doivent connaître, la recherche par requête vocale et la recherche par requête d'image. Cette dernière a été introduite sur Android sous le nom de Google Goggles.

La première fonctionnalité, la reconnaissance vocale, nous est assez familière, elle libère de la nécessité de taper sa requête sur un clavier physique ou virtuelle en permettant de simplement prononcer sa requête. Cette fonctionnalité est apparue sur de nombreux téléphones et existait bien avant Google, mais qui l'utilise vraiment? En effet l'expérience montre que le logiciel ne comprend qu'approximativement ce qu'on lui dit, c'est un problème essentiellement de software et d'algorithme. Google s'est penché sur le problème et a considérablement amélioré le système pour la langue anglaise (pour le moment) et la rendu disponible sur leur OS pour appareils mobiles Android ainsi que pour leur navigateur Internet Google Chrome.

La seconde application, la recherche par image, a été à l'instar de la recherche vocale introduite sur les appareils mobiles pour commencer. Elle vient donc d'être lancée sur Chrome et Firefox via des extensions à installer. Elle autorise l'utilisateur à glisser une image dans le moteur de recherche ou à lui fournir l'url d'une image sur Internet, le moteur cherchera sur le réseau mondial des images similaires et vous fournira les liens, les références, les noms et toutes les informations que vous pouvez attendre d'une recherche classique.

Cette fonctionnalité peut s'avérer très utile pour retrouver une personne si l'on n'a pas son nom ou pour recouper son nom avec sa photo, de même pour des lieux, des monuments, des objets de toutes sortes ou des logos. Cela répond à un vrai besoin de recherche d'informations.

Il est intéressant de noter que les applications liées aux images virtuelles se développent de plus en plus et notamment sur le web. Elles commencent à rentrer dans les habitudes de tout le monde. Ainsi Facebook a lancé en catimini une nouvelle fonctionnalité de son célèbre réseau social, la reconnaissance faciale sur les photos que publient les utilisateurs. Cette application suggère des tags à appliquer aux photos lorsqu'on les charge sur leur site. Cette option est désactivable (heureusement) dans les options de profil si vous ne souhaitez pas être tagués par vos amis à tout bout de champ. Vous pouvez trouver un tutoriel sur le site Mes Experts si vous souhaitez modifier cette fonctionnalité.

Google ne cache pas ses ambitions pour son moteur de recherche, en développant de nouvelles fonctionnalités, en simplifiant les interfaces hommes/machines et en introduisant toujours plus d'intelligence grâce à l'amélioration de leurs algorithmes, c'est en réalité une forme d'intelligence artificielle qu'ils cherchent à développer. Ils possèdent les fonds, les cerveaux et la motivation pour y arriver, mais ils possèdent surtout une situation monopolistique sur les flux d'informations à travers le monde, c'est une condition indispensable pour développer une telle technologie afin de lui donner accès à ce qui représente le savoir de l'humanité.

Clément Maufrais

vendredi 4 mars 2011

Internet : outil d'influence ou arme du pouvoir?

La crise qui s’étend dans une large partie des pays du Moyen-Orient met en avant, une fois encore, l’importance toujours croissante d’Internet, des réseaux sociaux et principalement la capacité de mobilisation de la génération « Facebook » pour décider de son avenir. La décision de l’ex-président égyptien Moubarak de tenter d’enrayer ce processus en coupant l’accès à Internet, relance le débat sur le projet de loi sur la cyber-sécurité aux États-Unis et, en France, le sujet de la gouvernance d'Internet est plus que jamais d’actualité.

Une question est posée : Internet doit-il être utilisé comme outil d’influence pour faire plier des régimes considérés comme hostiles ou doit-il être utilisé comme une arme par un pouvoir pour se maintenir ?

Si le projet de loi "Protecting cyberspace as a national asset act" , initié en juin 2010 et présenté le 15 décembre au Sénat américain pouvait trouver un écho favorable à la suite de l’affaire Wikileaks, aujourd’hui, l’idée d’un texte de loi permettant au Président des Etats-Unis de disposer du pouvoir de suspendre Internet « en un clic » (Lemonde.fr – 02.02.2011) apparaît fortement compromise.

Après l’initiative de Hosni Moubarak, les sénateurs Joe Lieberman, Indépendant, Président de la Commission de la Sécurité Intérieure du Sénat, Susan Collins (républicaine) et Tom Carper (démocrate) à l’origine de ce projet, ont aussitôt réagi en affirmant que le Protecting cyberspace act visait à « protéger les États-Unis des cyber-attaques provenant de l’étranger » (Le Figaro - 07.02.2011). « Jamais nous ne signerions une loi autorisant le président, ou quiconque, à éteindre Internet », ont-ils ajoutés (Le Monde -08.02.2011)

Paradoxalement, sous la pression des récents développements en Tunisie et en Égypte, l’administration Obama relance un débat vieux d’un an, sur la mise en œuvre d’une politique sur la liberté d’Internet (New York times - 14.02.2011) . Un budget de 30 millions de dollars serait ainsi alloué prochainement, par le Congrès, pour financer de nouvelles technologies destinées à aider les populations des états totalitaires à contourner les barrières informatiques et initier un changement démocratique.

Forts de l’expérience égyptienne et du choix de son ex-président, les officiels américains soulignent toutefois les limites de la technologie en matière de changement politique. Michael H. Posner, du cabinet d’Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat précise : « le peuple est convaincu que la technologie fera de nous des hommes libres. C’est faux, c’est le peuple qui nous donnera notre liberté ».

Internet et les réseaux sociaux aujourd’hui ont prouvé leur capacité à fédérer des milliers de personnes derrière une idée. Néanmoins, ce sont bien les hommes qui restent les acteurs principaux de leur avenir. En revanche, les récents évènements au Moyen-Orient ont souligné la fragilité du pouvoir et suscitent de nombreux débats, notamment aux États-Unis, quant à la définition même de la notion de liberté liée à l’utilisation et au contrôle d’Internet.

Si pour les uns Internet doit rester un outil majeur de l’action d’influence d’un état vis-à-vis d’un autre et doit être développé dans ce sens, il n’en demeure pas moins pour les autres une arme puissante au service des intérêts du pouvoir en place qu’il convient de maitriser totalement. Le risque est en effet important de voir l’arme créée aujourd’hui se retourner contre son créateur demain.

Pierre Tramier

mercredi 1 décembre 2010

La commission épingle Google pour abus de position dominante

La Commission européenne a lancé une enquête sur Google étant donné que trois moteurs de recherche ont déposé des plaintes formelles accusant l'entreprise d'avoir abusé de sa position dominante et fait disparaître les résultats de ces moteurs sur le moteur de recherche Google.

L'UE est tenu d'examiner si Google a volontairement modifié les résultats de recherche des sites de comparaison de prix Foundem (UK) et Ciao (détenue par Bing de Microsoft), et ejustice.fr du moteur de recherche français juridique.

L'investigation de l'UE enquêtera également sur la plate-forme publicitaire de Google, qui couvre les résultats de recherche de Google gratuits et parrainés et "un placement préférentiel présumé des services Google."

Voyons ce que cela signifie. La Commission européenne va examiner si Google "impose des obligations d'exclusivité à ses partenaires sur la publicité, les empêchant de placer certains types d'annonces concurrentes sur leurs sites Web, ainsi que sur les vendeurs d'ordinateurs et de logiciels, dans le but de fermer les outils de recherche concurrents." Plus précisément, si Google a abusé de sa position dominante sur le marché à la recherche en ligne en abaissant le classement des résultats de recherche de services concurrents. Savoir si Google a accordé un placement privilégié aux résultats de ses propres services de recherche, ce faisant, fermant la porte à des services concurrents, et réduit le niveau de qualité des liens sponsorisés des services concurrents de recherche verticale, le niveau de qualité étant l'un des facteurs qui détermine le prix payé à Google par les annonceurs.

Le fait important est que Ciao, Foundem et Ejustice.fr ont déposé une plainte antitrust contre Google. Ceci est différent de tout autre sonde de l'UE de Google sur la vie privée, notamment en relation avec les activités de Street View de Google.

La déclaration de Google est que l'entreprise va "travailler avec la Commission pour répondre à ses préoccupations."

La question est particulièrement sensible pour les fournisseurs européens de recherche car il y a souvent un sentiment partagé que Google estime que ses actions peuvent être discrètes et qu'il peut s'en tirer dans de petits marchés européens, loin des critiques des médias de la Silicon Valley.

Le point de vue de Foundem est que Google est en train "d'étouffer l'innovation" et "ne devrait pas être autorisé d'effectuer une discrimination positive en faveur de ses propres services".

En effet, il y a même une organisation professionnelle européenne l'ICOMP (Initiative pour un marché concurrentiel en ligne) dont leur conseilé juridique, David Wood, se félicite de l'enquête et la considère comme "approfondie et nécessaire pour déterminer le fonctionnement de la boîte noire de Google."

Maintenant, bien que l'UE puisse imposer une amende pouvant aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires pour abus de position dominante (celle de l'UE a pris 1,38 milliard de dollars d'Intel Corp l'an dernier) la probabilité que cette enquête soit sévère avec l'imposition d'une amende est assez peu probable, et même si cela se produisait, l'amende serait probablement limitée à ses marchés européens. Par exemple, en Septembre la Commission a clos une enquête sur Apple après avoir lancé les services transfrontaliers. Il montre que la Commission n'est pas, en pratique, réellement intransigeante.

Mais le fait que cette enquête ait été lancée et pointe sévèrement Google montre que Google doit rendre des comptes de ses actes et doit répondre aux accusations d'une manière officielle et légale.

Sources :
Hugo Amsellem

lundi 29 novembre 2010

Une approche du lobbying repensée chez Apple

Il semblait naturel que le président Obama aille rencontrer le PDG d'Apple Steve Jobs lors de sa visite du jeudi à la Silicon Valley. Après tout, Obama a eu des dizaines de réunions avec les chefs d'entreprise similaires au cours des deux dernières années et Steve Jobs gère une des entreprises de high-tech les plus précieuses du pays.

La durée d'une heure du rendez-vous à l'hôtel Westin à San Francisco a marqué une rupture importante. Contrairement à ses principaux rivaux dans la Silicon Valley, y compris Google (Eric Schmidt, directeur général), Steve Jobs manifeste peu d'intérêt dans les affaires de Washington - sauf lorsque les activités de régulation du gouvernement viennent perturber les activités d'Apple, notamment les brevets, le commerce et les taxes.

On ne sait pas qui a ouvert la séance. "C'est une réunion que le président était impatient d'avoir", a déclaré la Maison Blanche via Robert Gibbs. Apple n'a pas répondu à une demande de commentaire.

Mais il a été mis en évidence une tension croissante pour la société, une relique une fois oubliée qui a transformé l'industrie de la musique, l'édition, la téléphonie mobile et la télévision au cours des 10 dernières années avec des terminaux mobiles innovants et à succès. L'influence croissante d'Apple sur le marché et sa valeur en forte hausse, qui a atteint les 280 milliards de dollars, ont suscité un examen plus approfondi de la part des organes de régulation et des législateurs.

Les activités de lobbying à Washington d'Apple restent modestes et discrètes. Les analystes rappellent les risques pour l'entreprise de suivre les traces d'autres entreprises de haute technologie qui ont ignoré les pressions politiques jusqu'à avoir été frappés par des enquêtes antitrust et les plaintes de réglementation. Cette approche attentiste a été adoptée par Microsoft et Google, qui ont été questionnés par ministère de la Justice et la Federal Trade Commission afin de déterminer si ces entreprises n'ont pas été un frein à la libre concurrence, et si elles ne l'ont pas entravée.

Apple a récemment réglé les allégations faites par le Ministère de la Justice américaines supposant des accords avec d'autres entreprises pour tirer les salaires vers le bas. La Federal Trade Commission a également enquêté sur une plainte déposée par Adobe qui a vu sa technologie évincée d'Apple sur son AppStore notamment les applications Flash pour l'IPAD.

Apple est maintenant "au centre de certaines questions clés que la FCC et la FTC veulent résoudre", a déclaré Stifel Nicolaus.

Microsoft et Google ont depuis renforcé leurs activités de lobbying et ont embauché des dizaines de "Policy Minds" proches de la Federal Communications Commission. L'administration Obama a tendu la main à son tour, en cultivant des liens étroits avec de nombreux cadres de la haute technologie, y compris Eric Schmidt, qui agit à titre de conseiller économique.
En effet, lors de la visite d'Obama en Californie cette semaine, il a parlé à une collecte de fonds organisée par le Parti Démocrate.

En comparaison, Apple ne fait pas figure de proue lors des plus grands débats politiques et juridiques pour l'industrie high-tech, mais il permet au groupe Business Software Alliance du commerce de parler en son nom sur la vie privée et les questions de contrefaçon. La société est partie de la Chambre de commerce l'année dernière en signe de protestation face à l'opposition de la chambre à la législation sur un projet de loi sur le changement climatique.

Malgré sa place de numéro 2 des ventes de smartphone aux États-Unis, Apple n'était guère impliquée dans les débats à la FCC sur les règles de la neutralité du net et les contrats d'exclusivité-combiné répandus dans l'industrie du sans fil - comme celui que l'entreprise entretient avec AT&T pour commercialiser son iPhone .

Apple a quatre lobbyistes à Washington et son bureau est dirigé par Catherine Novelli, une ancienne représentante adjointe du commerce des États-Unis. La société a dépensé 340.000 $ sur le dernier trimestre sur des lois qui portent sur la réforme des brevets, l'élimination des déchets électroniques et comment les entreprises peuvent recueillir des données de localisation sur les utilisateurs de téléphones portables. En revanche, Google a dépensé quatre fois ce montant au troisième trimestre, Microsoft a dépensé environ cinq fois plus.

Maintenant, avec Apple assis sur 51 milliards de dollars en liquidités qu'il veut mettre en action par des acquisitions et une défense acharnée de son contrôle sur les applications logicielles et Internet sur la boutique iTunes, les observateurs disent que la société devra faire face à encore plus de contrôles.

"Un des avantages qu'Apple a connu en matière de contrôle antitrust, c'est qu'il est resté un petit joueur, mais efficace, et rentable sur le marché", a déclaré Andy Gavil, professeur de droit de la concurrence à l'université Howard. "Il a reçu plus d'attention récemment en raison de la popularité de l'iTunes Store et l'iPhone."

Sources :
Hugo Amsellem

lundi 15 novembre 2010

Google augmente ses dépenses en Lobbying pour faire face à de nouvelles problématiques sensibles

Alors que Google fait face à de plus en plus critique sur les pratiques concernant la vie privée par les gouvernements partout dans le monde et fait face à un éventuel blocage de l'acquisition de AdMob par la FTC, le géant de la technologie tente désormais de développer ses efforts de lobbying. C'est sans surprise que Google annonce l'augmentation des dépenses de lobbying et, selon un communiqué publié aujourd'hui, que les dépenses de lobbying au premier trimestre ont augmenté de pas moins de 57 pour cent sur l'année précédente, avec des versements de 1,38 million de dollars pour influencer les législateurs et les régulateurs, selon certains dossiers publiques déposés.
Les formulaires de déclaration de lobbying auprès de l'Office du Sénat de la fonction publique montrent que Google a dépensé 880.000 $ au premier trimestre de 2009. Les frais de lobbying pour l'ensemble de 2009 ont totalisé 4,03 millions de dollars. Au premier trimestre 2010, les dépenses ont augmenté de 23 pour cent par rapport à la somme de $1,120,000 dépensé par le géant de l'Internet lors du quatrième trimestre de 2009.
La Google Lobbying Disclosure comprend à la fois les dépenses que Google a passé lui-même et les sommes versées à des entreprises extérieures pour faire pression en son nom. Les montants reçus par des cabinets de lobbying vont être révélés puisque ces derniers produiront leurs rapports individuels.
Vraisemblablement, Google fait face à un défi avec l'investissement de 750 millions de dollars dans l'acquisition de AdMob. Il est évident que le géant de la recherche aloue des ressources considérable dans le lobbying pour influencer les législateurs et approuver l'acquisition. Dans le rapport public, l'une des activités de lobbying Google décrite est à la «réglementation de la publicité en ligne, les questions de la vie privée et la concurrence autour de la publicité en ligne» et «L'ouverture et la concurrence sur le marché des services en ligne."
D'autres problématiques se présentent pour Google et concernent les questions de confidentialité des consommateurs, la cybersécurité, les problématiques relatives au "cloud comptine", l'information sur la santé et la vie privée, les politiques d'énergie renouvelable, la censure, la réforme fiscale, le cloud computing pour les petites entreprises et l'accès Internet ouvert. Google a également consacré des ressources considérables en lobbying sur les questions de liberté d'expression liées à la décision première de Google de cesser ses opérations en Chine.
Sources :
Hugo Amsellem

vendredi 24 septembre 2010

Google renforce la sécurisation de ses comptes

C'est au moyen d'une double vérification que devrait s'effectuer à l'avenir l'authentification des titulaires de comptes Google Apps. L'identification par nom d'utilisateur et mot de passe sera ainsi renforcée par un code généré par son smartphone après installation d'une application spécifique ou sous forme de texto ou de message vocal.

Cette nouvelle fonctionnalité est pour le moment réservée aux titulaires de la version anglaise des comptes Google Apps Premier, à l'enseignement et aux administrations, mais elle devrait être prochainement étendue à l'ensemble des comptes Google.
Face aux progrès constants des pirates informatiques, Google réalise une avancée intéressante qui devrait rassurer les entreprises.

Aline Goletto-Didier

mercredi 25 août 2010

Google et la CNIL encore opposés

Il est de "notoriété publique" que le géant américain Google se heurte souvent aux principes de protection des données personnelles dont la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) est garante. Ses désaccords demeurent souvent restreints.

Ainsi, dernièrement, la CNIL a reproché à Google de n'"anonymiser" ces données qu'au bout de 9 mois et préférerait limiter cette période à 6 mois.
En outre, alors qu'en mai 2010 Google lançait ses "Google Cars" afin de capturer des images des rues pour son programme Google Street View, leurs outils de bord capturaient involontairement des données provenant des réseaux Wi-Fi des habitants. Il semblerait que certains morceaux de messages électroniques ainsi que des mots de passe étaient accessibles. Depuis, la CNIL a ouvert une enquête... alors que Google se défend arguant d'une simple erreur humaine. La demande étant d'interrompre la prise d'images par Google Street View. Or le célèbre moteur de recherche a recommencé à capturer des images dans les rues le 20 août, alors que la CNIL juge cette reprise "prématurée"...

Affaire à suivre...

Sources/en savoir plus:
Aline Goletto-Didier

vendredi 9 juillet 2010

Renouvellement de la licence d'exploitation de Google par Pékin

Après un long bras de fer, il semble que Google et les autorités chinoises aient trouvé un terrain d'entente puisque Pékin vient de renouveler la licence d'exploitation du géant américain sur le territoire chinois.

Depuis le mois de mars, Google effectuait une redirection automatique de son site vers ses serveurs basés à Hong Kong afin de contourner la censure chinoise. Par conséquent la formalité administrative que constitue le renouvellement annuel de la licence d'exploitation par les autorités chinoises était remise en question. Il semble finalement que les deux parties aient assoupli leur position : ainsi google.cn fonctionne de nouveau normalement mais Google a tout de même du cesser le reroutage automatique pour le remplacer par une possibilité d'être redirigé sur google.com.hk au moyen d'un clic manuel.

Aline GOLETTO-DIDIER

samedi 27 février 2010

Google Buzz : La Centralisation du Partage selon Google

Le Google nouveau est arrivé, et il va buzzer ! Google Buzz est le nouveau service de Google, et la firme de MoutainView se lance dans le web social avec brio. Le service permet une agrégation des différents services 2.0 auxquels sont inscrits les utilisateurs. Pour faire encore plus simple, c'est une version améliorée de FriendFeed avec une optimisation des techniques de partages, notamment avec l'intégration de la technologie Google Wave. Réponses instantanées et mise à jour en temps réels sont donc au rendez-vous, avec un rendu des plus agréables.

L'importance de cette nouvelle plateforme peut paraître assez anodine pour la plupart des utilisateurs. Mais l'intégration de Google Buzz dans Gmail est ce que l'on apelle une Killer Feature. En effet, la barrière des "Early Adopters" risque d'être rapidement franchie, et c'est cette dernière qui a causé tant de dommage à FriendFeed dans sa conquête du grand public.

Ainsi, il s'avère désormais simple de partager avec ses contacts des nouvelles, des informations, des articles et tout cela automatiquement grâce à ce hub. Mais le plus intéressant est surement à venir. En effet, Google Buzz permet de cibler ses mise à jour en fonction de groupes de contacts, et nous avons la possibilité d'être notifié par mail des nouveaux commentaire, et d'y répondre directement via Gmail grâce à un module intégré. Ces synergies entre les services Google créent réellement du sens et rendent Google Buzz compétitif.

Avec la future intégration de Google Buzz dans la suite Google Apps, les collaborateurs d'une entreprise pourront échanger via ce média et pourront cibler les destinataires pour plus d'efficience. La stratégie de la firme est donc assez claire : centraliser les usages autour de sa plateforme qui rencontre le plus de succès (Gmail), rendre l'expérience utilisateur plus riche et le partage plus intuitif avec de multiples fonctionnalités.

Et en moins de 24 heures, Gbuzz reçoit une critique très favorable, et les usages suivent. Avec tout ces outils de partage, il aussi falloir trouver du temps pour travailler !

En savoir plus :
Hugo Amsellem

mardi 9 février 2010

Google, une entreprise modèle en termes de Knowledge Management.

Le Knowledge Management appellé en français Gestion des Connaissances, est un ensemble de méthodes, des techniques et des initiatives favorisant le partage des connaissances.

Google est une entreprise innovante dont la moyenne d’âge des employés avoisine les 30 ans et provenant de plus de 40 nationalités différentes. Cette entreprise est un exemple en termes de diversité culturelle. Cette entreprise a su évoluer dans un contexte de mondialisation et par conséquent, très concurrentiel. Mais qu’est-ce qui explique le succès de cette entreprise ? Nous pouvons en partie répondre à cette question par l’utilisation du Knowledge Management au sein de cette entreprise qui lui permet d’innover considérablement.

Le Knowledge Management permet de favoriser le partage d’information au sein d’une structure. L’application du Knowledge Management au sein de Google se fait par divers canaux :
  • Open Space et confort des employés : Tout est fait pour que les informations, les idées émergent et soient partagées. Ainsi, l’Open Space favorise l’échange et le décor des pièces favorise l’émergence d’idées et tout ceci, dans une bonne ambiance générale.
  • Un univers "enfantin" : en effet, non seulement certains espaces sont renommés mais en plus, l’entreprise a instauré des rampes et des toboggans pour que les employés s’y sentent bien.
  • L’instauration à chaque étage d’une mini cafétéria offrant gratuitement des fruits frais, des gâteaux et des boissons. Par ailleurs, les employés peuvent prendre plusieurs pauses plus ou moins longues pour réfléchir à de nouvelles idées. De plus, les employés peuvent choisirent le type d’alimentation qu’il souhaite (brasserie, luxe, etc.)
  • La stratégie du bien-être de ses employés : choix du nombre et du type d’écran (PC, Mac, Linux), salle de jeux avec baby-foot, posters géants des Beatles, salles de massage, coiffeur (pour lesquels les employés doivent payer une petite somme), garderie pour les enfants, gym, sauna, pièces de relaxation avec musique douce et aquariums... Les employés peuvent même emmener leurs animaux domestiques.L’objectif principal de Google est d’innover «Tout est fait pour encourager les employés à rester dans l'entreprise», selon Mathias Gref. Il ajoute que «la philantropie de Google, ce sont des conneries. Bien entendu, nous cherchons à gagner de l'argent. Mais cet argent nous permet de nous concentrer sur l'innovation. La monétisation n'est jamais le but premier.»
Cette stratégie s’est avérée être payante puisqu’aujourd’hui, Google est utilisé par quasiment tous les internautes et l’entreprise est très innovante. Pour preuve, chaque jour, on peut voir de nouvelles fonctions de l’outil sur Google labs. Par ailleurs, la plupart des employés n’envisage pas de quitter l’entreprise.Cette entreprise est l’exemple quasi parfait en matière de Knowledge Management.

Corinne Da Silva

Sources/en savoir plus :

lundi 30 novembre 2009

Google, big brother ?

Qui n'a jamais entendu cette interrogation, souvent même devenue une affirmation pour beaucoup. En effet, devant la multiplication des services offerts par le géant de l'internet (gmail, youtube, Picasa), Google se retrouve propriétaire d'une masse très importante d'informations relatives aux internautes utilisant ses services.
Dans un but de transparence (et de respect de la loi relative à l'informatique et aux libertés) Google a décidé de créer un nouvel outil permettant de centraliser l'ensemble des informations que nous lui laissons lors de l'utilisation de ses outils : Google Dashboard. Cette page permet également de paramétrer (modifier le niveau d'accès, effacer) les données en sa possession.

Google présente ce service avec ces phrases : "Nous sommes parfaitement conscients de la confiance que vous nous accordez, ainsi que de notre devoir de protéger la confidentialité de vos données. À cette fin, vous êtes informé des données qui sont collectées lorsque vous utilisez nos produits et services".

Pour plus de sécurité, cette page n'est accessible qu'après avoir entré le mot de passe de son compte google, quand bien même l'utilisateur était déjà connecté.

Cliquer ici pour accéder à Google Dashboard
Cliquer ici pour visionner la video de présentation en français réalisée par Google

Adrien Catella

mercredi 25 novembre 2009

YouTube vers un sous-titrage automatique des vidéos

Youtube va prochainement tenter de mettre en œuvre un sous titrage automatique des vidéos via un processus de reconnaissance vocale.

Outre l'avancée qu'offre ce développement pour les malentendants et la facilité qu'il offrira dans la compréhension des vidéos en langues étrangères (Google Translate permettra de traduire les textes en 51 langues), le "Speech to text" pourrait permettre d'accroître le périmètre d'action des outils se basant sur des analyses sémantiques, c'est-à-dire les moteurs de recherche et les logiciels de veille pour l’essentiel.

Google dès 2008, avait démontré l'intérêt que le « Speech to text » revêtait à ses yeux, à l’occasion des présidentielles américaines (période propice au buzz). En effet, le n°1 du « Search » sur internet permettait via un gadget iGoogle de réaliser des recherches textuelles au sein des discours audio des candidats.

« How does it work ? »

You tube s'appuie sur deux technologies : Automatic Captions et Automatic Timing. Le premier génère automatiquement des sous titres via un système de reconnaissance vocale utilisée par Google Voice. Ce système ne se limite pas seulement à la retranscription des voix humaines mais permet également celle des sons ambiants sur la vidéo. Ainsi l'ensemble des traits sonores captés est retranscrit en bas de l'écran.

Automatic Timing, permet d'éditer la vidéo par l’entrée manuelle de fichiers texte, permettant la retranscription des propos tenus de manière synchronisée avec la lecture du contenu audiovisuel. Cette technologie est actuellement disponible pour l'ensemble des vidéos You Tube, mais en anglais uniquement...

Aujourd’hui le sous-titrage automatique n'est en vigueur que pour les vidéos des 13 chaînes disposant d'un partenariat avec You tube.

...un petit pas pour You Tube, un bond de géant (potentiel) pour la veille

Grand bon "potentiel", car si la technologie permettant le passage de l'audio à l'écrit est en phase d'affinage, il n'est pas certain que les logiciels de veille dont nous disposons aujourd'hui soient en mesure d'isoler et de capter ces textes au sein des vidéos.

Je vous encourage à visiter le blog officiel de Google (et oui YouTube appartient à Google, depuis 2006...) ou une petite vidéo montre les fonctionnalités qui sont offertes par cette mini révolution dans le speech to text...

Il est à souligner que Google n’est pas le seul acteur à se lancer dans le « Speech to text ». France 24 s’est également essayé à appliquer cette technique à ses programmes durant l'année.

On peut également suggérer que de nombreuses dérives sont à venir, dans les retranscriptions textes qui seront faites des contenus audiovisuels. Pour exemple nous pouvons reprendre l'une des parodies les plus populaires du moment, inspirée du film « La Chute »…extrait choisi...

Yoann Rodriguez

Pour en savoir plus:

dimanche 25 octobre 2009

Format numérique des livres et des journaux, nouvelle donne en matière d'information et modèle économique

L'e-book désigne un "livre" dématérialisé au format propriétaire ou non. L'actualité récente montre le fort développement d'activités commerciales autour de ce concept avec par exemple le lancement du "lecteur" d'AMAZON "Kindle" en Europe (19 octobre 2009), ou bien "l'e-reader" de SONY et l'annonce de la commercialisation du "Nook" par BARNES & NOBLE aux USA (21 octobre). Le rapport sur l'édition numérique de Bernard PROST (2007) "L'éditeur des années 2010" a mis en évidence les facteurs qui permettent actuellement l'expansion de l'information numérisée :
  • Extension rapide du haut-débit
  • Développement du sans-fil
  • Apparition d'écrans de plus en plus confortables
  • Multiplication et sophistication des appareils nomades (téléphones portables, lecteurs numériques dédiés, ...)
Le livre papier en tant que support traditionnel est donc sérieusement concurrencé par les livres en version numérique. Le mouvement devrait s'accentuer avec le développement des systèmes "e-books" d'AMAZON, SONY, BARNES&NOBLE et les projets d'APPLE. Le principe est simple au-delà de la vente d'un produit (le lecteur proprement dit) c'est la fourniture d'informations numérisées qui est le "coeur du business" avec notamment les "e-books". L'objectif affiché est de permettre le téléchargement d'un ouvrage numérique en un minimum de temps sur le lecteur par connexion sans fil à une base de données payante. Par exemple AMAZON assure pour le Kindle près de 200 000 livres en téléchargement au prix moyen de 10 $. Les applications de ce concept sont multiples et concernent notamment les manuels scolaires et universitaires. Il convient de noter l'aspect "durable" du système qui n'a, bien sur, pas recours au support papier et dont les lecteurs sont conçus en tenant compte de la législation en vigueur concernant le recyclage des composants électroniques. L'enjeu est de aussi de mettre en place un nouveau modèle économique dans le domaine de l'édition, avec à la clef une réduction d'environ 30 % du prix du produit par rapport aux éditions papiers. Actuellement le "numérique" ne représente à peine que 1 % du chiffre global de l'édition en France. Parallèlement à cela la numérisation des livres tombés dans le domaine public se poursuit avec rapidité. Elle a commencé avec le projet GUTEMBERG initié en juillet 1971 par Michael HART. En 38 ans on est passé de quelques dizaines de livres numérisés au "cyber-espace et à la société de l'information", ainsi que le décrit Marie LEBERT, de l'université de TORONTO dans "une courte histoire de l'e-book"(copyright 2009 Marie LEBERT). La numérisation d'ouvrages par GOOGLE s'inscrit dans ce mouvement, l'action concerne d'une part les livres tombés dans le domaine public (accord avec différentes bibliothèques publiques en France par exemple). D'autre part GOOGLE essaie de faire valider un projet d'accord avec des syndicats d'auteurs et d'éditeurs américains qui se heurte à de multiples oppositions, ayant pour objectif la mise en ligne d'ouvrages soumis à des droits d'auteur avec une répartition des bénéfices prévue de la façon suivante :
  • 63 % à l'auteur et l'éditeur
  • 37 % à GOOGLE
Différents lecteurs existent aussi comme le "Cybook" (du fabricant français BOOKEN) ou "l'Illiad" (du néerlandais iREX). Le principe ne concerne de plus pas que les livres numériques mais aussi la presse avec l'annonce du Kindle-DX au format adapté à la presse. D'ores et déjà plus de 85 journaux et magazines étant disponibles en abonnement ou à l'unité pour le Kindle.

Le développement de l'information numérique et de ces nouveaux supports pose de nombreuses questions juridiques et techniques :
  • Papier électronique imitant l'apparence du "vrai" papier
  • Encre électronique réagissant aux impulsions électriques (écrans ne consommant pas d'énergie une fois la page affichée)
  • Respect des droits d'auteur
  • D.R.M. (Digital Rights Management), systèmes protégeant la copie numérique
GOOGLE vient ainsi d'annoncer le rachat (en septembre) de reCAPTCHA, société spécialisée dans le domaine des "Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart" à la fois pour des raisons de sécurisation de l'accès à certaines pages et d'autre part afin de bénéficier du savoir-faire de la société en matière de reconnaissance optique afin de "scanner" sur une plus grande échelle des livres.

En ce qui concerne l'aspect politique, le ministre de l'éducation nationale Xavier DARCOS a lancé un programme afin d'expérimenter les dernières technologies de numérisation de façon à permettre le développement de nouveaux supports pédagogiques plus légers, actualisés et interactifs. Un séminaire "manuels numériques" s'étant déroulé à Strasbourg les 23 et 24 octobre. Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d'état chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique auprès du Premier Ministre est concernée plus particulièrement par le dossier et inscrit son action dans le cadre du plan "numérique 2012" lancé en octobre 2008 par Eric BESSON. Au niveau européen différentes actions sont en cours concernant la numérisation du patrimoine culturel le développement du multimédia (plusieurs organisations internationales comme l'UNESCO étant déjà impliquées dans le mouvement).

Le nombre de contenus numériques (livres, journaux, ...) va donc continuer à croître de façon exponentielle (suivant ce qui s'est produit depuis des années déjà). Cependant la question demeure de savoir quel sera le support technique qui s'imposera pour utiliser efficacement ces ressources d'informations multiples. Les e-books (pris dans le sens du support technique permettant le chargement et la lecture d'un document numérisé) s'imposeront-ils? Des téléphones portables ou des P.D.A. encore améliorés rendront-ils le même service ? Ou bien, in fine les micro-portables seront-ils plus performants et polyvalents ? Quelque soit le support technique qui s'imposera, la question des moteurs de recherche et de la classification d'un pareil nombre de données connaîtra des évolutions technologiques majeures. Les cinq ans qui viennent seront donc marqués par la diffusion très rapide et très large des contenus numériques auprès du grand-public, ce qui changera la façon d'apprendre, de travailler, et d'échanger les idées dans l'ensemble de la planète. Cela aura des conséquences importantes sur la capacité d'innovation des gens mais aussi de façon importante sur l'organisation et le fonctionnement économique de nombreuses activités (édition, journalisme, information, ...).

Florent Mattei

mardi 18 août 2009

La Bibliothèque Nationale de France sur Google

Google a proposé à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) de numériser son patrimoine libraire afin de faire une grande bibliothèque numérique. Pourtant, il y a quelques temps, la BNF était particulièrement hostile à ce projet. Elle a finalement accepté car le financement de la numérisation est particulièrement lourd. Entre 0,12 € et 0,74 € par page numérisée. Pour donner une échelle de grandeur, la numérisation des fonds de la IIIème République seulement nécessiterait entre 50 et 80 millions d’euros. Or, l’Etat a proposé 5 millions d’euros à la BNF pour son programme de numérisation alors que Google leur « offrait » ce service. Le moteur de recherches californien enrichit ainsi davantage ses fonds d’ouvrages numériques.

D’autres bibliothèques françaises en ont profité pour proposer leur patrimoine à la numérisation. C’est le cas de la bibliothèque Part-Dieu à Lyon ou encore celle de Baudelet à Paris qui vient d’achever le processus de numérisation de son patrimoine.

En échange, Google demande l’exclusivité de l’indexation des livres sur Internet et surtout l’autorisation de joindre des publicités ciblées sur chaque page web. D’ailleurs, Google souhaite aller plus loin. Elle a déjà tissé des liens avec plus de 25 000 éditeurs afin de mettre leurs livres sur Internet, et ce, malgré le long procès aux Etats-Unis en réponse à l’indexation numérique d’ouvrages sans autorisation. Cependant, cette numérisation peut être freinée par sa qualité qui est critiquée par certains éditeurs

Google espère rentabiliser grâce à la publicité mais également en faisant payer ses livres en ligne. Les ouvrages seront téléchargeables et payants. Les bibliothèques espèrent ainsi que Google leur reversera des dividendes.

Sources :
Florian Inaudi

jeudi 30 juillet 2009

Changements chez les moteurs de recherche : partenariat Microsoft – Yahoo!

Après 18 mois de collaboration avec Google et un changement de directeur, Yahoo! s’allie à Microsoft pour « parer » Google.

Pour les internautes, quelques changements vont s’opérer. Le site internet de Yahoo! continuera d’être un portail du web mais changera de méthode de recherches. Ces dernières se feront via le moteur de recherche de Microsoft : « Bing ». Ceci rappelle la période où, quelques années en arrière, Yahoo! utilisait la technologie de Google.

Concernant les autres projets Yahoo! comme « Delicious » et « BOSS », la stratégie reste floue. Cependant, Yahoo! s’occupera plus de l’aspect publicitaire que de la recherche. Il récupèrerait la charge de la « recherche sponsorisé premium », c'est-à-dire la vente aux enchères de mots clés jouant sur le « ranking » des « sites sponsorisées » (figurant en haut à droite des résultats de recherches). Autrement dit, Yahoo! gèrera des campagnes de « pay-per-click » pour les gros comptes comme pour les petits (pour les Web Masters, SEOMOZ livre des conseils pour optimiser le ranking).

Cependant, Google possède un avantage concurrentiel : la résistance aux changements des consommateurs. Ce "conservatisme Internet" a déjà fait ses preuves avec d’autres « Google killers ». Aussi, on peut s’attendre à ce que le n°1 des moteurs de recherche innove très prochainement afin de parer ce partenariat mis en place contre lui.

Sources :
Florian Inaudi

lundi 15 juin 2009

Docjax : un metamoteur pour les documents

Docjax est un meta-moteur - un meta-moteur renvoi les réponses de plusieurs moteurs de recherche, en l'occurrence Google et Yahoo - qui ne s'intéresse qu'aux fichiers (pdf, ppt, xls et bien entendu doc). Il est possible d'afficher les résultats qui ne correspondent qu'à un seul type de fichier ou alors aux quatre. De plus, chaque fichier peut être prévisualisé avec le service Scribd avant de le sauvegarder... même si souvent, le téléchargement est plus rapide que la prévisualisation.

En définitive, c'est un outil utile pour qui cherche des fichiers sur internet et qui ne souhaite pas perdre de temps avec les recherches avancées de Google et Yahoo. On peut néanmoins regretter que Docjax ne travaille qu'avec ces deux moteurs.

Liens
Le site de Scribd

Adrien Catella

mercredi 29 avril 2009

Les autorités europénnes de protection des données personnelles se prononcent sur les moteurs de recherche et la confidentialité des données

Début avril, les 27 Autorités européennes pour la protection des données personnelles - les équivalents de la CNIL (Comission Nationale de l'Informatique et des Libertés) française- regroupées au sein du G29 (ou Groupe « Article 29 »), ont adopté à l'unanimité un avis consultatif visant à préciser les règles et les recommandations s'appliquant aux moteurs de moteurs de recherche vis à vis de la protection des données personnelles des citoyens européens.

Le groupe de travail à commencer par préciser que la directive européenne 95/46, pour la protection des données à caractère personnelles - transposée en droit français au sein de la loi informatique et liberté - s'applique au moteur de recherche même si leur siège social se trouve en dehors de l'Union Européene. En effet comme le stipule l'article 5 de la loi informatique et liberté, à partir du moment où il y a "recourt à des moyens de traitement situés sur le territoire français" (serveurs, base de données ou encore de simples cookies stockées sur les ordinateurs des internautes) le moteur de recherche se trouve alors soumis aux droit français.

Le G29 préconise ensuite que les données recueillies par les moteurs de recherche (cookies, hitoriques des sites visités, adresse IP...etc.), lors des requêtes des internautes, ne soient pas sauvegardées plus de 6 mois. Celles-ci pouvant en effet révéler des informations sur les habitudes et les goûts des individus voir même sur leur vie privée. Le groupe de travail souligne qu'il est nécessaire de préserver "l'anonymat complet et irréversible des données conservées, afin qu'elles ne puissent plus être reliées à un internaute".

Enfin il rappelle que l'information et le consentement des internautes est nécessaire pour tout traitement sur les données recueillies à leur propos:
  • Les moteurs de recherche devront expliciter clairement par le billet d'un document porté à l'attention des utilisateurs (notice accessible sur la page d'accueil par exemple) quelles sont les traitements réalisés et les informations sauvegardées, informations sur lesquelles les individus auront un droit d'accès et de rectification.
  • A partir du moment où le moteur de recherche propose des services complémentaires (tel que la messagerie, le stockage en ligne, le blog, ou de profilage pour le compte de sociétés tierces), le consentement des utilisateurs sera nécessaire pour tout procédé visant à faire des corrélations entre les données issues de ces différents services.

Un certain nombre de moteurs de recherche, favorables au texte, ont dors et déjà annoncé des mesures. Ainsi Google a annoncé en premier qu’il limiterait de moitié le temps d’utilisation des données de ses utilisateurs, celui-ci passerait alors à 9 mois. Microsoft a lui annoncé qu’il était prêt à réduire ce délai à 6 mois à condition que ses concurrents adoptent le même comportement. Yahoo enfin s’est engagé à réduire ce délai à 3 mois mais l’effacement des données ne sera pas effectif, il les rendra juste anonyme.


Sources et liens:
Avis consultatif du Groupe 29 - Union Européenne
"Moteurs de recherche et vie privée : la CNIL salue les avancées sur la reduction de la durée de rétention des données" - CNIL
"Les « CNIL » européennes précisent les règles applicables aux moteurs de recherche"
- CNIL
"Le traitement des données à caractère personnel sur les internautes par les moteurs de recherche" - Journal du Net
"Yahoo rendra anonymes les données des internautes au-delà de trois mois » - Les actualités de 01Net du 18 décembre 2008" - 01.net

Pour plus d’information sur la protection des données rendez vous sur le site internet de la CNIL: http://www.cnil.fr/

Aina Raveloson

lundi 27 avril 2009

Google Similar Images

Google n'en finit pas de nous surprendre. Après avoir développé des moteurs de recherche spécialisés (codes informatiques, articles scientifiques), Google décide maintenant d'ajouter des fonctionnalités à son moteur de recherche Google Images. Dénommé Google Similar Images (GSI), Ce moteur, nouvelle génération permet comme son "ancêtre" de chercher une image, mais une fois notre choix fait, GSI nous propose de trouver des images similaires.

Que de temps gagné, merci Google.

Lien direct: GSI

Adrien Catella