dimanche 13 mars 2011

Compte-rendu (partie 1/3) conférence "Révolution dans le monde arabe"

Vous trouverez ci-dessous la première partie du compte-rendu de la conférence "Révolution dans le monde arabe : origine et conséquences" organisée le 1er mars dernier par le Club Intelligence Économique et Stratégique (IES) de l'AAE IAE de Paris, en partenariat avec l’A.C.E.D.S.
Partie 1 :

« Nous sommes tous des Tunisiens et des Egyptiens »
pouvait-on lire sur le site whitehouse.gov à l'occasion d'un discours de Barack Obama le 11 février dernier.

L'Egypte, après la Tunisie, venait de basculer, sous la pression conjuguée des aspirations démocratiques du Peuple et venait annoncer une série de révoltes dans l’ensemble des pays arabes. A cela nous avons assisté dans la presse nationale et internationale à plusieurs pronostics sur les prochains pays qui devraient « tomber » et à des explications plus ou moins claires sur la nature de ces révolutions.

Pour comprendre ce qui a poussé ces peuples à se révolter et à s’opposer au système en place, la conférence organisée par le Club IES de l'AAE IAE de Paris et animé par Jérôme Bondu sur la révolution du monde arabe était très intéressante. A travers l’intervention du contre amiral Jean-François Coustillière, nous avons eu quelques éléments de réponse sur l’origine et les conséquences de ce mouvement.

Le monde arabe étant distinct et chaque pays ayant ses spécificités, une analyse plus approfondie des problématiques et des causes des bouleversements était alors nécessaire.

Cette intervention était organisée autour de trois points :
  • Les facteurs déclenchant de la révolution en Tunisie;
  • La contagion aux autres pays arabes;
  • Les scénarios à venir et le rôle que pourrait jouer l’Europe et la France.
Les origines du Mouvement et les facteurs déclenchant de la révolution en Tunisie

Au travers de son expérience en Tunisie et son analyse des témoignages de la population tunisienne, le contre-amiral Jean-François Coustillière nous a présenté une vision pertinente et plus proche de la réalité des faits.

En effet, ce dernier identifie trois principaux facteurs déclenchant la révolution en Tunisie :

1/La dégradation de la situation économique depuis 1995 avec:
  • une forte augmentation de la corruption (qui touche même la police et les gendarmes) ;
  • une augmentation du niveau de vie qui pousse les citoyens tunisiens à cumuler plusieurs emplois pour pouvoir survivre ;
  • une injustice montante avec des emplois exclusivement réservés aux proches du pouvoir ("camp" de BEN ALI et des TRABELSI). Ce qui crée au final un sentiment insupportable pour les tunisiens et un désir de révolte !
  • Une augmentation significative de la misère et des dérives économiques ;
  • une destruction du système avec un échec économique et l’incapacité du pouvoir à garantir les emplois ;
  • Et un taux de chômage important frôlant les 15% de la population ;
La dégradation économique qu’à vécu le pays ces dernières années et la montée du chômage sont bien des causes essentielles du soulèvement qui a été amplifié par une "révolte de palais".

2/ Le perte de soutien du gouvernement par les forces armées, ces dernières refusant d’obéir aux ordres consistant à tirer sur la foule et les manifestants. Cette armée dite « républicaine » est unique au Maghreb et pousse d’une certaine façon le président contesté BEN ALI à partir.

3) Le développement des réseaux sociaux et le niveau d’éducation des Tunisiens (assez élevé par rapport aux autres pays du Maghreb) sont aussi un facteur favorisant la révolte.

Le développement d’Internet a permis une mobilisation de masse. Le rôle des réseaux sociaux a été très important pour mobiliser le peuple autour d’une cause commune.


Après l’euphorie de la révolution, l’inquiétude des citoyens n’a fait qu’augmenter. Comme en témoigne l’intervenant, le sentiment qui règne aujourd’hui dans la capitale est un mélange de joie et d’anxiété.
D’autant plus que ce climat de peur est alimenté par les médias qui créent un vrai mouvement de panique. Cette panique est tout à fait compréhensible quand on voit l’issue des révolutions passées (iranienne et libyenne notamment) qui ont finalement donné naissance à un pouvoir encore plus autoritaire.

En conclusion pour cette première partie, la combinaison de ces éléments: échec économique, facteur politique, sentiment d’injustice et privation des libertés ont été l’origine de la révolution Tunisienne, qui déclencha à son tour une révolution dans les autres pays arabes : le « printemps arabe ».

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Abdeslam Mechatte

samedi 12 mars 2011

L'affaire Renault, de l'Etat et des entreprises

"L’affaire Renault" agite depuis plus de deux mois le monde des médias, du politique et de l’intelligence économique français. Elle offre ainsi la parole à toute une série d’acteurs dont le principal point commun est d’avoir dès les débuts de cette affaire parlé de "guerre économique".

Au-delà des errances d’un dossier qui tient plus de la manipulation que d’un véritable cas d’espionnage industriel, les commentaires que nous pouvons encore entendre et lire ici et là mettent en avant une vision d’affrontement d’Etat à Etat qui pourrait nous paraître quelque peu dépassée (lesechos.fr – 2011-03-07). Faut-il pour autant la rejeter entièrement ?

Dans le contexte de la mondialisation, le nombre croissant des acteurs nécessitent la formation de coalitions, ne regroupant pas seulement des Etats comme c’est le cas dans des Organisations Internationales mais une variété d’acteurs aux statuts différents –Etats, ONGs, entreprises. Relations asymétriques au sein d’un groupe plus ou moins formel dans lequel les acteurs se retrouvent autour d’intérêts communs, à court ou long termes.

La mondialisation oblige les Etats à repenser en permanence leur souveraineté et la défense de leurs intérêts nationaux. Loin d’être isolés, ils trouvent avec les ONGs et les entreprises multinationales un moyen d’influence efficace. Nous ne devons pas oublier que les entreprises, aussi internationalisées soient-elles, ont des bases nationales et représentent une projection du territoire d’un Etat à l’extérieur. L’Etat et l’entreprise doivent privilégier l’intérêt national (ne demandez pas au gouvernement indien de ne pas privilégier l’intérêt national, il ne comprendrait pas !) dans le développement d’une stratégie nationale qui aurait essentiellement pour objectif l’anticipation de l’information et non une notion trop simpliste de « guerre économique ».

Sans vouloir parler de collusion entre les Etats et les entreprises globalisées, force est de constater que les premiers, même à l’heure de la mondialisation, n’ont pas renoncé à leur statut, et je dirai même, recherchent d’autant plus à affirmer leur pouvoir que les acteurs globaux se multiplient et sont, pour certains, aussi puissants que des Etats.

L’Etat, comme cela fut souligné plusieurs fois lors de la Conférence Intelligence Economique (IE) MS IEMC SKEMA/INHESJ qui s’est tenue le 21 janvier 2011 à l’Ecole Militaire (Intelligence Economique-tendances et défis du futur), doit jouer un rôle bien plus important de producteur de normes et de régulateur des pratiques de l’IE. Notamment parce que les intérêts nationaux et ceux d’une entreprise se rejoignent en plusieurs points dès qu’il s’agit d’une stratégie de puissance. Les Etats-Unis l’ont bien compris, alors pourquoi pas nous ?

Cyril Robin

jeudi 10 mars 2011

L'internet du futur a besoin de nouvelles infrastructures de sécurité

Dans son blog "Bâtissons une planète plus intelligente", LeMonde.fr en partenariat avec IBM tentent de rapporter les grandes évolutions technologiques et sociétales qui s'inscrivent dans cette nouvelle économie de la connaissance née de la mondialisation et de l'avènement des Technologies de l'Information et des Communications (TIC).
C'est au titre d'expert en sécurité numérique que Michel Riguidel, professeur à Telecom ParisTech, nous brosse un tableau des risques liés au futur d'Internet qui s'immisce dans nos objets quotidiens, augmentant le degré d'interconnexion de tout et notre dépendance au réseau.

L'actualité donne tout à fait raison à cette remarque, à l'image des intrusions informatiques à Bercy ou les tentatives à l'Elysée et au Quai d'Orsay. Il est difficile, voire impossible, de se prémunir contre le "hacking"... et cela coûte cher, dans tous les sens du terme ! Lorsque de notre voiture à notre brosse à dents, tout sera connecté à Internet et donc susceptible d'être "piraté" par les hackers mal intentionnés, nous serons encore plus vulnérables si la nécessaire refonte du système n'a pas été engagée.

En savoir plus / sources et liens :
Clément Maufrais

vendredi 4 mars 2011

Internet : outil d'influence ou arme du pouvoir?

La crise qui s’étend dans une large partie des pays du Moyen-Orient met en avant, une fois encore, l’importance toujours croissante d’Internet, des réseaux sociaux et principalement la capacité de mobilisation de la génération « Facebook » pour décider de son avenir. La décision de l’ex-président égyptien Moubarak de tenter d’enrayer ce processus en coupant l’accès à Internet, relance le débat sur le projet de loi sur la cyber-sécurité aux États-Unis et, en France, le sujet de la gouvernance d'Internet est plus que jamais d’actualité.

Une question est posée : Internet doit-il être utilisé comme outil d’influence pour faire plier des régimes considérés comme hostiles ou doit-il être utilisé comme une arme par un pouvoir pour se maintenir ?

Si le projet de loi "Protecting cyberspace as a national asset act" , initié en juin 2010 et présenté le 15 décembre au Sénat américain pouvait trouver un écho favorable à la suite de l’affaire Wikileaks, aujourd’hui, l’idée d’un texte de loi permettant au Président des Etats-Unis de disposer du pouvoir de suspendre Internet « en un clic » (Lemonde.fr – 02.02.2011) apparaît fortement compromise.

Après l’initiative de Hosni Moubarak, les sénateurs Joe Lieberman, Indépendant, Président de la Commission de la Sécurité Intérieure du Sénat, Susan Collins (républicaine) et Tom Carper (démocrate) à l’origine de ce projet, ont aussitôt réagi en affirmant que le Protecting cyberspace act visait à « protéger les États-Unis des cyber-attaques provenant de l’étranger » (Le Figaro - 07.02.2011). « Jamais nous ne signerions une loi autorisant le président, ou quiconque, à éteindre Internet », ont-ils ajoutés (Le Monde -08.02.2011)

Paradoxalement, sous la pression des récents développements en Tunisie et en Égypte, l’administration Obama relance un débat vieux d’un an, sur la mise en œuvre d’une politique sur la liberté d’Internet (New York times - 14.02.2011) . Un budget de 30 millions de dollars serait ainsi alloué prochainement, par le Congrès, pour financer de nouvelles technologies destinées à aider les populations des états totalitaires à contourner les barrières informatiques et initier un changement démocratique.

Forts de l’expérience égyptienne et du choix de son ex-président, les officiels américains soulignent toutefois les limites de la technologie en matière de changement politique. Michael H. Posner, du cabinet d’Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat précise : « le peuple est convaincu que la technologie fera de nous des hommes libres. C’est faux, c’est le peuple qui nous donnera notre liberté ».

Internet et les réseaux sociaux aujourd’hui ont prouvé leur capacité à fédérer des milliers de personnes derrière une idée. Néanmoins, ce sont bien les hommes qui restent les acteurs principaux de leur avenir. En revanche, les récents évènements au Moyen-Orient ont souligné la fragilité du pouvoir et suscitent de nombreux débats, notamment aux États-Unis, quant à la définition même de la notion de liberté liée à l’utilisation et au contrôle d’Internet.

Si pour les uns Internet doit rester un outil majeur de l’action d’influence d’un état vis-à-vis d’un autre et doit être développé dans ce sens, il n’en demeure pas moins pour les autres une arme puissante au service des intérêts du pouvoir en place qu’il convient de maitriser totalement. Le risque est en effet important de voir l’arme créée aujourd’hui se retourner contre son créateur demain.

Pierre Tramier

jeudi 3 mars 2011

Sécurité économique - Mise en place du Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS)

Dans le cadre de son rendez-vous mensuel, le Chapitre France de l'American Society for Industrial Security (ASIS France) organise un dîner-débat le mardi 15 mars 2011 sur le thème :

"La mise en place du Conseil National des Activités Privée de Sécurité (CNAPS)".

A cette occasion, le préfet Jean-Louis BLANCHOU, Délégué Interministériel à la Sécurité privée et Responsable de la mission pour le développement de la vidéo protection au Ministère de l'Intérieur, des Collectivités Territoriales et de l'Immigration présentera exceptionnellement sa toute nouvelle équipe et introduira la soirée en apportant un premier éclairage sur ce thème.

La création de ce Conseil, validé par le Sénat en septembre 2010, s'inscrit dans le cadre défini par la Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure (LOPPSI 2). Une réflexion est actuellement conduite par le Délégué Interministériel, les différentes organisations représentatives et les professionnels de la sécurité privée.

Ces discussions visent, notamment, à définir le périmètre d'action du CNAPS en matière de normalisation et de contrôle et à définir les modalités de financement de ce processus.

Saluée par une très large majorité des acteurs de la profession, cette initiative vise essentiellement, par l'harmonisation, l'optimisation et la normalisation des pratiques à accroître la qualité des prestations et de facto élever le niveau de la sécurité économique des entreprises.


Pour toute information sur l'organisation de cette soirée contactez :
Elisabeth Le Bigot, Responsable communication d'Asis France
elisabeth.lebigot@gmail.com

Pour vous inscrire : Merci de remplir le formulaire d'inscription

Dans le soucis de vous accueillir au mieux, aucune inscription ni aucun remboursement ne pourra être pris en compte au-delà du 10 mars 2011.

ASIS France (chapitre 249 d'ASIS International) est une association type « loi 1901 » dont les statuts sont déposés à la préfecture de Police (Paris). L’association rassemble des professionnels de la sécurité, principalement des Directeurs et Responsables Sécurité/Sûreté, qui souhaitent partager leur expérience. De ces échanges d’idées et de méthodes de travail, nous espérons rendre encore plus efficaces nos actions de prévention des risques au sein des entreprises. En 2010, ASIS France, chapitre 249 d'ASIS International, compte une centaine de membres actifs.
Contact : www.asisonline.fr

Pierre Tramier

mercredi 2 mars 2011

Compte-rendu de la conférence SKEMA INHESJ "Intelligence Economique, tendances et défis du futur"

Le 21 janvier 2011, le Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances de SKEMA organisait avec son partenaire l'Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) une conférence intitulée "Intelligence Economique, tendances et défis du futur".

La question posée par cette conférence était celle de l’avenir et de l’évolution à moyen et long termes de l’IE, en se fondant sur les trois volets de l’IE, rappelés par Claude Revel :
  • acquérir la matière première qu’est l’information et la traiter pour en faire de la connaissance opérationnelle et utile à l’acteur économique;
  • se sécuriser au niveau matériel et immatériel ;
  • savoir influencer et convaincre, le tout dans un environnement mondial.

La démarche du colloque était prospective, visant à établir des scénarii plus ou moins probables du futur.

Philippe Clerc était en charge de cet exercice en introduction. Les tables rondes étaient organisées autour des trois axes rappelés ci-dessus, avec pour chacun une question clé :
  • les nouvelles technologies de l’information sont-elles seulement de nouveaux supports ou de nouveaux paradigmes obligeant à la repenser ?
  • quelles sont les influences de demain et en quoi les enjeux géoéconomiques peuvent-ils évoluer ?
  • quelles seront les nouvelles menaces auxquelles devront faire face les différents acteurs de l'IE demain ? (Etat, territoires et entreprises).

Vous pouvez désormais consulter le compte-rendu de cette conférence sur skemaexpert.net.

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Rencontrez Claude Revel lors de l'afterwork MS SKEMA Paris - 10 mars 2011

SKEMA Business School organise le 10 mars 2011 à 17h00 sur le campus de Paris La Défense un "afterwork" pour ses programmes mastères spécialisés.

A cette occasion, vous pourrez rencontrer et discuter avec Claude Revel, Responsable du Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Management des Connaissances (MS IEMC) et du Pôle Intelligence Economique de SKEMA.

Pour participer à cet "afterwork" vous devez vous inscrire en ligne sur le site de SKEMA.

Pour rappel, le MS IEMC, label de la Conférence des Grandes Ecoles, dont les enseignements sont désormais organisés de janvier à décembre à raison d'une semaine de cours pour 3 semaines en entreprise par mois, est depuis la dernière rentrée 2011 partenaire de l'Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice (INHESJ). Un certificat de l'INHESJ est délivré à l'issue du programme.

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