dimanche 21 août 2011

Les hackers révolutionnaires

Récemment, de nombreuses sociétés et compagnies à travers le monde ont été la cible d’attaques informatiques et ont vu l’accès à leurs sites internet bloqué et pour certaines d’entre elles leurs fichiers clients volés (Sony particulièrement). Certains sites gouvernementaux eux aussi n’ont pas été épargnés par cette déferlante série d’attaques de pirates ou hackers. Ce qui nous amène donc à nous poser les questions suivantes : Qui sont ces hackers ? Que cherchent-ils ? Quels sont leurs buts et intentions ? Et pour qui opèrent-ils ?

Rappel de l'actualité des récents événements liés au piratage:

Certaines d’entre elles ne portent pas de signatures, comme l’infiltration à l’aide d’un cheval de Troie de 150 machines du ministère Français de l’Economie et des Finances.

Mais pour la grande majorité, elles sont l’œuvre de groupes de hackers connues sous le nom de Lulz Security (dit "LulzSec") et Anonymous. La plus connue, effectuée en 2011, est une intrusion et vol de données sur un réseau maintenu par Sony qui lui aurait permis de compromettre plus d'un million de comptes. Le groupe serait également responsable d'une indisponibilité du site web de la CIA, du piratage du site du Sénat américain, du piratage du journal The Sun, propriété de Rupert Murdoch enlisé dans des scandales d'écoutes…(une liste non-exhaustive est disponible sur Wikipedia).

Il convient de chercher à savoir quelle est l’identité de ces protagonistes ? De comprendre leurs motivations, de savoir si elles sont fondées ou infondées ?

Qui sont-ils?

A ce sujet ARTE a diffusé le 07 juin 2011 un excellent documentaire sur les bons et les mauvais Hackers, autrement dit : les "black hats" délinquants virtuels détectent et utilisent les failles dans l’objectif de nuire et/ou d’en tirer un profit et les "white hats", pirates bienveillants. Ce court documentaire tente d’appréhender ce milieu qui nous est bien souvent méconnu.

Ainsi, nous apprenons que les hackers forment une vaste communauté aux profils diversifiés. «Capables de modifier la une d'un journal sur le Net ou de piéger le ministre de l'Intérieur, ils sont aussi les seuls à savoir protéger les entreprises des menaces informatiques» (arte.tv).
Ces « inventeurs des logiciels libres - permettant d'échapper à la toute-puissance de Bill Gates ou de Steve Jobs -, sont aussi, grâce à l'exploration des failles informatiques, à l'origine de la sécurisation des achats en ligne» (arte.tv). Beaucoup d’être eux sont encore très jeune et n'ont qu'un bac en poche mais les services secrets et les responsables politiques se disputent leurs faveurs... « À contre-courant des idées reçues, ce film raconte la génération hackers, entrée dans l'arène politique et médiatique à l'occasion du débat sur Hadopi ». (arte.tv)

Certains de ces hackers ont même soutenu WIKILEAKS en lançant des attaques visant à saturer les sites de Mastercard, Visa, et Paypal. D’autres ont joué un rôle dans les révolutions arabes en piratant les sites gouvernementaux Tunisiens puis Egyptiens.

Hackers: ni dieu, ni maître : reportage fort intéressant à consulter sur videos.arte.tv.

Quelles sont leurs motivations ?

On apprend aussi, grâce au documentaire et à leurs déclarations dans la presse que LulzSec va à l'encontre des gouvernements accusés de vouloir réduire la liberté d'expression sur Internet sous couvert de politiques sécuritaires.
LulzSec n’est toutefois pas un groupe isolé. La position officielle de certains gouvernements qu’Internet est un outil dangereux et qu’il doit être contrôlé est alarmante et remet en question l’importance fondamental de la Liberté.

Dans un communiqué de juillet 2011, les deux groupes Anonymous et Lulz Security reviennent sur les pratiques de certaines multinationales qu’ils jugent inacceptable et dénoncent les mensonges et la corruption des gouvernements ainsi que les sociétés qui s’en mettent plein les poches. Les « cyberhacktivistes » assurent qu’ils continueront de se battre contre ces gouvernements et ces entreprises. Ils avertissent : « Nous sommes de retour, et nous n’allons nulle part » (publié sur le Pastebin).

En considérant la détermination de ses deux groupes à défendre la liberté sur Internet et les mensonges des gouvernements, une question légitime se pose : suite aux manifestations en Grande Bretagne et à la volonté de David Cameron de limiter l’accès aux réseaux sociaux et de surveiller avec l’aide de la police les communications des BlackBerry et d’autres outils, pour quelles raisons ni Anonymous ni LulzSec n’ont condamné ses mesures ou entrepris des attaques sur les sites gouvernementaux britanniques ? Que sont devenus ces deux groupes ? Ont-il cessé d’exister ?

La réponse à cette question vient en faisant quelques recherches qui révèlent que plusieurs membres d’Anonymous et de Lulz Security sont traqués par le FBI depuis plus de 5 mois et que le mois de juin a été marqué par l’arrestation de plusieurs d’entre eux !

En effet, le FBI se félicitait de l’arrestation de 14 membres présumés d’Anonymous, opération américaine a été effectuée en coordination avec les polices de Grande Bretagne et des Pays bas.
De nombreuses autres arrestations ont déjà eu lieu, notamment en Italie, en Espagne et en Grande Bretagne. 14 personnes, âgées de 20 à 42 ans ont été interpellées et sont suspectées d’appartenir au groupe et d’avoir participé de près ou de loin à l’attaque des serveurs du blog de Paypal. Dans son communiqué (en anglais), le FBI remercie l’aide internationale et salue au passage ses homologues britanniques et hollandais.
Le service de police de Grande Bretagne aurait arrêté plusieurs jeunes hommes âgés de 16 ans à 19 ans (des adolescents!) faisant partie du groupe Lulzsec. La police britannique a même annoncé, mercredi 27 juillet, l'arrestation d'un jeune homme de 19 ans suspecté d'être "le porte-parole" du groupe de hackers Lulz Security.

Même le très célèbre réseau social Facebook participe à sa manière à « identifier » les Hackers.

Dans son édition du 1er aout, le journal « Lepoint.fr » titre : « Le réseau social propose 500 dollars à qui trouvera une faille sur son site... sans la rendre publique ». Le réseau social a lancé une campagne mondiale et offre cinq cents dollars à chaque internaute qui découvrira une faille de sécurité sur le site, mais aussi sur les applications mobiles ou les outils pour développeurs. Facebook a déjà publié une liste de white hats, qui l'ont aidé à résoudre des problèmes de sécurité.

A travers cette mesure, Facebook permet non seulement d’identifier les hackers mais aussi de les recruter pour ses propres intérêts : améliorer la sécurité de son réseau. George Hotz ou"GeoHot", célèbre Hecker pour avoir piraté l'iPhone et la PlayStation 3 a d’ailleurs été récemment recruté au mois d’aout.

Conclusion :

Le but de ce billet est de nous pousser à garder en tête les différents sujets sensibles de l’actualité pour pouvoir les suivre et les analyser. L’exemple avec l’arrestation récente des hackers qui n’a pas fait Grand écho dans la presse…

Les récents événements donnent raison à ces "militants" au vue de la volonté de David Cameron de limiter l’accés aux réseaux sociaux, de contrôler internet, d’espionner les messages des Black Berry, sans parler de l’affaire des écoutes

Un appel au couvre-feu numérique plutôt surprenant de la part de celui qui célébrait en février le rôle joué par Facebook et Twitter dans le Printemps arabe et où les dictatures en place avaient coupé l’accès à internet et aux réseaux sociaux…

Et les citoyens crient à juste titre à la censure, ce qui ajoute la liberté d'expression à leurs revendications. À la manière de ces mamies californiennes qui, le 15 août, ont hurlé aux atteintes répétées contre la liberté de parole en Grande-Bretagne comme aux États-Unis.

Car même aux Etats-Unis, le pays de la « Liberté », les réseaux sociaux posent problème : les autorités de San-Francisco ont désactivé le réseau de téléphonie mobile du métro pour empêcher la tenue de manifestations.

Il faut certainement s’attendre à d’autres mesures par les gouvernements de restreindre l’accès aux réseaux sociaux suivi de manifestations tout à fait légitime des citoyens de défendre leur liberté fondamentale en ces temps de crise : LA LIBERTÉ D’EXPRESSION !

« Tout individu a droit à la liberté d'expression...sans considérations de frontières », Déclaration universelle des droits de l'homme, Article 19.

Cette analyse sera faite dans d’autres notes avec les événements (de l'actualité) en Syrie et en Libye…

A.M.

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